samedi 4 août 2018

The Revenant

"I'm the king of the world !"

(2016 - Réalisé par A. G. Iñárritu) ****
Dans les années 1820 l'explorateur Hugh Glass et son fils Indien guident les trappeurs sur les territoires sauvages le long de la rivière Missouri. Lorsque le camp est soudainement attaqué par une tribu indienne, chacun tente de sauver sa vie tout en préservant le précieux stock de fourrures.

Depuis des années le réalisateur et sa star avaient dans les mains cette histoire de revanche homérique. Il leur manquait juste les moyens financiers pour tourner l'épopée en décors naturels et un scénario qui aille au-delà d'une simple course-poursuite à travers l’Amérique naissante. Après avoir suivi Michael Keaton dans "Birdman", Alejandro Iñárritu réutilise sa caméra baladeuse pour filmer les grands espaces de la conquête de l'ouest et un DiCaprio en mode "performance d'acteur". Fort heureusement le projet ne se limite pas à observer combien Leonardo vit intensément les terribles épreuves que le destin lui envoi lors de sa longue quête vengeresse. The Revenant montre un contexte, ses pionniers issus de l’immigration Européenne face aux natifs Américains qu'on appelle toujours Indiens, ce choc de cultures diamétralement opposées entre des tribus en compétition pour le contrôle de territoires et l'Homme Blanc principalement préoccupé par le profit qu'il peut tirer de cette nature vierge.
L'histoire vraie de Hugh Glass, laissé pour mort dans un environnement hostile après avoir subi des tourments autant physiques que psychologiques, sert de fil rouge vers une rédemption finale. Sa longue traversée hivernale est ponctuée de rencontres tantôt funestes tantôt favorables. En parallèle on suit le trajet de son bourreau, celui qui lui a tout pris, autant par cupidité que par instinct de survie dans des circonstances imprévisibles et un contexte franchement inhospitalier. 
Le style fluide du film est parfaitement adapté à son propos. Pas de frénésie, des plans-séquence souples et étirés embrassant la totalité d'un paysage magnifique et s'approchant au plus près des personnages dans un souffle ample, qui impliquent émotionnellement le spectateur comme peu de films, toujours au cœur d'une action chorégraphiée de main de maître. Même si certaines envolées mystiques auraient pu être un chouia raccourcies, l'odyssée mérite d'être vécue.

jeudi 2 août 2018

The Social Network


"Bientôt, vous aurez tous une page Facebook..."

(2010 - Réalisé par D. Fincher) *****

L'histoire de la création de Facebook en 2004 par Mark Zuckerberg et Eduardo Saverin. L'ascension fulgurante du premier réseau social à l'échelle mondiale, les conflits internes et les procès qui ont suivi.

Si aujourd'hui Facebook n'est plus utilisé que par votre mère et votre oncle, le réseau social revendique tout de même 2,2 milliards de comptes actifs en 2018. Cette entreprise fait partie de l'Histoire, David Fincher et le scénariste Aaron Sorkin s'emparent dès 2010 d'une biographie intitulée "Les milliardaires accidentels" pour réaliser le film qui va cristalliser l'esprit d'une génération. Comment Zuckerberg et quelques collègues doués, étudiants de la prestigieuse université Harvard, vont transgresser le code d'honneur implicite de l'école. D'abord en hackant les trombinoscopes des élèves des campus aux alentours pour créer Facemash, un moteur de vote comparant des photos de filles (Vraiment classe, les gars). Mais surtout en bousculant les traditions, incarnées notamment par les riches frères Winklevoss, prototypes de la classe dominante : jeunes loups premiers de la classe, sportifs exemplaires et membres de la plus select fraternité d'Harvard.
Comme il le dit lui-même, Mark Zuckerberg ne sait pas vraiment ce qu'il tient dans ses lignes de codes lorsqu'il fait financer son portail social avec les 1000 dollars de son pote, mais il a l'intuition qu'il doit laisser son monstre grandir en même temps que la jeunesse, adaptant le concept avec des flashs d'inventivité, comme lors de la séquence sur la création du statut relationnel.
Fincher le montre parfaitement avec plusieurs analogies tout au long du film : pendant que l'ancien monde s'éclate avec des putes payées dans des soirées élitistes, le nouveau prend possession de la zone virtuelle où se noueront les relations sociales du peuple. Pendant que les fils de bonne famille rament en ligne droite dans leur couloir d'aviron étriqué, les codeurs pissent les lignes de programmes qui captureront notre intimité pour mieux la marchander. Pendant qu'Eduardo s'échine à trouver de maigres financements publicitaires, Zuckerberg recrute le créateur de Napster qui lui décroche son premier gros investissement. Et tandis que les hordes d'avocats perdent leur temps en négociations juridiques, Facebook investit ses nouveaux bureaux et fête son millionième membre.
Le film explique parfaitement le fonctionnement intellectuel du jeune businessman, prototype du geek à une époque où ce terme n'est pas encore sexy pour les séries TV et Hollywood. Il a toujours un coup d'avance, quitte à sacrifier au passage son amitié et poursuivre en vain sa copine qui l'a largué. Cette difficulté à communiquer est excellemment rendue par l'acteur Jesse Eisenberg : un peu autiste dans ses sentiments mais avec un mental constamment fixé sur un objectif dont les limites sont sans cesse repoussées. Un portrait tellement précis que l'actualité nous indique que le bonhomme n'a pas changé : en 2018 il balade les gouvernements comme jadis les Winklevoss, en produisant régulièrement les mêmes excuses bidons concernant son redoutable outil d'influence planétaire.

