mercredi 12 septembre 2001

Voyage au bout de la nuit (Louis-Ferdinand Céline)

L'histoire de Bardamu, alter-ego de l'auteur, son expérience traumatisante de la première guerre mondiale, son exil en Afrique et sa fuite aux Etats-Unis. Il reviendra finalement en France où il exercera la médecine générale dans une banlieue populaire de Paris.


Je ne me risquerai pas dans une critique de ce chef-d’œuvre de la littérature, tout a été dit et de bien meilleure manière. La force de "Voyage" réside dans son style intemporel, son argot imagé qui fonctionne toujours, plus de 70 ans après sa publication, et surtout dans les messages définitifs qu'il nous balance à la face. Une vision désespérée de l'humanité, si cauchemardesque mais tellement vraie. L'étroitesse de certains esprits, la condition humaine misérable dans la guerre comme dans la paix, une société vouée à l'échec quelque soit son système économique et politique, analysés au scalpel du Docteur Destouches alias Céline, dresse un bilan sombre et ô combien réaliste de l'Humanité. 

vendredi 27 juillet 2001

BALDUR'S GATE II - Shadows of Amn : THRONE OF BHAAL

Fun 9/10
Technique 7/10
Style Jeu de Rôles AD&D
Infos Interplay-Black Isle / Minimum P II / Solo & Multijoueur / Nécessite BG2
Testé sur Pentium III 500 - 256 Mo Ram - GeForce 1 (32 Mo DDR) - SBlive


Vous reprendrez bien un peu de "Boo" !


Et oui ! Les voila de nouveau, nos fidèles amis de Baldur's Gate ! Aujourd'hui votre équipe d'intrédipes aventuriers va embarquer pour sa dernière aventure, du moins en ce qui concerne la saga de l'enfant de Bhaal commencée il y a plusieurs années. Quel bonheur de retrouver cette petite peste de Voleuse Imoen, ce crétin de Ranger Minsc (et son Hamster Géant Intergalactique nommé "Boo"), et tous les autres personnages dont vous avez suivit l'évolution au cours des épisodes et des add-on de la série des BG.
Après l'installation de "Throne of Bhaal" vous avez le choix entre continuer votre partie de "BG2 Shadows of Amn" (si vous ne l'avez pas finie) ou vous lancer dans les 3 derniers chapitres (8, 9 et 10) de la Saga de l'Enfant de Bhaal que vous propose cet add-on. Dans les 2 cas vous aurez accès à un "add-in" spécial, c'est-à-dire un Donjon spécialement conçu pour vous offrir une quinzaine d'heures de jeu supplémentaires (avec bien sûr la tonne d'équipement qui va avec ;-). Ce Donjon nommé "Watcher's Keep" est tout de même déconseillé aux équipes un peu faible. La partie "add-on", véritable "plat de résistance" de Throne of Bhaal, propose elle de clore votre saga Baldur's Gate, soit en reprenant une de vos partie sauvegardée sous le premier épisode de BG2 (dont le "final save"), soit en créant un groupe d'aventuriers avec 2.500.000 Points d'expérience et un équipement adéquate. On annonce plusieurs dizaines d'heures pour parcourir les 3 chapitres finaux.

Il est loin le temps du chateau "Candlekeep" (Baldur's Gate 1, sortit fin 98), où vous viviez, insouciant, avec votre oncle et votre amie Imoen. Vous avez affronté le terrible Saverok, votre demi-frère, et commencé à prendre en main votre destin. Vos aventures vous ont mené dans les profondeurs des plus sombres donjons (add-on "Tales of the Sword Coast" en 1999) puis avez pris conscience de votre importance en tant qu'enfant du Démon Bhaal en affrontant Jon Irenicus (Baldur's Gate 2 en 2000). La trilogie se termine donc aujourd'hui en apothèose.

Un Add-on bien complet


Contrairement à l'add-on pour BG1, ce "Throne of Bhaal" propose bien plus que quelques lieux à visiter et des centaines d'objets à ramasser. C'est tout d'abord une véritable histoire, très scriptée, qui conclue définitivement la série. ToB ajoute aussi un nouveau "kit" de personnage, le redoutable "Wild Mage", qui est une sorte de Sorcier dont les sorts peuvent parfois échapper à son contrôle, produisant soit une grosse catastrophe pour ses amis, soit des effets négatifs importants sur les ennemis, soit un résultat idiot (faire apparaitre des écureuils par exemple ;-). Les Classes connues gagnent des capacités supplémentaires post-niveau 15 à 20.
Par exemple les bardes pourront fabriquer des potions de soins ou d'améliorer leur chant de guerre, les voleurs auront la possibilité de faire une fois un "backstab" de face ou de gagner des bonus temporaires en AC. Les combattants (guerriers, moines, paladins, etc) gagnent des coups dévastateurs ou des bonus temporaires en résistance à la magie, bref toujours des choses utiles.
Rassurez-vous amis clercs, druides ou sorciers, la traditionnelle ribambelle de nouveaux parchemins magiques est là. Les sorts les plus puissants de AD&D sont maintenant disponibles !

Quelques exemples pour vous mettre l'eau à la bouche ? Les Mages pourront lancer "Comet" (10D10 Dégats de feu + Paralyzation/Stun) ou Invoquer un "Dark Planetar", les Prêtres gagnent "Mass Raise Dead" (jusqu'à 5 membres morts du groupe sont ressuscités simultanément) ou "Storm of Vengeance" (3D6 dégats feu/acid/électrique pendant 3 rounds + poison).La puissance divine est entre vos petites mains avides ;-) Il ne faut pas oublier que vous pourrez atteindre en théorie 8 millions de points d'expérience avec ToB, ce qui représente par exemple le niveau 40 pour un guerrier ou 31 pour un Sorcier.
L'interface n'est pas modifiée, mis à part la possibilité d'activer les déplacements en mode "carte" par exemple, ou quelques icônes en plus qui permettent de "switcher" entre les livres sorts Mage et Prêtre pour les persos bi-classés ou d'effacer définitivement des sorts des livres pour faire de la place aux nouveaux.

Savourons ce dernier voyage au pays du graphisme bitmap isométrique...

