jeudi 20 décembre 2012

Au secours ! J'ai rien compris à Prometheus !



Causons un peu de Prometheus, détenteur du titre de "Meilleur film raté" de l'année 2012. Causons de cette énigme sur pellicule, responsable des affrontements les plus sanglants de l'été sur les forums. Causons-en en spoilant comme des cochons, en pénétrant le coeur de son ADN pour tenter d'y trouver les réponses à la grande question sur la vie, l'univers et le reste.

Les spécialistes auto-proclamés s'empoignent depuis des mois pour savoir si Prometheus est un chef d'oeuvre science-fictionnesque incompris ou un simple foutage de gueule intersidéral. La réponse de votre serviteur se trouve dans les lignes qui suivent. Ou pas.
Vu qu'une suite doit venir d'ici quelques années mettre un terme à nos questionnements concernant le film, les interprétations couchées aujourd'hui sur l'écran  peuvent s'avérées complètement à coté de la plaque ou au contraire pourront être vues comme un exercice visionnaire troublant, si vous me lisez depuis le futur.

Avant de nous lancer dans l'analyse échevelée du pourquoi du comment du parce que, répétons notre WARNING pour nos ami(e)s non-comprenant : SPOILERS AHEAD !


mercredi 12 décembre 2012

Batman : The Dark Knight Rises


(2012 - Réalisé par C. Nolan) *** Ultimate Edition

Huit ans se sont écoulés depuis les évènements relatés lors du second chapitre. Par le faux sacrifice d'Harvey Dent, alias Double-Face, et la disparition du Chevalier Noir Batman après sa capture du Joker, la justice triomphe enfin à Gotham. Loin de savourer cette paix civile, Bruce Wayne vit reclus dans son manoir, ruminant sa douleur d'avoir perdu son amie Rachel Dawes.

The Dark Knight, l'épisode 2 de la saga du Sieur Nolan, avait surpris tout le monde par la profondeur de ses thèmes pour un Blockbuster, son casting impeccable et ses scènes d'action amples. Du coup les attentes pour Dark Knight Rises étaient sans doute trop élevées pour ne pas être déçues. En creusant plus loin encore dans la psyché malade du plus dépressif des super-héros, Christopher Nolan savait évidemment qu'il atteindrait la limite de l'exercice, et finirait par s'auto-caricaturer. Mais pouvait-il en être autrement ? Sa seule autre solution était de prendre le contre-pied et offrir un final débridé pour satisfaire les amateurs de conclusion testostéronnée et coloryfull, à la "Avengers". Pas vraiment le style du bonhomme. Rendons grâce à Mister Nolan de ne pas avoir cédé à la mode de l'ironie et de la dérision.
Donc on retrouve Bruce Wayne en pauvre petit milliardaire ayant perdu le goût de vivre. Batman, le symbole qu'il voulait ériger en exemple, est un héros bafoué. Pour mettre un terme à la trilogie le justicier solitaire va affronter ses vieilles terreurs. Au sens propre Bruce retourne dans ce puits maudit, source de sa peur d'enfant. Au sens figuré il affronte ses démons : la vérité cruelle de sa relation avec Rachel, dite par son seul ami Alfred, et le fantôme de son mentor de la Ligue des Ombres par l'entremise de son rejeton infernal, Bane. Là où la "patte" Nolan fonctionne encore parfaitement, c'est dans le résolution ambiguë qu'il donne à son récit, laissant le choix au spectateur d'y voir une résurrection ou de croire au sacrifice. La force du film est que dans les deux cas, le mythe de Batman est respecté. On trouve aussi quelques soubresauts stylistiques, comme ce "kidnapping" d'avion en intro ou ce combat mano a mano durant lequel la chauve-souris se prend la rouste de sa vie. Pour le reste, entre les problèmes de rythme, le message anti-capitaliste hors-sujet, les seconds rôles fadasses (Catwoman, Robin, Miranda) et les menaces emberlificotées des Bad Guys, on peine à retrouver le souffle galvanisant de l'épisode précédent. Tout cela reste cependant supérieur à la plupart des épisodes 3 des trilogies d'Hollywood, c'est déjà ça de pris.

mercredi 21 novembre 2012

Coffret Tex Avery


(5 DVD - 1942-1955 - Réalisé par T. Avery) ***

Collection des dessins animés réalisés par Tex Avery entre 1942 et 1955. On retrouve les héros cartoonesques intemporels tels que Droopy, Screwy Squirrel et l'incontournable Loup obsédé sexuel, plus quelques autres plus obscurs mais tout autant poilants.