mercredi 18 juillet 2018

Alien Covenant

Les androïdes Walter et David pipeautent. 
(2017 - Réalisé par R. Scott) **

Le vaisseau spatial "Covenant" voyage à destination d'une planète fertile, dans le but de la coloniser. A son bord, un équipage composé de couples et 2000 embryons cryogénisés pour peupler ce nouveau paradis. Et aussi Walter l'androïde.

En 2012 on attendait tellement de Prometheus, avec le Sieur Scott aux manettes et l'alléchante promesse de découvrir les "space jockeys" du film originel, que la chute n'en fut que plus vertigineuse et l'atterrissage douloureux. Un film avec des personnages mal construits aux motivations peu claires, dans une histoire remplie de questions sans aucune réponse.
Et quand, cinq ans plus tard, Mister Ridley remet le couvert avec Covenant, les plus naïfs des fans (dont votre serviteur) se font encore avoir : ils espèrent une suite comblant tous les trous narratifs, des héros et héroïnes enfin crédibles, et des aliens pas relégués au banal rôle de machines à "jump-scare".

Las. Les auteurs recommencent leur remake du film de 1979, en beaucoup moins bien. Soit un équipage en état d'hibernation voguant vers sa destination, interrompu par un événement extérieur, recevant un message mystérieux, partant à sa source et, se faisant, courant à sa perte à la suite de décisions stupides. Le challenge étant d'inclure toutes les intrigues amorcées dans Prometheus et jamais résolues. 
Pour ce dernier point, la solution fut de reprendre patiemment tous les éléments développés précédemment pour sublimer l'ensemble par une astucieuse remise en perspective.
Non, j'déconne. 

Elizabeth est morte après avoir remis en état son ennemi David. Et tous les Ingénieurs sont crevés aussi. On se débarrasse des seuls éléments intéressants de Prometheus en ne gardant que le plus plat, celui dont on sait qu'il est un androïde psychopathe se prenant pour Dieu. Et au cas où on l'aurait oublié on vous le rappelle lors de l'intro, avec une discussion pas du tout subtile entre le robot et son créateur, Peter Weyland, lors d'un flashback. 
Tout est bâclé dans Covenant : la présentation de l'équipage (sans relief), l'arc narratif de l'héroïne (un mix entre Ripley et Shaw, donc déjà vu), la découverte de la planète des Ingénieurs (désespérément vide), l'apparition des Xénomorphes (trop rapide, aucune montée de tension) et le faux suspens sur le rôle de David (tout le monde sait qu'il est fou, sauf les protagonistes du film malgré toutes les preuves sous leurs yeux). 
Les seules pistes novatrices introduites dans Covenant sont seulement effleurées, le concept des couples de colons, sensé renforcer leur lien affectif mais insuffisamment traité, et la relation entre Walter et David (les premiers homo dans un film S-F grand public ?).
Autrement, le film tourne sur lui même, s'auto-référençant en balançant les mêmes séquences qu'il y a 40 ans : bébés aliens s'éjectant des corps, face-huggers dans leurs oeufs, Xéno massacreurs. A tel point qu'on en vient à se demander si, à l'instar de Star Wars (lui aussi né à la fin des 70's), l'univers "Alien" est assez riche pour fournir autre chose qu'une trilogie. La saga de Lucas est condamnée à ressasser ad nauseam ses Jedis et ses Stormtroopers, celle créée par Dan O'Bannon, Ridley Scott et James Cameron semble avoir fait le tour de son sujet dès son 3e épisode en 1992. Les oeufs et leurs face-huggers, les Xénomorphes et leurs mâchoires, les équipages sacrifiés à la chaîne, la formule peine à se renouveler. 