Si Throne of Bhaal est la fin de la série des Baldur's Gate, c'est aussi la fin d'une époque sur le plan de la réalisation technique. Comme vous le savez probablement, les prochains "gros" jeux de rôle de 2001 seront "full 3D" (Neverwinter Nights, Morrowind, etc). Il faut donc apprécier une dernière fois les graphismes 2D "ciselés" à la main, très fins sur un écran 19' en 1024x768, avec les petites animations mignonnes des persos. Les recommendations d'usage en ce qui concerne le public visé : il faut bien évidemment aimer le style AD&D, avec tous ses clichés et ses restrictions, sachant tout de même que BG2 est plus "grand public" que son petit frère "Icewind Dale". Il y a beaucoup plus d'interaction au sein de votre groupe et avec les persos non-joureurs dans ToB que dans ID de toute façon. Le délirant Minsc ne se génera pas pour commenter à sa façon vos choix par exemple (toujours drôle ce ranger ;-).

La durée de vie est annoncée à 30-40 heures (ceci inclus l'exploration du donjon Watcher's Keep, non obligatoire). Vu le niveau de vos ennemis, vous aurez intérêt à bien maîtriser les spécialités de chacun des membres du groupe. La répartition entre persos "physiques" (guerriers, moines, paladins...) et Lanceurs de sorts (Druides, Prêtres, Sorciers...) vous permettra d'affronter toutes les situations. On peut même conseiller, pour ceux qui ont le temps et l'envie en cet été 2001, de rejouer la partie "Throne of Bhaal" avec des classes complètement différentes en prenant des chemins alternatifs. La "replay-value" est toujours élevée dans cette série, du moins dans la partie solo. Attention amateurs des jeux made in "Black Isle", conservez votre sauvegarde finale ou votre personnage préféré de Baldur's Gate, il se pourrait que vous puissiez le réutiliser dans "Neverwinter Nights" !



Jeu fini : Et voila ! Il faut avouer que je n'ai pu vaincre le dernier adversaire (et ses troupes) qu'en réglant le niveau de difficulté sur "facile" ! C'est dire si le challenge est hardu ! Mais au dela de cette anecdote, c'est bien toute la saga Baldur's Gate qui marquera son empreinte dans l'histoire des jeux vidéos PC. On a vraiment le sentiment d'avoir vu son personnage évoluer (jusqu'à devenir presqu'un Dieu), tout ce dont peut rêver un amateur de JdR. Aujourd'hui on annonce un Icewind Dale 2, mais la concurrence sera rude cet été avec Morrowind et Neverwinter Nights. Donc merci à Bioware, Black Isle et Interplay, merci pour ces presque 4 années de bonheur sur cette série de BG, merci, merci, merci.

samedi 7 juillet 2001

Tigre et Dragon

(Wo hu cang long - 2000 - Réalisé par Ang Lee) ***

Dans la chine du moyen age, le grand guerrier Li Mu Bai fait don de son épée Jade à un ami. Mais bientôt celle-ci est dérobée.

Avant tout à mes yeux une leçon de cinéma de genre, toutes les façons de filmer les célèbres scènes de combats asiatiques sont passées en revue. Un véritable régal pour l'amateur d'affrontements chorégraphiés au poil de millimètre ;-) On trouve donc les traditionnels duels solennels, avec regards qui tuent entre les protagonistes (Li Mu Bai versus Yu Shu Lien), mais Ang Lee peut aussi péter les plombs et partir dans des délires où se mêlent ironie et dérision (le "nettoyage" de l'auberge par la frèle Xiou Long, qui se fout au passage des surnoms ridicules de ses adversaires). Tantôt la poésie pure surgit dans des décors mirifiques (la poursuite à la cime des arbres), tantôt on sent l'hommage aux autres classiques du genre ("Histoires de fantômes chinois" par exemple), en tout cas on s'ennuit rarement.

vendredi 15 juin 2001

The Exorcist

(1973 - Réalisé par W. Friedkin) ***** The Version you've never seen

Le Père Merrin conduit des fouilles archéologiques en Iraq, il y découvre une série de statues représentant des démons. Plus tard en Amérique du nord, une célèbre actrice doit faire face au comportement de plus en plus étrange de sa fille de 12 ans.

Le film qui m'a empêché de dormir pendant des jours lorsque je le vis pour la première fois à la TV au début des années 80. Une interprétation idéale avec des rôles très puissants, notamment celui du Père Karras, prêtre psy en proie au doute, et bien évidemment Linda Blair alias Regan, l'exorcisée, aussi naturelle en fillette timide qu'en "démone" lâchant des bordées d'injures ("Ta mère suce des queues en Enfer !"). On peut voir dans cette histoire de fillette possédée la symbolique du passage de l'enfance à l'adolescence, comment une mère ne reconnaît plus sa fille lorsque celle-ci grandit. Ou a-t-elle été victime d'un traumatisme plus profond encore ? Que faisait Burke dans sa chambre, le soir où il a été tué ? Regan se mutile et agresse violemment sa mère juste après cet événement.
Son comportement, son langage, ses actes deviennent de plus en plus choquants, jusqu'aux scènes dantesques qui auront marqué des générations entières : les examens à l’hôpital, le crucifix, la possession puis la transformation physique de la fillette, les dialogues avec le "diable". La très courte séquence dite de "l'araignée", rajoutée dans cette version longue, entre aussi dans le panthéon des visions horrifiques au cinéma. Elle renforce au passage la théorie selon laquelle Burke l'aurait violée, l'image de son visage retourné suintant le sang par la bouche pouvant symboliser l'acte terrible qu'elle aurait subit.
L'absence quasi-totale de musique pendant le film renforce d'autant plus l'immersion, une technique aujourd'hui malheureusement largement délaissée dans le cinéma US au profit d'une surenchère d'effets sonores gratuits ou de musiques soulignant inutilement les événements. The Exorcist est sur ce point d'une classe totale, le rythme alternant longues phases où l'ambiance s'installe dans les silences et déferlement d'épouvante.

samedi 9 juin 2001

Les Rivières Pourpres

(2000 - Réalisé par M. Kassovitz) *** (2 Disques)

Pierre Niemans, un flic bourru et solitaire, est appelé pour enquêter dans le sud de la France à propos d'une mort suspecte. Dans cette même région un autre policier, le jeune Max, suit une sordide affaire de profanation de sépulture.

