jeudi 27 février 2014

Les aventures de Buckaroo Banzaï à travers la 8e dimension

Dans le Tour Bus des Cavaliers

(The Adventures of Buckaroo Banzai Across the 8th Dimension - 1984 - Réalisé par W.D. Richter) **
Le Chirurgien-Aventurier-Scientifique-Chanteur Buckaroo Banzaï révolutionne la physique moderne en parvenant à traverser la matière. Les Lectroïdes Rouges de la Planète 10 veulent s'emparer de cette invention, mais fort heureusement Buckaroo et sa célèbre troupe des "Hong Kong Cavaliers" font face aux Aliens.

Buckaroo Banzaï est le type de film culte qu'il vaut mieux ne jamais revoir. J'en avais gardé un souvenir confus mais agréable après l'avoir vu, adolescent, à sa sortie en 1984. Un OVNI dans lequel un Dandy mi-Geek mi-Rockstar accompagné d'une joyeuse bande d'allumés super-cool sauvaient le monde d'une invasion d'hommes-cafards qui s'appelaient tous John.
Trente ans après 
(putain ! 30 ans !), je constate que le scénario bordélique masque difficilement le manque de rythme et de cohésion de cette tentative de création de héros récurrent pour le cinoche. Buckaroo Banzaï souffre du syndrome de l'overdose de bons ingrédients mal accommodés, avec une histoire génialement décalée sur le papier qui fait un flop une fois portée à l'écran. La faute à Peter "Robocop" Weller dont le Buckaroo manque cruellement de charisme et à des personnages secondaires dépourvus de développement. Quel dommage de voir John Lightgow, Christopher Lloyd ou Jeff Goldblum en roues libres, sans biscuits pour défendre leur caractère. La faute surtout au réalisateur qui peine à assembler toutes les pièces de son puzzle et manque de moyens pour assouvir ses ambitions.


vendredi 31 janvier 2014

Playlist Depeche Mode (2Ks)


Playlist on SPOTIFY

Suffer Well   (Playing the Angel - 2005)
Barrel of a gun   (Ultra - 1997)
Heaven  (Delta Machine - 2013)
Dream on   (Exciter - 2001)
Perfect   (Sounds of the Universe - 2009)
Should Be Higher   (Delta Machine - 2013)
Home   (Ultra - 1997)
Precious   (Playing the Angel - 2005)
I am you  (Exciter - 2001)
Corrupt   (Sounds of the Universe - 2009)
It's no good   (Ultra - 1997)
Sweetest condition   (Exciter - 2001)
Welcome To My World   (Delta Machine - 2013)
Angel  (Delta Machine - 2013)
The Sinner in Me   (Playing the Angel - 2005)
Insight   (Ultra - 1997)

dimanche 12 janvier 2014

Coffret "La naissance de Charlot" The Mutual Comedies 1916-1917



Coffret mk2 (2013) **** :
Charlot chef de rayon (The Floorwalker) – Charlot pompier (The Fireman) – Charlot musicien (The Vagabond) – Charlot rentre tard (One A.M.) – Charlot et le comte (The Count) – Charlot usurier (The Pawnshop) – Charlot machiniste (Behind The Screen) – Charlot patine (The Rink) – Charlot policeman (Easy Street) – Charlot fait une cure (The Cure) – L’émigrant (The Immigrant) – Charlot s’évade (The Adventurer) – Chaplin inconnu (Unknown Chaplin) - Chaplin’s Goliath –- Little Tich - The Musical Marvel.

Après avoir fait ses armes au Studio Keystone, Charlie Chaplin signe un contrat mirobolant chez Mutual. Durant deux années il va affiner son personnage de Charlot, pas tout à fait vagabond mais déjà icônique, avec 12 moyen-métrages. Du burlesque le plus basique à l'ébauche des films plus ambitieux à venir Chaplin prend le contrôle total de sa production cinématographique.

