samedi 12 juillet 2003

Les Feux de la Rampe

(Limelight - 1952 - Réalisé par C. Chaplin) **** (2 DVD)

Londres, 1914. Calvero, artiste vieillissant et alcoolique, rentre chez lui passablement éméché. Il découvre sa voisine inanimée, elle a tenté de se suicider.

Calvero c'est Charlot, rêvant de sa gloire passée, souffrant du manque de reconnaissance, survivant dans un monde où il n'a plus sa place. Un constat amère de l'artiste, mais finalement lucide à la vue de ce qu'on lui fit subir aux USA pendant les terribles années de Maccarthysme d'après-guerre. Mais le film parle avant tout d'espoir, et de ce besoin vital pour l'artiste de la scène, le music-hall, l'illusion du cinéma et son numéro de puces savantes. Le saltimbanque et la ballerine se soutienne mutuellement, jusqu'aux dernières scènes à la fois burlesques et émouvantes où Chaplin et Buster Keaton donnent leur dernière représentation, ensemble, derniers monuments du cinéma muet dans ce monde devenu moderne.
Cette fois Charlot tire vraiment sa révérence puisque Chaplin met en scène la mort du vagabond. Bien que souffrant du même problème de rythme que dans "Monsieur Verdoux", par exemple dans les longs extraits de ballet, et d'une actrice principale qui surjoue, Limelight reste un film magnifique.

Les Temps Modernes

(Modern Times - 1936 - Réalisé par C. Chaplin) ***** Edition Spéciale -Coffret Collector 2 DVD + Livret + Tirages Photos-

La vie impossible d'un ouvrier soumit aux cadences infernales dans une usine.

Charlot s'attaque aux dégâts occasionnés par le Fordisme des années 20 et 30 (productivisme forcené au détriment de l'humain). Le message social est puissant. Le travail à la chaîne aux cadences hystériques imposé aux ouvriers mène Charlot tout droit à la camisole et la jeune Paulette Godard, couteau entre les dents, vole la nourriture pour la distribuer aux enfants alentours. L'intro montre un troupeau de moutons sortant d'un enclos, puis un fondu enchaîne sur des centaines d'ouvriers sortant d'une bouche de métro. Bref, ça sent Mai 68 avec 30 ans d'avance !
Les gags fusent malgré tout et on voit le petit homme stopper à lui tout seul la production de toute l'usine puis devenir malgré lui le meneur d'une manif. Le film perd un peu de sa force politique en seconde partie, consacrée au rêve idéaliste de Charlot et de sa bien aimée, qui n'aspire finalement qu'à un petit intérieur bien douillet. C'est le retour du burlesque pur et efficace avec la géniale chanson en "yaourt" dans le cabaret.

Animatrix

(TV : 2003) ** 9 courts-métrages

9 courts-métrages tirés de l'univers du film "Matrix".

Le pire et le meilleur de l'univers des frères Wachowsky vu par des auteurs issus de la "Japanime" pour la grande majorité. Certains films sont assez loin du monde Matrixien et parfois, malgré leur courte durée, on s'ennui ferme ! Fort heureusement 2 ou 3 perles relèvent le niveau, notamment "Flight of the Osiris" pour sa perfection graphique et "The Second Renaissance" car il explique le début du combat Homme/Machines. Réservé aux fanas.

jeudi 10 juillet 2003

STAR WARS GALAXIES - An Empire divided

Fun 6/10
Technique 9/10
Style Jeu de Rôle Massivement Multijoueur Online
Infos Sony Online & Lucas Arts
Minimum Pentium IV 1.5 Ghz ou AMD Athlon 1500+
Multijoueurs uniquement
IMPORT USA
Testé sur : AMD Athlon 2500+XP / 512 Mo DDR Ram / GeForce 4 Ti 4200 (128 Mo) / Windows XP


Quand j'étais petit, j'étais un Jedi...

