mercredi 15 février 2012

Final Fantasy XIII-2

Noel et Serah, parce qu'ils le valent bien

Square Enix
Genre : RPG Paradoxal
Verdict: 4/5


Si vous avez manqué le début

Les fal'Cie farcissent le pays de L'Cie. Lightning crie "que nenni !" et refuse de finir en Cie'th rancis. Dans un rêve maudit elle twitte sa frangine qui s'ennuie de son petit ami.  Soudain surgit un adonis qui l'entraine dans un vent de folie et lui fiche le tournis. En catimini les amis changent d'époques à l'infini. Pis ! Ils sont poursuivi par un mog riquiqui tout mimi. C'est pas l'paradis, ils en chient face aux ennemis.
Rien compris ? Bienvenue dans Final Fantasy !



Quand on a une envie pressante on ne trouve jamais un coin tranquille

En détail

On imagine la réunion de crise chez Square-Enix après la réception critique ombrageuse de sa gagneuse favorite Feufeu 13  :
- "Les gars, on se mange des sales notes sur tous les blogs, nos fans hurlent à la trahison.
- On leur a pourtant mis la dose habituelle de chara-design androgyne, de scénar télé-novellas et de cinématiques qui trouent. Qu'est-ce qu'ils veulent de plus ?
- Ils disent qu'ils veulent plus de liberté.
- Hein ?! ça fait vingt-cinq ans qu'ils bouffent du couloir. Jusqu'à présent ça posait pas de problème, y'en a même qui en réclamait plus !
- Ouais, mais là c'est mort. Le prochain FF, je veux que ce soit du pur Fan Service. Au boulot, Kupo."

Une franchise comme celle des Final Fantasy est un peu comme un paquebot naviguant près des côtes Italiennes : la moindre erreur de jugement et c'est tout l'équipage qui se retrouve à la baille avec les passagers. Et 6 millions de naufragés, ça fait du monde. FF XIII, sorti il y a deux ans, n'a pas soulevé un enthousiasme débridé. On a loué ses graphismes divins et ses combats dynamiques, mais le plaisir fut gâté par une aventure ultra-dirigiste et inutilement alambiquée (je vous ressert une tranche de Fal'Cie-L'Cie-Cie'th ?), enfermée dans des environnements trop restreints.
Certes on ne peut pas en vouloir à Square Enix d'essayer de nous surprendre au lieu de nous resservir la même came à chaque nouvel épisode. L'éditeur a toujours pris soin de modifier l'univers du jeu ainsi que le système de combat, deux pierres angulaires du genre RPG, afin de garder une fraicheur intacte et, accessoirement, de permettre aux Fanboys de s'étriper pour savoir quelle est la meilleure version de cette série vieille de 25 ans ([Troll on] Il s'agit sans contestation du Numéro 12 sur PS2 [Troll off]).
Avec FF 13 SquEnix a tenté d'imposer une linéarité non seulement dans la narration, ce qui n'est pas une surprise pour un RPG Japonais, mais aussi dans les possibilités de déplacement. Ce qui, à l'heure des mondes largement ouverts des MMO, est franchement couillu (ou complètement con). En effet cette recette Couloir-Boss-Trésor n'est guère plus appréciée de nos jours, sauf chez les amateurs de FPS grand public. C'est pourquoi cette suite directe, subtilement dénommée XIII-2, est à la fois une opération de reconquête du Fanariat et d'amortissement des lourds investissements effectués en développement.

