vendredi 1 octobre 2004

STAR OCEAN : TILL THE END OF TIME

Fun 8/10
Technique 6/10
Style RPG
Editeur / Langue Square Enix - Tri Ace / Europe
Infos 2 DVD / 1 joueur / Carte mémoire 175+1200 Ko / Contrôle Analogique / Fonction de Vibration



Un jeu pour les professionnels.

En cette année 2004 la production RPG sur PS2 se résume à cette simple constatation : un immense désert avec une oasis tous les 500 Km. Pire, si on élimine les jeux n'exploitant pas pleinement le potentiel technique de la machine (voir l'excellente série des RPG tactiques à la réalisation digne d'une SNES sortie chez Atlus USA -Disgaea, La Pucelle Tactics, Phantom Brave-), on se retrouve vraiment face à l'intérieur du crâne de Van Damme : le vide intersidéral. Malheur, la vie de l'amateur de Jeux de rôle n'est pas facile chez Sony.
Rappelez-vous camarades, le dernier RPG-Action valable nous venait des amis de Square Enix, les seuls fournisseurs officiels de Hits dans cette catégorie, en la personne de FFX-2. Et il date déjà de plus de 10 mois dans sa version US ! Mais on peut toujours compter sur tonton Square et mamie Enix, une nouvelle fois ils viennent à notre secours avec dans leurs petites mains potelées un jeu étrange venu d'ailleurs, Star Ocean : Till the End of Time.

Pour ceux qui l'ont connu sur la Play première du nom, "Star Ocean The Second Story" reste un des RPG incontournables : un univers de S-F heroic-fantasy original, des systèmes de jeu complexes et novateurs, des combats très orienté Action mais sans perdre leur coté stratégique. Du bonheur en pack de 12. Sa suite sur PS2 a connu un sort peu enviable il y a un an et demi : la version sortie dans le commerce contenait 2 ou 3 bugs très fâcheux, un comble pour un jeu Console et surtout Japonais (il y a dû y avoir quelques Hara-kiri de programmeurs dans les couloirs d'Enix à l'époque). On a donc vu une seconde mouture débouler au pays du soleil levant. Nommée "Director's Cut", elle corrigeait les bugs sous prétexte d'ajouter quelques modes de jeux supplémentaires. C'est sur cette version complète que se base cet "Episode III" européen.

Fayt Leingod, un ado pubère, est en croisière galactique avec ses parents à bord d'un énorme vaisseau spatial. Il est accompagné par son amie Sophia, qu'il drague nonchalament en tentant de la convertir aux jeux video (ha !). Vous le savez bien si vous êtes adepte des RPG Jap, bientôt ce tableau idylique va être noirci par une funeste rencontre. Et paf ! Voila-t'y-pas qu'une race d'Aliens belliqueux attaque le navire de "la croisière s'amuse" et met un boxon pas possible dans les plans romantiques de l'ami Fayt... Voila notre jeune ami obligé de se téléporter loin de sa famille sur une planète inconnue et hostile. Heureusement qu'il a appris à se battre grâce aux video games !

Encore une sortie française baclée

Qu'on se le dise SO:TtEoT n'est pas pour les gamins : d'abord l'édition européenne n'a de français que le manuel. Tout le reste "ingame" est en english (menus, textes et dialogues). On retrouve au passage cette très mauvaise habitude en matière d'adaptation sur notre pitoyable territoire des grenouilles : le mode 50 Hrz et sa surface d'affichage réduite sur 1/3 de l'écran télé, sauf si comme moi vous avez un beau 16/9 ;-)
La mise en place de l'histoire et des personnages est très lente. Comptez 10 heures pour commencer à entrer pleinement dans l'aventure ! Avant cela les auteurs nous ballade sur la planète Hyda IV avec deux grandes villes et trois vastes donjons à explorer. Ce n'est qu'après ce long apéritif que le joueur pourra goûter au plat principal : notamment des combats nerveux avec moult skills à utiliser et un système d'invention d'objet astucieux.
Mais c'est surtout au niveau du jeu en lui-même que la marche est haute. Seul un petit tutorial explique les bases des affrontements, et la doc succincte n'en dit pas beaucoup plus. Ceux que le plaisir de la découverte et du tatonnement enchantent seront ravi, les débutants et les amateurs de prise en main rapide qui auront squeezé les instructions éprouveront quelques difficultés pour comprendre les batailles.