Star Wars, ou un des grands mythes cinématographiques du XXe siècle (oui désolé les jeunots je m'arrête aux épisodes IV, V et VI car les récentes suites ne sont quand même pas terribles ;-). Star Wars, l'une des toutes premières séries dont l'univers et le merchandising prennent une place plus importante que les films eux-mêmes ! Il est finalement tout â fait logique et juste que Lucas Arts, associé au gigantesque éditeur Sony Online (EverQuest, Planetside...), se lance â son tour dans la terrible bataille des MMORPG (Massively Multiplayer Online Role Playing Game, faut-il le rappeler). Le juteux gâteau des abonnés mensuels n'est pas extensible â l'infini, mais avec un univers aussi connu et apprécié que celui de George Lucas, Sony peut compter attirer de la chair fraîche ;-)
J'avais pour ma part quitté le fabuleux monde des Jeux de Rôle Massivement Multijoueurs sur Internet il y a plus d'un an déjâ, après avoir passé des milliers d'heures sur EverQuest (EQ). Depuis les MMORPG 3e génération de 2002 comme Dark Age of Camelot ou Anarchy Online n'avaient pas réussi â me captiver autant, pour cause de concepts trop proches de ceux d'EQ. Mais je m'étais juré d'y replonger dès qu'un challenger â la hauteur se présenterait... Il semble que la licence "Star Wars" soit un bon candidat ! Tout d'abord un point important pour les nombreux amateurs français : Star Wars Galaxies n'est pas disponible actuellement dans notre beau pays d'arriérés (il ne devrait même sortir qu'â la fin de l'année !), donc votre seul recours est de le commander sur Internet aux USA. Ceci étant clarifié, passons â la présentation du monstre.

Il est toujours difficile de commencer le test d'un MMORPG, d'autant plus qu'il s'agit ici d'un monde ultra connu. Prenons donc les choses dans l'ordre. Après l'installation proprement dite (3 CD tout de même) vous aurez droit au classique PMDTF (Patch Massif Dans Ta Face ;-), ce qui devrait vous occuper 10 bonnes minutes si vous avez l'ADSL ou le Câble. Vient ensuite le choix du type d'abonnement (paiement mois par mois, tous les 3 mois, tous les 6...) avec un tarif sensiblement équivalent (près de $15, auquel il faudra ajouter une taxe de 17% pour les joueurs européens !). Le premier mois est bien sûr gratuit. Enfin on arrive â la sélection de la "Galaxie", c'est-â-dire du serveur sur lequel sera stocké votre personnage. Rappel pour les néophytes : tous les serveurs proposent exactement le même contenu, certains sont dédiés au Roleplay (pour ceux qui veulent vraiment incarner leur personnage), mais il est impossible pour un personnage de changer de serveur une fois sa création terminée.
Si vous jouez avec des amis, il est bien évidemment impératif de choisir la même galaxie ! On assiste ensuite â une intro "â la Star Wars" (comme c'est étonnant !), le célèbre texte jaune sur fond étoilé enchaîné sur le passage d'un gargantuesque vaisseau spatial, les Stormtroopers, la musique de John Williams... Ca y est, les yeux embués de larmes, on essuie son écran plein de bave (bon, j'en fais un peu trop lâ non ?). At last, c'est avec une certaine émotion que le joueur fébrile entame la phase de création de son perso...

Tu seras un Mon-Calamari, mon fils.