Comme Mathieu Kassovitz aime à le répéter dans ses commentaires sur le DVD, toutes les circonstances se sont réunies dès le début du tournage pour l'empêcher de suivre son scénario. Le résultat devient donc difficile à suivre et on est aussi perdu que Vincent Cassel qui a toujours un train de retard sur jean Reno. Malgré tout, l'énergie qui se dégage de l'entreprise est vraiment communicatif.
Parfois des scènes d'action tombent un peu à plat (le combat contre les skins par exemple, traité sur le ton de l'ironie alors que j'aurais préféré un peu plus de gravité) mais dans la majorité des cas le rythme est prenant et très efficace. Dommage que le message, les dangers de l'eugénisme, se perde un peu dans les méandres d'une histoire finalement pas si complexe que ça, une vengeance avec un coup de théâtre quelque peu foireux en final.

mercredi 11 avril 2001

BLACK and WHITE

Fun 8/10
Technique 10/10
Style God-Game "à la Molyneux"
Infos Lionhead Studios-EA Games / Minimum P III / Solo et Multijoueur
Testé sur Pentium III 500 - 256 Mo Ram - GeForce 256 (32 Mo DDR) - SBlive


Un Dieu, une Vache, un Concept.

Entre Quake 12, Football 25, Diablo 66 et Command & Conquer 120, voici venu une oasis, une bouffée d'air pur, un grand bonheur dans la vie des joueurs PC... Que vous soyez juste un amateur éclairé ou un hardcore gamer, vous avez forcément entendu parler de Black & White. Dès sa création il y a 3 ans environ, son concepteur ne fut pas avare de déclarations et de multiples previews destinées à allécher le public. Le très médiatique peter Molyneux n'est pas inconnu, il sévit depuis des années dans l'univers du jeu micro et est un des auteurs à l'origine du concept de "God game" avec sa série des populous (aahhh, que de souvenirs sur Amiga !).
Le "Jeu Divin" vous place donc dans la peau du Créateur, contrôlant un univers de type médiéval. Ici vous serez chargé non seulement de la gestion des villages mais surtout vous devrez vous occuper d'une "créature", votre alter égo physique. Tout le génie et le sel du jeu vient justement de vos intéractions avec votre animal, qui sera au choix, un singe, un tigre ou une vache (et plus tard pourra se transformer). La créature vous observera et agira en fonction de vos actes, et vous ferez de même envers elle pour lui signaler ce que vous jugez bien ou mal ! Oui, le petit animal sera au début du jeu vierge de tout "à priori" et pourra aussi bien manger les habitants lorsqu'elle aura faim que les aider à trouver du bois ! Mais avant de détailler toutes les caractéristiques de ce jeu unique, arrêtons-nous d'abord sur son scénario.

Le but du jeu en mode solo sera d'affronter d'autres Dieux et leurs créatures à travers plusieurs mondes afin de découvrir le secret des "credos". Pour cela vous serez guidé par vos 2 "consciences", représentées par un diablotin et un vieux sage barbu, qui ne se priveront pas de vous donner leurs conseils et leur avis sur vos actions. Pour vaincre vos adversaires vous aurez besoin de conquérir ses villages, et pour cela il faudra avoir une bonne base d'adorateurs (afin de récupérer de la mana pour lancer des sorts). Mais pour avoir des fidèles il faudra bien vous occuper de vos villageois... et c'est là qu'intervient l'interface révolutionnaire de tonton Molyneux ;-)

Toute l'interface dans la main.

Si vous observez les photos d'écran, vous remarquerez qu'il n'y a aucunes icônes... ce n'est pas un bug ! En effet l'équipe de Lionhead est parvenue à réaliser le rêve de tout joueur PC : supprimer purement et simplement l'interface. Plus exactement la réduire à sa plus simple expression : une simple main qui vous servira en toute circonstance. Pour les déplacements le bouton gauche de la souris vous permet d'aggriper le sol pour avancer, reculer et tourner (et zoomer avec les 2 boutons), pour saisir un objet ou un être humain vous cliquer simplement dessus avec le bouton droit, et pour intéragir avec votre créature vous maintenez simplement le bouton droit enfoncé... mais comment sélectionne-t-on les sorts me direz-vous ? il suffit de dessiner sur le sol le symbole correspondant (en maintenant le bouton droit) pour faire apparaitre le miracle dans votre main ! simple et génial. De petites animations située en bas à droite de l'écran vous rappellent comment former les signes et à quelle vitesse.

Pour lancer un objet ou un sort, il suffira de reproduire le geste de la même manière (plus ou moins rapide et ample suivant la distance de la cible). Cette Main intuitive est tout de même secondée par quelques raccourcis clavier bienvenus (suivre votre créature, accéder à certains lieux sur la carte, etc).
Nous l'avons vu précédemment, l'une des clés du jeu est de prendre soin des villages et de leurs habitants (cela peut s'entendre au sens "mauvais" ou "bon" ;-). Il existe deux ressources de base dont auront besoin les personnes : la nourriture et le bois. La première vient des champs cultivables et du miracle "nourriture", la seconde vient des arbres des forêts et du miracle "bois". Le bois sert bien evidemment à construire des maisons mais aussi les bâtiments publics indispensables à l'évolution de votre peuple. On trouve l'Entrepôt (stockage nourriture/bois), l'Atelier (permet la fabrication des bâtiments), le Totem (qui vous permet de déterminer le pourcentage de fidèles qui iront prier au Temple), la Crèche et le Cimetierre.
La pièce maitresse est votre Temple : c'est içi que viennent prier vos adorateurs (dont il faudra également s'occuper, les nourrir par exemple), leur nombre déterminant la quantité de mana disponible pour vos Sorts. C'est aussi dans ce lieu unique que vous trouverez toutes les options de jeu, les statistiques sur le monde et votre créature, les Quêtes en cours, etc. Vos villageois expriment leurs désirs par l'intermédiaire de petits drapeaux montant ou descendant sur votre Entrepôt (faim, besoin de bois, désir d'enfants, envie d'étendre le village, etc).

