samedi 13 juin 2020

Star Wars IX: L'ascension de Skywalker

(Star Wars IX: The Rise of Skywalker - 2019 - Réalisé par J.J. Abrams) ***
Sith Rey, une des nombreuses fausses pistes du film

Il y a pas très longtemps,
dans une galaxie proche, très très proche...
Après avoir saccagé ce qui restait de dignité à la saga,
la fin du calvaire semble imminente et tout l'univers s'en réjouit.
Dans un soubresaut de lucidité, Mickey le Sith ressuscite Jar Jar Abrams.
Car personne jamais vraiment ne meurt, comme disent les clones de l'Empereur.

Si vous avez manqué le début...
L'ami J.J. avait plutôt habilement résumé toute la trilogie Classique en un seul épisode (VII : Le Réveil de la Nostalgie), photocopie confortablement rassurante. L'Empire Disney et Kathleen Kennedy la productrice prirent ensuite le risque de confier l'écriture et la réalisation de sa suite à l'auteur de Looper, avec pour mission de bouleverser les attentes du public. On peut dire que le pari fut réussi, mais pas dans le sens attendu (VIII : Les Derniers Outrages).

Se retrouvant avec le lourd fardeau de non seulement conclure la troisième trilogie Star Wars mais surtout de clore l'intégralité de la saga "Skywalker" commencée il y a plus de quarante années, les quatre scénaristes crédités de "L'Ascension" avaient deux choix. Soit ils prolongeaient la déconstruction brutale amorcée par l'épisode précédent "Les derniers Jedi", soit ils revenaient à la structure déjà-vue du "Réveil de la Force". Dans les deux cas, ils allaient dans le mur.
Car continuer à piétiner les fondamentaux du culte Starwarien aurait été un cadeau d'adieu bien médiocre pour les fanatiques. Mais, à l'inverse, terminer sur l'attendu duel Rey-Kylo n'aurait été qu'une redite du N°8. Impasse.

Dans notre précédent billet, nous étions nous-même dubitatif (pour rester poli). Comment les auteurs allaient-ils recoller les morceaux du puzzle et proposer une conclusion crédible ?
Ils ont opté pour la méthode la moins subtile en fonçant tels de gros morses sur un banc de mollusques. Dès l'intro et son générique déroulant, l'incroyable coup de théâtre est affiché : l'Empereur is back. Oui, celui-là même qui avait été désintégré il y a 35 ans dans l'épisode VI et auquel aucun des films suivants n'a fait la moindre allusion. Pour être plus précis, le mega-spoil avait déjà été balancé dans le teaser, où le rire de Papy Palpatine résonnait.

A partir de cet instant on sait que le grand thème final de la saga tient sur cette ligne de dialogue entendue dans la pré bande-annonce : No one's ever really gone (personne n'est jamais vraiment disparu).
L'empereur dissout dans un réacteur énergétique ? même pas mal ! Rien n'est éphémère, tout est sans conséquence, les actions et les convictions des protagonistes sont sans valeur.

Alors que "Les Derniers Jedi" mettait l'accent sur l'échec de tous ses héros et héroïnes, "L'ascension de Skywalker" s'emploie à démontrer que tout cela n'est pas grave car rien n'a d'importance.
Le casque que Kylo Ren avait pulvérisé de rage est réparé, une manière pour le réalisateur J. J. Abrams de désavouer les choix de son prédécesseur. De façon similaire, le geste sacrilège de Luke jetant son sabre laser avec désinvolture est corrigé dans le nouveau film lorsque son fantôme empêche Rey de faire la même chose. C'est aussi l'apparition de Luke qui va convaincre Rey de reprendre confiance pour aller accomplir l'affrontement final contre Palpatine, lui qui tenait un discours autrement plus fataliste dans "Les Derniers Jedi".