Les 8 espèces donnent déjâ un large éventail de choix possibles, de l'Humain au Transdoshan (tronche de lézard) en passant par les célèbres Wookiees (gros nounours) et autres Twi'leks (vous savez, les humanoïdes dont la tête est ornée de 2 superbes trompes de chaque coté). Chaque race possède ses forces et faiblesses parmi les 9 caractéristiques. A la base on trouve 3 jauges principales qui sont "Health" (la santé, que les dégâts physiques viennent diminuer), "Action" (utilisé lors d'attaques ou mouvements spéciaux) et "Mind" (la force mentale, utilisé pour toutes les tâches requérant de la concentration). Ces 3 attributs sont calculés et gérés chacun sur la base de 2 caractéristiques secondaires : "Strength" et "Constitution" pour Health, "Quickness" et "Stamina" pour Action, "Focus" et "Willpower" pour Mind. La phase de customisation du physique de votre perso est un pur régal : tout est configurable, jusqu'â la taille et la forme de votre nez ou de vos yeux, et même le vieillissement ! On est ainsi certain d'avoir un avatar au physique unique, même si beaucoup de joueurs préfèrent se la jouer classique avec des grands humains musclés ;-) Pour ma part mon premier perso est un "Mon Calamari" (appelé aussi face de poisson ;-) car ils ont de bons bonus en intelligence et en "Mind" (idéal pour en faire des artisans avisés).
Les Professions (ou Classes pour les pro d'AD&D et d'EQ) constituent la première originalité de Starwars Galaxies. En effet la sélection initiale se limite â une des 6 Professions de base, ce qui donne un système très souple et accessible même au débutant. Chaque métier basique possède un arbre de compétence qui mène, une fois complété, â des professions "Elite" qui elles-mêmes, si elles sont associées â d'autres métiers, permettent au perso d'accéder â des Professions "Hybrides". Au départ vous pouvez donc être "Brawler" (Combattant au corps â corps, ou "Melee fighter"), "Marksman" (Combattant â distance, ou "Ranged fighter"), "Scout" (Explorateur capable de survivre en milieu hostile et d'apprivoiser des créatures), "Medic" (Soigneurs), "Artisan" (capable de fabriquer des objets ou des bâtiments) et "Entertainer" (Artiste danseur, chanteur et même visagiste !).

Après 2 ou 3 semaines de jeu (moins si vous êtes dans une guilde, ou "Players Association"), les professions "Elite" s'ouvrent â vous : "Droid Engineer", Docteur, "Weaponsmith", "Swordsman", "Pistoleer", "Creature Handler", Architecte, etc (une vingtaine en tout). Puis, enfin, vous accédez aux professions hybrides telles que "Bounty Hunter" (oui, comme tonton Boba Fett), "Squad Leader", "commando", etc (6 en tout).
Un perso dispose â sa création de plus de 200 points de compétence (Skill Points) et doit en dépenser entre 2 et 15 â chaque pallier pour acquérir de nouvelles compétences, mais l'astuce est qu'auparavant le joueur doit avoir les Points d'expérience requis pour la compétence correspondante ! Tout est affaire de Points d'expérience (XP) dans SWG : une action réussie amène les XP en rapport avec cette action. Prenons un exemple simple : armé d'un fusil laser (Rifle), vous tuez une créature. Vous allez gagner des "Rifle XP" et des "Ranged XP". Les "Ranged XP" vous serviront pour gagner de nouvelles compétences dans l'arbre technologique "Ranged Fight", idem pour les "Rifled XP" dans la branche "Fusil Laser". Une fois que vous serez arrivé tout en haut de la branche "Fusil Laser", vous accéderez â la Profession "Elite" nommée "Rifleman" ouvrant un nouvel arbre technologique ! En plus de dépenser vos XP correspondant pour apprendre des compétences, vous devez payer des "Trainers" (Professeurs) pour valider l'apprentissage. Vous pouvez alors soit faire appel â des Trainers NPC (c'est-â-dire des persos dirigés par l'ordinateur) en les payant, soit demander â un joueur de vous former (et dans ce cas le rémunérer ou non). L'avantage pour le joueur formateur est qu'il gagne des XP de Formateur, indispensable pour atteindre les hauts niveaux !

L'atout majeur de ce système d'expérience par métier est aussi que l'on peut rebrousser chemin â tout moment en abandonnant une compétence apprise. Le joueur regagne alors les Skill Points qu'il avait dépensé (mais pas les XP ni l'argent, bien sûr). Ainsi si vous vous apercevez que la profession d'Armorsmith (fabriquant d'armure) n'est pas pour vous, vous pouvez l'abandonner pour commencer une carrière de chanteur ;-) Ceci évite le traumatisme d'avoir â recréer un nouveau perso (et de toute façon vous ne pouvez créer qu'un seul perso par serveur) !
Le dernier point concernant les professions, et pas des moindres, est que vous avez assez de "Skill Points" pour masteriser au moins 2 métiers différents. La majorité des joueurs suivent donc d'un coté une carrière de combattant et de l'autre une carrière d'Artisan ou d'Entertainer. Si vous vous emmerdez â tuer des stremons â la chaîne, faîtes donc un peu de musique ou de commerce ;-) Et nous allons voir que l'économie tient une place prépondérante dans le monde de SWG.