Graphiquement SO:EoT se situe dans la bonne moyenne. La 3D est inférieure au maître Final Fantasy pour se rapprocher du style Xenosaga. Les persos sont peu détaillés (visages Japanime, animations basiques) et les décors manquent de couleurs mais sont plutôt vastes. Les passages en image de synthèse, répartis sur les 2 DVD du jeu, sont eux au niveau Square : top of the moumoute. Tous les dialogues principaux sont parlés, les doublages US étant assez bon en général si ce n'est les habituels problèmes de traduction (ou comment faire entrer 3 km de phrases japonaises en 3 mots d'anglais ;-) et certaines voix irritantes (pourquoi les héroïnes japonaises ont-elles toujours 14 ans avec des voix d'enfants de 6 ans ?!).
Une carte avec un "brouillard de guerre" et un pourcentage de surface découverte est présente dans tous les lieux, permettant au maniaque de l'exploration de contrôler qu'il n'oublie rien. De toute façon l'objet indispensable pour accéder aux endroits cachés ne vous sera remis que tardivement dans l'aventure, une bonne occasion de forcer le joueur à recommencer une partie en mode "Hard". Trève de blabla, voyons maintenant le coeur du jeu, ce qui représente les trois quarts du gameplay et qui motive généralement l'amateur éclairé de RPG : le système de combat.

Get ready... Fight !

Ca fuse, ca pulse, ca bastonne ! Les combats dans le nouveau Star Ocean gardent le même "vrai" temps réel (real real time comme dirait l'autre) que dans l'épisode précédent. Le moteur du jeu laisse apparaître les ennemis dans le décor, et libre au joueur de choisir de les affronter ou non (sauf bien sûr les Boss, là c'est fritage obligatoire). Une fois face aux ennemis, tout se déroule en direct : on déplace son perso principal, on s'approche d'un adversaire, on frappe. Les 2 autres persos du groupe sont dirigés par l'ordinateur, selon des indications données par le joueur (attaque physique, magie, etc).
Evidemment ce concept limite "Tekken 12" est étoffé par de multiples possibilités, on est dans un RPG pas dans un jeu de baston ! Deux types de coups sont dispo (mineurs ou majeurs) et la position par rapport à la cible est gérée (proche ou éloigné).
Une jauge d'action nommée "Fury" est la base de la gestion du temps réel : restez immobile et elle se charge pour atteindre 100%. Dans cet état votre personnage bloque automatiquement les attaques mineures (ce qui entraîne des états spéciaux chez l'ennemi -stun, etc-). Mais attention, dès que vous êtes en mouvement ou que vous activez un coup ou une autre action (utiliser un objet, lancer un sort, etc), votre niveau de "Fury" diminue. Si vous passez votre temps à courir et à taper comme un malade, vous descendrez bien vite à 0%, limite dans laquelle votre perso ne peut même plus bouger. Le secret des combats de SO:TtEoT passe donc par une totale maîtrise du pourcentage de cette barre.