L'impact de la mort de Chewbacca est rapidement désamorcé. En dix minutes nous perdons un des piliers de Star Wars dans un accident provoqué par l'héroïne principale puis nous retrouvons notre fidèle boule de poils géante bien vivante, Chewie avait tout simplement été embarqué sur un autre vaisseau ! Un bien cruel yoyo émotionnel pour Rey, qui n'est qu'une occasion de plus pour J.J. de scruter plein cadre le visage hautement cinégénique de l'actrice Daisy Ridley, qui reste le meilleur choix de casting de cette ultime trilogie tant son jeu en surtension permanente crédibilise son personnage.

Autre acte sans conséquence, le sacrifice de C3PO acceptant d'effacer sa mémoire. Cette bravoure soudaine pour un couard notoire et capitale pour l'intrigue est annihilée lors de la conclusion : son pote R2 avait une sauvegarde ! Du coup, son speech où il "regarde une dernière fois ses amis" avant de subir sa remise à zéro est beaucoup moins poignant. Notre sympathique androïde récupère ses souvenirs, personne n'est jamais vraiment parti...
Comme Han Solo, qui revient d'entre les morts pour délivrer son fils Ben, alias Kylo, de son tourment. C'est au terme de son duel contre Rey que Kylo est proche de renoncer au côté obscur. Il a pourtant le dessus mais sa mère Leia intervient par le pouvoir de la Force et le fait douter. Rey profite de cette hésitation pour toucher mortellement Kylo. Sentant qu'elle vient non seulement de tuer sa "dyade", l'entité unique de deux éléments distincts qu'elle forme avec ce double maléfique, mais que Leia succombe également à ce coup fatal, Rey décide de soigner Kylo avant de partir en exile, tournant le dos à son destin.
Han apparaît alors à son fils, bien que n'ayant jamais maitrisé la Force. Oui, même les gens "ordinaires" ne sont pas vraiment morts ! Il le convainc de rejeter les préceptes Sith, Ben balance son sabre laser. Cette séquence fait de Han celui qui a libéré son fiston du mal, faisant passer au second plan le sacrifice crucial de sa mère Leia.

Le film compacte une suite de péripéties sans tenir compte des événements précédents, comme si les auteurs voulaient à tout prix faire table rase des "Derniers Jedi". La romance entre Finn et Rose ? oubliée ! La dévotion du Général Hux au Premier Ordre ? il trahit son camp dès que l'occasion de se débarrasser de Kylo se présente. La puissance suggérée des Chevaliers de Ren ? les pauvres sont pliés en une minute chrono par Ben Solo. Au fait, qui était le Suprême Leader Snoke ? un simple petit clone !
Certaines ficelles de l'intrigue s'apparentent à des raccourcis scénaristiques trop faciles, masqués par le rythme emballé. Par exemple lorsque le groupe est poursuivi par les Stormtroopers sur la planète Pasaana, dans leur fuite les héros tombent dans des sables mouvants et se retrouvent miraculeusement pile à l'endroit où est l'objet convoité : la Dague Sith.
On ne commentera pas davantage l'assaut final à dos de chevaux sur un Croiseur en plein vide intersidéral, séquence que j'ai intégralement contemplée, bouche béé et en apnée, sans pouvoir déterminer si les auteurs se foutaient ouvertement de nous ou pensaient tenir là une conclusion incroyablement cool à la saga.

Le pire concerne le point central de la trilogie : les origines de Rey. Elle ne cesse de chercher à savoir qui sont ses parents. Elle va découvrir qu'elle est la petite fille de Palpatine ! Ce dernier a eu un fils (avec qui ? l'enfant est-il un clone ? on ne saura jamais). Le fiston a désavoué son père maléfique, ce qui semble improbable vu les incroyables pouvoirs du papa 'lpatine. Le fils trouva l'âme sœur et de leur union naquit Rey, que ses parents s'empressèrent de cacher sur la planète Jakku sachant que le grand-père la chercherait sûrement.
Cela ne vous rappelle rien ? Évidemment Leia et Luke, qui furent dissimulés aux yeux de Dark Vador de la même façon. Et le destin de Rey Palpatine est identique, elle affronte son ascendance comme jadis Luke Skywalker affronta son père. On va même jusqu'à plagier fidèlement les événements de l'épisode VI, lorsque l'Empereur dévoile à Rey ses Croiseurs écrasant la Résistance dans l'espace, comme il le fit en montrant à Luke sa flotte de vaisseaux en train d'écraser la Rébellion.