jeudi 12 juillet 2018

GLOOMHAVEN (Jeu de plateau en anglais)

Gloomhaven - Publié par Cephalofair Games
Avec Gloomhaven, l'auteur Isaac Childres a voulu recréer le feeling d'un Dungeon Crawler au tour par tour doublé d'un jeu de rôle à l'ancienne. Soit d'un coté la grille d'hexagones avec ses figurines et de l'autre une fine équipe autour d'une table, écoutant le Maître du Jeu conter une aventure épique en jetant frénétiquement des tonnes de dés. Cette joie de voir son avatar grandir au fil des semaines, acquérir fortune et gloire en traversant le continent et les adversaires. Puis terminer sa carrière au terme d'une épique épopée, triomphant sur un trône royal ou agonisant dans une fosse commune.

L'auteur s'est donc mis en tête de construire un jeu de plateau avec les mécaniques maniaques d'un jeu de stratégie tout en recréant ce sentiment de croissance, un monde qui évolue sur le long terme. Et plus qu'un système dans lequel les héro(ïne)s deviennent des Dieux et Déesses surpuissant(e)s au fil de leur montée de niveau, les doter chacun d'une quête personnelle au terme de laquelle ils prendront leur retraite pour laisser la place à des personnages inédits aux motivations différentes, qui continueront la saga. La garantie qu'on ne laissera pas une mortelle routine s'installer et que les joueuses et joueurs devront sortir de leur zone de confort pour découvrir de nouvelles façons de jouer pour franchir les obstacles.
Le tout sans recourir aux sacro-saints dés du hasard pour simuler le destin, mais avec des cartes pour tout gérer à la place d'un Maître du jeu démiurge.

Oui, le pari de Monsieur Childres était insensé. Et vous savez quoi ? Le bougre a réussi.


mardi 3 juillet 2018

RUNEBOUND 3e Edition (Jeu de plateau)

Runebound 3e édition - Publié par FFG/Edge

Dix ans après sa précédente édition, Runebound est revenu sur le devant de la scène en 2015 avec une refonte globale de ses principales règles de jeu. Exit les dés à 10 faces, bonjour les pions à 2 côtés !

Le principe de base reste inchangé, un plateau représentant le monde de Terrinoth, un univers d'heroic-fantasy empli de sorciers et de chevaliers, d'orcs et d'ogres,de gangs d'elfes et de hordes de morts-vivants. Dans la troisième édition, des héroïnes et des héros définis par un bref texte d'introduction et quelques statistiques vont parcourir la carte du pays sur laquelle les attendent des dizaines de quêtes et rencontres funestes. 
Leur but ? parvenir à remplir leur mission dans le temps imparti.

Les principaux atouts de Runebound sont d'offrir une simplicité de mise en place et une rapidité dans le déroulement d'une partie avec la garantie de terminer un scénario en moins de deux heures. La preuve ? Un tour de jeu consiste seulement à ce que chaque personnage réalise trois actions de son choix puis on avance un marqueur sur une échelle de temps au bout de laquelle le méchant de l'histoire s'énerve.


Ne partez pas ! Il y a quand même pas mal de trucs à faire. Voyons donc ça en détail.



vendredi 29 juin 2018

MAGE KNIGHT (Jeu de plateau)


Mage Knight - Publié par Wizkids/Intrafin

Un jeu de plateau, de rôle, d'exploration, de gestion, de stratégie et d'aventure avec des cartes, des dés, des figurines, des grandes tuiles, des petits marqueurs et des pions dans un univers fantasy avec des héros à faire évoluer et des troupes à recruter, en solo ou à plusieurs, en co-op ou en compét' !