Que la Force de Vente soit avec toi !

Dans Star Wars Galaxies tous les objets, armes et armures, nourriture ou bâtiments sont créés par les joueurs ! Ce qui fait que toute l'économie repose réellement sur la loi de l'offre et de la demande, et que l'ensemble évolue au fur et â mesure de l'avancée des personnages. Il n'y a aucune possibilité d'acheter quelque équipement que ce soit â un vendeur NPC (mais on trouvera tout de même de bons objets sur les adversaires balaises). Ainsi un Artisan novice a la possibilité d'évoluer dans 4 types de compétences chacune divisée en 4 niveaux : "Engineering" (fabriquer des objets/armes/armures), "Domestic Arts" (fabriquer des vêtements et de la nourriture), "Business" (gérer des magasins) et "Surveying" (exploiter les matières premières). En atteignant le niveau 4 en "Engineering", un artisan peut ensuite choisir de se spécialiser (dans la conception d'armes par exemple, avec 4 nouveaux types de compétences de 4 niveaux également). Parallèlement le combattant doit suivre un cursus qui lui permette d'utiliser les armes produites dans sa galaxie ! C'est donc un univers économiquement très vivant et très excitant qui s'ouvre â nos amis BTS Action Commerciale ;-)
La création d'équipement passe d'abord par une phase de recherche et d'exploitation des ressources (surveying), élément primordial qui prend une dimension incroyable dans le jeu : il existe littéralement une bonne centaine de minéraux, flore et faune, métaux, liquides, gaz, peau, viande et os â extraire des animaux et du sol fertile des planètes ! Les artisans ont de multiples outils leur permettant de rechercher puis de récupérer ses précieuses matières premières. Dans les niveaux plus élevés on peut installer des "harvesters", c'est-â-dire des machines récoltant automatiquement pour vous des ressources (si on paye leur coût de fonctionnement). Enfin pour empêcher tout abus les sources de matières apparaissent et disparaissent aléatoirement sur chaque planète régulièrement... et les équipements s'abiment au fil de leur utilisation !

Pour la vente et l'achat d'objets tout passe par 2 systèmes : le Bazaar et les Magasins personnels. Le bazaar est accessible depuis les terminaux que l'on trouve dans toutes les villes, et fonctionne comme un site d'enchère sur Internet. Les vendeurs y proposent leurs créations (en vente directe ou aux enchères) en fixant leurs prix suivant le marché, et les acheteurs consultent l'ensemble des offres. Mais le commerçant avisé peut aussi s'offrir une maison et y installer une échoppe pour écouler sa production ! Evidemment tout cela ne se fera pas en 2 cliques de souris, puisqu'il faudra d'abord trouver un joueur Architecte pour construire votre maison (avec les ressources nécessaires en quantité suffisantes). Ensuite vous pourrez même y placer un vendeur NPC pour vendre vos produits si vous disposez des compétences "Business" adéquates (ou l'acheter â un joueur "Merchant"), votre petite entreprise tournera même lorsque vous serez offline ! Bref c'est de la folie pure et la grande révolution de SWG est que vous pouvez effectivement progresser dans le jeu SANS faire aucune bataille ! Faisons justement un point sur le système de combat...

C'est bien gentil tout ça mais où est mon fusil laser ?