Si l'oeuvre de l'ami Tex Avery a traversé les ages et réussi à marquer plusieurs générations d'enfants et d'ados du XXe siècle c'est avant tout grâce à son rythme de folie. L'homme est expert dans l'art du gag à double (voire triple) chutes enchaînées en 3 secondes chrono. Il y a d'abord la chute qu'on voit venir comme dans un cartoon traditionnel, puis survient le gag bonus inattendu qui conclu vraiment la scène, parfois prolongé d'un 3e effet Kiss Kool pour notre plus grande joie.
Mister Avery est aussi celui qui, dès les années 40, se moque ouvertement des gentillettes productions Disney avec son personnage de Screwy Squirrel qui "pirate" et dynamite le court-métrage d'un mignon lapinou bien niais. Autre particularité, la présence quasi-systématique de messages à l'attention des spectateurs, clins d’œil complices sous la forme d'écriteaux pour appuyer l'énormité d'un gag ou personnages s'adressant directement à la caméra, brisant le 4e mur sensé nous séparer du film. Enfin, l'usage récurrent du héros embrassant à pleine bouche son ennemi pour le provoquer aura contribué (et continue encore) à énerver les ligues de vertu homophobes du monde entier, à notre plus grande satisfaction.

Le graphisme et la technique d'animation ont aussi fait beaucoup pour le succès des premières productions Avery, que ce soit le travail insensé sur les corps qui se déforment à volonté ou la gestuelle parfaite des Femmes Fatales toujours confrontées au Loup maniaque. Et puis il y a Droopy, contrepoint génial à l'hystérie ambiante avec son lent phrasé et ses mimiques minimalistes. Qu'il soit policier, Cow-boy ou Toréador, il triomphe (presque) toujours grâce à son flegme. "You know what? I'm happy".

jeudi 15 novembre 2012

Coffret François Rollin - L'Intégrale (2012)


(Le Professeur Rollin a encore quelque chose à dire / FMR / Colères - 2004/2006/2012 -  Spectacles) ***** 4 DVD

Quelques uns des plus fameux spectacles de l'ami François Rollin durant les années 2000 avec en point d'orgue la reprise de l'inégalable "Colères".

Ça commence par la réédition du spectacle de 2004, la Conférence sur la progression diagonale du Professeur Rollin, histoire de se mettre immédiatement en condition. On ne reviendra pas sur la puissance comique de ce déferlement linguistique déjà chroniqué dans ses pages. Vient ensuite la série de spectacles uniques des "FMR", plus personnelle. François Rollin s'autorise toutes les audaces en solo, "Victor Hugo et moi" et "La musique militaire : pourquoi ça marche ?" lui donne l'occasion d'aborder quelques unes de ses marottes.  A plusieurs on assiste à d'étonnantes réunions en simili impro avec Ramzy Bédia et André "Frère Ennemi" Gaillard ou Jackie Berroyer et Clémentine Célarié. Le résultat est toujours inattendu et souvent poilant même si le télescopage des cultures et des genres produit parfois des loupés. Mais c'est le risque lorsqu'on sort des sentiers battus. On pardonne volontiers, donc.
Le joyaux du coffret est assurément la présence, enfin! d'une captation de "Colères". Depuis le temps qu'on s'épuisait les yeux sur nos vieilles VHS de l'enregistrement TV daté du siècle dernier il était temps que la nouvelle génération puisse découvrir ce chef d'oeuvre du One-man show. Oubliés les enchaînements de sketchs bien pépères à la française. Oubliés les médiocres Stand-up du quotidien déjà démodés la minute d'après. Avec "Colères" nous avons à faire à un vrai spectacle entier, une tranche de vie tragi-comique d'un homme à principes sans cesse dans l'affrontement dont les vaines gesticulations nous renvoi les nôtres, bien souvent aussi pathétiques. Un Don Quichotte version sale con finalement émouvant, d'une mauvaise foi qui parait pourtant si sincère, misanthrope et misogyne à désespérer du genre humain, un miroir déformant tendu par Rollin pour qu'on se voit dedans et qu'on ne puisse rien faire d'autre que d'en rire.

