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jeudi 6 mai 2004

Le Bon, La brute et le Truand

(Il Buono, il brutto, il cattivo - 1966 - Réalisé par S. Leone) ***** Double Edition Collector MGM (2 DVD)

Deux bandits ont monté une petite arnaque qui fonctionne bien : le truand se laisse capturer par le bon, qui touche la récompense, puis le sauve avant sa pendaison pour recommencer dans une autre ville. Mais combien de temps cela va-t-il durer ?

Le classique du Western Spaghetti, des situations dramatiques tournées à un second degré salvateur, une façon de filmer unique qu'on oublie pas, des "gueules" inoubliables du plus insignifiant second couteau aux trois héros principaux. Plusieurs passages cultes sur un rythme tantôt lent tantôt exalté ont fait de ce film une référence du genre.
La présentation des 3 "amis" en intro donne tout de suite le ton ! Le cow-boy solitaire "sans nom", Clint Eastwood, trouve enfin des partenaires à sa hauteur en la personne de l'inquiétant Sentenza (La brute Lee Van Cleef) et surtout du déjanté Tuco (le truand, Eli Wallach). Tuco occupe l'espace, volant nombre de scènes à l'impassible Clint, et c'est surtout de lui qu'on se souvient dans les meilleurs moments ("When you have to shoot, shoot don't talk !"). Comme d'hab avec Leone la musique d'Enio Morricone tient un rôle prépondérant et fait beaucoup pour l'ambiance générale du film. Elle donne de l'ampleur aux vastes étendues, du caratère aux visages filmés en gros plan, et signe immédiatement tous les passages cultes.

samedi 25 octobre 2003

Il était une fois dans l'Ouest

(C'era una volta il west - 1968 - Réalisé par S. Leone) **** Edition Collector (2 DVD) 

Une bande de tueurs patibulaires attend l'arrivée du train de Flagstone. Ils doivent régler son compte à un homme qu'on appelle "Harmonica". 

 Contrepoint total du film réalisé deux ans plus tôt par le même Leone, "Il était une fois..." propose le coté "obscur" du Western sans l'humour sacrilège qui caractérisait "Le Bon, la Brute et le Truand". La même volonté d'étirer les plans donne des scènes marquantes renforcées comme toujours par la bande-son ultra-présente (l'intro dans la gare, le massacre de la famille McBain). Une histoire noire sur la fin d'une époque -l'Ouest sauvage et ses hors-la-loi réglant leurs comptes eux-mêmes à coups de flingues- et le début d'une nouvelle ère, l'Ouest "civilisé" du chemin de fer et ses magouilleurs politiciens faisant appel à des hommes de main. Faire d'henri Fonda le salaud du film et de Bronson le personnage quasi-muet n'est peut-être pas la meilleure idée de Leone en définitive. A l'époque le fait d'inverser les rôles était sûrement grandiose, aujourd'hui on sent que les deux acteurs sont un peu transparents si on les compare à Lee Van Cleef et Clint Eastwood.

jeudi 17 octobre 2002

Les Tontons Flingueurs

(1963 - Réalisé par G. Lautner) *****

Un ex-truand rangé des voitures doit se rendre au chevet d'une vieille connaissance, surnommé "Le Mexicain". Ce dernier, avant de mourir, va lui confier ses affaires illégales, ainsi que la surveillance de son unique fille, une jeune femme ignorant tout des activités de son père.

Quand on passe tous les codes du film de gangsters 60's français à la moulinette Audiard, cela donne le chef d'œuvre que l'on sait. Évidemment ses dialogues succulents ne seraient rien sans leurs interprètes. La mise en bouche est faite par MÔSSIEUR Lino Ventura en classieux gangster reconverti, accompagné de Bernard Blier parfait en faux caïd, Jean Lefebvre dans son éternel rôle de faux-cul, Claude Rich dont le style précieux sied à merveille à son personnage et Francis Blanche en avocat véreux, face à une pléiade de seconds rôles majestueux : Robert "Yes SIR!" Dalban, Horst "Fritz" Franck, Dominique "Madame Mado" Davray, etc. Le sérieux des situations est toujours désamorcé par une astuce scénaristique ou un bon mot, un régal. Avec en prime ce coté vieille France d'après guerre, où les malfrats avaient une certaine classe et savaient causer.

vendredi 26 avril 2002

Hibernatus

(1969 - Réalisé par E. Molinaro) ****

Dans les années 60, des scientifiques retrouvent un homme congelé dans la glace depuis 1905 et réussissent à lui donner vie. Sa petite fille est enthousiaste et souhaite le voir revenir chez elle, mais son mari n'est pas du même avis.