Les comédies "Keystone" de Mister Chaplin doivent se voir comme un témoignage de l'évolution du personnage emblématique de Charlot. Ca débute par des pochades pataudes, tartes à la crème et coups de pieds aux culs, créées en quelques jours par une équipe qui devait fournir un court-métrage par semaine au studio. Rapidement Charles Chaplin prend ses marques, établit des relations avec les seconds rôles : les jeunes premières qu'il subit ou qu'il emballe et son méchant favori le géant Eric Campbell. Cela lui permet d'évoluer vers des situations plus écrites et des gags plus subtils. Tout cela laisse entrevoir le génie des films futurs, notamment "The Vagabond", "The Immigrant" et "Easy Street", qui peuvent être vus comme des embryons de "The Circus", "City Lights" et "The Kid".

samedi 4 janvier 2014

Qui veut la peau de Roger Rabbit ?

Man vs Toon, seul face à Roger.

(Who framed Roger Rabbit - 1988 - Réalisé par R. Zemeckis) ****

Roger Rabbit est une Star de ciné dans l'amérique des années 40. Une vedette un peu particulière : c'est un toon. un personnage de dessin animé. Son producteur humain, responsable des Studios "Maroon Cartoon", engage le détective privé Eddy Valiant pour faire suivre la femme de Roger, la torride toon Jessica, soupçonnée d'adultère.

L'apparition de dessins animés dans des décors réels n'est pas nouvelle, ni même l'intéraction entre toons et humains. En revanche ce qui est fabuleux dans Roger Rabbit, c'est le souci du détail avec lequel les auteurs ont abordé cette comédie. Tout est là : l'ambiance Film Noir années 40 reconsitutée minutieusement, le détective privé très "premier degré" qui nous rejoue "China Town" version déjantée et ce déluge de référence aux Looney Tunes et Merrie Melodies originaux de notre enfance (je parle aux plus de 40 ans élevés au "Tex Avery"). cela donne quelques scènes savoureuses lorsque des héros Warner Bros affrontent ceux de Disney (Daffy versus Donald) ou que la pin-up des années 30 Betty Boop observe sa rivale des 80's. On s'amuse a identifier les apparitions de guest-stars (Droopy, Sam le Pirate et toute la clique). Le rythme est idéalement dosé, entre les cavalcades frénétiques du lapin Roger et l'enquête au tempo old school de Valiant, rendant le film plaisant pour les petits et les grands enfants. 

mercredi 18 décembre 2013

Bravely Default

Pourquoi les auberges ont toujours 4 lits libres pile pour vos 4 héros ?

Square-Enix
Genre : RPG bien brave
Verdict: 4/5


Si vous avez manqué le début

Bravely Default revient de loin. Outre son nom à la con, il fut annoncé comme successeur spirituel de "4 Heroes of Light", un spin-off Final Fantasien proche de l'accident industriel. Les rares malchanceux/ceuses qui furent confronté à cet ersatz gardent encore aujourd'hui des séquelles psychologiques irrémédiables. Personnellement je me suis remis à pisser au lit. C'était un RPG, sûrement, mais qui aurait été percuté par un TGV en train de battre son record de vitesse. Un RPG sans bras ni jambes, ni queue ni tête, une honte déféquée par un studio cupide qui naguère faisait rêver.
Alors Bravely Default, suite inavouée de l'étron, on s'en garnissait les trous de nez avec du tarama, voyez-vous.
Mais par acquis de conscience, surtout par pur désœuvrement après avoir retourné le dernier Zelda, on s'est dit qu'on allait tout de même y jeter un œil (ou, au moins, un cil). Et là, mes aïeux, quelle émotion ! Une sensation de plaisir intense comme on en n'avait pas connue depuis notre première entrecôte sauce poivre.

lundi 25 novembre 2013

Le Hobbit : Un voyage inattendu

Celui qui n'a pas de barbe fait la vaisselle.