samedi 3 novembre 2012

Star Wars, épisode 2015

Vous le savez (et si vous ne le savez pas, je vous l'apprend), Tonton George a décidé de se débarrasser du lourd fardeau qu'était devenu pour lui sa création Frankensteinienne, à la fois Oeuvre d'une vie, source inépuisable de revenus et d'ennuis, bref, Star Wars. Et c'est l'oncle Disney qui ramasse le pactole, obtenant le droit de produire pour le cinéma autant de nouveaux épisodes que les fidèles pourront ingurgiter (soit environ un par semaine, d'après nos sources).

J'imagine que c'est un soulagement pour Monsieur Lucas. Pour tout dire, c'en est aussi un pour la plupart des fans.
D'abord c'est l'assurance que l'univers de Papy Lucas va lui survivre. Et surtout qu'il ne tournera plus jamais un autre Star Wars. Ouf.

La première annonce fracassante a été de dater l'épisode VII pour 2015. Ce qui laisse deux ans et demi environ, si on parie pour une sortie en Mai, pour fignoler un scénar, trouver un réalisateur, engager des acteurs/trices, tourner, faire la post-prod avec tous les effets spéciaux et monter le film (pas forcément dans cet ordre, d'ailleurs).

Ce qui semble chiffonner la Starwarosphère depuis l'annonce du rachat de la franchise par Mickey, c'est la possibilité que le studio aux grandes oreilles (et aux dents longues) transforme la saga en pantalonnade mièvre, sans l'âme Lucasienne pleine de second degré et le souffle épique qui parcouru jadis l'épopée.
Mais soyons sérieux, quel être humain de plus de 8 ans peut se fader l'épisode I sans ricaner ? Quelle personne saine d'esprit peut traverser l'épisode II sans séquelles physiques et mentales ?
Je ne vais pas vous refaire le coup d'énumérer tous les problèmes des films "préquels", cela a déjà été fait.

Non, croire que Disney va saboter Star Wars est un faux problème, puisque c'est déjà fait.
Au pire les épisodes "Disney" seront décevants, au mieux nous aurons une bonne surprise. Exactement comme lorsqu'un réalisateur et un scénariste doués et motivés reprennent une franchise précédemment malmenée par un psychopathe pour en faire la renaissance d'un genre (*hum* Batman *hum*).

Mais alors, quelle histoire vont nous conter les épisodes VII, VIII et IX de Star Wars ? Pour le moment personne n'en a aucune idée, à part Minnie et Dingo. Devant les supputations plus ou moins farfelues qui parsèment la toile, il m'a semblé opportun de ressortir ma vieille encyclopédie CD-Rom "Star Wars : Behind the Magic", sortie début 1999 par la société LucasArts, quelques mois avant l'épisode I au cinéma.



Voici donc ce qu'imaginait George Lucas il y a quelques années comme suite possible de l'épisode VI : Le Retour du Jedi.

samedi 13 octobre 2012

Love Symbol (1992)

Dans notre série "Chroniquons un album de Prince 20 ans après sa sortie", voici venu le temps de...