Ensuite de multiples compétences de combat vont être gagnés au fur à mesure que chaque perso monte en niveau. Vous pourrez attribuer 2 coups spéciaux pour les attaques à courte distance (un appui bref sur un bouton du pad ou un appui long). De même pour les coups longue portée. Chaque compétence utilisée dépense bien sûr de l'énergie "Fury". Si vous parvenez à réaliser des "Combos" en coordonnant vos actions avec vos potes, vous obtenez en plus des "Battle Bonus", c'est-à-dire des modifications actives sur tous les combats suivants (XP multiplié par 3, Plus d'objets rares en récompense, etc). Attention toutefois puisque si un monstre parvient à "casser" votre garde par un coup majeur ou que vous fuyez un combat, le(s) Battle Bonus actif(s) disparaissent.
Autre point sympathique apportant un peu de piment aux centaines de batailles que vous allez livrer, les "Battle Trophies". Il s'agit içi de remplir une condition particulière en combat pour obtenir un trophée qui sera sauvegardé sur carte mémoire (fichier qu'il vous faut créer lors du tutorial de combat et qui fait 1200 Ko, si vous ratez l'occasion vous n'aurez plus la possibilité de toute l'aventure !). Vous finissez un combat en moins de 10 secondes ? hop, un trophée ! Sans avoir été touché ? un autre bibelot ! Vous réussissez à faire 333 pts de dégats en un coup ? vas-y René, fais péter les cahouettes ! Il existe 300 conditions qui donne ces bonus et qui vous serviront à obtenir de nouveaux costumes (couleurs) pour vos persos. Cool hmm ?

La bavure faite par Tri Ace sur le système de combat est d'avoir implémenté la mort des persos non seulement à zéro Pts de Vie (HP), ça c'est normal, mais aussi à zéro Pts de Magie (MP). On a donc des super-warriors avec ouat milles HP qui mordent la poussière face à une pauvre chauve-souris croqueuse de MP, frustrant non ? Heureusement cette technique fonctionne également contre les ennemis, on peut même dire qu'elle est une bonne stratégie contre certains caïds. Un système de Skill Points par niveau permet en outre d'augmenter les attributs un peu faiblard de chaque perso. Si le rythme du combat s'emballe et que l'écran devient trop confus, on a la possibilité de faire une pause en ouvrant le menu de choix d'actions : Magie (pompeusement nommé Symbology), Objets, Fuite, etc.

Le gâteau sous la cerise

L'interface et les menus sont toujours très clean dans les jeux Tri Ace. Till the End of Time ne faillit pas à la régle. On a même droit à un dictionnaire "ingame" hyper détaillé sur l'univers du jeu avec des centaines d'entrées (on aurait aimer au passage la même précision sur les système de jeu ;-). Les compétences en artisanat des personnages sont beaucoup moins complexes qu'avant (dans Second Story c'était proprement démentiel et même assommant). Mais il y a quand même de quoi faire avec le "Compact Communicator" reçu de la Craftsmen's Guild (une option qui n'apparait d'ailleurs qu'après une dizaine d'heures de jeu). En avant pour les passionnantes créations et manipulations d'objets dans les Workshop. On pourra alors passer son temps à récolter des ingrédients pour créer des plats exotiques exquis ou encore déposer des brevets sur des armes et des armures révolutionnaires afin d'amasser du fric et d'améliorer son classement dans la course à l'Inventeur Suprême (NTM).
L'équipement reste très simple à gérer : une arme, une armure, deux accessoires, bonsoir. Pas de quoi impressionner l'amateur de Jeux de Rôle Online sur PC, huhuhu ridicule. Certains accessoires permettent cependant de résister aux modifications de status en combat (poison, stun, freeze...). Très utile surtout lorsque les collègues contrôlés par la console font un peu n'importe quoi.

Star Ocean: Till the end of Time tient son pari. C'est en vérité l'unique RPG d'un niveau technique acceptable sur PS2 avec une profondeur de jeu suffisante pour intéresser tous les fans du genre. Donc on a pas le choix ;-) Même si les auteurs ne proposent pas grand chose d'innovant sur le plan scénaristique, il faudra s'en contenter et prendre son mal en patience en attendant encore une fois l'année prochaine (oui je sais, je l'ai déjà dit l'année dernière). Mais la liste des RPG prévus pour 2005 est réellement alléchante, et rappelons que ce sera probablement le chant du cygne pour la génération PS2/GameCube/XBox. Imaginez-vous entrain de jouer à Final Fantasy XII, Dragon Quest VIII, l'épisode II de Xenosaga et Suikoden IV... Ca vous file pas une demie molle ça hein ?! Désolé pour les demoiselles, je suis sûr que vous pouvez penser à une expression équivalente pour la gente féminine ;-)
Pour l'heure frères et soeurs, jouons à Star Ocean et taisons-nous. Plus de 60 heures de gameplay intensif vous attendent. Boudiou !



