vendredi 17 juillet 2026

Massacre à la tronçonneuse 2

 

Mortal Kombat: Edition Tronçonneuse

(1986 - Réalisé par T. Hooper) **
Stretch, animatrice d'une émission de libre-antenne d'une radio locale, reçoit les appels insistants de deux jeunes Yuppies en route pour une nuit de débauche. La DJ s'apprête à couper la ligne lorsque les gros lourds sont attaqués par Leatherface et sa famille.

Plus de 10 ans après le choc fondateur de son premier "Massacre", Tobe Hooper se voit proposer de mettre en chantier sa suite. En ce milieu des années 80, le réalisateur et le scénariste de "Paris, Texas" se disent qu'ils peuvent commenter la décennie en cours, où règne Reagan et une sale culture du fric bien décomplexée. Leur but : prendre le contre-pied de l'original en faisant de la famille de dégénérés cannibales les "héros" d'un pamphlet anti-Yuppies. Sous la houlette des productions Cannon, spécialistes en séries B, on se dit qu'un message subtil est envisageable derrière les scènes gores. Mais voilà, seule la fameuse paire de financiers Golan-Globus (Lifeforce, Superman IV, Masters of the Universe... que des vainqueurs !) investi dans le projet. Tous les aspects un poil politique ou sociétaux sont donc édulcorés pour ne garder que le côté grand-guignol. 
Leatherface s'entiche d'une victime et son père gagne le trophée du meilleur Chili Con Carne local grâce à son ingrédient secret (vous savez lequel). Si on ajoute Chop le frangin déglingué et Lefty, l'oncle bien perché d'une des victimes du premier massacre, à la recherche des coupables depuis 13 ans, on voit clairement que rien n'est à prendre au sérieux. La farce serait digérable avec un dosage adéquat, ce qui n'est pas le cas : les scènes s'étirent jusqu'à perdre toute énergie, preuve du découpage malhabile subit au montage par des producteurs ne maîtrisant pas leur sujet. Ne reste à retenir que quelques séquences outrageusement sanglantes, sans la folie malaisante qui régnait sur l'épisode originel malgré l'excellent boulot de l'actrice incarnant Stretch dans un rôle unidimensionnel de "Scream Queen". Tout ça pour finir sur une conclusion qui n'est qu'une redite de l'histoire précédente. Dommage !


lundi 27 avril 2026

Kaamelott - Deuxième Volet - Partie 1

Pas de repos pour Arthur

(2025 - Réalisé par A. Astier) ***

Quelques mois après la destruction du château de Kaamelott et la fuite de Lancelot, les Chevaliers tentent de rétablir la Table Ronde. Tous sont plus ou moins d'accord, sauf Arthur le principal concerné.

Comme son prédécesseur, ce nouveau Kaamelott marche sur un fil de funambule particulièrement ténu. S'assurer que chacun dans la grande troupe ait son mot à dire et accessoirement quelque chose à faire, progresser dans l'intrigue générale en conservant un œil sur le mythe du Graal, garder le rythme et l'ampleur de la réalisation tout en poussant les curseurs côté forces occultes et fantasy... "on a du pain", comme disait Perceval. L'idée de scinder ce second volet en deux parties était sans doute nécessaire du point de vue de l'auteur, mais cela conduit inéluctablement à un ralentissement général des événements et au sentiment désagréable d'ajouter des péripéties pas toujours essentielles à un arc narratif global plutôt clair. Comme Peter Jackson et son adaptation très longuette en 3 épisodes du maigre bouquin du "Hobbit", comme George Lucas et sa pénible prélogie Star Wars emplie d'intrigues secondaires pas franchement passionnantes, l'ami Astier se fait plaisir en étirant son récit, tout en devant composer avec les aléas de son casting pour combler les absences et satisfaire les fanas d'une série qui tourne en boucle depuis 20 ans à la TV. Il joue avec nos nerfs, refuse les facilités scénaristiques avec un Arthur qui défie constamment les attentes des Dieux (les spectateurs du film ?), amenant lentement (mais sûrement ?) son protagoniste principal vers Avalon, si on suit la légende.
On est toujours au top niveau réalisation, décors et musiques, avec des références aux meilleures productions US et des paysages magnifiquement mis en valeur. On conserve le style inimitable des dialogues qui pulsent, même si certains personnages s'en sortent mieux que d'autres pour restituer le flow made in Astier. Mais à partir de sa seconde moitié, le film souffre de l'éparpillement des multiples quêtes des innombrables protagonistes et antagonistes. Au final aucune n'a de résolution satisfaisante : pas de réel danger du côté des forces surnaturelles qui se manifestent enfin dans cet épisode, pas d'affrontement contre Lancelot, pas de trace d'Yvain, pas de réelles embûches pour le trio d'enchanteurs face à la malédiction du château. Et les différents voyages en sombre Orcanie, en éclatante méditerranée ou dans les glaciales contrées d'Islande ne mènent qu'à de nouvelles énigmes qui nous laissent sur notre faim. Il faudra attendre la suite pour savoir si toutes ces frustrations en valaient la peine.