"Love Symbol" (1992)


 My Name is Prince
Sexy M.F.
Love 2 the 9's
The Morning Papers
The Max
Blue Light
I Wanna Melt with U
Sweet Baby
The Continental
Damn U
Arrogance
The Flow
7
And God created Woman
3 Chains o' Gold
The Sacrifice of Victor




Les années commerciales.
Entendons-nous bien. "Love Symbol" (ou O(+> , mixage des symboles mâle/femelle) est un album de businessman, un assemblage de titres créés pour "marcher", selon une formule de roublard bien connue de Prince. Tout cela a fonctionné à merveille avec "Batman" et "Diamonds and Pearls", la tentation de continuer sur la lancée est forte, d'autant plus qu'un contrat mirobolant avec sa maison de disques pousse l'artiste et son groupe New Power Generation à la surenchère.
Et surenchère il y a. Conçu initialement comme une saga au vague parfum d’Égypte antique, "Symbol" devait prendre la forme d'un concept-album Opéra-Rock, avec des airs de "Phantom of Paradise" façon Brian De Palma. Rappelons que dans ce film de 1974, un compositeur défiguré, dissimulé sous un masque, vendait son âme au Diable pour faire chanter sa muse, la frêle Phoenix. 
On trouve des vestiges de ce délire dans les interludes entre les chansons, où une journaliste tente d'interviewer la Star à la voix déformée. L'homme se fait passer pour un certain Victor et écrit un opéra pour sa nouvelle conquête, une princesse du Caire (qui n'est autre que Mayte, jeune danseuse des N.P.G. et future première femme de Prince). 

Symbol se veut une démonstration de savoir-faire de l'artiste avec une collection de titres dans tous les styles en vogue de l'époque. Le résultat est une confirmation que Prince n'est pas à son affaire avec le Reggae (le gentillet "Blue Light"), la Dance Technoïde (le raté "I wanna melt with U") ou la ballade Jacksonienne (le terrifiant "Sweet Baby"). 
Non, le Funkster n'est décidément pas fait pour l'imitation. 

Tout juste parvient-il à produire des parodies réussies. Dans "My name is Prince" il reprend le style et les tics vocaux de son vieux concurrent, Michael Jackson l'auto-proclamé King of Pop, pour mieux le basher ("My name is Prince, I don't wanna be King, Cuz I've seen the top and it's just a dream"). Dans "3 Chains o' Gold" c'est au Rock grandiloquent de Queen période "Bohemian rhapsody" qu'il s'attaque, avec ses parties chantées comme dans les comédies musicales. Encore et toujours une histoire de rupture amoureuse, poussée à l'extrème également dans le texte ("So evil girl if one of us has a date with the undertaker, which one will it be? / If one of us has 2 go, you will go before me") 
Vue au second degré, la farce fonctionne.

C'est lorsqu'il s’attelle à son pêché mignon que Prince redevient captivant. On se réjouit d'un "Sexy MF", R and B classieux, punchy et bravache, ou "7", envolée mystique semblant échappée de l'album "Lovesexy". D'un coté on retrouve des lyrics délicieusement tendancieuses ("I get hard if the wind blows your cologne near me"), de l'autre le prêche habituel à la vie meilleure qui nous attend une fois mort ("There will be a new city with streets of gold, The young so educated they never grow old"). 
On savoure aussi les ballades, sur "Symbol" l'artiste atteint le point culminant de sa science du groove romantique avec "Love 2 the 9's", "Damn U" ou "And God created Woman". Garanties sans excès de guimauve, l'éloignant de la sobriété des premières compositions qui étaient principalement des thèmes au piano, ces titres courts finement charpentés alternent joliment avec le gros son Pop-Rock qui réveille le reste de l'album. Ainsi, malgré la présence de la voix "rappeuse" de Tony M, les solides "The Max", "Arrogance / The Flow" et "The sacrifice of Victor" assurent le show, même si on est loin des prises de risques et de la fantaisie singulière de la décennie précédente. Ce dernier titre contient d'ailleurs quelques confessions surprenantes -car rares- sur la possible enfance de Prince, où il est question d'une naissance difficile et d'épilepsie jusqu'à l'age de 7 ans ("I was born on a blood stained table, Cord wrapped around my neck, Epilectic 'til the age of 7, I was sure heaven marked the deck"). Il y raconte aussi la fin de la ségrégation raciale qu'il vécut en 1967 ("1967 in a bus marked public schools, Rode me and a group of unsuspecting political tools"). 