Vladimir Chvatil, l'homme derrière Mage Knight, peut être fier de son coup. Réussir à marier tant de styles différents en une expérience unique et prenante est un exploit. Sur les bases d'un jeu de plateau d'exploration il a greffé toutes les mécaniques imaginables : rôlisme, jeux de cartes, aventure scénarisée, l'ensemble baignant dans une forte influence "heroic-fantasy", un terrain familier et rassurant permettant d'ingurgiter l'ensemble des règles.

Voyons ça en détail...


samedi 5 mai 2018

Deadpool (2-year Anniversary Edition)

Deadpool, l'homme de fer-blanc et une ado boudeuse.
(2016 - Réalisé par T. Miller) ****

Alors qu'il prend un taxi pour aller se venger, le super-héros Deadpool raconte aux spectateurs du film l'histoire de son origine, quand il était encore Wade Wilson, ancien agent des Forces Spéciales reconverti en mercenaire à la petite semaine. Comment il a rencontré la femme de sa vie, pourquoi il a du la quitter et surtout qui va payer pour l'avoir rendu indestructible mais imbaisable : sa némésis Ajax (alias Francis).

Arrivé dans un contexte d'overdose de super-héros trop déprimés ou trop niais, Deadpool a immédiatement trouvé sa place : celle du petit malin qui commente tout ce boxon avec impertinence. Dès le générique le ton est donné : "Le film d'un connard, avec un type divinement crétin, une fille sexy, un personnage en synthèse, un caméo facile, dirigés par un abruti surpayé". Et 10 qui font 100.
Quand il s'adresse à nous Deadpool n'est pas seulement drôle, il décode avec savoir-faire le genre Marvel/DC en y ajoutant un supplément d'humour mature et une touche de gore inhabituels pour ce type de production toujours hyper calibrée. Voir le gars couper des têtes, s'arracher la main, se prendre un gode par sa copine ou se pignoler au lit en serrant sa poupée licorne, ça change effectivement de la routine ! 
Quand on pense que sa première apparition est dans le médiocre "X-Men Origins: Wolverine" de 2009 et que l'acteur principal Ryan Reynolds est aussi celui des navrants "Green Lantern" et "R.I.P.D.", on mesure le chemin parcouru. Tout cela est d'ailleurs cité à plusieurs reprises dans le film, dans le style propre du Comic originel qui casse sans arrêt le 4e mur par ses commentaires méta affûtés. Tout ou presque est prétexte à la poilade, avec des références foisonnantes qui vont des Monty Python au groupe Wham! des 80's et du foutage de gueule du discours moralisateur de Colossus à celui du bad guy Francis alias Ajax.
La réussite de cette production atypique vient de sa durée relativement courte, 1h45 au lieu des habituelles 2h30, ce qui renforce son efficacité. Elle est aussi due au bon équilibre entre déconnade pure, action spectaculaire et construction adroite du caractère du héros qui n'est pas qu'une machine à tuer et à vanner. Sa relation avec sa fiancée Vanessa et le drame personnel que Wade doit affronter lui donne une épaisseur que peu de super-héros acquièrent en un seul film. C'est frais, ça se revoit maintes fois avec jubilation, c'est déjà beaucoup pour une comédie décalée avec une basique histoire de vengeance.

jeudi 3 mai 2018

Playlist Janelle Monáe


Sincerely, Jane  (Metropolis, 2008)
Dance or Die  (The ArchAndroid, 2010)
Faster  (The ArchAndroid, 2010)
Locked Inside  (The ArchAndroid, 2010)
BabopbyeYa  (The ArchAndroid, 2010)
Tightrope  (The ArchAndroid, 2010)
Suite IV Electric Overture  (The Electric Lady, 2013)
Givin' Em What They Love  (The Electric Lady, 2013)
Q.U.E.E.N  (The Electric Lady, 2013)
Electric Lady  (The Electric Lady, 2013)
Look into my Eyes  (The Electric Lady, 2013)
It's Code  (The Electric Lady, 2013)
Ghetto Woman  (The Electric Lady, 2013)
Dance Apocalyptic  (The Electric Lady, 2013)
Dorothy Dandridge Eyes  (The Electric Lady, 2013)
Dirty Computer  (Dirty Computer, 2018)
Take a Byte  (Dirty Computer, 2018)
Django Jane  (Dirty Computer, 2018)
Make Me Feel  (Dirty Computer, 2018)
Americans  (Dirty Computer, 2018)

lundi 30 avril 2018

Street Trash

Street Trash, tirez la chasse !
(1987 - Réalisé par J. Muro) ***

Dans un quartier mal famé de New-York, squatté par une bande de clochards, le patron d'un magasin d'alcool découvre dans sa cave une caisse d'un mystérieux breuvage. Bientôt les bouteilles de "Viper" commencent à circuler, avec des effets dévastateurs.