Jeu fini:
Ah quelle histoire ! Après un démarrage intéressant les auteurs nous gratifient d'un coup de théâtre gentillet, le coup du "jeu dans le jeu", on connaît merci ;-) Malgré tout ce Star Ocean 3 propose suffisament de challenges pour occuper près de 60 heures, voire beaucoup plus si on se passionne pour tous les mini-jeux offerts ainsi que l'artisanat très complet. Il faudra bien de la patience pour découvrir les secrets du jeu, j'ai par exemple découvert tout à fait par hasard une sorte de jeu de combat façon "Tekken" en donnant un objet rare à une personne précise dans le jeu ! De même ce n'est qu'après une bonne quarantaine d'heures de jeu que l'on découvre la cité des jeux contenant entre autre une sorte de jeu d'échec (simplifié of course) et des combats d'arènes avec classement ! Et je ne vous parle pas des Donjons optionnels et du mode de jeu "super-hard" (Universe) qui apparaît une fois le jeu terminé. Bref SO3 nous en donne pour notre argent, malgré son aspect graphique pauvre, son histoire simplette et ses persos manquant singulièrement de charisme. Il est sauvé par ses combats pêchus et l'immensité de son univers.

vendredi 24 septembre 2004

Under the Cherry Moon

(1986 - Réalisé par M. Lambert & Prince) ***

Christopher Tracy et son ami Tricky sont des gigolos américains qui sévissent sur la côte d'azur. Ils jettent leur dévolu sur une jeune et riche héritière, Mary Sharon.

Attention OFNI (Objet Filmique Non Identifié) ! Prince se lance dans la comédie romantique. Même en tant que fan de base de l'artiste, je dois dire que le résultat est... comment dire... curieux. Imaginez un film en noir et blanc (ambiance années 30 mais situé en 1985) avec une histoire à la Roméo et Juliette, le tout servi sur le ton de la comédie. Prince et Jerome Benton restent convaincants dans leur rôle de bellâtres fauchés vivants aux crochets de leurs victimes, et l'actrice Kristin Scott Thomas, alors débutante mais sûre d'elle, est surprenante de vivacité. Mais que dire du scénario ? affligeant suffira je crois. Aucune imagination, aucun rythme.
C'est d'autant plus dommage que le film est traversé de moments surréalistes dans des décors somptueux (Nice et ses environs). L'incroyable album Princier "Parade" servant de bande originale, on a droit à quelques incursions de comédie musicale très "hype". Assurément un objet de culte pour les fans de Prince, les autres n'y verront qu'une tentative passablement ennuyeuse.

Graffiti Bridge

(1990 - Réalisé par Prince) **

Le Kid a grandi mais il est toujours tourmenté. Il doit de nouveau affronter ses soucis : son inspiration se tarit et un groupe rival menace de racheter son club.

Sorte de suite plus ou moins avouée de "Purple Rain", Graffiti Bridge veut être avant tout un chemin de croix mystique. Prince n'incarne plus un personnage réel mais devient le Bien, la pensée positive, en proie au doute. Il s'oppose au Mal, alias Morris "The Time" Day, créature obsédée par le sexe et l'argent. Dans cet univers manichéen le personnage féminin, un rôle quasi muet et totalement transparent, est la métaphore du message divin, l'inspiration. On l'aura compris, difficile de rester éveillé devant ce spectacle gnangnan, à moins d'être sensible aux thèmes religieux.
Les rares passages efficaces sont à mettre au crédit de Morris Day, qui fait le show comme à son habitude, et quelques chansons tirées de l'album éponyme surnageant dans une soupe R&B insipide (mais là, encore faut-il aimer les chansons de Prince). On voit tout de même passer quelques Stars du Funk, comme l'ami Georges Clinton, qu'on appelle l'ami déchiré ;-) ou Mavis Staple qui apparaît le temps d'un titre. Le message basique aurait aisément passé le temps d'un clip, certainement pas pendant 1h30.

samedi 4 septembre 2004

Les 11 Commandements

(2004 - Réalisé par F. Desagnat/T. Sorriaux) *** Version XXL (2 DVD)

Une bande de joyeux fanfarons se voit confier une mission de la plus haute importance par le Dieu de la Blague : faire rire leurs semblables.