Album conventionnel soufflant l'excellent et le médiocre, "Love Symbol" est sauvé par la qualité de sa production. Moins tape-à-l'oeil que le précédent, "Diamonds and Pearls", il résiste bien mieux au passage du temps et reste le meilleur exemple du "son" Prince du début des 90's.

samedi 29 septembre 2012

Evil dead


(The Evil Dead - 1981 - Réalisé par S. Raimi) ***

Cinq étudiants partent en weekend détente dans une cabane isolée en pleine forêt. Dans le sous-sol, ils découvrent un intrigant "Livre des Morts", ainsi qu'une bande sonore reprenant les incantations décrites dans le sinistre manuscrit. Les forces du Mal se déchaînent alors sur les malheureux.

Film d'horreur purement gore, comme il en existait beaucoup à l'époque, Evil Dead tire son épingle du jeu par son rythme et sa folie héritée des meilleures séries Z. Beaucoup plus "premier degré" que ses deux suites, l'épisode originel est une démonstration de savoir-faire en matière de système D, avec ses maquillages amateurs et ses effets spéciaux bricolés avec des bouts de ficelles. Il n'empêche que la première vision d'Evil Dead, adolescent dans les 80's, laisse un souvenir impérissable, ne serait-ce que par ses séquences marquantes pour l'époque : le viol de Cheryl par les arbres possédés, notamment, reste une expérience éprouvante même 30 ans après. L'énergie dépensée par Sam Raimi dans les mouvements de caméras et les idées de plans compense l'amateurisme du scénario-prétexte de possessions démoniaques. Il ne faut chercher aucun message philosophique sous-jacent ou commentaire critique de notre civilisation : Evil Dead est juste un déferlement gratuit d'hectolitres d'hémoglobine, tellement grotesque qu'on finit par en rigoler !

samedi 22 septembre 2012

1984 (George Orwell)

Dans le Londres de 1984 le fonctionnaire Winston travaille au Ministère de la Vérité. Il est en charge de la réécriture en novlangue des faits historiques, afin qu'ils soient conformes à la doctrine du Parti. Dans ce monde perpétuellement en guerre chaque citoyen est observé par Big Brother, leader suprême contrôlant la population avec l'aide de la redoutable Police de la Pensée jusque dans les logements, tous équipés de caméras.
Secrètement, Winston a un projet fou : garder une trace écrite de la réalité.


Le livre de chevet de tous les totalitarismes, appliqué en version "light" dans les démocraties. Maintenir la population dans un état de peur permanent (par les médias et les réseaux sociaux), lui imposer un ennemi à haïr (Communistes, Islamistes, etc), répéter un mensonge jusqu'à ce qu'il devienne vérité (les complotistes de tout poil et de tous bords), user de la novlangue pour empêcher la réflexion (tordre la réalité par le langage, donner l'illusion du choix), organiser des séances de "haine collectives" (comme dans les meetings du FN). 
1984 est un manuel qui aide à comprendre la mécanique mise en oeuvre pour nous contrôler. Indispensable. 

mardi 18 septembre 2012

Le Grand Guide du Petit Scarabée.



Le Grand Guide du Petit Scarabée

Ou "la survie monacale dans un monde de brutes"




Une étude introspective, intransigeante et iconoclaste de la Classe Moine dans Diablo 3, destinée aux Gamers en mousse qui meurent toutes les dix secondes au niveau Armageddon.
(Basé sur la version 1.0.4 de Diablo 3).

A qui ne s’adresse PAS ce guide ?
Aux joueuses et Joueurs de Diablo 3 ayant 100 Milliards de Gold et qui sont full Best-in-slot pour chacun de leur 10 persos level 100 parangon.

A qui s'adresse ce guide ?
Aux joueuses et Joueurs de Diablo 3 qui n’ont rien compris à la phrase ci-dessus, qui ont  terminé le jeu en mode « Normal » mais qui chiale leur race pour passer le niveau Cauchemar, ou qui ne comprenne pas pourquoi tout allait à peu près bien au Niveau Enfer et qui se font one-shooter en Arma.
Mettons nous d’accord, si vous êtes un parfait n00b ce guide n’est pas pour vous. D’ailleurs vous avez probablement déjà décroché lors de l’intro. Retourne finir ta formation, jeune padawan.

dimanche 1 juillet 2012

Chinatown



(1974 - Réalisé par R. Polanski) *** 

Dans le Los Angeles des années 30, le détective privé Jake Gittes se voit confier une affaire d'adultère par Mme Mulwray, qui souhaite faire suivre son mari. Après une filature de Gittes, ses photos compromettantes sont publiées dans le journal de la ville, montrant Mulwray en galante compagnie et provocant un scandale. Jake reçoit alors la visite d'une inconnue, se présentant comme la véritable Mme Mulwray...

