vendredi 21 décembre 2018

The VVitch, Hérédité : Familles je vous hais

Réunion de famille

The VVitch (réalisé par R. Eggers) et Hérédité (réalisé par A. Aster) sont deux films sortis respectivement en 2015 et 2018. Bien que situés à deux époques différentes, le 17e siècle et le temps présent, ils racontent l'histoire anxiogène de familles dysfonctionnelles en prenant appui sur le genre Horreur-Fantastique.

Sous-titré dans sa version d'origine "Conte folklorique de Nouvelle-Angleterre", The VVitch tire son ambiance unique des légendes sur les sorcières héritées du moyen âge. Une famille puritaine venue d'Angleterre dans les territoires d'Amérique du Nord se trouve chassée de sa colonie à la suite d'un différend religieux. Elle doit vivre recluse, en autarcie dans une petite ferme à la lisière d'une forêt. La disparition du bébé de la famille va confronter parents et enfants au mythe des Sorcières.

Hérédité se déroule de nos jours et s'ouvre sur l'enterrement de la grand-mère de la famille Graham. Sa disparition va déclencher une série de psychoses et de drames au sein du foyer, se muant peu à peu en événements surnaturels. Le film explore une thématique plus moderne basée sur les esprits malins qui hantent les lieux et possèdent les personnes.

Voici donc la joyeuse thématique de la soirée : une cellule familiale isolée qui va se replier sur elle-même à force de cultiver ses névroses, qu'elles soient religieuses pour les puritains des années 1630 ou psychosomatiques pour nos contemporains.
Cool.

Et nous allons voir que ce ne sont pas les seules similitudes entre les deux films.
Le temps de prévenir tout le monde que ça va divulspoiler abondamment et on clique sur la suite.

vendredi 14 décembre 2018

RENEGADE (jeu de société, en anglais)

Renegade - Publié par Victory Point Games
Comme la plupart des projets Kickstarter, le jeu Renegade n'aurait certainement pas vu le jour s'il était passé par le marketing des grands éditeurs de jeux de société. Trop abstrait, trop jargonneux, trop "de niche" et sans licence connue pour vendre le produit, il n'aurait pas dépassé le stade du prototype et aurait fini en "Print & Play" gratos sur le web.

Des hackers en guerre contre une entité virtuelle malfaisante nommée Mother, ça passe encore. Depuis le premier Matrix il y a près de vingt ans, tout le monde est expert des réseaux informatiques. Mais quand on commence à sortir les Neural Hubs, Propagators, Data Ports et autres Countermeasures, ça fait moins les malins. Surtout quand tout se passe sur des partitions de serveurs et que vos actions sont des commandes Cognition ou Deception
Et lorsque l'auteur décide d'allier ses codes philosophico-technologiques à une épure esthétique de symboles colorés sur une grille d'hexagones, les auto-proclamés "experts" se roulent en boule dans un coin de la salle, en marmonnant "on va plutôt jouer aux petits chevaux". 

Renegade de Victory Point Games est un jeu de plateau, en anglais, dans lequel de un à cinq Avatars piratent un programme informatique sur son terrain, à savoir les disques durs où sont stockées les données. Vous êtes les intrus et votre but est de survivre tout en remplissant un maximum d'objectifs. Vos armes : 15 cartes avec lesquelles vous générez tout un tas de jetons colorés. 


Intrigué ? La suite lisez !


mardi 27 novembre 2018

RACE FOR THE GALAXY (Jeu de société)

Race for the Galaxy - Publié par Ystari Games

Existant depuis plus de dix ans, "Race for the Galaxy" est, avec Dominion, l'un des pionniers du concept de "jeu de cartes évolutif". Le principe rompt avec les jeux de cartes à collectionner dans lesquels chaque paquet contient une distribution aléatoire avec des niveaux différents de raretés et où chaque participant doit se procurer son propre deck. Avec RftG nous avons une boite contenant toutes les cartes nécessaires (plus de 120) pour deux à quatre joueurs, tout ça pour 25 €. C't'affaire !