Le résultat du combat est similaire : l'Empereur Palpatine est vaporisé par la dyade Rey/Ben.

Mais comme vous le savez, personne n'est jamais vraiment disparu...

mardi 26 mai 2020

ON MARS (Jeu de Société)

On Mars (Eagle-Gryphon Games)

Ne vous laissez pas abuser par l'image sur la boite : On Mars n'est pas le jeu qui vous fera revivre l'aventure très solitaire de Matt Damon sur la planète rouge. Il s'agit au contraire de vous faire une place sur un sol Martien plus encombré qu'un salon de coiffure post-confinement. A la tête d'une entreprise spécialisée dans la colonisation spatiale, votre but est de réaliser l'expansion de la plus grande base humaine sur la quatrième planète de notre système solaire.

Évidemment vous n'êtes pas l'unique société présente, et c'est là tout le problème. Il va falloir trouver un subtil équilibre entre la coopération indispensable avec vos concurrents pour développer la colonie et la compétition farouche pour remplir les missions qui feront de vous la meilleure compagnie.
Entre l'orbite et la surface, vos neurones vont chauffer pour tout gérer avec efficacité : exploiter correctement le cycle des ressources, développer intelligemment vos Technologies, explorer la planète avec vos Robots, construire les bâtiments indispensables (Abris, Générateurs, Serres, etc.), recruter les scientifiques utiles à vos objectifs et gérer les colons (surtout les gros).
Pas de trace de super-espions ni de mutants, on n'est pas dans Total Recall. Et pas de petits hommes verts non plus, c'est pas Mars Attacks! ici.

Paré pour l'amarssissage ? (non, ce mot n'existe pas)

lundi 4 mai 2020

L'OMBRE DE KILFORTH (Jeu de société)

L'Ombre de Kilforth (Nuts!)
Ce n'est pas la première fois qu'un jeu de société tente de simuler un Jeu de Rôle Heroïc-Fantasy, certains le font plus simplement que d'autres (de Runebound à Gloomhaven). L'ombre de Kilforth adopte une méthode originale en remplaçant par de simples cartes les plateaux de jeu, les fiches de personnages, les lieux à explorer et les quêtes à remplir.
Ceci offre une large flexibilité pour se mixer un cocktail à son goût : varier le combo Race/Classe de son Héros/Héroïne, choisir son aventure à vivre, disposer aléatoirement les territoires à parcourir, découvrir le Boss final qui conclura votre saga homérique.
Pour ne rien gâcher, et puisque nous sommes dans un univers fantastique nécessitant une vision éclatante, pour illustrer son monde l'auteur du jeu a eu l'excellente idée de s'adjoindre les services d'une artiste époustouflante nommée Ania Kryczkowska. Ses œuvres, malgré le format réduit des cartes standards, font beaucoup pour nous plonger dans l'ambiance et faire vivre les scénarios très conventionnels de Kilforth.

Dépêchons-nous d'examiner en détail le pays de Kilforth, nous n'avons que 25 jours avant que l'Ombre nous engloutisse.


mercredi 8 avril 2020

Get out


Un dîner pas franchement parfait
(2017 - Réalisé par J. Peele) ***

Chris est nerveux. Il doit rencontrer les parents de sa fiancée pour la première fois et se demande comment il va être accueilli en tant que Noir Américain.