Privé grande gueule (Jack Nicholson, s'il-vous-plait) et Femme Fatale (Faye Dunaway, merci bien), bastonnades et morts suspectes, petits malfrats et grands magouilleurs politiques, secrets de famille poisseux et destinées funestes, on est bien dans un hommage au Film Noir. Nicholson imprime son jeu détaché, plus ou moins rigolard, tandis que Faye Dunaway reste très "premier degré". La rencontre des deux styles provoque un résultat atypique, évidemment voulu par le réalisateur, et donne au final une histoire dont on suit les innombrables rebondissements avec un intérêt certain. La question, pour les puristes, reste la suivante : vaut-il mieux voir un vrai Film Noir d'époque ou un habile hommage ?  Roman Polanski décale les repères, comme à son habitude, pour mettre l'intrigue policière au second plan et privilégier les turpitudes d'un monde en déliquescence. Noir tableau. 

mardi 19 juin 2012

Playlist Pink Floyd




Sheep  (Animals - 1977)
Money  (The Dark Side of the Moon - 1973)
Sum  (The Endless River - 2014)
Skins  (The Endless River - 2014)
The Dogs of War  (A momentary lapse of reason - 1987)
Brain Damage  (The Dark Side of the Moon - 1973)
Eclipse  (The Dark Side of the Moon - 1973)
Wish you were here  (Wish you were here - 1975)
Shine on you crazy diamond, Part Two  (Wish you were here - 1975)
Summer '68  (Atom Heart Mother - 1970)
Have a cigar  (Wish you were here - 1975)
The Nile song ("More" soundtrack - 1969)
The happiest day of our lives  (The Wall - 1979)
Another brick in the wall, Part 2  (The Wall - 1979)
High Hopes  (The Division Bell - 1994)

mercredi 6 juin 2012

There will be blood


(2007 - Réalisé par P. T. Anderson) *****

L'histoire de Daniel Plainview, prospecteur de pétrole dans les USA de la fin du XIXe siècle, misanthrope obnubilé par sa soif de l'or.

There will be blood n'est pas un film aimable, son rythme est lent, son scénario âpre, ses deux acteurs principaux "over-the-top" dans leur interprétation et le message délivré est bien déprimant sur la nature humaine. L'histoire d'un homme qui cultive son dégoût de l'autre, amassant la fortune qui lui permettra de se couper du monde. Prêt à toutes les concessions pour assouvir son besoin, il se livre à la mascarade du prêcheur local en se faisant baptiser pour acquérir un lopin de terre. Et le destin va lui faire vivre de bien cruelles désillusions, quand son frère, son seul confident, lui apprend une terrible vérité ou lorsque son fils adoptif fini par le fuir. Il leur fera payer le prix fort et finira par se venger sur le prêtre, lui aussi formidable escroc par ailleurs. L'alternance entre les longues séquences muettes lors desquelles la puissance des images suffit et les dialogues redoutables montrant l'ascension de Plainview, où l'on perçoit sa perfidie et son lent repli sur lui-même, place le film au rang des témoignages intemporels. Daniel Day-Lewis est magistral, hilarant lorsqu'il se mange une baffe du prêtre pour gagner son droit de forer, glaçant lorsqu'il marmonne dans sa barbe en découvrant la trahison de son frère ou qu'il se confronte à ses concurrents, terrifiant quand il balance la vérité à son fils ("you're just a bastard from a basket !"). Les performances théâtrales de Day-Lewis et Dano pourront gêner les amateurs de jeu tout en neutralité, moins dans l'enphase. Pour ma part ces deux grands pros réussissent leur pari de marquer les mémoires en trouvant le ton juste pour incarner les deux fléaux du 20e siècle.