Dans Race tout le monde pioche ses cartes depuis un paquet commun. Donc, à la différence de Magic l'Assemblée et consorts, inutile d'espérer vaincre en achetant les cartes les plus puissantes. Si le hasard préside toujours lors du tirage, tout le monde débute avec les mêmes chances et c'est à vous de vous adapter au cours de votre exploration, selon votre main. 
Le principe du jeu est indiqué dans son titre : conquérir et développer des planètes pour acquérir un maximum de points de victoire en un temps limité.  

Que la course commence !


samedi 15 septembre 2018

Poltergeist

Who you gonna call?

(1982 - Réalisé par T. Hooper) *****
Famille américaine typique, les Freeling vivent confortablement dans le récent quartier résidentiel de Cuesta Verde en Californie. Une nuit, Carol-Anne, la petite dernière, semble fascinée par le poste de télé resté allumé sur une chaine sans réception. Le début d'une longue série d'événements paranormaux qui vont s'enchainer crescendo.

Les bonnes fées se sont penchées sur le berceau de Poltergeist : Tobe Hooper à la réalisation et Steven Spielberg à la production, soit Monsieur "Massacre à la tronçonneuse" et Monsieur "Rencontres du 3e type". Pour un film de maison hantée, on part sur de bonnes bases. Le côté spectaculaire est assuré par tonton Steven, en sa qualité de producteur il met les moyens suffisants pour créer la magie et ficèle un suspens qui maintient le film largement au-dessus de la mêlée dans sa catégorie joignant Fantastique, Horreur et Comédie. Plutôt que de placer l'intrigue dans un cadre flippant pour imposer l'angoisse, une baraque sinistre qui crache du sang (Amityville, 1979), un immense hôtel vide (Shining, 1980) ou une cabane paumée dans les bois (Evil Dead, 1981), les auteurs choisissent comme lieu unique une maison moderne tout confort (enfin, il y a quand même un arbre maléfique dans le jardin ;-)
Pour la partie politiquement incorrecte, le père Tobe délivre un message édifiant sur l'Histoire des États-Unis, littéralement bâtie sur les cadavres des natifs Amérindiens. Il glisse aussi dans cette aventure surnaturelle une multitude de petites allusions sur la schizophrénie de ce peuple : la télé est le support involontaire des esprits mauvais (le film s'ouvre sur l'hymne américain diffusé à la TV devant la famille qui roupille, message compris ?), les parents fument un joint tout en lisant la biographie du président Reagan, la chambre des enfants est proprement noyée sous les jouets plus ou moins grotesques, symbole d'un consumérisme maladif, et les "experts" para-psychologues restent impuissants malgré leurs gadgets high-tech. C'est toute une vision idyllique du mode de vie Américain qui est gentiment malmenée.
Si Poltergeist a tant marqué les esprits des ados des années 80, c'est aussi grâce à l'interprétation sans faille des actrices et acteurs. Que ce soit les adultes ou les enfants, le casting est en or massif. En particulier Diane la maman, qui crédibilise toutes les scènes d'émotions et vous colle des frissons lorsque l'esprit de sa fille la "traverse". C'est aussi une action-girl qui va chercher sa gosse perdue dans l'au-delà, tout en gardant son sex-appeal en affrontant l'esprit frappeur en petite culotte. Elle sera par ailleurs principalement aidée par deux autres femmes, la scientifique "Docteur Lesh" et Tengina, la médium responsable de la ligne de dialogue la plus célèbre du film ("This house is clean"), peu avant le déferlement final !

vendredi 7 septembre 2018

Wargames

Scène d'époque en -28 avant Snapchat

(1983 - Réalisé par J. Badham) *****
A la recherche d'un serveur stockant des jeux vidéo pas encore sortis, David tombe sans le savoir sur WOPR, le système informatique ultra secret de l'armée Américaine. Après avoir trouvé le mot de passe permettant de contrôler la machine, David lance une partie intitulée "Guerre Thermonucléaire Globale", sous les yeux amusés de sa copine de classe.