Les thrillers avec un vrai commentaire sociétal ne sont pas légions, Get Out fait partie des bonnes surprises. Sous couvert d'une intrigue principale manquant d'un brin de subtilité, le scénariste et réalisateur Jordan Peele arrive à glisser des messages sur les sujets sensibles tout en assurant quelques séquences assez mémorables. Il attaque frontalement l'idéal d'une société occidentale lavée de tout racisme après huit années de présidence Obama. D'abord accueilli tout en douceur et en paroles souvent maladroites, les attitudes et les gestes se font de plus en plus malaisants vis à vis de Chris lors de cette "garden party" de la haute société blanche et vieillissante. Côté suspens, on l'a dit, il n'est pas difficile de percer le mystère avec tous les indices bien surlignés. Quelque chose cloche, c'est évident dès la rencontre avec les seuls autres noirs, une bonne trop souriante, un jardinier trop flippant et un invité bien trop docile.
Heureusement le couple central est excellemment interprété. Le drame d'enfance du héros remonte en surface au cours d'une séance d'hypnose génialement mise en scène. Cela donne une épaisseur plutôt inhabituelle au protagoniste de ce film d'angoisse, genre dans lequel, généralement, on se fout du passé des victimes. La fiancée n'est pas en reste, en lutte contre les clichés subis par son boyfriend, essayant de maintenir un semblant d'humour entre un père faussement accomodant et un frangin bien lourd. En définitive seul le final déçoit par son manque d'audace, la fin alternative montre un dénouement plus ambigu.

mercredi 25 mars 2020

Incassable / Split / Glass, la trilogie



Incassable (2000 - Réalisé par M. Night Shyamalan) **** + Split (2016 - Réalisé par M. Night Shyamalan) **** + Glass (2019 - Réalisé par M. Night Shyamalan) **

Incassable : Dans les 60's à Philadelphie, une mère accouche dans un magasin. Le nouveau-né a les bras et les jambes brisés. Plusieurs dizaines d'années plus tard, un certain David Dunn est le seul survivant d'une terrible catastrophe ferroviaire.

Après que son "Sixième sens" ait surpris le monde, M. Night remet le couvert avec le même Bruce Willis. Conservant son jeu tout en silences et en regards perçants, l'acteur fait à nouveau face à un enfant. On sait combien les rôles principaux tenus par des gamins peuvent être casse-gueule, il faut reconnaître à Shyamalan sa maitrise parfaite du casting. Robin Wright et Samuel L. Jackson complètent le quatuor, pour une histoire qui en surface ressemble à une "Origin story". On assiste à la naissance d'un super-héros traitée avec réalisme, méthode qu'on retrouvera plus tard dans le Batman de Christopher Nolan. Pas de pouvoirs incroyables, pas d'effets spéciaux qui éclaboussent, on reste ancré dans le réel pour observer comment un homme va reconstruire un mariage mal-en-point et se redécouvrir en héros aux yeux de son fils, poussé par un adulte fondu de Comics qui cherche un sens à sa vie. Tout cela dans le style impeccable de l'auteur et sa mise en scène au carré qui prend le temps de créer l'atmosphère de chaque séquence.

Split : Rentrant d'un anniversaire, trois adolescentes se font kidnapper par un inconnu. Elle se retrouvent enfermées dans une pièce où l'homme tente de les agresser. Plus tard, il revient en se comportant comme un enfant de 9 ans...

16 ans après Incassable, suivi de plusieurs films en demi-teinte (voire sans teinte du tout), le réalisateur maître ès-twists revient. Si dans sa forme le film est très différent, dans le fond il se rapproche d'Incassable dans sa thématique : la révélation de la nature profonde d'un homme. Sauf qu'ici il est question d'un Super-Vilain aux personnalités multiples, toutes lancées dans une quête morbide. Shyamalan y ajoute sa touche "psychologique", une thérapeute qui cherche à valider sa théorie sur les capacités hors normes des patients atteints de troubles identitaires et surtout Casey, une des trois prisonnières devant lutter contre un passé qui la hante.
Cela donne une production qui oscille entre la performance d'acteur (James McAvoy incarne une dizaine de "rôles", du gamin espiègle à la femme sophistiquée), le drame psychologique (le duo étrange entre le ravisseur et sa victime) et le thriller pur (le suspens sur le réveil de l'identité surhumaine du criminel). Avec en guise de twist ultime, une dernière séquence qui nous mène tout droit vers l'épisode suivant.