Vous aurez la possibilité d'attribuer des tâches précises à chaque habitants : c'est le système des "Disciples". Saisissez un villageois, approchez-le de l'Atelier, il devient "Disciple Artisan" et fabrique des fondations tout seul... mettez le en contact avec un membre du sexe opposé, il devient "Disciple Eleveur" (traduction assez minable en français)... mettez-le dans un champ, le voila "Disciple Fermier"... posez-le dans un village adverse, il devient "Disciple Missionnaire" et convertit lentement la population à votre cause... etc. Vous avez compris le principe. Il faut en général réagir assez vite aux demandes (vos 2 consciences vous interpellent fréquemment pour vous tenir au courant). Une note amusante, pour retrograder un Disciple à son état de villageois "de base", il suffit de le saisir et de secouer la souris !

Dieu, un métier à plein temps.

En tant que Dieu omnipotent vous avez donc de multiples rôles : gérer un ou plusieurs villages, éduquer votre créature, conquérir les villages ennemis et vaincre le Dieu Némésis, entité vous affrontant tout au long des chapitres du jeu solo. Pour faire progresser l'histoire, il vous faudra activer des parchemins. Ceux en Or font avancer le scénario général alors que les argentés vous donnent accès à des Quêtes. Ces petites missions sont très variées : énigmes (retrouver les 9 moutons d'un berger, aider à la construction d'un navire : ahh ! la chanson des marins ;-), etc), casse-tête simples (déplacer un temple suivant un ordre définit, reproduire des sons comme dans le jeu "simon", etc), manipulation de l'interface (suivre discrétement un hermite pour trouver un temple secret, trouver et placer correctement des "pierres chantantes", etc) ou pure action (repousser l'attaque d'une meute de loups, etc)... En les réussissant, vous obtiendrez de l'aide, de nouveaux miracles et même des évolutions pour votre créature.

Et justement, suivez la bien votre créature ! Vous pouvez la laisser vaquer à ses occupations mais ce n'est pas conseillé durant les premiers chapitres, qui sont capitaux pour son apprentissage. Avec l'aide de 3 laisses (une de "compassion", une "d'apprentissage" et une "d'aggressivité"), vous allez montrer à votre Vache/Singe/Tigre comment s'occuper d'elle et du village. Lorsqu'elle saisit un villageois et le dévore, vous pouvez la frapper ou la caresser. Au bout de quelques "mamours" ou de grosses baffes, elle comprendra ce que vous attendez d'elle ! Si vous lancer des Sorts avec la laisse d'apprentissage, elle apprendra peu à peu celui-ci. Si vous lui donner la même nourriture continuellement (blé, vache, cochon, poisson, villageois, etc...) elle l'appréciera de plus en plus au point de balancer toute autre bouffe ! Elle observera également les habitants travailler et, suivant son humeur et votre exemple, leur filera un coup de main ou au contraire prendra plaisir à détruire les bâtiments !
Vous devrez jouer avec votre animal aussi, lui montrer comment pêcher, l'emmener au Temple pour qu'elle danse avec les adorateurs, etc. C'est de la folie ! La créature sera aussi le moyen le plus rapide pour vous de conquérir les villages adverses à cause du concept de "zone d'influence". Cette zone entoure les villages que vous possédez et plus vous vous éloignerez de celle-ci, plus vous aurez de difficultés pour lancer des sorts, sachant que ces derniers sont le meilleur moyen pour impressioner les ennemis et gagner leur confiance. Bref vous voila en charge d'un tamagotshi !

La grosse claque 3D.

Graphiquement parlant, Black & White est à la hauteur de nos espérances. J'avais de forts doutes sur les déclarations du père Molyneux quant à la capacité de zoomer depuis une vue globale du monde jusqu'au gros plan d'un villageois... et bien c'est vrai ! C'est proprement hallucinant et votre GForce 3 toute neuve sera mise à rude épreuve, surtout en haute résolution et passé les niveaux "tutorial". Les effets spéciaux des miracles sont eux aussi très réussi, ce qui se fait de mieux sur PC actuellement en 3D, les lois physiques sont respectées et le monde change en temps réel suivant vos actions (ainsi que le look général de votre créature et de votre temple). Les musiques et les bruitages sont d'un excellent niveau, malheureusement la traduction et les voix françaises cassent l'ambiance, comme d'habitude.
Le soin apporté à l'univers de Black & White justifie l'attente de 3 ans. Il existe une foule de petits détails qui prouvent que les auteurs ont peaufiné au maximum leur jeu. Les combats entre créatures, même s'ils restent très simplifiés, demande quand même pas mal de doigté. Il faut gérer les déplacements, mettre la créature en position de défense ou au contraire donner un coup (en cliquant sur une partie du corps de l'ennemi) et on peut aussi lancer des sorts avec le système de "signes" ! bref, une parfaite coordination est nécessaire !
D'autres idées sympathiques parsèment l'aventure, comme la possibilité de construire des "merveilles" pour vos villages, de charger la météo de votre ville depuis internet pour reproduire le même temps dans le jeu, d'attribuer automatiquement les noms de votre carnet d'adresse Outlook à vos villageois, de publier les stats de votre animal sur le site officiel B&W, j'en passe... le plus fendard étant les mimiques constantes de votre animal pendant le jeu !

Encore du bonheur à venir...

Il reste à améliorer les options Multijoueur, B&W semblant être victime de son succès pour le moment (site fréquemment saturé en ce mois d'Avril). Mais le potentiel est bien là, même si à l'heure actuelle la partie "gestion de village" seule, trop simple, ne permet pas d'obtenir un jeu online jouable sur le long terme, et les combats de créature entre joueurs vont lasser. Des patches sont déjà en cours pour corriger quelques bugs mais surtout pour ajouter encore plus de délires (charger ses MP3 ou des CD audio pour faire danser la créature, faire jouer les villageois au foot, etc). Gageons que peter garde encore des surprises dans son chapeau magique ;-).