Si Wargames est devenu instantanément un film culte auprès des pré-geeks des 80's, c'est parce qu'il décrit un monde rêvé par tous les pubères mordus de jeux vidéo de l'époque. Les ados ayant une console Atari 2600 ou une Colecovision, ou un micro Apple II ou Thomson TO7, trippent à donf en vivant l'histoire du jeune hacker qui va mettre la Terre en péril puis la sauver. Il a une antre pour lui tout seul, remplie d'une montagne de machines toutes plus hi-tech les unes que les autres : ordi 8080 dernier cri avec un écran énoooorme (17'), double-lecteur disquettes 8 pouces (le summum !), modem 1200 bauds avec une connexion illimitée, imprimante matricielle next-gen, haut-parleurs pour la synthèse vocale... le prix global pour un pareil matos doit s'approcher du PIB de l'Allemagne de l'Est. 
Mais toute cette débauche technologique n'est rien comparé à l'exploit réalisé par notre ami le jeune. Non pas de pirater le super-computer du NORAD, ça c'est facile. Pour tous les nerds spectateurs en 1983, le tour de force le plus incroyable est que David ramène une FILLE dans sa chambre ;-)

Soyons sérieux deux minutes. Wargames a fait date car il montre, sans doute pour la première fois dans un film grand public, un ado adepte des nouvelles technologies bien dans sa peau, loin du cliché du coincé à lunettes, pédant et mal fagoté. David est un gars intelligent avec toute la fraicheur naïve de sa jeunesse, un sacré débrouillard qui ne baisse jamais les bras dans sa lutte contre des adultes bornés ou dépassés. Son aventure est palpitante, avec ses rebondissements parfois trop gros (il s'évade tout seul du bunker le plus sécurisé des USA !) mais toujours rythmés, et se conclut de façon attendue mais pleinement satisfaisante (spoiler : le gars bat WOPR et gagne la fille, youpi !)
D'une manière plus générale, le film sort dans un contexte de guerre froide encore très vivace entre les USA et l'URSS. L'intro montre comment l'escalade soudaine du conflit peut déterminer en quelques minutes le sort de l'humanité. Cette menace nucléaire planant constamment est heureusement désamorcée par le personnage du Général Beringer, l'élément comique caricatural qui balance des punchlines et ne cesse de modifier l'état d'alerte nationale DefCon tout au long du film comme s'il s'agissait d'un jouet. Les autres protagonistes restent crédibles, Jennifer la future girlfriend endosse le rôle ingrat mais indispensable de la candide à qui David doit expliquer le jargon abscons. L'ingénieur Mc Kittric, qui a rendu autonome WOPR, et le professeur Falken, celui qui l'a créé, vont chacun évoluer dans leur point de vue au fil des événements.

Le commentaire sur les dangers des nouvelles technologies trouve un écho aujourd'hui. Même si la bombe atomique est encore un sujet d'inquiétude, la problématique s'est déplacée sur la manipulation de masse permise par le traitement des données à grande échelle. La question principale de Wargames dans les 80's, peut-on confier notre destin aux super-calculateurs, a depuis été réglée par la génération 2K : oui, les algorithmes de Google, Amazon et Apple peuvent gérer notre vie.
Flippant, non ?

samedi 4 août 2018

The Revenant

"I'm the king of the world !"

(2016 - Réalisé par A. G. Iñárritu) ****
Dans les années 1820 l'explorateur Hugh Glass et son fils Indien guident les trappeurs sur les territoires sauvages le long de la rivière Missouri. Lorsque le camp est soudainement attaqué par une tribu indienne, chacun tente de sauver sa vie tout en préservant le précieux stock de fourrures.