(The Hobbit: An Unexpected Journey - 2012 - Réalisé par P. Jackson) ** Version longue

Bilbo le Hobbit suit sa petite vie tranquille dans la Contée. Il est bientôt dérangé par un mystérieux magicien du nom de Gandalf, qui le choisit contre son gré comme membre d'une expédition menée par 13 nains pour reconquérir leur royaume déchu, la cité d'Erebor.

Là où "Le Seigneur des Anneaux" s'appuyait sur une solide trilogie littéraire, Le Hobbit prévoit d'étirer le livre original de 300 pages en 3 films. C'est bien tout le problème de cette adaptation, qui allonge exagérément une intrigue qui réclamait pourtant un rythme effréné pour maintenir son intérêt. Le premier volet, Un Voyage Inattendu, est décevant sur ce point. Les péripéties vécues par Bilbo et les Nains paraissent fades comparées à la promesse de départ : l'affrontement contre le Dragon Smaug. Surtout lorsqu'on connait déjà la plupart des protagonistes et que les petits nouveaux, 13 Nains et le magicien Radagast (complètement à l'ouest), sont trop nombreux pour qu'on s'attache à un seul. Certes, on retrouve avec plaisir les figures connues et tout le bestiaire Tolkenien. Mais en produisant une version trop longue de ses aventures, Peter Jackson a fait ressortir sa faiblesse principale : le héros Bilbo, mou et transparent tout le long du film, jusqu'à ce qu'il ne se décide enfin à prendre en main son destin lors de son affrontement avec Gollum.
Le premier épisode n'a qu'un mérite : mettre en place l'intrigue et présenter les forces à l'oeuvre, qu'on verra s'affronter dans les suites. Le ton bon enfant, agrémenté de chansonnettes rigolotes, fait de "The Hobbit" un superbe conte de noël pour les marmots. Les adultes, eux, rêvent de voir l'attaque de Smaug sur Esgaroth et la Bataille des Cinq Armées. Patience... 

samedi 21 septembre 2013

Etrian Odyssey IV: Legends of the Titan (+ Class Builds)

Soudain, au détour d'un chemin, un babouin taquin.

Atlus
Genre : RPG Dungeon-Masteresque
Verdict: 4/5
Aide de jeu en fin de test


Si vous avez manqué le début

La série des Etrian traîne ses guêtres sur les portables de Nintendo depuis quelques années déjà, bénéficiant du suivi d'une fidèle troupe d’aficionados. A l'instar des Ace Attorney et autres Trauma Center, la saga Etrian Odyssey a su trouver son public : les jeunes découvrant le dungeon crawling à l'ancienne et les vieux replongeant avec délice dans le Dungeon Master de leur adolescence. Avec son mode de déplacement case-par-case antédiluvien, sa création de cartes "à la main" et ses Boss qui vous défoncent la cramouille rien qu'en éternuant, on peut affirmer que Etrian Odyssey se range du coté des jeux "segmentant", comme disent les marketeux. En clair, Etrian Odyssey c'est comme les tripes de cervelles de chatons à la bière tiède : on adore ou on déteste.

jeudi 29 août 2013

Dragon's Crown

Pause détente à la taverne, avant le massacre.