Difficile de conclure tant ce Black & White est un jeu original et prenant. Certe, tous les types de joueurs n'adhereront pas au style. Comme de plus la config PC nécessaire est élevée, certains passeront leur chemin. Il faut accepter de retrouver son âme d'enfant et laisser parler ses instincts paternels (ou maternels pour mesdames). La durée de vie est longue, il faut accepter de passer beaucoup de temps à vivre avec sa créature. En alternant les phases d'apprentissage et l'avancement de l'histoire, on a toujours quelque chose à faire ! Comme je le disais en introduction, il est rare de voir un univers aussi neuf débarquer sur micro, et réunissant autant de talents autour de son berceau (l'équipe de Lionhead doit être composée de toutes les pointures dans tous les domaines !).
Black & White est aussi un jeu que l'on découvre soit-même, le tutorial étant volontairement obscur sur de nombreux points. C'est à vous d'expérimenter des choses et de rechercher des astuces, on est loin des jeux scriptés à mort ou ultra-dirigistes.
Voila une oeuvre d'art qui fera date dans l'histoire ludique PC, une production inimitable qui tranche résolument avec les autres jeux. Black & White est aussi un grand laboratoire de recherche ergonomique, avec cette interface tellement simple et pourtant si complète. Bref un GRAND jeu, unique, beau, riche, attachant... qui vous fera découvrir qui vous êtes vraiment ;-)

vendredi 6 avril 2001

Gladiator

(2000 - Réalisé par R. Scott) *** Signature Selection (2 Discs)

L'empire Romain triomphant s'étend encore un peu plus. Le général Maximus remporte en effet une nouvelle victoire en terre étrangère, sous les yeux d'un César vieillissant. Le fils de l'empereur, Commodus, rejoint bientôt le campement.

Le retour du film de gladiateurs, ça nous manquait ;-) Ridley Scott apporte son sens esthétique remarquable sur une histoire trop classique pour être réellement prenante. Dommage que les personnages soient unidimensionnels, les acteurs défendent cependant leur partition avec conviction. Reste une qualité visuelle étonnante et beaucoup de séquences impressionnantes, que ce soit la reconstitution des gigantesques arènes romaines ou les moments de tensions lors des face à face des héros.

mardi 27 mars 2001

ICEWIND DALE Heart of Winter

Fun 7/10
Technique 7/10
Style Jeu de Rôles "Old School"
Infos Interplay-Black Isle / Minimum P II / Solo et Multijoueur
Testé sur Pentium III 500 - 194 Mo Ram - GeForce 256 (32 Mo DDR) - SBlive

Dans la famille AD&D, je voudrais le grand-père…

La sortie de Baldur's Gate II a quelque peu éclipsé le petit Icewind Dale, sortit pourtant quelques semaines avant. Mais il fallait se rendre à l’évidence : là où le premier proposait une interface en 800x600 (et plus), le second restait en 640x480, là où les missions et les personnages jouables et non jouables de BG2 sortaient des sentiers battus, Icewind Dale proposait un pur AD&D, où l’intrigue n’était qu’un prétexte pour nous faire explorer des Donjons immenses. Enfin les petits persos de niveau 1 créés dans Icewind Dale ne pouvaient rivaliser en puissance et en équipement avec les gros balaises aux 4 millions de XP de BG2.
Pourtant cette production Black Isle mérite que les amateurs de Jeux de rôle s’y arrête, en particulier ceux qui ont passé des nuits blanche sur la version « table » de papy « Donjons & Dragons – 2ème ou 3ème Edition ». Utilisant toujours le moteur 2D Isométrique qui a fait ses preuves depuis le premier Baldur’s Gate, et appliquant pratiquement à la lettre les règles strictes qui régissent l’univers AD&D (Classes et alignements surtout), Icewind Dale est avant tout un jeu de rôle donjonesque, où l’exploration et la recherche d’équipement constituent l’essentiel du fun (voir mon test de Icewind Dale).



Enfin beau.

L’Add-on « Heart of Winter » vient mettre à jour l’interface graphique du jeu qui en avait bien besoin depuis que les joueurs ont goûtés au splendide BG2. Alors que dans le test de Icewind Dale je pensais que la résolution était monté d’un cran ; il n’en était rien (c’est ça l’abus d’EverQuest en basse rés) ! Heureusement Heart of Winter met finalement le jeu au niveau et ajoute toutes les nouveautés ergonomiques du moteur de Bioware : 800x600 (et plus) et interface entièrement masquée si on le souhaite. Bref, pour ceux qui ont fini le jeu une fois, ca vaut le coup de tout reprendre à zéro pour admirer les graphismes à leur juste valeur ;-). Il est d’ailleurs donné plusieurs choix une fois l’add-on installé : jouer uniquement les lieux de « heart of Winter » (5 zones dont le nouveau village nommé « Bois Isolé ») ou continuer la partie « Icewind Dale » en cours (si vous avez fini le jeu, vous avez une sauvegarde spéciale qui sera utilisée, sinon vous continuez l’aventure normalement).

Quelques petites modifications ont été apportées : certaines concernent les règles (modification du tableau d’Expérience pour certaines classes par exemple), d’autres affectent directement le jeu. Ainsi les Rôdeurs se voient donné la possibilité de « pister » des ennemis dans les lieux (ceci permettant de connaître à l’avance quel type d’adversaire on risque de rencontrer dans une zone), les Paladins sont immunisés contre les maladies et gagnent quelques Sorts innés, les bardes ont accès à de nouveaux chants, les Voleurs peuvent effectuer des attaques "insidueuses" ou "handicapantes" (pire que le backstab !), les Druides gagnent de nouveaux changements de forme, etc.
Bien sûr nos amis les magiciens vont se régaler avec cet add-on : des dizaines et des dizaines de Sorts en plus, tous plus spectaculaires les uns que les autres ! Certains ne seront accessibles que pour les persos d'alignement bon, d'autres d'alignement mauvais (selon la bonne conscience américaine, on trouve toujours un équivalent de puissance entre les 2 pôles). Les effets spéciaux sont améliorés, chaque Sort donnant de spectaculaires feux d'artifices ! D’autant plus que vos personnages pourront atteindre la somme fabuleuse de 8 Millions de XP ! Du jamais vu ! Evidemment ne comptez pas atteindre cette somme du premier coup (niveau 30 ou plus suivant la classe), même en effectuant toutes les quêtes possibles de Icewind Dale et de l’Add-on. Les auteurs ont inclus un mode spécial qui permet de rejouer une fois le jeu terminé…

20 heures de plus pour 200 francs.