Dans la famille "Gore" on avait eu le réalisme Italien des 70's, Cannibal Holocaust et consort, le documentaire morbide genre "Faces of death" ou encore le style Splatter/Slasher façon "Vendredi 13". Street Trash, avec son cousin "Bad Taste" de Peter Jackson (oui, celui du Seigneur des anneaux) sorti la même année, est la version "Comics" du genre. 
L'histoire suit une bande d'affreux, sales et (presque tous) méchants. Qu'ils soient à la rue, mafieux ou policiers, tous sont psychopathes à des degrés variés et la plupart connaissent des destins peu enviables. Street Trash est un portrait des laissés-pour-compte d'Amérique du nord qu'Hollywood se garde bien de montrer sur grand écran, à l'époque du triomphe des héros idéologiques Stallone et Schwarzy de la décennie Reagan (respectivement Cobra / Rambo / Rocky et Commando / Predator au milieu des 80's) 
Mais plutôt que de verser dans le drame sérieux, les auteurs préfèrent basculer dans le grand-guignol. On va donc suivre les aventures de plusieurs personnages dont l'activité principale consiste à glander dans une casse Auto et survivre dans un monde en décrépitude physique et morale. La consommation d'une nouvelle boisson mortelle va accélérer leur déclin et déclencher une enquête de police. Tout cela filmé à la manière d'un Evil Dead (caméra Steadicam planant dans le décor) avec des échappées vers les Classiques du film de genre, lorsque les miséreux surgissent dans la décharge par une nuit bleutée comme les morts-vivants de Romero, ou lorsque Bronson trône dans son dépotoir comme un anti-héros post-apocalyptique évadé de Mad Max.
Avec un nom qui veut dire littéralement "Ordures de rue", on ne peut s'attendre à une réflexion subtile et délicate. Et pourtant, passés les moments gores où les corps se liquéfient en matières acidulées suite à l'absorption du maudit liquide, par delà les séquences faites pour choquer le bourgeois (dégueulis, pipi, lancer de bite coupée, viol en groupe), Street Trash nous parle en particulier d'un vétéran du Vietnam que la guerre a rendu fou et d'un flic qui pratique une justice expéditive pas meilleure que les dégénérés qu'il traque. Soit une petite touche politique dans un joyeux foutoir de série B du samedi soir, tellement énorme qu'on ne peut qu'en rigoler. 

samedi 28 avril 2018

Star Wars Episode VIII: Les derniers Jedi

(Star Wars VIII: The Last Jedi - 2017 - Réalisé par R. Johnson) ***

The Last Haircut

Il y a pas très longtemps,
dans une galaxie proche, très très proche...
La franchise Star Wars a conquis une nouvelle génération.
Grâce aux jouets BB8 les dollars ruissellent sur les actionnaires.
Cependant un cruel dilemme taraude les Sombres Seigneurs Sith de Disney :
Doivent-ils continuer à photocopier la Trilogie Classique ou risquer d'écrire un scénar ?


Après avoir résumé l'entière Trilogie Classique en un seul épisode (voir notre billet sur l'épisode VII), on se demandait ce qu'il adviendrait de la suite de Star Wars VII : Un Nouvel Espoir Le Réveil de la Force.

Papy Mickey allait-il continuer sur sa lancée en poursuivant son remoot (remake+reboot) ?
Verrait-on le fantôme de Dark Vador former son jeune disciple Kylo Ren dans un marais insalubre ?
Rey et Finn tomberaient-ils amoureux pour finir cruellement séparés, sur un dialogue poignant ("I love you", "I know") ?
Super-Luke affronterait-il Suprême-Snoke pour lui trancher la main lorsque ce dernier lui annoncerait "Luke, je suis ton grand-père" ?
La Générale Leia sacrifierait-elle sa vie pour sauver la Résistance ?
Yoda et Obi-Wan feraient-ils un bref coucou depuis l'au-delà ?
R2D2 et BB8 proposeraient-ils à C3PO un plan à trois ?