Atlus / Vanillaware
Genre : Beat'em all RPG
Verdict: 3/5


Si vous avez manqué le début

Alors que tous les regards sont fixés sur le championnat d'Ultimate Fighting opposant la X-Box One à la PS4 (début de la boucherie en novembre prochain), il ne faut pas oublier que la génération actuelle de consoles est toujours là. Face aux esbroufes graphiques de cinématiques masquant un gameplay navrant, devant les gadgets "Kinectiques" inutiles, bidules tactiles imprécis et autres options "sociales" futiles, certains jeux nous rappellent que dans "Jeu Vidéo", il y a "Jeu". Et pas "film vaguement interactif" ou "passe-temps pour s'occuper les doigts aux chiottes".
Dragon's Crown se pose en madeleine proustienne pour nous faire revivre un temps que les moins de 20 balais ne savent pas apprécier. Du temps où on empoignait son Stick pour corriger les canailles, mater les malandrins et savater les saligauds dans des Beat'em all aux noms évocateurs : Kung-Fu Master, Double Dragon, Golden Axe.
Dragon's Crown est donc un hommage a ce genre oublié. Une madeleine, oui, mais gonflées aux amphét', avec supplément Pectoraux-Cuisses-Nib'. Ça déborde des armures, ça ondule lourdement dans les décolletés,  les nains sont plus larges que hauts et les donzelles plus habillées pour le salon de l'érotisme que pour le champ de bataille. De l'Heroic-Fantasy pur jus où le mot Fantasy prend tout son sens. Il ne s'excuse même pas d'être ouvertement sexiste, puisque son second degré artistique n'est qu'une vision délicieusement outrancière des graphismes 2D de naguère.

mercredi 28 août 2013

Children of men

L'attentat du café de Londres.

(2006 - Réalisé par A. Cuaron) ***** Edition Steelcase

En 2027 l'Humanité fait face à son extinction : l'infertilité est planétaire, plus aucun bébé n'est né depuis 18 ans. La pollution globale et le chaos ambiant forcent les pays à fermer leurs frontières. L'Angleterre affronte le flot des réfugiés fuyants les zones de guerre. A Londres, Théo échappe de peu à un attentat revendiqué par des activistes écolo. Il est bientôt contacté par son ex-femme, qui veut utiliser ses relations politiques pour faciliter l'exfiltration d'une adolescente. 

Les films de SF qui dénoncent, on en a eu. Mais aucun n'a atteint, à mes yeux, la perfection de Children of men. Brassant des thèmes universels sur le devenir de l'Humanité, l'écologie, la politique, le film mêle habilement une intrigue passionnante à une réalisation incroyablement habile, sans jamais être pesant dans sa démonstration. Loin des découpages épileptiques et des mouvements de caméra frénétiques, à la mode chez certains cinéastes, Alfonso Cuaron filme toujours pour le spectateur, pas pour épater la galerie. Et pourtant son film est truffé de trucages invisibles et de plans-séquence impossibles.
Le résultat est qu'on est constamment au cœur de l'action sans que l'auteur ait recours à des petits trucs minables de mise en scène branchouille : plan cut toutes les demies secondes et musique assourdissante pour pallier au manque de savoir-faire.  
Ici on nous montre un futur immédiat totalement crédible et réellement flippant. Les longues séquences sans coupures sont autant de morceaux de bravoure, que ce soit l'attentat en ville, l'attaque de la voiture en pleine campagne ou le final époustouflant face à l'armée, on suit les événements comme dans un documentaire, mais filmé comme au cinéma ! Les visions oniriques marquent le spectateur, ce cochon rose géant planant sur Londres, l'émouvante nudité de Kee dans l'étable, le temps suspendu face au miracle de la vie. La touche de comédie est apportée par Michael Caine, parfait en activiste retraité amateur de fumette. Touchant, intelligent et méritant pléthore de visionnages, Children of men est un Classique.

lundi 12 août 2013

Playlist Tori Amos


Playlist on SPOTIFY

Pretty Good Year   (Under the Pink - 1994)
Caught a Lite Sneeze   (Boys for Pele - 1996)
Flying Dutchman   (Gold Dust - 2012)
Jackie's Strength   (From the Choirgirl Hotel - 1998)
Glory Of The '80s   (To Venus and Back - 1999)
Blood Roses   (Boys for Pele - 1996)
Winter   (Gold Dust - 2012)
Past the Mission   (Under the Pink - 1994)
Give   (Abnormally Attracted to Sin - 2009)
Talula (The Tornado mix)   (Boys for Pele - 1996)
Silent All These Years   (Gold Dust - 2012)
Cornflake Girl   (Under the Pink - 1994)
Cruel   (From the Choirgirl Hotel - 1998)
I Can't See New York   (Scarlet's Walk - 2002)
Precious Things   (Gold Dust - 2012)
Enjoy The Silence   (Strange Little Girls - 2001)
Abnormally Attracted to Sin   (Abnormally Attracted to Sin - 2009)

vendredi 14 juin 2013

Heat

Dilemme au resto : qui paye l'addition ?