Comme l’add-on précédent pour le premier épisode de BG, Heart of Winter n’ajoute « que » 20 heures de jeu seulement. Ca fait un peu cher de l’heure, c’est sûr. L’option « Heart of Fury », gadget un peu artificiel qui vous permet de rejouer avec les mêmes persos contre des ennemis 10 fois plus forts, ne sera appréciée que par les hardcore gamers. Contrairement à BG2 qui donne vraiment envie de rejouer grâce à son scénario complexe et ses quêtes spécifiques aux classes, ce mode « hard » fait un peu penser aux jeux de bastons sur consoles : la même chose mais juste plus difficile !

Reste bien sûr le plaisir de la recherche d'équipement. Des sacs de rangement permettent à présent de stocker pierres précieuses, sorts et potions. Les épées et les boucliers +12 pleuvent ! Vous pouvez habiller chacun de vos personnages de la tête aux pieds, tout cela étant visible à l'écran. Bref les longues nuits passées dans les donjons seront récompensées ;-). Heart of Winter s'avère donc être indispensable pour ceux qui ont aimé Icewind Dale.
Malgré sa courte durée de vie, cet Add-on propose suffisament de nouveautés pour qu'on se laisse tenter. Ceux qui restent allergiques au style AD&D pur doivent attendre la sortie de Black & White ;-), ou se jeter sur Baldur's Gate 2 si ce n'est pas déjà fait (un Add-on BG2 est prévu pour les mois prochains).



Jeu fini : Effectivement cet add-on ne propose pas un allongement de la durée de vie conséquent, mais question équipement et montée de niveau, il en impose ! Seuls ceux qui ont apprécié Icewind Dale aimeront Heart of Winter. Ce dernier conserve en effet ce qui fait le charme (ou le gros défaut pour ses détracteurs) et l'esprit du jeu original : exploration de donjons remplis à raz-bord de trésors, d'objets surpuissants et des monstres qui vont avec ;-). Les bonnes tactiques de combats sont plus que jamais indispensables à maitriser pour parvenir a vaincre les Boss, surtout au début de l'Add-on ci vous n'aviez pas fini I.D. (comme moi) et que vous partez avec des persos de niveau 10. Il n'est plus possible par exemple d'utiliser le "brouillard" sur la carte pour n'attirer qu'un seul monstre vers vous... à chaque fois il vous faudra combattre tout un groupe d'ennemis ! Ca fait du bien un peu de stratégie dans le monde de brute de Icewind Dale ;-)

Surprise ! Un petit add-on vient tout juste de sortir pour l'été 2001, il est gratuit et téléchargeable sur le site de Interplay (70 Mo). "Trials of the Luremaster" permettra de se jeter une dernière fois dans les profondeurs glacées des donjons d'Icewind Dale avant d'attaquer les choses sérieuses avec l'add-on pour Baldur's Gate 2 ;-)

jeudi 22 mars 2001

Playlist Jimi Hendrix



Are You Experienced?   (Are You Experienced)
Voodoo Chile   (Electric Ladyland)
If 6 Was 9   (Axis: Bold as Love)
Crosstown Traffic   (Electric Ladyland)
Voodoo Child (Slight Return)   (Electric Ladyland)
Foxey Lady   (Are You Experienced)
Bold As Love   (Axis: Bold as Love)
All Along The Watchtower   (Electric Ladyland)
Spanish Castle Magic   (Axis: Bold as Love)
Power To Love   (Band of Gypsys)
Burning Of The Midnight Lamp   (Electric Ladyland)
Hey Baby (New Rising Sun)   (First Rays of the New Rising Sun)
Love Or Confusion   (Are You Experienced)
Little Wing   (Axis: Bold as Love)
Machine Gun   (Band of Gypsys)

mercredi 21 mars 2001

Terminator

(The Terminator - 1984 - Réalisé par J. Cameron) ***** Edition Collector (2 Disques)

Los Angeles, 1984. Par une nuit calme deux hommes se matérialisent soudainement, l'un dans un faubourg mal famé, l'autre dans une ruelle au centre de la ville. Le premier tue froidement un loubard pour lui voler ses vêtements, le second échappe à la police après avoir dérobé un fusil. Ils partent chacun de leur coté à la recherche d'une certaine Sarah Connor.

Un de mes premiers vrais chocs cinématographiques, du haut de mes 14 ans ce fut l'un des rares films que je vis deux fois de suite en salle. Linda Hamilton et Michael Biehn endossent leur rôle respectif avec conviction, d'un coté la jeune femme insouciante prenant conscience de son destin et de l'autre le soldat du futur réalisant sa véritable mission. Même le monolithique Schwarzy trouve un personnage en or en accord avec ses capacités d'acteur limitées, et créé un anti-héros mémorable. Plus qu'un banal film d'action à budget restreint, Terminator soulève aussi quelques questions existentielles sur le destin : Fait-on des choix ou bien tout est-il écrit ?
Même si le paradoxe temporel est bancal on reste scotché par l'intensité du récit. Si John Connor envoi son géniteur depuis le futur, il connaît donc l'issue du combat puisqu'il est lui-même vivant. Ce problème est d'ailleurs abordé par Kyle Reese, il explique que cette réalité est seulement l'une des lignes temporelles possibles. Mais James Cameron parvient à balayer tout cela en imposant un rythme soutenu pendant tout le film, intégrant les phases "d'explication de texte" au cœur des scènes d'action tout en ménageant quelques respirations dans lesquelles on s'attache aux personnages en découvrant leur quotidien. A l'instar d'Ellen Ripley en son temps, Sarah Connor entre au panthéon des héroïnes les plus bad ass du cinéma !

The Rocky Horror Picture Show

(1975 - Réalisé par J. Sharman) **** Édition "25 ans" (2 DVD)

Les aventures de Janet et Brad, jeunes naïfs perdus dans l'étrange château du Dr Frank N-Furter.