Depuis des années le réalisateur et sa star avaient dans les mains cette histoire de revanche homérique. Il leur manquait juste les moyens financiers pour tourner l'épopée en décors naturels et un scénario qui aille au-delà d'une simple course-poursuite à travers l’Amérique naissante. Après avoir suivi Michael Keaton dans "Birdman", Alejandro Iñárritu réutilise sa caméra baladeuse pour filmer les grands espaces de la conquête de l'ouest et un DiCaprio en mode "performance d'acteur". Fort heureusement le projet ne se limite pas à observer combien Leonardo vit intensément les terribles épreuves que le destin lui envoi lors de sa longue quête vengeresse. The Revenant montre un contexte, ses pionniers issus de l’immigration Européenne face aux natifs Américains qu'on appelle toujours Indiens, ce choc de cultures diamétralement opposées entre des tribus en compétition pour le contrôle de territoires et l'Homme Blanc principalement préoccupé par le profit qu'il peut tirer de cette nature vierge.
L'histoire vraie de Hugh Glass, laissé pour mort dans un environnement hostile après avoir subi des tourments autant physiques que psychologiques, sert de fil rouge vers une rédemption finale. Sa longue traversée hivernale est ponctuée de rencontres tantôt funestes tantôt favorables. En parallèle on suit le trajet de son bourreau, celui qui lui a tout pris, autant par cupidité que par instinct de survie dans des circonstances imprévisibles et un contexte franchement inhospitalier. 
Le style fluide du film est parfaitement adapté à son propos. Pas de frénésie, des plans-séquence souples et étirés embrassant la totalité d'un paysage magnifique et s'approchant au plus près des personnages dans un souffle ample, qui impliquent émotionnellement le spectateur comme peu de films, toujours au cœur d'une action chorégraphiée de main de maître. Même si certaines envolées mystiques auraient pu être un chouia raccourcies, l'odyssée mérite d'être vécue.

jeudi 2 août 2018

The Social Network


"Bientôt, vous aurez tous une page Facebook..."

(2010 - Réalisé par D. Fincher) *****

L'histoire de la création de Facebook en 2004 par Mark Zuckerberg et Eduardo Saverin. L'ascension fulgurante du premier réseau social à l'échelle mondiale, les conflits internes et les procès qui ont suivi.

Si aujourd'hui Facebook n'est plus utilisé que par votre mère et votre oncle, le réseau social revendique tout de même 2,2 milliards de comptes actifs en 2018. Cette entreprise fait partie de l'Histoire, David Fincher et le scénariste Aaron Sorkin s'emparent dès 2010 d'une biographie intitulée "Les milliardaires accidentels" pour réaliser le film qui va cristalliser l'esprit d'une génération. Comment Zuckerberg et quelques collègues doués, étudiants de la prestigieuse université Harvard, vont transgresser le code d'honneur implicite de l'école. D'abord en hackant les trombinoscopes des élèves des campus aux alentours pour créer Facemash, un moteur de vote comparant des photos de filles (Vraiment classe, les gars). Mais surtout en bousculant les traditions, incarnées notamment par les riches frères Winklevoss, prototypes de la classe dominante : jeunes loups premiers de la classe, sportifs exemplaires et membres de la plus select fraternité d'Harvard.
Comme il le dit lui-même, Mark Zuckerberg ne sait pas vraiment ce qu'il tient dans ses lignes de codes lorsqu'il fait financer son portail social avec les 1000 dollars de son pote, mais il a l'intuition qu'il doit laisser son monstre grandir en même temps que la jeunesse, adaptant le concept avec des flashs d'inventivité, comme lors de la séquence sur la création du statut relationnel.
Fincher le montre parfaitement avec plusieurs analogies tout au long du film : pendant que l'ancien monde s'éclate avec des putes payées dans des soirées élitistes, le nouveau prend possession de la zone virtuelle où se noueront les relations sociales du peuple. Pendant que les fils de bonne famille rament en ligne droite dans leur couloir d'aviron étriqué, les codeurs pissent les lignes de programmes qui captureront notre intimité pour mieux la marchander. Pendant qu'Eduardo s'échine à trouver de maigres financements publicitaires, Zuckerberg recrute le créateur de Napster qui lui décroche son premier gros investissement. Et tandis que les hordes d'avocats perdent leur temps en négociations juridiques, Facebook investit ses nouveaux bureaux et fête son millionième membre.
Le film explique parfaitement le fonctionnement intellectuel du jeune businessman, prototype du geek à une époque où ce terme n'est pas encore sexy pour les séries TV et Hollywood. Il a toujours un coup d'avance, quitte à sacrifier au passage son amitié et poursuivre en vain sa copine qui l'a largué. Cette difficulté à communiquer est excellemment rendue par l'acteur Jesse Eisenberg : un peu autiste dans ses sentiments mais avec un mental constamment fixé sur un objectif dont les limites sont sans cesse repoussées. Un portrait tellement précis que l'actualité nous indique que le bonhomme n'a pas changé : en 2018 il balade les gouvernements comme jadis les Winklevoss, en produisant régulièrement les mêmes excuses bidons concernant son redoutable outil d'influence planétaire.