Glass : Le Vigile, un justicier aidé par son fils, traque secrètement les criminels grâce à ses extraordinaires capacités physiques. Il recherche particulièrement un ravisseur dont on parle dans les médias depuis quelques temps.

L'idée avait du sens : réunir les trois (super-)héros d'Incassable et Split et conclure leur histoire. Mais le père Shyamalan ne pouvait évidemment pas se la jouer Marvel, ce n'est d'ailleurs pas ce qu'on lui demande. Dunn a finalement divorcé, Price est bourré de calmants en prison et La Bête fini par se faire capturer. On est au point mort et le film s'enlise un peu plus à partir du moment où les trois se retrouvent confinés sous la garde d'une intrigante psychiatre qui veut leur démontrer qu'ils n'ont aucun pouvoir surnaturel. Le rythme se perd alors en circonvolutions vers une résolution attendue, la confrontation des marginaux de la société. Ce sont donc les seules personnes qui croient en eux, le fils Joseph Dunn, la mère d'Elijah et Casey, la victime empathique de La Bête, qui vont les aider à révéler la vérité. On ne va pas donner les clés du final à tiroir mais pour ma part j'ai trouvé le retournement de situation hautement improbable. Dommage, ça gâche l'ensemble de ce qui aurait pu être une excellente trilogie.

dimanche 15 mars 2020

ANACHRONY (Jeu de société)

Anachrony - Essential edition (Mindclash Games)
Un monde futuriste où l'Humanité se reconstruit après qu'un mystérieux cataclysme l'ait presque éradiquée, quatre factions survivantes qui font une découverte majeure leur ouvrant les portes du voyage dans le temps, l'univers d'Anachrony propose de riches perspectives en terme de jouabilité.

Mais il y a un twist. Les aller-retours spatio-temporels pour se gaver des ressources du futur afin de reconstruire le présent révèlent une terrible vérité. L'ancienne catastrophe planétaire est la conséquence d'une des failles temporelles créées, qui a répliqué vers le passé le crash d'une météorite sur notre terre qui aura lieu dans un avenir proche.
Dès lors, l'objectif du Conseil des Voies devient clair : se préparer à cet impact dévastateur en mobilisant toutes les ressources disponibles pour lancer l'évacuation de la population. Chaque faction s'engage dans une compétition farouche pour être nommée à la tête du Conseil.
Tout cela en évitant, si possible, d'engendrer de nouveaux paradoxes dans le temps, sources d'anomalies anachroniques annihilantes à n'y rien comprendre.

Nom de Zeus, Marty ! Démarre la DeLorean !

dimanche 16 février 2020

SHADOWRUN CROSSFIRE - Prime Runner Edition (Jeu de société, en anglais)

Shadowrun Crossfire - Prime Runner (Catalyst Game Labs)
Quand on pense à Shadowrun, le jeu de rôle dont est tiré cette version en jeu de cartes, on se voit plongé au cœur d'une machinerie Cyberpunk dense. Cela fait 30 ans que cet univers peuplé d'humains mutés, de nains Hackers et de trolls magiciens nous balade dans sa Matrice informatique omnipotente et ses mégalopoles Blade-Runneriennes contrôlées par de malfaisantes Corporations.
On s'imagine remplir d'obscurs contrats en réalisant des missions d'infiltration avec son équipe de personnages supercools. Du Mage dégageant les obstacles à coups de fireballs au Street Samuraï affrontant l'adversité avec son gun dans une main et son Katana dans l'autre, en passant par le Decker piratant les implants ennemis, tout le monde trouve son compte dans ce show spectaculaire.