En avant le spoil !

Finalement l'épisode de 2017 nous a bien eus. Il est l'exact opposé de son prédécesseur et s'amuse à broyer tous les codes de la saga. Là où l'épisode précédent tentait de réconcilier tout le monde autour d'un rassurant retour aux sources, agissant comme une remise à zéro pour repartir sur les bases de la trilogie originelle, "Les Derniers Jedi" prend un malin plaisir à casser le mythe, prouvant que les pontes de Disney ne savent pas vraiment quoi faire avec cette encombrante saga, à part gagner des milliards de dollars. Ils tentent d'insérer le culte Starwarien dans une formule de série annuelle, à l'instar des mastodontes du 21e siècle, Marvel et ses innombrables héros qui squattent les écrans à un rythme effréné (20 films en 10 ans !). Mais l'univers Star Wars est-il suffisamment étoffé pour le supporter ?

Le but de l'épisode VIII est donc de casser les codes. C'est ce que font toutes les scènes d'introduction des personnages : Poe Dameron se fout du discours grandiloquent de méchant typique du général Hux, Finn est découvert errant dans sa combinaison pleine de fuites d'eau, Kylo Ren est humilié par Snoke et, de rage, en pète son casque noir symbolique, Luke balance avec désinvolture son sabre-laser ramené par Rey. Plus tard le fantôme de Yoda détruit volontairement les archives Jedi sacrées. Le message est clair : YOLO, tout n'est que foutaise.

Les actions des Héros sont toutes vouées à l'échec. La mission de Finn, Rose et BB8 au casino se conclu par la mise au cachot du trio sans qu'ils aient pu contacter le hackeur. Ils s'enfuient grâce à l'aide d'un brigand minable, DJ, qui finira par les trahir pour de l'argent et les empêchera ainsi de mener à bien leur projet pour sauver les derniers résistants poursuivis par Hux.
Rey n'obtient pas la formation Jedi qu'elle espérait de la part de Luke, elle échoue à convaincre Kylo de changer de camp et elle apprend que ses parents étaient des gens ordinaires sans pouvoirs particuliers. Poe trahi sa chef, l'amirale Holdo, en la mettant aux arrêts alors qu'elle avait un plan secret pour sauver la Résistance. Ce faisant le petit groupe subit de lourdes pertes humaines, en plus du sacrifice de tous les bombardiers au début du film suite au refus de Poe d'obéir aux ordres de Leia. Holdo n'aura pas d'autre choix que de jeter son vaisseau sur ses poursuivants, ajoutant une mort de plus au tableau de chasse macabre de Poe.
On apprend que Luke, pendant la formation Jedi du jeune Kylo Ren, a voulu tuer son disciple car il sentait son coté obscur. Son échec a alors renforcé Kylo dans sa décision de joindre Snoke. Luke est à présent persuadé que perpétuer la lutte entre Jedi et Siths est la cause des conflits, à cause de la notion de Balance universelle qui est la nature même de la Force, cet équilibre liant toute chose.
Et en parlant de Snoke, il disparaît sans qu'on ait eu la moindre explication sur ses origines, ses motivations et surtout son manque de clairvoyance face à son disciple qui le tranche en deux par surprise.

Ce rapide résumé prouve que ce Star Wars est plus proche de la seconde trilogie que de la première, ce qui n'est pas un compliment. On sauve tout de même le jeu intense des deux acteurs principaux, Rey et Kylo, qui mettent toute leur hargne et leur conviction pour rendre crédible leur relation conflictuelle et passionnée.
Reste quelques bonnes séquences d'action, une touche d'humour sacrilège bienvenue (comme ce plan furtif où un fer à repasser est filmé comme un vaisseau spatial !) et la conclusion de l'arc narratif d'un des personnages les plus emblématiques de la saga, Mister Luke Skywalker soi-même. Il tire sa révérence de belle manière en appliquant à la lettre le crédo du film : on apprend plus de ses échecs que de ses victoires. Mais cela ne suffit pas à faire des "Derniers Jedi" une bonne cuvée Star Wars. Son intérêt est de créer un suspens malsain concernant sa suite : comment les auteurs vont-ils recoller les morceaux du puzzle et écrire une conclusion crédible à cette 3e trilogie ?