mercredi 18 juillet 2018

Alien Covenant

Les androïdes Walter et David pipeautent. 
(2017 - Réalisé par R. Scott) **

Le vaisseau spatial "Covenant" voyage à destination d'une planète fertile, dans le but de la coloniser. A son bord, un équipage composé de couples et 2000 embryons cryogénisés pour peupler ce nouveau paradis. Et aussi Walter l'androïde.

En 2012 on attendait tellement de Prometheus, avec le Sieur Scott aux manettes et l'alléchante promesse de découvrir les "space jockeys" du film originel, que la chute n'en fut que plus vertigineuse et l'atterrissage douloureux. Un film avec des personnages mal construits aux motivations peu claires, dans une histoire remplie de questions sans aucune réponse.
Et quand, cinq ans plus tard, Mister Ridley remet le couvert avec Covenant, les plus naïfs des fans (dont votre serviteur) se font encore avoir : ils espèrent une suite comblant tous les trous narratifs, des héros et héroïnes enfin crédibles, et des aliens pas relégués au banal rôle de machines à "jump-scare".

Las. Les auteurs recommencent leur remake du film de 1979, en beaucoup moins bien. Soit un équipage en état d'hibernation voguant vers sa destination, interrompu par un événement extérieur, recevant un message mystérieux, partant à sa source et, se faisant, courant à sa perte à la suite de décisions stupides. Le challenge étant d'inclure toutes les intrigues amorcées dans Prometheus et jamais résolues. 
Pour ce dernier point, la solution fut de reprendre patiemment tous les éléments développés précédemment pour sublimer l'ensemble par une astucieuse remise en perspective.
Non, j'déconne. 

Elizabeth est morte après avoir remis en état son ennemi David. Et tous les Ingénieurs sont crevés aussi. On se débarrasse des seuls éléments intéressants de Prometheus en ne gardant que le plus plat, celui dont on sait qu'il est un androïde psychopathe se prenant pour Dieu. Et au cas où on l'aurait oublié on vous le rappelle lors de l'intro, avec une discussion pas du tout subtile entre le robot et son créateur, Peter Weyland, lors d'un flashback. 
Tout est bâclé dans Covenant : la présentation de l'équipage (sans relief), l'arc narratif de l'héroïne (un mix entre Ripley et Shaw, donc déjà vu), la découverte de la planète des Ingénieurs (désespérément vide), l'apparition des Xénomorphes (trop rapide, aucune montée de tension) et le faux suspens sur le rôle de David (tout le monde sait qu'il est fou, sauf les protagonistes du film malgré toutes les preuves sous leurs yeux). 
Les seules pistes novatrices introduites dans Covenant sont seulement effleurées, le concept des couples de colons, sensé renforcer leur lien affectif mais insuffisamment traité, et la relation entre Walter et David (les premiers homo dans un film S-F grand public ?).
Autrement, le film tourne sur lui-même, s'auto-référençant en balançant les mêmes séquences qu'il y a 40 ans, copiées à l'identique : bébés aliens s'éjectant des corps, face-huggers dans leurs œufs, Xéno massacreurs. A tel point qu'on en vient à se demander si, à l'instar de Star Wars (lui aussi né à la fin des 70's), l'univers "Alien" est assez riche pour fournir autre chose qu'une trilogie. La saga de Lucas est condamnée à ressasser ad nauseam ses Jedis et ses Stormtroopers, celle créée par Dan O'Bannon, Ridley Scott et James Cameron semble avoir fait le tour de son sujet dès son 3e épisode en 1992. Les oeufs et leurs face-huggers, les Xénomorphes et leurs mâchoires, les équipages sacrifiés à la chaîne, la formule peine à se renouveler. 