Louis De Funès n'est jamais meilleur que lorsqu'il se trouve en face de partenaires efficaces et motivés (voir les films avec Bourvil ou Galabru) sur des scénarios astucieux. Ici il partage vraiment la vedette avec la toujours impeccable Claude Gensac, pas encore reléguée au rôle de faire-valoir, et Bernard Alane (l'hiberné), plus les habituels seconds couteaux : génial Claude Piéplu en ministre rigide, Préboist dont la simple présence provoque immanquablement un sourire, le fils De Funès avec un vrai rôle.
Comme le film n'est pas centré à 100% sur son personnage, les interventions de Louis sont plus percutantes dans son éternel rôle de petit chef toujours agassé. Le jeu tout en retenue de Michael Lonsdale en professeur Loriébat fait merveille face à la pile électrique Hubert De Tartas, et personnellement je peux regarder des centaines de fois les séquences du "dodelinage", celles avec le ministre, ou le pétage de plomb final (Elle s'appelle Edmée ! Edmée-Edmée-Edmée !) sans jamais m'en lasser ;-)

jeudi 20 décembre 2001

Fantomas - Coffret (2001)

Coffret Fantomas (2001) : Fantomas (1964 - Réalisé par A. Hunebelle) *** + Fantomas se déchaine (1965 - Réalisé par A. Hunebelle) **** + Fantomas contre Scotland Yard (1967 - Réalisé par A. Hunebelle) ****

Fantomas : Paris, années 60. Un étrange personnage se rend dans une célèbre joaillerie et dépense une fortune en bijoux. Il disparaît ensuite après avoir laissé un faux chèque signé... Fantomas !

Loin du vrai méchant de l'œuvre littéraire de P. Souvestre et M. Allain dont ses aventures sont "adaptées", le Fantomas du cinéma tient plus du film d'aventure-cartoon made in France. Ce premier épisode trouve le juste équilibre entre l'action avec la Star du film Jean Marais et le comique avec un De Funès pas encore au faîte de sa gloire (il tourne son premier "gendarme" et "Le Corniaud" cette même année).
Mais on sent rapidement dans leurs scènes communes que Marais alias le journaliste Fandor manque quelque peu de munitions face au commissaire Juve. Coincé dans son double-rôle d'action-hero séducteur et de méchant masqué devant la magnifique Mylène Demongeot, il se fait un peu voler la vedette. Des cascades gentillettes et des gags installant l'image éternelle de petit chef irascible pour Fufu, bref tout l'inventaire du film noir frenchy dans un univers bon enfant.

Fantomas se déchaine : Le commissaire Juve triomphe, il est aujourd'hui décoré par le ministre pour avoir débarrassé le monde de l'infâme Fantomas. Mais il déchante bientôt lorsqu'il reçoit les félicitations du monstre !

Ce second épisode bascule définitivement dans un monde "tintinesque" parodiant les films d'espionnage. Digne des plus grands méchants à la James Bond le personnage de Fantomas n'a plus qu'une obsession, devenir "maître du monde". Les gadgets bidons pleuvent : le faux bras, le cigare-pistolet, le rayon qui contrôle les esprits, la jambe de bois-mitraillette, la DS volante... ;-)
Jean Marais est très occupé, devant tenir non plus deux mais trois rôles. Il laisse donc définitivement la place dans la comédie à un De Funès qui en cette année 1965 est (enfin) le roi du box-office. Toujours au maximum, Louis enchaîne les scènes irrésistibles, quelque soit le partenaire qu'il affronte, et assoit définitivement son rôle unique de personnage détestable qu'on aime quand même. Signalons aussi la musique impeccable qui accompagne toute la série, avec son thème génial immédiatement reconnaissable.

Fantomas contre Scotland Yard : Lord Mc Rashley, une des plus grande fortune du monde, reçoit dans son château en écosse son vieil ami Walter. Mais ce dernier s'avère être en vérité le terrifiant Fantomas, et vient lui faire souscrire un impôt sur le droit de vivre !