Epilogue
Comme nous l'avions fait il y a deux ans, voici pour conclure quelques prédictions personnelles concernant l'épisode IX de 2019 :

- Retour sur la planète Jakku pour Rey, accompagnée de Finn, pour trouver sa véritable origine.
- Poe et Rose affrontent le traître DJ.
- Un flashback raconté par Maz Kanata montre l'origine de Snoke.
- Chewbacca se sacrifie avec le Millennium Falcon pour sauver la Résistance.
- Destruction de l'endroit où Leia s'est retirée, sur ordre de Hux.
- Kylo tue Hux.
- Le fantôme de Leia aide Rey lors de son affrontement final contre Kylo.

vendredi 16 mars 2018

Blade Runner 2049

Les androïdes inertes rêvent-ils de moutons empaillés ?

(2017- Réalisé par D. Villeneuve) ****

L'officier "K", issu d'une nouvelle génération de Replicants créés par la société Wallace, est un Blade Runner : il traque les anciens modèles Nexus-8 encore en fonction pour les "retirer". Après une arrestation mouvementée dans une ferme bio-synthétique, K fait une curieuse découverte. 

Située 30 ans après les événements du premier Blade Runner, la version "2049" restitue avec minutie le style élégant et froid et le rythme ralenti de son modèle. Certains plans sont des références directes à l'original, le zoom sur l’œil ouvert, l'ambiance maussade des rues bondées noyées sous les projections holographiques publicitaires, les éclairages savants dans les gigantesques intérieurs baroques, bref, tout ce futur d'anticipation déprimant annonçant la fin de la race humaine. 
On retrouve aussi des personnages ressemblant fortement aux rôles du film original : l'enquêteur taciturne (Deckard/K), le business-man mystique se prenant pour Dieu (Tyrell/Wallace), l'androïde de combat (Roy Batty/Luv) et l'androïde prostituée (Pris/Mariette). Même l'intérêt romantique du héros, la Replicant Rachel dans Blade Runner, trouve un écho dans "2049" sous la forme de l'I.A. Joi.

Le nouveau Blade Runner est une vraie suite qui prolonge les questions métaphysiques laissées en suspend il y a 25 ans par la version "director's cut". Qu'est-ce qui défini l'Humain si une machine peut l'imiter à la perfection ? Elle fait notre boulot mieux que nous et simule les sentiments aussi bien. 
Le détective K est une machine consciente de son état, sachant pertinemment que ses souvenirs d'enfance sont des faux. Il arrête ou tue sans remord ses semblables moins évolués que lui, les anciens modèles Nexus. Son arc narratif dans le film en fait un protagoniste secondaire plutôt que le sujet principal, puisqu'il découvre qu'il n'est pas ce qu'il croyait être.
Joi la copine virtuelle n'est qu'un programme sophistiqué, dépendant du bon vouloir de son maître qui l'active et la désactive à volonté. Elle reste confinée dans une boîte, impuissante pour protéger son bien-aimé qui est littéralement son unique raison "d'exister". Elle est tout de même dotée d'un tel désir, une émotion tellement humaine, qu'elle va jusqu'à se synchroniser avec une Replicant prostituée afin de pouvoir pratiquer l'amour physique ! C'est ainsi que K montre aussi son coté humain en expérimentant le sentiment amoureux. Tandis que les "vrais" gens, ceux qui ont une âme comme le dit la chef humaine de K, s'adonnent au sexe le plus basique avec des Replicants comme Mariette, K recherche quelque chose de plus émotionnel. Ce qui le mènera à la fois à la conclusion de son enquête policière et au bout de sa quête personnelle.
Même Luv, la Nexus-9 travaillant pour Wallace, est dominée par la confusion, autre état typiquement humain. Elle a vu ce que son patron faisait aux modèles ne répondant pas à ses attentes, elle met donc tout en œuvre pour remplir sa mission, pour "être la meilleure" comme elle le dit, quitte à transgresser les lois et liquider froidement les obstacles.
Quand à Deckard, une des grandes réussites du film est de rétablir l’ambiguïté concernant sa nature exacte. Est-il, oui ou non, un Replicant ? Dans la version définitive du premier épisode les indices ajoutés tout au long du film par Ridley Scott validaient cette thèse (le rêve de la licorne et la pupille des yeux brillant dans l'obscurité). Dans 2049 ce personnage retrouve son ambivalence en esquivant toutes les questions à ce sujet, démontrant ainsi que cette question est finalement accessoire.