mercredi 15 février 2012

Final Fantasy XIII-2

Noel et Serah, parce qu'ils le valent bien

Square Enix
Genre : RPG Paradoxal
Verdict: 4/5


Si vous avez manqué le début

Les fal'Cie farcissent le pays de L'Cie. Lightning crie "que nenni !" et refuse de finir en Cie'th rancis. Dans un rêve maudit elle twitte sa frangine qui s'ennuie de son petit ami.  Soudain surgit un adonis qui l'entraine dans un vent de folie et lui fiche le tournis. En catimini les amis changent d'époques à l'infini. Pis ! Ils sont poursuivi par un mog riquiqui tout mimi. C'est pas l'paradis, ils en chient face aux ennemis.
Rien compris ? Bienvenue dans Final Fantasy !

jeudi 9 février 2012

No country for old men



(2007 - Réalisé par J. et E. Coen) **** Edition

Texas, 1980. Llewelyn Moss chasse seul, en plein désert. En suivant une proie il découvre les cadavres de trafiquants Mexicains, victimes d'un règlement de compte sanglant. Il emporte avec lui une valise pleine de billets de banque. Il ne se doute pas qu'il vient de passer du statut de chasseur à celui de traqué. A sa poursuite, le Shérif Ed et le psychopathe tueur à gage Anton.

Une oeuvre sombre et désabusée sur la nature humaine, incarnée par Tommy Lee jones en vieux représentant de la loi fatigué qui ne comprend plus le monde. A l'opposé de Fargo, qui baignait dans un second degré offrant au spectateur l'occasion de s'en sortir par le rire, No Country For Old Men ne se cache derrière aucun cynisme, aucune porte de sortie salutaire. Malgré le look totalement improbable de Javier Bardem avec sa coiffure ridicule et son "arme" d'amateur à air comprimé, il refroidit toute envie de se moquer, incarnation quasi-fantomatique de l'absurdité de nos existences, exécutant ses victimes sans jamais la moindre hésitation ni le plus petit remord, quelque soit leur condition et leur moralité. Le fait d'employer la même méthode pour abattre ses cibles que les fermiers pour tuer le bétail en dit long sur son mode de pensée et le peu de cas qu'il fait de l'espèce humaine. Pourtant ses rares dialogues cachent un humour noir, notamment lors de la scène avec le pompiste dont il joue sa vie à pile ou face.
Comme d'habitude avec leurs polars les Coen ont un sens du cadre et du rythme qui leur est propre et sert à merveille le propos. Ils savent faire une économie bienvenue de la musique, quasi inexistante dans ce film et renforçant d'autant le sentiment de sécheresse et de solitude de chacun des personnages. Les dernières séquences ne laissent aucun doute sur le message qu'ont voulu délivrer les auteurs, constat déprimant sur notre existence où la vie n'a plus aucune signification.

lundi 23 janvier 2012

L'étrange histoire de Benjamin Button


(2008- Réalisé par D. Fincher) ***

Contée par la femme que l'a aimé, l'histoire romanesque et insolite d'un homme né vieux dans les années 20 et rajeunissant d'années en années.

Il la voulait, David Fincher, son épopée à la "Forrest Gump". Peindre une fresque traversant les générations, fondre une petite histoire dans une grande épopée. Mais il lui fallait autre chose qu'une love-story traditionnelle ou un destin hors-norme dans l'Histoire, il voulait un challenge technique, doublé d'une performance d'acteur, triplé d'une réflexion intense sur ce que c'est que de nous, de l'humanité et de la destinée.
Le résultat est parfois indigeste, surtout lorsque les séquences s'étirent jusqu'à dilater le temps sans qu'on ressente la moindre émotion. Mais il faut reconnaitre la maitrise absolue du cinéaste et de ses interprètes principaux, la minutie et la majesté des reconstitutions des décors de chaque époque, le soin maniaque apporté aux détails, aux maquillages, aux effets spéciaux. L'ampleur du cadre écrase un peu le sujet, et le spectateur de ce conte d'une vie à l'envers reste perplexe sur la finalité du propos.