Le commissaire Juve devient l'attraction principale de ce 3e et dernier épisode. Abandonnant la direction prise dans "Fantomas se déchaine", à savoir le pastiche Bondesque, "Scotland Yard" se transforme en show De Funès et fait basculer définitivement la série en comédie pure. C'est sans doute pour cela que c'est mon préféré ;-)
Même si le rythme est un peu chaotique et certains gags un peu étirés (les "morts" à répétition de Mc Rashley) on se souvient surtout des moments excellents : l'arrivée en vieux tacot avec Godfrey, la séance de spiritisme, Juve qui craque face aux fantômes ou au cheval "qui parle", c'est du lourd ! Coup de chapeau aussi à jacques Dynam, alias Bertrand, le souffre-douleur du fufu. Ses dialogues ping-pong avec Juve tout au long de la série font beaucoup pour la bonne humeur générale qui traverse la série et montre que De Funès n'était vraiment excellent que lorsqu'il faisait face à quelqu'un qui avait du répondant.

vendredi 26 octobre 2001

Stanley Kubrick - Coffret (2001)

Coffret Stanley Kubrick (2001) : Lolita (1962) ** + 2001: L'Odysée de l'Espace (2001: A Space Odyssey - 1968) ***** + Orange Mécanique (A Clockwork Orange - 1971) ***** + Barry Lyndon (1975) **** + Shining (The Shining - 1980) **** + Full Metal Jacket (1987) **** + Eyes Wide Shut (1999) ** + Stanley Kubrick, A Life in Picture (2001)
8 DVD


Lolita : Un écrivain quarantenaire tombe amoureux d'une fille de 14 ans.

Tirée du roman de Vladimir Nabokov, cette histoire qui choqua les ligues catholiques est filmée de manière moins provocante par Kubrick. Même si on retient surtout le thème de cette adolescente séduisant les hommes -inconsciemment ou non ? c'est une des questions du film- on assiste surtout à la descente aux enfers d'un type paumé. L'histoire est peu conventionnelle mais le traitement reste trop classique selon moi. Sur un plan formel on ne sent que très rarement cette touche unique qui illumine les films suivants de Kubrick. Reste que sur le fond, le choix d'équilibrer l'histoire entre le point de vue de l'homme et celui de la "presque-femme" déplace les enjeux par rapport au roman initial (où Lolita était plus jeune, faisant de Humbert un coupable difficilement pardonnable). Dans ses années 60 durant lesquelles les mœurs se libèrent, Kubrick offre, comme souvent, un commentaire en avance sur son temps sur la société occidentale.

 

2001, L'Odyssée de l'Espace : A l'aube de l'humanité, des homo sapiens découvrent un mystérieux monolithe noir.

Toutes les grandes questions existentielles de l'humanité sont posées avec une acuité époustouflante. Avec un quart de siècle d'avance, Kubrick retient l'essentiel des questions posées dans le livre dont est tiré le film : le destin de l'Homme nomade, l'évolution de l'intelligence et du savoir, la finalité de la science. Il y apporte un brio technique hors du commun pour l'époque, on est en 1968 ! Et en profite aussi pour montrer un des "cuts" les plus célèbres de l'histoire du cinéma en résumant des millénaires d'évolution en deux plans brefs consécutifs (deux outils symboles de la maitrise Humaine : l'os jeté en l'air passe immédiatement en satellite dans l'espace). Les auteurs nous donnent aussi une vision assez correcte de notre futur : exploration spatiale, ordinateurs portables, super-IA avec laquelle on interagi par la voix, nourriture lyophilisée, etc.
L'Humanité est guidée par sa soif de la découverte, un instinct d'exploration qui fait que notre espèce parvient à la domination de son monde en quelques dizaines de milliers d'années. Ce n'est qu'après avoir vaincu HAL 9000, le monolithique cerveau informatique symbole de la connaissance ultime (comme celui entrevu en début de film), que l'Homme accède à une renaissance idéalisée. Le rythme est lent, contemplatif, avec un final étiré qui laisse assurément perplexe. Une traversée hallucinante, plus abstraite que physique, une plongée au cœur du fameux monolithe comme si les spectateurs se trouvaient aspirés par l'écran de cinéma, ce grand rectangle noir mystérieux, source inépuisable d'émotions. Le temps et l'espace se diluent, l'astronaute parvient au bout du périple et on le place (Qui exactement ? Dieu, des Aliens ou le réalisateur ?) dans un environnement familier pour le préparer à l'étape suivante. Mais pour quelle destination ? Un retour sur Terre sous la forme d'une super-entité fœtale, un bébé qui renait en ayant emmagasiné tout le savoir et les sentiments humains. Waow, vous reprendrez bien un peu de moquette à fumer ? ;-)

 

Orange Mécanique : Dans un futur indéterminé, le jeune Alex et son gang sont des petits malfrats adeptes d'ultra violence.