Est-ce qu'un "simple" jeu de cartes a pu simuler toute cette richesse de possibilités ? La réponse est non.
Faut-il pour autant oublier Crossfire et retourner jouer à Netrunner ? Que nenni, ma mie.

samedi 25 janvier 2020

Playlist Eiffel


Playlist on SPOTIFY

A tout moment la rue  (À tout moment - 2009) 
O Toi  (Abricotine - 2001)
Foule Monstre   (Foule monstre - 2012) 
Je m'obstine   (À tout moment - 2009) 
Cascade  (Stupor Machine - 2019)
Les Yeux Fermés   (Le Quart d'heure des ahuris - 2002)
Mort J’appelle   (À tout moment - 2009)
Belle de jour  (2006 - Tandoori)  
Sombre   (Le Quart d'heure des ahuris - 2002)
Terminus  (Stupor Machine - 2019)
Sous Ton Aile   (À tout moment - 2009)
Big Data  (Stupor Machine - 2019)
Mille Voix Rauques   (À tout moment - 2009)
Place de mon Coeur   (Foule monstre - 2012)
Tu Vois Loin   (Le Quart d'heure des ahuris - 2002)
Miragine (Stupor Machine - 2019)
Chanson Trouée   (Foule monstre - 2012)  

dimanche 19 janvier 2020

STAR WARS: BORDURE EXTERIEURE (Jeu de société)

Star Wars - Bordure Extérieure (Fantasy Flight Game)
Les jeux à grosses licences, comme notre candidat du jour Star Wars Bordure Extérieure, bénéficient d'un préjugé très positif auprès des fanboys & girls, mais très modéré pour les autres. Les premiers achètent tous les produits estampillés du logo de leur univers favori (même les boîtes de camembert), les seconds se méfient d'un jeu bâclé profitant du nom d'une marque (et ils ont vu les épisodes 8 et 9 de la saga).

Cette crainte légitime a poussé les auteurs de ce jeu de plateau Starwarien à exploiter uniquement un aspect de la série, son côté crapuleux intergalactique, plutôt que de nous resservir ce vieux plat congelé moribond de Jedi et de Sith dans une soupe de Force. Ils se sont donc intéressé à ce qui fait tourner tous les mondes existants et fictifs depuis la nuit des temps : le fric et la gloire.
Nous sommes aux confins de la galaxie, dans ce qui s'appelle la bordure extérieure, un Far Ouest cosmique où chasseurs de Primes et contrebandiers s'affrontent à coups de missions louches, de transports de cargaisons illégales et d'assassinats commandités par les factions. Un seul objectif : devenir le vaurien le plus connu de la région.

Chewie, hit the Hyperdrive... 

vendredi 17 janvier 2020

Midsommar

Un p'tit alcool de bienvenue, mademoiselle ?
(2019 - Edition Spéciale "Director's Cut" - Réalisé par A. Aster) ****
Un jeune couple d'américains, au bord de la rupture sentimentale, part faire le point après un terrible drame. Dani, Christian et leurs amis se retrouvent en Suède, pour un séjour au cœur d'un étrange festival d'été.

Après son premier film Hérédité, le réalisateur Ari Aster prolonge son exploration des relations humaines. Il conserve la forme, un film d'horreur basé sur un culte bien barré, mais quitte l'étouffant huis-clos familial précédent pour une nature ensoleillée plongée dans un été permanent. Le contraste entre les émotions violentes vécues par les protagonistes et le cadre paisible de cette campagne fleurie est la clé de voûte du récit. L'héroïne va traverser toutes les étapes des deuils qu'elle affronte, la perte d'êtres chers et la fin d'une relation amoureuse, qui vont prendre forme littéralement dans les agissements hallucinés de cette secte ancestrale.
Comme une métaphore de ses angoisses, Dani va faire un cheminement mental douloureux mais nécessaire pour vaincre sa dépression, en subissant les rites cruels d'une culture inconnue. La résolution de l'intrigue n'est pas l'intérêt principal du film. En effet dès le rituel initial de la communauté on devine le destin des "étrangers" présents. C'est tout le processus inéluctable qui se déroule pour l'héroïne et son compagnon qui est intrigant, avec une marque de fabrique de l'auteur déjà reconnaissable : symboles runiques mystiques, idées surréalistes puissamment mises en images, goût pour la mise en scène des corps atypiques. Assurément différent.

vendredi 27 décembre 2019

Police Squad! - La série

Surely you can't be serious...