Le joueur belliqueux a un large éventail d'options â sa disposition pour aller se fritter avec ses congénères. Tout comme dans Anarchy Online on trouve des "terminaux de missions" un peu partout dans les villes, offrant différents types de petites quêtes pour les débutants. Cela va de la mission "Delivery" qui rapporte une centaine de "Credits" si vous apportez un objet â un individu, â la classique "Destroy" qui vous oblige â vous aventurer hors de la ville pour tuer des "nids" de bad guys (entre 1000 et 2000 Cr de récompense). Il existe aussi des "Crafting Mission" (fabriquer des objets précis), des "Entertainment Mission" (aller divertir des clients !) et des "Bounty Hunter Mission" (Chasseur de prime, la classe !) mais pour ma part je n'ai pas encore trouvé de Terminaux les proposant ! Les longues quêtes dans les donjons sont nommées sympathiquement les "Theme Parks", et représente un excellent choix pour les joueurs plus aguerris. Le fan aura en outre la chance d'y rencontrer des héros de la saga, comme Jabba the Hutt par exemple.
Coté PvP (Players versus Players, autrement dit pétage de gueule entre joueurs humains ;-) on retrouve le classique mode "Duel" et un système de faction avec 3 groupes de base : "neutral", "rebels" et... "empire" bien sûr ! Vous commencez toujours le jeu en mode neutre mais dès que vous aurez choisi un camp (en effectuant une suite de missions correspondantes), vous aurez accès au "battlefields". Ces champs de bataille sont des endroits spéciaux sur certaines planète où le PvP est autorisé.

Les combats se déroulent â la mode "EverQuest", c'est â dire en semi-automatique : vous ciblez un ennemi, vous activez l'attaque, vous sélectionnez des attaques spéciales. Divers facteurs sont pris en compte, comme votre posture si vous attaquez â distance ou des bonus et des malus découlant d'attaques spécifiques (étourdi, paralysé, etc). On retrouve le système de classement générique par code couleur pour juger de la force d'un adversaire (vert = trop facile, bleu = un niveau en dessous de vous, blanc = niveau équivalent, jaune = un niveau au dessus de vous, rouge = pas possible si vous êtes seul). Si l'une de vos 3 jauges (Health, Action ou Mind) tombe â zéro pendant la bataille vous êtes "incapacited" (en gros, vous tombez dans les pommes). Cet état dure en moyenne 1 minute, durant laquelle votre ennemi â deux solutions : soit il vous laisse tranquille, soit il porte un coup fatal. Dans le premier cas vous vous réveillez en restant au même endroit, dans le second vous mourez et réapparaissez dans une usine de clonage ! Et oui, dans quasiment toutes les villes vous trouvez une "Cloning Facilitie" dans laquelle vous devez payer pour "sauvegarder" l'état actuel de votre personnage. Mais attention seules les caractéristiques sont conservées de cette manière, pas votre équipement ! Pour cela il vous faut "assurer" chaque objet que vous souhaitez conserver en cas de décès, sinon ce sera un long périple vers votre corps sans vie pour "looter" les objets non assurés. Il va sans dire que les débutants sont exemptés de ces contraintes jusqu'â un certain niveau.
Chaque combat entraîne une détérioration de vos caractéristiques sous la forme de "wounds" (blessures permanentes). Ces "Wounds" diminuent vos points maxi et après une dizaine de combat cela peut devenir sérieusement handicapant. On a aussi un autre critère nommé "Battle Fatigue" qui augmente au fur et â mesure des batailles et qui lui aussi diminue grandement vos performances. La solution pour éliminer tout cela ? recourir â nos amis "Entertainers" et "Medic", of course ;-) En effet ils sont les seuls â pouvoir rétablir vos niveaux initiaux en utilisant leur art, les premiers soignent votre BF, les seconds vos Wounds. Ceci ne pouvant se faire que dans certains endroits spécifiques comme les Cantinas, les Cliniques ou les Campements.
Pour conclure sur la partie "fighting", n'oublions pas nos célèbres amis les Jedis avec leur sabre laser ! Il s'agit en fait d'un métier caché qui s'active selon des critères aujourd'hui inconnus... La seule chose connue actuellement est que sous certaines conditions, un personnage devient "Force Sensitive" et peut entamer sa formation de Jedi. S'il fait ce choix, il deviendra surpuissant mais subira la terrible contrainte du "Permadeath" (S'il meurt 3 fois le personnage est EFFACE du serveur) ! Voila qui devrait limiter sérieusement les candidats.

BETA TEST en cours...