Contre-pied total du film précédent, Orange Mécanique décrit un futur obscur et sauvage pour l'humanité. Une nouvelle fois on est bien obligé de constater que Kubrick a une longueur d'avance sur les évènements : cités délabrées, violence des gangs, politique-spectacle, éclatement des valeurs familiales. La force et la frénésie des scènes chocs alternent avec les trouvailles visuelles du cinéaste, on se souviendra longtemps de la séquence de l'attaque de la maison de campagne sur "Singing in the rain" ou encore du traitement douloureux d'Alex dans la prison-modèle.
Le monde est hyper-baroque, musiques classiques revisitées façon synthétiseurs, costumes et décors kitchs, symboles de la fin d'une civilisation (sans la possibilité de rédemption comme celle de 2001 Space Odyssey). En même temps le film reste extrêmement actuel encore aujourd'hui, langage réinventé (comme avec chaque nouvelle génération), barres d'immeubles à l'abandon, jeunes désœuvrés et parents dépassés, tags obscènes sur des peintures du passé, la déliquescence des esprits se concrétise visuellement. Les solutions politiques sont dangereusement inefficaces et la morale est noire, sans espoir, avec des personnages poussés jusqu'à la caricature pour renforcer l'aspect "fable" du récit. Absurdes jusqu'à en devenir comiques, comme ce petit chefaillon de prison étriqué ou cet écrivain grimaçant à l'excès, tellement cérébral et "hors-sol" qu'il peine à exprimer la violence de ses émotions. La conclusion ne laisse aucun doute sur la suite tragique des évènements. Pas franchement réjouissant, mais le constat de 1971 est plus que jamais évident 30 ans plus tard.

 

Barry Lyndon : Au 18e siècle, le jeune irlandais Barry Redmond rêve de hauts faits. Lorsque sa cousine bien aimée se fiance avec un officier Anglais, Barry, dépité, quitte son village avec 20 sous en poche.

Plus qu'un film de genre (la reconstitution historique), l'histoire met en scène le destin sombre d'un opportuniste. Bien que transposée dans un univers reconstitué méticuleusement, ambiancé de la beauté irréelle des séquences éclairées à la bougie, cette fable pourrait autant être contemporaine. Comme pour "2001" Kubrick met en place très lentement ses scènes, plongeant parfois le spectateur dans une torpeur identique à celle de certains personnages du film. C'était le tempo de l'époque, un rythme que le réalisateur a bien pris soin de reproduire afin de montrer l'état d'esprit de la noblesse nonchalante évoluant comme des personnages d’œuvres picturales, engoncés dans leurs "rôles" imposés par la société.
Si on se laisse happer par la magnificence des plans, on suit la lente ascension d'un irlandais arriviste, qui n'a d'autre but que de gagner sa place dans un milieu qu'il méprise autant qu'il désire, au prix des pires compromissions. En définitive, les Lyndon représentent le crépuscule d'un style de vie aristocratique qui se verra bientôt remplacé par un autre archétype, la bourgeoisie et son obsession de la valeur Travail. Lady Lyndon, magnifiquement incarnée par Marisa Berenson, figée dans les conventions et sa neurasthénie sans fin, n'a aucune perspective dans cette époque. Son parvenu de mari ne cesse de se heurter à de nouveaux obstacles dès qu'il croit avoir atteint son but. Son dernier duel, un défi contre le premier fils de sa femme, résume intensément le message du film, une histoire finalement très actuelle sur l'impossibilité de l'ascension sociale.

 

Shining : L'écrivain Jack Torrance part, avec femme et enfant, garder un hôtel qui ferme durant la saison d'hiver. Il espère pouvoir profiter de la tranquillité pour écrire un roman.

Le film d'épouvante vu par Kubrick, toujours en adaptant un roman (cette fois-ci c'est S. King qui passe à la moulinette). Plutôt que de sacrifier à l'accumulation de passages gores ou horrifiques (et, disons-le, parfois ridicules du roman), Mister K raconte la longue perte de contrôle de Jack (Nicholson / Torrance) et l'émergence des pouvoirs de son jeune garçon. L'entreprise est inclassable : histoire de fantômes ? de folie ? parabole sur la difficulté de créer ? Chacun verra une interprétation selon le point de vue du protagoniste. Le petit Danny est-il victime de maltraitance de la part de son père alcoolique ? La mère, Wendy, dont le rôle est réduit dans la version Ciné par rapport au roman, est globalement impuissante et joue les "Scream Queen" comme toutes les femmes victimes des films de Slasher. Elle est la plus vulnérable de la famille car elle représente la "normalité" pour les spectateurs, finalement elle est la seule pourvue de réactions humaines. 
On retient surtout le jeu halluciné de Nicholson, qui est la principale attraction du film. Qu'il déambule dans les immenses salles vides de l'hôtel ou qu'il monologue face aux esprits, on savoure chaque moment de bravoure. La patte du cinéaste se retrouve dans les plans mémorables, la poursuite du garçonnet conduisant son tricycle dans les couloirs de l'hôtel, Jack armé de sa hache poursuivant sa femme, les "visions" du Shining où des hectolitres de sang déferlent. Un film qui fonctionne par de soudains flashs terrifiants et une ambiance glauque anxiogène qui, comme d'hab avec Kubrick, ouvre la possibilité de moult thématiques sous-jacentes. 