On peut dire que ce RHPS est le mètre étalon des films cultes. Cette comédie musicale transposée en film réunie depuis plus de deux décennies des fans du monde entier qui en rejouent les scènes ad nauseam. Dans ce délire science-fictionesque déjanté c'est évidemment Tim Curry en Docteur Frankenstein transsexuel transylvanien qui est la locomotive du film. Sa présence est unique, même quand il se ballade en string ;-)
Face à lui les autres protagonistes sont un peu à la peine, Janet et Brad les deux nunuches ne font clairement pas le poids, que ce soit lors des numéros musicaux ou dans les scènes de comédie. Les interventions du rocker Eddie, alias "Meat loaf", sont aussi un peu datées aujourd'hui alors que la chanson "Time Warp" a beaucoup mieux résisté au passage du temps. Le message final représente toute la philosophie des années 70, "don't dream it, be it".

samedi 3 février 2001

Matrix

(The Matrix - 1999 - Réalisé par A. & L. Washowski) ***** Edition Collector (2 DVD)

M. Anderson, jeune informaticien le jour et hacker la nuit, reçoit des messages mystérieux sur son ordinateur. Mais qu'est-ce que la Matrice ?

Coup de génie scénaristique, mise en scène dantesque, effets spéciaux miraculeux, voila le film qui marque le renouveau du genre S-F d'anticipation. Les auteurs ont réussi à créer un genre unique en mixant toutes leurs influences (cinéma asiatique, S-F Cyberpunk, jeux vidéo, Westerns spaghetti, etc). Un classique du genre en cette fin de siècle, classique qui a d'ailleurs les deux pieds dans le prochain millénaire à l'époque de sa sortie par la grâce du fameux effet "bullet time" tant copié depuis. L'autre exploit est d'avoir employé Keanu Reeves dans un rôle en adéquation avec ces capacités d'acteur limitées, il est ici parfait en jeune trentenaire perdu dans son monde d'informaticien limite autiste. Le trio qu'il forme avec un Laurence Fishburne en Maître Kung-Fu qui a la Force, pardon la Foi, et une Carrie-anne Moss toute en cuir (un rêve de geek fan de japanime) est inoubliable. Pour une fois on voit les vrais acteurs (et actrices) prendre part aux combats et porter les coups. Fini les doublures filmées de dos ;-)
On pourra argumenter sans fin sur les messages distillés par le film, la grande force de l'univers Matrixien est de prendre le contre-pied des idées développées dans la SF populaire. Dans Matrix c'est la réalité qui est virtuelle, une façade qui n'a d'autre but que d'asservir l'humanité afin de nourrir des machines. Seul le cyber-espace permet de s'en échapper pour découvrir la vérité. Un habile pied de nez aux poncifs servis par les médias, avec des reportages à la "Ça se discute" sur les jeux vidéo, ce terrible fléau qui plonge vos enfants dans les mondes virtuels. Des personnages marquants comme l'Oracle apporte une petite dose bienvenue de second degré. Le Bad Guy du film est pour moi l'une des créations les plus fortes dans le genre depuis des années : le style impeccable de l'Agent Smith, son lent phrasé (dans la V.O.) accompagnant des speech totalement délirants sur la nature humaine (l'humanité vu comme le "virus" infectant la planète), un vrai régal.

mercredi 20 décembre 2000

EVERQUEST Scars of Velious

Fun 10/10
Technique 7/10
Style Jeu de Rôles Multijoueurs Uniquement
Infos Sony - Verant / Minimum P II / Multijoueurs uniquement
Testé sur Pentium III 500 - 194 Mo Ram - GeForce 256 (32 Mo DDR) - SBlive

Petit lifting

EverQuest, le JdR online "suceur de temps", est de retour ! Sorti aux USA il y a bientôt 2 ans (et en mai 2000 chez nous), le jeu de Verant commençait à souffrir d'une interface dépassée et d'un manque d'intérêt pour les niveaux "élevés" (40 et +). Il faut bien l'avouer, EverQuest ne sera jamais au niveau graphique d'un Quake 3 ou d'un Sacrifice (et c'est bien dommage !). Certes l'add-on précédent, Ruins of Kunark, proposait déjà plus de détails (nombre de polygones augmenté pour les personnages et les décors et animations supplémentaires, sans compter bien sûr des tonnes d'équipements et de quêtes).
Scars of Velious se contente donc de suivre son ainé et s'appuie sur les mêmes améliorations : 16 nouvelles zones pour les joueurs de niveaux 35 et plus, de nouveaux ennemis à abattre à la chaine ;-) et surtout, enfin, une interface fonctionnant totalement en résolution 1024x768 (et plus). Les heureux joueurs possédant des persos de niveaux 30 ou plus auront aussi la joie de découvrir de nouvelles compétences de combat et/ou quelques nouveaux sorts, sans compter cela va de soit la nouvelle collection automne-hiver du prêt-à-porter EverQuestien (Ô ! la belle armure qui brille, Ah ! la belle robe Druidique aux couleurs chatoyantes, Hé ! la belle épée +12 qui-slash-ta-race...).
Attention ! Après avoir installé SoV, lancez votre connection EQ et cliquez sur l'option "Velious Patch". Un patch d'environ 8 Mo vous attend ;-). Ensuite il vous faudra vous enregistrer ("Velious Registeration") avant d'entrer dans le monde de Norrath afin de valider votre accès au nouveau continent.

Réservé aux chômeurs et aux étudiants (attention humour second degré).

Il faut bien sûr prévenir ceux qui ne connaissent pas encore EverQuest (relire mon test de ce jeu merci :-) : certains resteront totalement hermétiques car EQ se positionne avant tout comme un JdR online "social" de longue haleine, où l'investissement personel est très important si vous souhaitez progresser. A titre d'exemple il faut savoir que la montée de niveau devient TRES lente à partir du niveau 30 (entre 6 et 10 heures). Il faut avoir du TEMPS et surtout l'ENVIE de persévérer !