(1995 - Réalisé par M. Mann) **** Premium Collection

Des malfrats, pros de l'attaque de banques, dévalisent un fourgon blindé en pleine rue. Le casse tourne mal lorsqu'un des malfaiteurs abat les convoyeurs. Le lieutenant Hanna, flic chevronné de la police de Los Angeles, prend l'affaire en charge.

Pacino dans le rôle du flic obsédé par son boulot, De Niro dans celui du gangster "qui ne sait rien faire d'autre", on pourrait se dire qu'on a déjà vu ça mille fois au cinéma. Heat se résume finalement à la confrontation entre Serpico et Vito Corléone, mais c'est justement toute la différence entre le petit polar du samedi soir, vite oublié, et le grand film qui marque : des pointures devant et derrière la caméra. Le réalisateur Michael Mann s'attache avant tout à détricoter le travail de deux professionnels dans leur quotidien, qui n'ont que leur job pour tenir le coup. Le policier flirte avec la limite de la légalité, le gangster applique strictement un code d'honneur en contradiction avec son activité, tout ce beau monde s'arrange avec sa conscience. Du classique, oui, tout en premier degré, filmé sans gras dans les scènes d'action et toujours centré sur les protagonistes. A savourer en connaissant tout le passé de deux acteurs déjà mythique. 

samedi 8 juin 2013

Fire Emblem Awakening


De la cinématique en relief sur 3DS.

Nintendo / Intelligent Systems
Genre : Tactical RPG
Verdict: 5/5


Si vous avez manqué le début

S'il est un genre tombé en désuétude auprès du grand public, c'est bien le Tactical façon JRPG. Tout au plus le tolère-t-il sur son smartphone, passe-temps de 5 minutes noyé dans l'overdose de données zappées par la Génération Débilla allo quoi.
Oubliés, les Tactics Ogre et autres Front Mission. Retournés dans leur niche, les Disgaea et les FF Tactics. A tel point que Fire Emblem, une des séries "emblématiques" (ha !) du genre, a lâché son épisode Awakening sur 3DS comme un baroud d'honneur, un dernier tour de piste avant abandon définitif. "Quitte à en finir, autant partir en beauté", ont du se dire les auteurs du jeu. Et les voila qui polissent les systèmes de règles, qui peaufinent le graphisme, qui optent pour l'ouverture aux néophytes avec des options facilitant la prise en main. Le résultat ? un excellent T-RPG qui plaira aux petits débutants comme aux grands pros.

samedi 1 juin 2013

Sucker Punch

Baby Doll et ses copines font leurs crâneuses.
(2011 - Réalisé par Z. Snider) ** Ultimate Edition - Version Longue

Dans les années 50, Baby Doll se révolte lorsque son beau-père tente d'abuser sa petite sœur. Lors de l'empoignade, un accident provoque la mort de l'enfant, permettant au pervers d'accuser Baby Doll pour la placer dans un asile. La jeune femme s'évade mentalement pour se recréer un univers plus supportable, dans lequel elle se bât pour sa libération.

Marqueté comme un teen-movie glorifiant le "girl power", Sucker Punch nous balance à la tronche un maelstrom de séquences spectaculaires hyper-stylisées de pure "fantasy", lors desquelles un groupe de femmes ultra-sexy dominent des archétypes de mâles surpuissants (Samouraïs, Soldats nazis, Orcs, Cyborgs). De fait, l'interprétation initiale que l'on peut en retirer est conforme au produit vendu : Baby Doll va se construire un monde factice remplaçant l'asile sordide dans lequel elle est détenue. Dans ce "fantasme" elle imagine de nouveaux univers qui sont autant de challenges qui lui permettront, à elle et à ses "codétenues", de fuir définitivement le cauchemar. Le féminisme triomphant finira donc par vaincre l'oppression, au prix de maints sacrifices, faisant des héroïnes des martyrs de la cause.