 

Full Metal Jacket : Le sergent Hartman entraîne durement de jeunes soldats américains pour les préparer à partir au Vietnam.

La stupidité de la guerre est illustrée en 2 parties distinctes. Dans la première on voit un sergent instructeur martyriser un pauvre engagé inadapté, elle vaut surtout par l'interprétation criante de vérité d'Hartman (vrai instructeur dans la vie) et la lente descente aux enfers de la recrue "Baleine", humilié et broyé avant même de partir au combat. Cette longue introduction se termine inévitablement par un règlement de compte sanglant, l'innocence perdue de la victime symbolisant celle de tout un peuple, le dilemme des USA qui se pensait invincible dans cette guerre du Vietnam mais a sacrifié sa jeunesse et contesté ses "héros".
Vient ensuite une plongée dans le quotidien des soldats sur le terrain, quelques mois plus tard. Loin des clichés façon Hollywood sur les faits héroïques des braves 'ricains et avec encore une fois 20 ans d'avance (voir l'Irak d'aujourd'hui), Kubrick appuie là où ça fait mal : des types cyniques qui se prennent pour des cow-boys, jouent avec les cadavres et vont aux putes. La confrontation comique du sergent "Guignol" face au Général devant le charnier est le meilleur exemple. Le "Born to kill" et son symbole de paix se confronte à un état-major qui n'est pas là pour philosopher ! Malgré tout, le final face au sniper invisible montre ces soldats sous leur meilleur jour dans une guerre perdue d'avance. Édifiant.


 
Eyes Wide Shut : Le Docteur Bill Harford est perturbé lorsque sa femme lui révèle avoir un fantasme, elle rêve de faire l'amour avec un inconnu.

Le grand retour du maître après 12 ans de silence cinématographique avait de quoi faire saliver : le couple Cruise-Kidman dans une histoire salace ! Malgré quelques scènes grandiloquentes (l'orgie théâtrale dans le château, évidemment) et une touche esthétique unique sur les plans visuel et sonore, on reste perplexe sur le but ultime de cette démonstration parfois laborieuse. Connaissant le loustic, on se doute bien qu'une multitude de lectures sont possibles et que cette histoire est une manière pour l'auteur de commenter l'époque, ou de disséquer nos plus profondes pulsions sous nos dehors civilisés. En cette fin de millénaire, le couple, la fidélité, la jalousie sont-ils des schémas de pensée dépassés ? Cette vision de la Femme complètement obsolète, en objet sexuel, qu'elle soit prostituée des rues ou de cette secte pour riches partouzeurs, est-ce un cliché servant un propos plus global ? 
Le périple du Docteur Harford dans un New-York prenant des allures de rêve éveillé, avec ses personnages ayant chacun une fonction particulière dans le récit, est mis en parallèle avec les tribulations (réelles ou imaginées ?) de sa femme Alice. Mais les expériences du mari auront de fâcheuses conséquences, un sacrifice (volontaire ?) pour sauver notre homme imprudent de son incursion dans un monde lui étant interdit, l'orgie extra-conjugale. Amour et sexe, une obsession humaine qui dure depuis la nuit des temps, Kubrick se garde bien de donner un avis définitif sur la question, mais il s'autorise un commentaire avisé, par l'intermédiaire d'Alice dans la dernière séquence du film : "The important thing is we're awake now... There's something we need to do as soon as possible: Fuck!"

jeudi 22 mars 2001

Playlist Jimi Hendrix



Are You Experienced?   (Are You Experienced)
Voodoo Chile   (Electric Ladyland)
If 6 Was 9   (Axis: Bold as Love)
Crosstown Traffic   (Electric Ladyland)
Voodoo Child (Slight Return)   (Electric Ladyland)
Foxey Lady   (Are You Experienced)
Bold As Love   (Axis: Bold as Love)
All Along The Watchtower   (Electric Ladyland)
Spanish Castle Magic   (Axis: Bold as Love)
Power To Love   (Band of Gypsys)
Burning Of The Midnight Lamp   (Electric Ladyland)
Hey Baby (New Rising Sun)   (First Rays of the New Rising Sun)
Love Or Confusion   (Are You Experienced)
Little Wing   (Axis: Bold as Love)
Machine Gun   (Band of Gypsys)