Un adversaire overdosé de chiffres

Nous revoilà donc dans l'univers de Cocoon et Gran Pulse, quelques temps après que la pète-sec Lightning et son Boys & Girls-Band ont triomphé des forces du mal en se sacrifiant à la mode Kamikaze. L'épopée débute dans le Valhalla, Paradis des Guerriers, où l'on retrouve justement l'adjudante Lightning aux prises avec un certain Caius qui lui fait des misères. Les pugilistes sont rejoints par un 3e larron, Noel, qui à l'instar du spectateur se demande ce qu'il fout là. Chaos, Confusion, Savon, Noel est prié d'aller se faire voir ailleurs. Plus précisément chez la sœur de Lightning, Serah, celle qui fut la cause du boxon général du premier épisode.
De fait ce personnage jadis secondaire va devenir l'axe central autour duquel va s'articuler toute la mécanique spatio-temporelle mise en place par les auteurs pour XIII-2. Car oui, les scénaristes nous refont le coup du voyage dans le temps, permettant de réutiliser les décors précédents ainsi que la pré-production inédite. On ne va pas les blâmer, les pauvres ont eu beaucoup de frais. Et puis c'est l'occasion de clore quelques éléments scénaristiques laissés en suspens il y a deux ans et de prolonger la visite d'un univers à la Avatar, magnifique et foisonnant de détails.
Serah et Noel vont crapahuter à travers champs, plaines, villes et forêts à la recherche de portails temporels, pour explorer des futurs alternatifs et résoudre tout un fatras de paradoxes. Car changer le futur modifie le passé, inversement et vice-versa (déjà que tous ces satellites nous détraquent la météo, ma'ame Michu, maintenant ils nous fichent en l'air le calendrier !). Le but est de parcourir les cartes en long, en large et en diagonale, comprendre et tenter d'élucider les problèmes et conflits en cours, tout cela pour découvrir et activer de nouveaux portails qui rapprocheront un peu plus Serah de sa sœurette paumée dans les confins du temps et aideront le petit nouveau, Noel, à régler son souci (que nous éviterons de spoiler dans ses lignes). Au hasard de nos allers-retours spatiaux et de nos va-et-viens temporels on croisera quelques vieilles connaissances, dans des versions "j'ai pris de la bouteille" (waow ! Snow s'est laissé poustache !).

On nous ressort du grenier toute la quincaillerie Fantasienne susceptible de provoquer un émoi chez l'amoureux Squareux : du décor large et massif où l'on court à perdre haleine, du Mog facétieux et un poil crispant avec ses "Kupo" toutes les 2 minutes, des trésors à fouiner partout pour amasser une fortune, un Casino pour la perdre (la fortune), de la course de Chocobo comme au bon vieux temps de FF 7. Un vrai festival pour nostalgiques.
Et qu'importe si on sacrifie au passage les Invocations, pourtant si symbolique de la marque "Final", ou qu'on charcute le système d'évolution des personnages, l'essentiel est de combler tous les manquements ayant provoqué un vague de suicide à la sortie du XIII. Et on n'hésite pas à en rajouter : de la collection de Monstres façon Pokémon (à leveler et à fusionner), des séquences "Puzzle" (niveau CM2), de la populace distributrice de quêtes annexes (pour faire comme tout le monde) et même de l'infâme QTE pendant les combats, Quick Time Event à la con qui vous fait louper toutes les méchantes cinématiques.

Cette correction de trajectoire replace le joueur au cœur du jeu, là où son prédécesseur le mettait en périphérie. C'est une intention louable qui met cet épisode au dessus de l'antécédent, ne serait-ce que par les "choix" qu'il propose lors des embranchements de scénarios et la liberté offerte de sélectionner sa prochaine destination comme bon nous semble.
Mais le sentiment qui se dégage de l'entreprise est mitigé. D'une part on peut se féliciter qu'un studio aussi important, avec une marque aussi populaire que FF, tienne compte des désidératas des joueurs. Mais on peut aussi s'interroger sur la nécessité pour des créateurs de se plier au consensus pour produire une œuvre tiède, sans personnalité, sans le moindre désir de braver les attentes de la majorité pour la surprendre.
Bien sûr on me dira que Square est une Société Commerciale qui n'a d'autre but que de vendre des boîtes. A ceux-là je répondrai qu'on peut se faire une autre idée du Jeu Vidéo, celle d'un 8e Art . Final Fantasy XIII-2 est un beau patch "version 2.0" de son grand frère, pour avoir un vrai renouveau du RPG Japonais nos espoirs se tournent dorénavant vers un certain FF Versus…


Suivre le combat ou les QTE, il faut choisir


A retenir:
- Images et Musiques toujours autant clinquantes.
- Des Maps plus consistantes que le grand frère (c'était pas bien difficile).


A Jeter:
- Un retour aux fondamentaux un chouïa passéiste.
- Kupo. Kupo !  kupooooo ?! Ku*BLAM!*