Police Squad! L'intégrale (TV - 1982 - 1 saison/6 épisodes, Créée par D. Zucker, J. Abrahams & J. Zucker). 2 DVD. Bonus : Essais des acteurs, Commentaires audio, Générique de fin inédit, Entretien avec Leslie Nielsen, Bêtisier.
Les enquêtes loufoques de deux officiers de police, le Lieutenant Drebin et le Capitaine Hocken.

La série Police Squad!, alias "Y-a-t-il un flic... ?" en France, est principalement connue pour ses 3 films sortis entre 1988 et 1994. Mais les auteurs s'étaient rodés dès 1982 avec cette série où l'on retrouve avec bonheur tout l'humour décalé et non-sensique des auteurs de "Y-a-t-il un pilote dans l'avion ?" et "Top Secret". Quand on pense que la série fut annulée dès sa première saison parce que les dirigeants de la chaine ABC trouvaient qu'elle demandait trop d'attention de la part des téléspectateurs, on mesure à quel point elle était en avance sur son temps.
Gags visuels, jeux de mots débiles, situations absurdes, tout est déjà là, dès le générique d'intro avec le narrateur qui se goure toujours de titre. Leslie Nielsen, alias Drebin, reste la pièce maîtresse de la série comme des films. Son attitude ultra sérieuse en toute circonstance, même dans les mises en scène les plus stupides, fait beaucoup pour la réussite de l'ensemble. Le format court des épisodes (20 mns) oblige les auteurs à un rythme soutenu. Ils arrivent tout de même à glisser des séquences récurrentes qu'on attend avec délectation : la guest start qui meurt dès le début, Al le grand flic dont on ne voit jamais la tête, l'indic cireur de chaussure, l'ascenseur du bureau de police, le scientifique du labo. Sans oublier le final hilarant pour chaque épisode, qui parodie l'arrêt sur image des séries à la mode de l'époque mais où les acteurs restent figés comme des cons ;-)

vendredi 22 novembre 2019

TAPESTRY (Jeu de société)

Tapestry - Édité par Matagot
Avec ses grosses figurines playskool et son titre évoquant la décoration d'intérieur, Tapestry a tout pour faire douter les amatrices/teurs de jeux élaborés. Mais après un coup d’œil aux noms des auteurs, la maison Stonemaier Games responsable de références comme Scythe ou plus récemment Wingspan, on comprend deux choses. Premièrement c'est du sérieux, et deuxièmement Stonemaier est le spécialiste des noms de jeux sibyllins.

Dans "Tapestry - La grande fresque des civilisations", vous allez mener votre peuple de la maîtrise du feu à la conquête de l'espace. C'est très ambitieux mais rassurez-vous, c'est aussi très simplifié. 
En solo ou jusqu'à cinq participant(e)s, chacun-chacune va se préoccuper de faire progresser sa civilisation en explorant le monde, en inventant de nouvelles technologies, en conquérant des territoires et en faisant avancer la science. Mais pour tout ça, va falloir du pognon, du savoir-faire, de la main-d'œuvre et de la bouffe...

dimanche 27 octobre 2019

Under the Silver Lake


Andrew Garfield, après avoir lu le scénario du film

(2018 - Réalisé par D. R. Mitchell) ***
Sam perd son temps à mater ses voisines. Il est fasciné par la divine Sarah. Lorsqu'elle disparaît, il part à sa recherche dans les quartiers d’Hollywood, là où sévissent un mystérieux "Tueur de chiens", un groupe de Rock à la mode et un dessinateur de BD amateur de légendes urbaines.