jeudi 12 juillet 2018

GLOOMHAVEN (Jeu de société, en anglais)





Gloomhaven - Publié par Cephalofair Games

Avec Gloomhaven, l'auteur Isaac Childres a voulu recréer le feeling d'un Dungeon Crawler au tour par tour doublé d'un jeu de rôle à l'ancienne. Soit d'un coté la grille d'hexagones avec ses figurines et de l'autre une fine équipe autour d'une table, écoutant le Maître du Jeu conter une aventure épique en jetant frénétiquement des tonnes de dés. Cette joie de voir son avatar grandir au fil des semaines, acquérir fortune et gloire en traversant le continent et les adversaires. Puis terminer sa carrière au terme d'une épique épopée, triomphant sur un trône royal ou agonisant dans une fosse commune.
L'auteur s'est donc mis en tête de construire un jeu de plateau avec les mécaniques maniaques d'un jeu de stratégie tout en recréant ce sentiment de croissance, un monde qui évolue sur le long terme. Et plus qu'un système dans lequel les héro(ïne)s deviennent des Dieux et Déesses surpuissant(e)s au fil de leur montée de niveau, les doter chacun d'une quête personnelle au terme de laquelle ils prendront leur retraite pour laisser la place à des personnages inédits aux motivations différentes, qui continueront la saga. La garantie qu'on ne laissera pas une mortelle routine s'installer et que les joueuses et joueurs devront sortir de leur zone de confort pour découvrir de nouvelles façons de jouer pour franchir les obstacles.
Le tout sans recourir aux sacro-saints dés du hasard pour simuler le destin, mais avec des cartes pour tout gérer à la place d'un Maître du jeu démiurge.

Oui, le pari de Monsieur Childres était insensé. Et vous savez quoi ? Le bougre a réussi.

mardi 3 juillet 2018

RUNEBOUND 3e Edition (Jeu de société)

Runebound 3e édition - Publié par FFG/Edge


Dix ans après sa précédente édition, Runebound est revenu sur le devant de la scène en 2015 avec une refonte globale de ses principales règles de jeu. Exit les dés à 10 faces, bonjour les pions à 2 côtés !

Le principe de base reste inchangé, un plateau représentant le monde de Terrinoth, un univers d'heroic-fantasy empli de sorciers et de chevaliers, d'orcs et d'ogres,de gangs d'elfes et de hordes de morts-vivants. Dans la troisième édition, des héroïnes et des héros définis par un bref texte d'introduction et quelques statistiques vont parcourir la carte du pays sur laquelle les attendent des dizaines de quêtes et rencontres funestes. 

Leur but ? parvenir à remplir leur mission dans le temps imparti.

Les principaux atouts de Runebound sont d'offrir une simplicité de mise en place et une rapidité dans le déroulement d'une partie avec la garantie de terminer un scénario en moins de deux heures. La preuve ? Un tour de jeu consiste seulement à ce que chaque personnage réalise trois actions de son choix puis on avance un marqueur sur une échelle de temps au bout de laquelle le méchant de l'histoire s'énerve.