Que reste-t-il pour séparer l'Homme de la Machine ? La procréation, ultime frontière, est tout l'objet du film. Un nouveau monde dans lequel les deux genres sont mêlés. Est-ce que nous nous dirigeons vers un tel futur ? Est-ce notre fin ou notre renaissance en tant qu'espèce ? 
Rendez-vous en 2049.

jeudi 7 décembre 2017

Divinity Original Sin II, la checklist pour s'en sortir

Divinity Original Sin II
Après un excellent premier épisode sorti en 2014, une suite de Divinity Original Sin devait inévitablement voir le jour. D'abord dispo pendant un an sous le forme d'un early access dans Steam (ou comment faire payer vos joueurs pour beta-tester votre développement), le N° 2 fut démoulé à la rentrée avec un beau succès commercial à la clé. Il vient de fêter son millionième exemplaire vendu en cette fin d'année.

Si "DoS 2" a gagné de nombreux.breuses adeptes, certain(e)s restent dérouté-tée-s par les mécani\qu\cienn-e[s] de jeu peu orthodoxes {?} de ce~tte RPG... oh putain j'arrête l'écriture inclusive.

pouf-pouffe.

Si "DoS 2" a gagné de nombreux adeptes, certains restent déroutés par les mécaniques de jeu peu orthodoxes de ce RPG fantasque et foisonnant.
Embarquons donc, gentes Dames et galants Aspirants, pour un tour d'horizon qui, espérons-le, vous permettra d'y voir plus clair dans ce joyeux foutoir que sont les subtilités des systèmes de combat de Original Sin II.

mercredi 2 août 2017

Un aide-mémoire sommaire mais néanmoins fort utile pour Final Fantasy XII: Zodiac Age

 La grande ronde des Classes de FF12. 

Vous connaissez cette angoisse du mauvais choix ? Cette impression désagréable que plus tard vous regretterez votre décision quelque soit l'option que vous sélectionnez maintenant ?

Parfois ce sentiment vous assaille pour des futilités, comme choisir de pisser sur une statue de Kim Jong-Un lors d'un voyage en Corée du Nord ou ne pas emmener ses préservatifs avant une partouze avec des inconnus. Mais pour les événements marquant le restant de votre vie, comme la constitution d'une équipe équilibrée dans Final Fantasy XII: Zodiac Age, on n'imagine pas les conséquences dramatiques après 50 heures de jeu que peuvent entraîner des choix hasardeux en début de partie.

Afin de vous épargner les affres de regrets éternels et une lente lente lente dépression inévitable voici donc une compilation de toutes les choses bonnes à savoir : à quoi servent les 9 caractéristiques, les forces et faiblesses de chaque Job, les bonus et malus des armes et armures associées aux Classes et, pour conclure avec brio, quelques conseils sur la création des Gambits.

Avertissement :
L'objectif n'est pas de fournir un guide clé en main vous donnant la combinaison de jobs ultimes pour avoir LA team bad ass en auto-pilote qui défonce tout. Plutôt de vous permettre de trier plus facilement parmi la tonne de possibilités offertes par les systèmes de jeu de FF12, obscurs voire franchement pas clairs.

Note : Les statistiques utilisées pour créer cette aide de jeu ont été glanées dans divers tables éparpillées sur le site finalfantasy.wikia.com.
Que ces auteurs et trices en soient mille fois congratulés.



mercredi 21 juin 2017

Playlists Best Of Prince Rock/Funk/Groove/Love


Fêtons la musique, festoyons même !
Et profitons de la sortie dans deux jours de la version remasterisée de Purple Rain pour proposer notre propre Best Of de l'oeuvre d'un artiste qu'on a jamais cessé de célébrer dans ces pages.

Mais comment faire pour résumer des dizaines d'albums officiels ? Comment éviter les sempiternels "Kiss" et autres "Let's go crazy", présents dans tous les Greatest Hits ?
La solution est limpide : piocher dans les titres moins connus et proposer non pas UNE mais QUATRE compilations parce qu'on est un gros déglingo.