Le hic, si l'on pousse plus avant l'analyse des messages distillés par le film, est que toute cette fantasmagorie masque une idéologie exactement inverse. Le premier "niveau" rêvé par Baby Doll troque l'institut psychiatrique pour un bordel dans lequel des clients viennent admirer les numéros de charme des "patientes", pour ensuite coucher avec elles. Une métaphore assez claire du traitement infligé aux pensionnaires dans l'asile, qui sont donc violées régulièrement. 
C'est lors de ses événements que Baby Doll instaure un second "niveau" de rêve, symbolisé par une danse lascive qui subjugue l'audience et l'entraîne dans un nouvel univers fictif. Chaque séquence contient une mission particulière où il faut remplir un objectif, comme dans un jeu vidéo, qui a un écho dans la réalité (récupérer un plan des lieux, voler un briquet, etc). Traduction : pendant qu'une de leurs congénères est abusée, les autres récupèrent les éléments qui permettront au groupe de s'échapper de l'asile.
Outre les stéréotypes montrant les héroïnes dans des accoutrements typiques de fantasmes masculins, leurs exploits n'ont lieu que dans leur imagination, reprenant tous les poncifs de la culture Geek (Boss géants, nazis-zombies, Orcs d'heroïc-fantasy, etc). Et encore, même dans leurs rêves elles sont dirigées par un homme, le "Wise man" qui leur délivre les instructions pour réussir leur mission. On nous montre donc des femmes "cliché" incapables de se débrouiller sans l'aide d'un mentor, prenant des postures sexy en super slo-motion pour laisser le temps au Mâle hétéro d'admirer leur plastique de mannequins photoshoppées.
La bande-son dévoile d'ailleurs les intentions du réalisateur, puisque les titres choisis indiquent que les victimes qui rêvent leurs prouesses sont sans aucun doute droguées (lisez les paroles de White Rabbit des Jefferson Airplane, Sweet Dreams de Eurythmics, Where is my Mind des Pixies). Dans la réalité elles sont toujours violentées, et pire : celles qui se sont rebellé sont tuées, voire lobotomisées. Est-ce vraiment la seule issue possible pour l'émancipation de Baby Doll ?
Reste un film en forme de montagnes-russe, agréable si on laisse son cerveau à l'entrée. L'équivalent audio-visuel d'un conte de fée hallucinatoire façon Japanime qui se termine en bad trip.

lundi 8 avril 2013

James Bond 007 - Trilogie Daniel Craig

La cuvée Craig, c'est du bond.
Coffret James Bond 007 - Daniel Craig : La Trilogie (2013) Casino Royale / Quantum of Solace / Skyfall
La cuvée "Craig" des Bond réussit l'exploit de relancer la franchise, de la flinguer méchamment, puis de la ressusciter magnifiquement, tout cela en seulement trois épisodes. Non, papy James n'est pas mort, il Bond encore.


mercredi 13 février 2013

Ni no Kuni : La vengeance de la Sorcière Céleste

Ton Cosplay de Superman est loupé, gamin

Level-5 / Ghibli
Genre : RPG Jap comme on en fait plus
Verdict: 5/5


Si vous avez manqué le début

Le jeune Oliver, insouciant et plein de vie comme le sont tous les garçons de son age, va être confronté à l'horreur ultime : la mort de sa mère bien-aimée. Du coup, il se chope un -50 en Moral, le mioche. En chialant toutes les larmes de son corps, Oliver va réveiller une fée au gros pif piercé et au caractère bien trempé, qui l’entraîne alors dans son monde magique. Objectif : sauver la défunte reum et devenir le Héros au Coeur Pur.
Non, ce n'est pas le résumé du prochain film déprimant de chez Pixar, c'est le nouveau RPG des studios Level-5 !