Exercice de style chic et clinquant, Silver Lake intéressera principalement les mordu(e)s d'Hitchcock qui s'amuseront à repérer chacune des références au maître et les amateurs/trices d'ambiances Lynchiennes qui "triperont" sur les séquences surréalistes. Comme chez Alfred, l'histoire n'est qu'un prétexte et comme chez David, tout se passe dans les émotions ressenties.
L'intrigue débute comme "Fenêtre sur cours", un gars désœuvré observant le voisinage avec ses jumelles ; ça continue comme dans Vertigo, notre bonhomme devient obsédé par une disparition ; et on conclut sur une fin ouverte à toutes les interprétations, "Les oiseaux" en cage délivrant des messages incompréhensibles. Entre temps on a droit à une scène de cul comique, à plusieurs détours dans les milieux branchouilles de Los Angeles, aux élucubrations d'un parano complotiste (pléonasme ?), à la découverte du Créateur (de tubes)... Bref, on comprend qu'il n'y a rien à comprendre, juste à se laisser porter par les hommages visuels et musicaux d'un temps révolu. Le rêve de passer sa vie comme dans un film Hollywoodien, où toutes les femmes sont top model et se laissent reluquer par des mâles losers, pygmalions ou sérieusement dérangés (parfois les trois à la fois). En 2018, faillait oser.

vendredi 18 octobre 2019

Bone Tomahawk

Urgence au bloc opératoire
(2015- Réalisé par S. Craig Zahler) ***
Dans l'ouest sauvage, deux criminels sont attaqués brutalement par un mystérieux troglodyte. Abandonnant son acolyte à un destin funeste, un des bandits s'échappe et va trouver refuge dans la ville de Bright Hope. Le shérif Hunt ne tarde pas à le capturer.

Le Western est peut-être le genre qui a été le plus représenté au cinéma, mélangé à tous les styles possibles et imaginables (vous vous rappelez de "Cowboys & envahisseurs" ? ;- ). Bone Tomahawk s'inscrit dans la veine de ce qui a été fait par Eastwood (Impitoyable) ou les Coen (No Country for old men), à savoir un tempo ralenti qui se focalise sur ses personnages. Mais ce qui différencie le film de tous ses prédécesseurs, c'est la présence de cette tribu cannibale. Même si la première séquence donne une indication de ce qui nous attends, personne n'est vraiment préparé à l'une des scènes les plus gores de l'Histoire, aussi soudaine que mémorable.
La lente progression du groupe vers son objectif est l'occasion de s'attacher aux "héros", le mari estropié au secours de sa femme, le baroudeur vengeur, le shérif endurci et son sage et vieil adjoint. Avec ses dialogues soignés et ses situations prenant à rebours les clichés, le scénario reste imprédictible pour le spectateur, tout en sachant pertinemment vers quoi se dirige le groupe. Tous ces gens soit disant civilisés, qui font pourtant peu de cas des Mexicains et des voleurs de chevaux qu'ils croisent, vont être confrontés à une sauvagerie d'un autre age. Un choc des civilisations dont aucun ne sortira indemne.

lundi 7 octobre 2019

SPIRIT ISLAND - 2e Edition (Jeu de société)

Spirit Island (2e édition) - Publié par Intrafin
La grande majorité des jeux de société vous demande de conquérir, que ce soit de l'espace dans Risk, des points dans le Scrabble ou la ligne d'arrivée dans les petits chevaux, en maravant au passage la tronche des adversaires. La mode du jeu en coop' n'y a rien changé : joueuses et joueurs doivent toujours marquer le plateau de leur empreinte (Carbone et autre).

Spirit Island renverse le paradigme. Vous incarnez des Esprits de la Nature, tranquilles pépères-mémères sur leur île perdue, avec rien d'autre à foutre que de maintenir l'équilibre subtil qu'ils ont patiemment établi avec les gentils autochtones.
Et voilà qu'un sale matin des envahisseurs débarquent, occupant les vastes déserts jadis paisibles, cueillant les fruits gorgés de sucre des arbres centenaires de vos jungles, colonisant les huttes de votre peuple dans les montagnes. Se comportant comme des touristes, ces explorateurs ne tardent pas à se croire chez eux. Ils parlent fort dans leur Smartphone, laissent traîner leurs trottinettes électriques n'importe où et louent des appart' AirBnB.

Allez-vous laisser ces gougnafiers ravager votre paradis ?