vendredi 17 avril 2026

Playlist Peter Gabriel

 


 

1. Moribund The Burgermeister (Peter Gabriel 1: Car)

2. Red Rain (So)

3. Digging in the Dirt (Us)

4. Four Kinds of Horses (i/o)

5. Exposure (Peter Gabriel 2: Scratch)

6. Shock the Monkey (Peter Gabriel 4: Security)

7. Sledgehammer (So)

8. The Rythm of the Heat (New Blood)

9. Growing Up (Up)

10. Solsbury Hill (Peter Gabriel 1: Car)

11. Steam (Us)

12. San Jacinto (New Blood)

13. Biko (Peter Gabriel 3: Melt)

14. Road to Joy (i/o)

15. Big Time (So)

 

dimanche 22 mars 2026

Dredd (2012)

 

Les Juges vont tout cramer

(2012 - Réalisé par P. Travis) ***
Mega-City One est une mégalopole babylonienne ravagée par la violence. Le Juge Dredd et la jeune recrue mutante Anderson doivent enquêter sur un triple meurtre lié au trafic d'une nouvelle drogue, le Slo-Mo. 

Sorti un an après The Raid, film d'action indonésien ultra-nerveux avec une intrigue très similaire (forces de l'ordre prises au piège dans un immeuble aux mains des truands), Dredd a une approche esthétique radicalement différente. Son univers S-F et ses thématiques mettent en scène une vision délibérément provocatrice de la justice expéditive, incarnée par un "flic" qui fait passer Dirty Harry pour un aimable agent de surveillance de la voie publique. Un antihéros facho qui fait face à une bande de criminels sanguinaires, dans une ville-monde post-apocalyptique faite de milliers de mega-buildings où la misère consume l'humanité. Bref, un fantasme d’extrême-droite dans lequel la police applique sur le champ les sentences qu'elle proclame (généralement, la peine de mort). 
Nous avions déjà eu une version édulcorée au cinéma avec Stallone dans le rôle de Dredd, mais ici le propos est plus radical. Visuellement le film nous donne des séquences gores très graphiques, amplifiées par les ralentis surréels impliqués par la drogue Slo-Mo, puissante substance hallucinogène qui fait vivre les événements vécus à 1% de leur vitesse réelle. Les carnages des fusillades sont ainsi détaillés avec une précision maniaque et morbide, avec un rendu éclatant hypnotique. Le monolithique Dredd et sa comparse télépathe n'ont pas grand chose à jouer dans cette production purement "action", mais ils s'en tirent bien, notamment l'antagoniste Ma-Ma, la cheffe junkie impitoyable qui veut protéger à tout prix son juteux trafic. Et derrière une façade très premier-degré opposant la Loi au Chaos, le scénario dévoile que la droiture d'une justice affichant des symboles de force et pureté (l'aigle Romain repris par les fascistes et la croix sur le casque des Juges, proche d'une swastika), n'est en vérité qu'une apparence : certains Juges sont aussi corrompus que leurs victimes.