Les auteurs proposent donc des quêtes basées sur la recherche d'objets très rares (appartenant à des personnages de hauts niveaux qui n'apparaissent que rarement dans le jeu, par exemple 1 fois par jour -temps réel-). C'est donc avant tout un besoin de reconnaissance "sociale" qui poussera le hardcore gamer à rester des heures entières dans un même lieu afin d'acquérir un des 4 objets qui lui permettra d'obtenir une arme/armure plus puissante. La fierté d'arborer certains objets ou de pouvoir visiter certains lieux est la seule vraie motivation dans ce jeu quasiment sans fin. On peut aussi, avec un groupe d'amis venant jouer aux même heures que vous, simplement jouer "pour le fun". Mais il faudra veuiller à garder des niveaux équivalents afin que chacun est un challenge à la hauteur.
Je l'ai déjà dit dans le test d'EverQuest, l'intérêt est aussi dans le vaste choix de classes, de races et d'alignement (bon, neutre ou mauvais). Tout type de joueur y trouvera son compte. Vous aimez les armures brillantes et le contact direct avec l'adversaire, les classes de "Mélée" sont faites pour vous : Warrior, Monk, Rogue, Paladin, etc. (chaque classe ayant bien évidemment ses spécificités, ses compétences propres). Les Troll ou les Ogres bénéficient de la force et de l'endurance nécessaire pour tenir le choc.
Vous préférer la jouer fine et maitriser des sorts magiques puissants, en évitant le corps à corps, les Lanceurs de Sorts vous donne un vaste choix : Cleric (roi du soin et de la resurection), Wizard (roi du "burn" et de la téléportation), Magician (et leur puissants "familiers"), Shaman (pour "gonfler" vos caractéristiques et celles de vos amis), etc. Les Erudite ou les Elfle disposent de l"Intelligence ou la Sagesse nécessaire. Le meilleur conseil que l'on puisse donner est de créer 2 ou 3 persos différents et de tester leurs particularités jusqu'au niveau 10 environ (une vingtaine d'heures doivent suffire).

Tu l'as vu mon Marteau +12 à particules ?

Pour conclure sur cet add-on, il faut aussi parler de l'amélioration des effets spéciaux graphiques et sonores de Scars of Velious. L'introduction récente des "Epic Quests", ces quêtes qui permettent d'obtenir l'arme "ultime" pour chacune des 14 Classes, a aussi permis de voir de magnifiques gerbes d'étincelles ou de feu, ou encore des effets de transparence. Les persos et l'architecture des bâtiments sont plus détaillés dans les territoires de SoV). Bref votre carte graphique achetée à noël sera un peu plus mise à contribution. Du coté sonore, la prise en compte de directx 8 permet aux auteurs d'inclure plus de sons d'ambiance et de gérer plus efficacement le surround (et par conséquent de savoir précisément d'où viennent les ennemis "errants" lorsque vous êtes en plein combat). Je ne parlerais pas des musiques du jeu qui restent malheureusement assez risibles (en midi ca sonne un peu minable face aux orchestrations de Baldur's Gate 2 par exemple).

Petit à petit, chaque patch hebdomadaire améliore EverQuest. Le succès mondial du jeu le prouve (son seul concurrent dans ce genre semble être Asheron's Call), le JdR "social" Online a de beaux jours devant lui. L'abonnement mensuel de $10 est largement justifié vu le suivi de l'équipe de Verant. Il manque cependant de véritables animations, des quêtes ponctuelles qui permettrait de gagner des objets ou des "titres" uniques, faites par les GM "humains" qui pourrait donner un peu plus d'épaisseur au monde de Norrath (dont l'Histoire n'est pas modifiable par des actions d'envergures de Guildes de joueurs puissantes par exemple).
Je rêve d'envahissement d'armées des ténèbres dans les villes d'alignement "bon", ou d'un appel des forces du bien pour nettoyer un territoire "mauvais". Cela impliquerait davantage les joueurs qui souhaitent participer à l'univers d'EQ. Espérons que mon souhait se réalisera pour l'an 2001 ;-) .

vendredi 15 décembre 2000

Fight Club

(1999 - Réalisé par D. Fincher) ***** (2 Discs)

Un homme travaillant pour une compagnie d'assurance souffre d'insomnie. Ses errances nocturnes vont lui faire rencontrer une femme aussi larguée que lui et surtout un représentant en savon, Tyler Durden.

Un thriller incroyable doublé d'une réflexion judicieuse sur la génération des mâles trentenaires des années 90. David Fincher confirme son talent à choisir des histoires fortes et des acteurs inspirés, et son savoir-faire technique hors pair : images subliminales disséminées un peu partout, mouvements de caméra improbables. Les messages assénés tout au long du film sont percutants.
On y voit un Edward Norton insensible, son boulot consistant à couvrir les défauts de fabrication des voitures lors d'accidents. Il est obsédé par les apparences et se définit par ses possessions, les objets qui vous appartiennent finissent par vous posséder, nous averti-t-on. En cherchant à retrouver ses émotions il va devenir accro à la compassion, l'auteur anticipe au passage le phénomène de la télé-réalité, tellement factice en vérité, dans laquelle on provoque des situations dans le but d'amener des émotions. L'étape supérieure inévitable est la confrontation avec lui-même et son abandon de la société de consommation, avant de lutter contre celle-ci. Le choc de la rencontre Norton/Pitt, au sens propre comme au sens figuré, prend toute sa mesure dans la révélation finale que je ne dévoilerais bien sûr pas ici. Puissant.

samedi 2 décembre 2000

The Ultimate Toy Box (1999): Toy Story - Toy Story 2

Toy Story (1995 - Réalisé par J. Lasseter) *** + Toy Story 2 (1999 - Réalisé par J. Lasseter / A. Brannon) **** + Supplemental Features (3 Discs)

Toy Story : Les jouets sont vivants. Si, si. Et quand Woody le vieux cow-boy en bois voit arriver un superbe Space-Ranger en plastique dans la chambre de l'enfant, il sent sa fin proche.

Un des premiers film entièrement en image de synthèse, fort heureusement soutenu par un scénario malin qui intéresse autant les enfants que les adultes. Chaque jouet à sa propre personnalité en rapport avec son apparence, Rex le dinosaure est par exemple complexé par son manque de charisme. Beaucoup de clins d'oeil, un brin de nostalgie, et surtout un rythme nerveux qui donne un bon coup de vieux aux dessins animés traditionnels.

Toy Story 2 : Laissés à leur sort pendant la semaine de vacances de leur propriétaire, les jouets pensent se la couler douce. Malheureusement des événements imprévus les sortent une nouvelle fois de leur chambre.

Lorsqu'on le compare techniquement avec son prédécesseur, on sent la rapidité avec laquelle l'imagerie de synthèse progresse. Les auteurs n'oublient pas l'essentiel, l'histoire, et multiplient les références cinématographiques (ou les pillages, selon votre point de vue) en gardant un rythme soutenu. Comme pour le premier épisode les grands enfants se régalent autant que les petits. Mon seul reproche : le sacrifice à quelques passages musicaux larmoyants façon Disney.