samedi 1 août 2015

1941

Les bidasses en folie.

(1979 - Réalisé par S. Spielberg) ***

Décembre 1941. Suite à l'attaque surprise sur Pearl Harbor l'Amérique vit dans la paranoïa de l'ennemi Japonais. Le sous-marin du Commandant Akiro arrive justement sur les côtes de Los Angeles. Son objectif : détruire Hollywood.

En 1979 le père Spielberg a déjà deux immenses succès (Jaws et Close Encounters), il aborde donc son 4e film les mains libres et le porte-monnaie des producteurs est en mode open-bar. Après l'Horreur et le Fantastique il s'attaque à la Comédie grand public et voit grand. Très grand. Trop. Son "1941" est un mille-feuille constitué d'un empilement de petites histoires comiques sur un thème très douloureux pour les USA, le désastre National de Pearl Harbor (dont les conséquences furent l'entrée en guerre puis l'ultime usage de la bombe atomique en 45, pas vraiment fendard l'histoire). Avec le recul on se demande même comment Steven Spielberg et ses scénaristes ont pu concevoir de se moquer ainsi des valeurs sacrées de l'Amérique : l'Armée et la Famille. Inconsciente jeunesse ou gros melon d'un cinéaste déjà consacré ? un peu des deux, sans doute.
Ça commence pourtant génialement bien. Une auto-référence à l'intro des "Dents de la mer", avec la même nageuse solitaire -et nue- qui se fait "surprendre" par le sous-marin Jap. Mais par la suite les différents segments narrant cette crise de folie collective face à un ennemi invisible (tiré d'une anecdote réelle de l'époque) sont trop disparates pour garder une cohérence d'ensemble. Nous avons au menu : un Capitaine dont le seul but est de culbuter une nymphomane qui ne prend son pied que dans un avion en vol, un Général tentant de calmer l'hystérie ambiante qui finit par aller voir "Dumbo" au cinéma, un brave citoyen dont la maison est réquisitionnée par l'Armée pour surveiller la côte et qui conseille à sa fille de soutenir l'effort de guerre en couchant avec les soldats, le pilote Wild Bill (John Belushi en roues libres) qui canarde tout ce qui bouge depuis son coucou, trois réservistes dont une marionnette qui parle toute seule, bloqués dans une grande roue... Le tout entrecoupé de numéros de danses, de bagarres générales et d'effets pyrotechniques cartoonesques. Bref, ça part en vrille, même si on voit bien où Mister Steven voulait aller avec cette production. Imposer un humour transgressif ciblant la société Américaine tout en rendant hommage aux comédies musicales et aux films de genre de son enfance, en offrant au passage à quelques acteurs l'occasion de "faire leur numéro". Pour garder le rythme et équilibrer le tout il aurait fallu sacrifier certaines intrigues secondaires pour ramener la durée du film aux 90 mns réglementaires pour une comédie réussie.