Vous le savez probablement si vous avez lu d'autres tests sur Internet, la grosse polémique concernant Star Wars Galaxies est que le jeu est sorti non fini. La première semaine a été catastrophique semble-t-il, avec des crash serveurs très fréquents et des "hotfixes" (mise â jour urgente) tous les jours. Je suis arrivé dans le jeu une semaine après sa sortie, et autant vous dire que de nombreux problèmes sont loin d'être résolus ! Il y a toujours â l'heure actuelle (mi-juillet) un patch par jour, et beaucoup de travail reste â accomplir sur ce qu'on appelle le "balancing", c'est-â-dire régler les mécanismes du jeu. C'est particulièrement vrai sur les Professions, puisque certaines sont tout simplement presque inutiles â l'heure actuelle, et d'autres sont trop "puissantes". C'est malheureusement le cas sur bon nombre de MMORPG, et je me souviens que même après 4 ans d'existence, EverQuest était toujours en phase de "balancing" sur certaines classes ! L'équilibre entre les races et les professions ne peut se faire que sur un test grande échelle, avec un maximum de joueurs qui découvrent toutes les "tricheries" et abus possibles. Avec plus de 120.000 abonnés en 15 jours, on peut espérer que Lucas Art et Sony ont un retour assez conséquent sur tous les problèmes â régler... Mais â mon avis il faudra attendre encore plusieurs mois pour avoir un jeu aux règles équilibrées.

Mis â part ce coup de gueule, je suis plutôt épaté par la facilité d'accès au jeu et par ses performances techniques. Le tutorial est très bien fait, prenant en main le débutant pendant toute la phase de création puis lors du premier contact avec l'univers de SWG. Ensuite une aide en ligne (l'Holocron) donne toutes les infos possibles et imaginables au joueur. Les graphismes sont splendides, en particulier les personnages extrêmement détaillés. Les visages sont particulièrement expressifs (clignement des yeux, etc). Sur une GeForce 4 Ti 4200, je peux jouer en 1280x960 sans problème (en évitant toutefois certaines options mortelles comme les ombres volumétriques ou la distance de vue au maximum ;-). Les animations sont également superbes, encore un cran au dessus de celles d'Anarchy Online ou d'Asheron's Call 2. Il y a des dizaines et des dizaines d'attitudes possibles, dont certaines se déclenchent automatiquement si vous dîtes certains mots-clés (par exemple en tapant "Bye" votre personnage fait un signe de la main, ou en terminant une phrase par ":))" votre perso se tord de rire ;-). Le plus fun est de passer dans une cantina pour voir les musiciens et les danseurs se déchaîner devant un public en folie ! Les intempéries sont gérées, de la légère brise faisant onduler les arbres aux gros orages, ainsi que le cycle jour/nuit (assez long du reste). Je ne reviendrais pas sur les bruitages et surtout les musiques, directement issus de la saga et donc parfaits !
D'autres bonnes idées viennent aider le joueur. Un radar avec plusieurs niveaux de zoom indique les éléments alentours, une carte peut être affichées en surimpression (avec les noms des personnages et des bâtiments) et enfin une mappemonde générale de la planète permet de mettre en place des "Waypoints" (Points de référence indiqués par une flèche de direction sur votre radar). Bref, impossible de se perdre. L'interaction avec les éléments extérieurs (persos et objets) se fait par un menu "radial" sur lequel apparaissent toutes les actions disponibles pour l'élément sélectionné. Les discussions avec les NPC se font par ce moyen avec des questionnaires â choix multiples.

"Long est le chemin qui â la sagesse mène" (Yoda, 10 juillet 2003)

Il est trop tôt pour tirer un bilan définitif sur Star Wars Galaxies. Le jeu fourmille d'idées fortes (même si ce n'est qu'un assemblage de tout ce qui s'est fait jusqu'â aujourd'hui dans les MMORPG) et bénéficie de la puissance évocatrice de l'univers Starwarien. Mes premières impressions après 2 semaines de jeu sont contradictoires : nous avons un jeu encore en phase de finalisation mais dont le potentiel est énorme. Le système économique est génial (et les professions qui y sont associé promettent de très longues heures de jeu) et la possibilité de suivre au moins 2 carrières différentes permet de ne pas se lasser, avec toujours l'option d'abandonner en cours de route sans avoir â recréer un perso.
Mais les auteurs vont-ils réussir â réellement équilibrer leur jeu et faire que toutes les professions soient utiles ? On sait déjâ qu'un add-on est prévu pour la fin d'année et permettra aux joueurs d'accéder aux vaisseaux spatiaux et offrira encore plus de planètes, donc l'ambition est grande ! Mais pourquoi certaines fonctionnalités annoncées au départ ne sont pas disponibles (montures, véhicules, villes de joueurs) ? Et comment est-il possible d'avoir autant de déconnexions brutales qui oblige a relancer le jeu régulièrement (généralement une fois par heure) ? C'est encore une fois le joueur qui paie sa boite de jeu et son abonnement qui doit finir le bêta test ! Honteux, mais on est habitué (et personne ne nous force ;-) !