Ne partez pas ! Il y a quand même pas mal de trucs à faire. Voyons donc ça en détail.

vendredi 29 juin 2018

MAGE KNIGHT (Jeu de société)


Mage Knight - Publié par Wizkids/Intrafin

Un jeu de plateau, de rôle, d'exploration, de gestion, de stratégie et d'aventure avec des cartes, des dés, des figurines, des grandes tuiles, des petits marqueurs et des pions dans un univers fantasy avec des héros à faire évoluer et des troupes à recruter, en solo ou à plusieurs, en co-op ou en compét' ! 

Vladimir Chvatil, l'homme derrière Mage Knight, peut être fier de son coup. Réussir à marier tant de styles différents en une expérience unique et prenante est un exploit. Sur les bases d'un jeu de plateau d'exploration il a greffé toutes les mécaniques imaginables : rôlisme, jeux de cartes, aventure scénarisée, l'ensemble baignant dans une forte influence "heroic-fantasy", un terrain familier et rassurant permettant d'ingurgiter l'ensemble des règles.


Voyons ça en détail...


samedi 5 mai 2018

Deadpool (2-year Anniversary Edition)

Deadpool, l'homme de fer-blanc et une ado boudeuse.
(2016 - Réalisé par T. Miller) ****

Alors qu'il prend un taxi pour aller se venger, le super-héros Deadpool raconte aux spectateurs du film l'histoire de son origine, quand il était encore Wade Wilson, ancien agent des Forces Spéciales reconverti en mercenaire à la petite semaine. Comment il a rencontré la femme de sa vie, pourquoi il a du la quitter et surtout qui va payer pour l'avoir rendu indestructible mais imbaisable : sa némésis Ajax (alias Francis).

Arrivé dans un contexte d'overdose de super-héros trop déprimés ou trop niais, Deadpool a immédiatement trouvé sa place : celle du petit malin qui commente tout ce boxon avec impertinence. Dès le générique le ton est donné : "Le film d'un connard, avec un type divinement crétin, une fille sexy, un personnage en synthèse, un caméo facile, dirigés par un abruti surpayé". Et 10 qui font 100.
Quand il s'adresse à nous Deadpool n'est pas seulement drôle, il décode avec savoir-faire le genre Marvel/DC en y ajoutant un supplément d'humour mature et une touche de gore inhabituels pour ce type de production toujours hyper calibrée. Voir le gars couper des têtes, s'arracher la main, se prendre un gode par sa copine ou se pignoler au lit en serrant sa poupée licorne, ça change effectivement de la routine ! 
Quand on pense que sa première apparition est dans le médiocre "X-Men Origins: Wolverine" de 2009 et que l'acteur principal Ryan Reynolds est aussi celui des navrants "Green Lantern" et "R.I.P.D.", on mesure le chemin parcouru. Tout cela est d'ailleurs cité à plusieurs reprises dans le film, dans le style propre du Comic originel qui casse sans arrêt le 4e mur par ses commentaires méta affûtés. Tout ou presque est prétexte à la poilade, avec des références foisonnantes qui vont des Monty Python au groupe Wham! des 80's et du foutage de gueule du discours moralisateur de Colossus à celui du bad guy Francis alias Ajax.
La réussite de cette production atypique vient de sa durée relativement courte, 1h45 au lieu des habituelles 2h30, ce qui renforce son efficacité. Elle est aussi due au bon équilibre entre déconnade pure, action spectaculaire et construction adroite du caractère du héros qui n'est pas qu'une machine à tuer et à vanner. Sa relation avec sa fiancée Vanessa et le drame personnel que Wade doit affronter lui donne une épaisseur que peu de super-héros acquièrent en un seul film. C'est frais, ça se revoit maintes fois avec jubilation, c'est déjà beaucoup pour une comédie décalée avec une basique histoire de vengeance.