SWG offre déjâ une jouabilité et une ergonomie satisfaisante pour le néophyte, ce qui manque â pas mal de jeux récents dans un genre identique. Pour le moment il me semble difficile de le recommander au joueur "de base", d'autant que je le rappelle il n'est pas disponible officiellement en France. Si vous êtes déjâ un pro accompli sur un autre MMORPG et que vous vous éclatez bien dessus, il serait aussi préférable d'attendre la sortie française de Star Wars Galaxies â la fin 2003 pour espérer avoir un système stable techniquement et socialement. Vous pouvez aussi être bloqué par la configuration matérielle nécessaire. Le jeu reste jouable avec un processeur de 1.3 Ghz et une carte graphique de type GeForce 2, mais avec une résolution de 1024x760 et des effets réduits au minimum. Pour avoir la totale misez plutôt sur du 2.5 Ghz avec les cartes graphiques de type Radeon 9700/9800 Pro (attention certains problèmes techniques arrivent avec les cartes ATI, consultez les forums officiels) ou les toutes nouvelles GeForce FX.
Mais finissons sur une note d'espoir (A New Hope ?). Si comme moi aucun MMORPG récent ne vous a satisfait et que vous aimez le concept de Jeu de rôle online futuriste (pour changer un peu de l'heroic-fantasy), si vous craquez toujours sur la princesse Leia (ou sur Han Solo, chacun son truc) et que vous avez le poster de george Lucas au dessus de votre lit, alors je me demande ce que vous faîtes encore ici â lire ce test : ALLEZ COMMANDER CE JEU, VITE ;-)


Update du 05/12/03 :
Après 5 mois passé sur SWG, la note globale de "FUN" passe de 9 à 6... Pourquoi cette baisse brutale ? Tout simplement car le jeu est toujours en phase de débugage, qu'il manque d'équilibre (Professions injouables ou trop puissantes par exemple) et que l'esprit "Star Wars" n'est pour l'instant pas présent (Où sont les Droïdes ?? les missions intéressantes ?).
Les choses s'améliorent lentement, puisque les Villes de Joueurs et les Montures sont enfin arrivées en novembre et que les véhicules devraient faire leur apparition ce mois-ci. Gardons espoir mes amis, mais si rien n'est fait pour Janvier, ce sera pour moi la fin...

jeudi 3 juillet 2003

Caro et Jeunet - L'intégrale (2001)

L'intégrale Caro & Jeunet (2001) : La cité des Enfants Perdus (1995 - Réalisé par M. Caro / J-P. Jeunet) ***** (2 Disques) + Delicatessen (1991 - Réalisé par M. Caro / J-P. Jeunet) ***** (2 Disques) + Le Bunker de la Dernière Rafale (Court métrage : 1981 - Réalisé par M. Caro / J-P. Jeunet)
5 DVD

Delicatessen : Dans un futur indéterminé où la nourriture est une denrée rare, un ancien artiste de cirque est engagé comme homme à tout faire dans un immeuble. Il fait connaissance avec des locataires tous plus étranges les uns que les autres.

Le premier long métrage du duo Jeunet/Caro, un petit bijou montrant un étonnant savoir-faire et un univers incroyable. Une galerie de "gueules" (Dominique Pinon et et J-C Dreyfus en tête) mises en scène dans un effilement de scènes inoubliables. Le peu de moyens mis dans le film se voit à peine tant les auteurs arrivent à bricoler des plans crédibles à partir de bouts de ficelles.
L'humour est omniprésent, tantôt noir (la grand-mère partant à la recherche de sa pelote de laine, la suicidaire Aurore), tantôt poétique (le premier rendez-vous de Julie et Louison), souvent inclassable (la vie de l'immeuble au rythme du sommier du boucher). Un pur régal et un plaisir renouvelé à chaque nouveau visionnage.