jeudi 3 mai 2018

Playlist Janelle Monáe


Sincerely, Jane  (Metropolis, 2008)
Dance or Die  (The ArchAndroid, 2010)
Faster  (The ArchAndroid, 2010)
Locked Inside  (The ArchAndroid, 2010)
BabopbyeYa  (The ArchAndroid, 2010)
Tightrope  (The ArchAndroid, 2010)
Suite IV Electric Overture  (The Electric Lady, 2013)
Givin' Em What They Love  (The Electric Lady, 2013)
Q.U.E.E.N  (The Electric Lady, 2013)
Electric Lady  (The Electric Lady, 2013)
Look into my Eyes  (The Electric Lady, 2013)
It's Code  (The Electric Lady, 2013)
Ghetto Woman  (The Electric Lady, 2013)
Dance Apocalyptic  (The Electric Lady, 2013)
Dorothy Dandridge Eyes  (The Electric Lady, 2013)
Dirty Computer  (Dirty Computer, 2018)
Take a Byte  (Dirty Computer, 2018)
Django Jane  (Dirty Computer, 2018)
Make Me Feel  (Dirty Computer, 2018)
Americans  (Dirty Computer, 2018)

lundi 30 avril 2018

Street Trash

Street Trash, tirez la chasse !
(1987 - Réalisé par J. Muro) ***

Dans un quartier mal famé de New-York, squatté par une bande de clochards, le patron d'un magasin d'alcool découvre dans sa cave une caisse d'un mystérieux breuvage. Bientôt les bouteilles de "Viper" commencent à circuler, avec des effets dévastateurs.

Dans la famille "Gore" on avait eu le réalisme Italien des 70's, Cannibal Holocaust et consort, le documentaire morbide genre "Faces of death" ou encore le style Splatter/Slasher façon "Vendredi 13". Street Trash, avec son cousin "Bad Taste" de Peter Jackson (oui, celui du Seigneur des anneaux) sorti la même année, est la version "Comics" du genre. 
L'histoire suit une bande d'affreux, sales et (presque tous) méchants. Qu'ils soient à la rue, mafieux ou policiers, tous sont psychopathes à des degrés variés et la plupart connaissent des destins peu enviables. Street Trash est un portrait des laissés-pour-compte d'Amérique du nord qu'Hollywood se garde bien de montrer sur grand écran, à l'époque du triomphe des héros idéologiques Stallone et Schwarzy de la décennie Reagan (respectivement Cobra / Rambo / Rocky et Commando / Predator au milieu des 80's) 
Mais plutôt que de verser dans le drame sérieux, les auteurs préfèrent basculer dans le grand-guignol. On va donc suivre les aventures de plusieurs personnages dont l'activité principale consiste à glander dans une casse Auto et survivre dans un monde en décrépitude physique et morale. La consommation d'une nouvelle boisson mortelle va accélérer leur déclin et déclencher une enquête de police. Tout cela filmé à la manière d'un Evil Dead (caméra Steadicam planant dans le décor) avec des échappées vers les Classiques du film de genre, lorsque les miséreux surgissent dans la décharge par une nuit bleutée comme les morts-vivants de Romero, ou lorsque Bronson trône dans son dépotoir comme un anti-héros post-apocalyptique évadé de Mad Max.
Avec un nom qui veut dire littéralement "Ordures de rue", on ne peut s'attendre à une réflexion subtile et délicate. Et pourtant, passés les moments gores où les corps se liquéfient en matières acidulées suite à l'absorption du maudit liquide, par delà les séquences faites pour choquer le bourgeois (dégueulis, pipi, lancer de bite coupée, viol en groupe), Street Trash nous parle en particulier d'un vétéran du Vietnam que la guerre a rendu fou et d'un flic qui pratique une justice expéditive pas meilleure que les dégénérés qu'il traque. Soit une petite touche politique dans un joyeux foutoir de série B du samedi soir, tellement énorme qu'on ne peut qu'en rigoler.