La cité des Enfants Perdus : A une époque incertaine, un savant fou est torturé par une seule pensée : il n'arrive pas à rêver. Il a l'idée de capturer des enfants pour leur voler leurs rêves.

Un histoire ambitieuse dans un monde encore plus surprenant que Delicatessen. Cette fois on part dans le fantastique pur, Jeunet/Caro réussissant l'exploit de présenter une galerie de personnages toujours plus fous ! Ce "conte pour enfants" qui tourne mal est beaucoup plus sombre que le film précédent, les personnages dépressifs (Krank, Marcello) ou psychopathes (la pieuvre, les cyclopes) font face à l'innocence des enfants et de One (génial Ron Perlman). L'exploit technique est renversant, les 6 clones interprétés par D. Pinon dialoguent entre eux, mais se met toujours au service de l'histoire. Il y a encore plus de trouvailles et de folie dans ce film que dans le précédent, avec une recherche esthétique toujours plus poussée et maniaque, parfois jusqu'à la caricature.
Parlons aussi du travail immense accompli sur la bande son du film, non seulement la musique est totalement présente et imprègne littéralement la pellicule, mais certaines séquences reposent entièrement sur les bruitages (les apparitions des Cyclopes par exemple, avec leur espèce de pistolets-micros).

mercredi 2 juillet 2003

Irréversible

(2002 - Réalisé par Gaspar Noé) *****

Marcus et son ami Pierre, visiblement très nerveux, se présentent à l'entrée de la boite homo "Le Rectum". Ils cherchent un certain Ténia.

On a beaucoup parlé de la violence inouïe et de la durée des scènes du viol et du meurtre. J'aimerai croire que les personnes choquées par ces séquences ont la même réaction lorsqu'elles le lisent dans la rubrique "faits divers" de leur journal... Le fait est que si le film est si dérangeant c'est qu'il montre une violence réelle, aussi bien physique que psychologique, à des années-lumière de ce qu'on nous vend aujourd'hui comme de la réalité (real-tv pré-fabriquée). Il y a tellement plus à dire sur ce film, qu'il soit raconté "à l'envers" est à la fois sa force et son point faible. Sur un plan purement esthétique, le film est une véritable réussite. La première demi-heure chaotique et très sombre est filmée par une caméra sans cesse en mouvement, provoquant un malaise physique, renforcé par les infra-basses de la bande son. Au fur et à mesure de la progression dans l'intrigue tout s'apaise pour se terminer sur une vision lumineuse et sereine, éminemment banale si l'on avait pas vu tout ce qui précédait. Il faut un second visionnage pour voir toutes les subtilités.
Des codes religieux symbolisent les trois étapes que les personnages traversent. Le rouge infernal dans le club homo et le passage souterrain, la confusion du purgatoire lors de la séquence de la fête puis la recherche du ténia, la nudité d'Adam et Eve et le jardin d'Eden verdoyant qui les entoure. On pense à la place de la femme dans notre société occidentale (Monica Bellucci, icône sexuelle médiatique), à ce qu'est la justice aujourd'hui (le violeur dit à sa victime "Appelle-moi papa", indiquant qu'il fût -peut-être- violé par son père. Dans ce cas a-t-il des circonstances atténuantes ?), au Destin, à la vengeance, à l'homophobie. La vision la plus marquante du film est pour moi celle de cette ombre qui s'éloigne, au fond du tunnel, lorsque le viol commence. La présence du miraculeux Albert Dupontel fait aussi beaucoup, il apporte dans les scènes improvisées les vrais moments de vérité du film, et attire à son niveau le couple Cassel/Bellucci. Et puis pour celles et ceux qui n'y voit qu'une bestiale histoire de vengeance gratuite rappelez-vous ceci : qui pousse Marcus à se venger ? qui croit tuer le violeur et se trompe ?