Michaël Youn, le cinglé du Morning Live, propose avec ce film un concept novateur dans le cinéma français. Une suite de happenings tous plus débiles les uns que les autres (et plus ou moins truqués) avec aux commandes une bande d'allumés qui vont tout faire pour relever les défis. Prière de débrancher ses neurones. Mais contrairement au phénomène américain "Jackass", le but ici n'est pas forcément de se faire mal physiquement. M. Youn ajoute parfois une dimension "politique" : le concours d'arrestation qui consiste à énerver la maréchaussée pour finir au poste fait plaisir à voir. De même le passage dans lequel la bande vient chanter "Le lion est mort ce soir" dans un stade où se produit l'équipe de foot de Lyon vaut le détour. Voir 20.000 décérébrés de supporters hurler à la mort est un plaisir de fin gourmet ;-) Aussi inquiétant pour la santé mentale de nos amis les djeune's : un Youn déguisé en Hitler faisant hurler à une centaine d'ados "Adolphe Président !"...
La majorité des sketchs est quand même basée sur la douleur : que ce soit au foot, au tennis, en roller, en bouffant du piment ou du viagra, en dévastant un supermarché, on a mal pour eux mais on se marre souvent. Évidemment il faut savoir apprécier cet humour mâle défoulant et gratuit pas toujours de haute volée. Moi oui. Avec en prime le génial Dieudonné dans son éternel personnage très premier degré. A noter que le second DVD contient 10 sketchs inédits qui vont beaucoup plus loin dans la provoc (ou la connerie si vous préférez) : un concours de branlette, un fouettage au jambon et à l'anguille dans un club SM, une nuit érotique avec une éléphante, un repas au laxatif... bref que du lourd !

mardi 24 août 2004

DOOM 3

Fun 7/10
Technique 9/10
Style FPS
Infos ID Software
Minimum Pentium IV 2 Ghz ou AMD Athlon 2500+
Solo et Multi
Testé sur : AMD Athlon 2500+XP / 1024 Mo DDR Ram / Radeon 9800 Pro (128 Mo) / Chipset NForce2 / Windows XP


Dans l'espace, personne ne vous entend gueuler

En cet été 2004 quelque peu humide, c'est avec une certaine fébrilité que j'accueille le nouveau prétendant au titre de meilleur FPS Solo de l'année, l'ami Doom 3. Petit retour en arrière pour situer la concurrence : un Painkiller simplet mais somme toute distrayant et surtout un Far Cry magnifique et original, avec ses décors extérieurs gigantissimes. Doom 3 se présente donc au pied du podium avec dans ses bagages un moteur graphique "made in" ID Software, et toujours sans signe de l'éternel rival Half Life 2.
Ce nouvel épisode attendu depuis des lustres nous propulse dans le futur, au 22e siècle pour être précis. Un pauvre Marines de l'UAC (Union Aerospace Corp), vous évidemment, se voit confier une mission de routine : se rendre sur Mars dans un centre de recherche. Vous êtes donc débarqué sur le quai de la station avec pour seul matériel votre bite et votre couteau... pardon ? ah non, y'a même pas de couteau. Votre arrivée rappelle d'ailleurs un certain Half Life puisque vous passez les 10 premières minutes à explorer le complexe en discutant avec les autochtones. On s'aperçoit bien vite que quelque chose ne tourne pas rond, certains scientifique sont déprimés, vos collègues semblent nerveux... On se doute déjà que ca va péter à un moment ou à un autre. Of course, tout part en sucette lorsque les habitants sont soudainement pris d'une crise de Zombiïte aiguë et que tous les démons de l'enfer vous tombent sur la tronche. On est donc en plein trip "Aliens" recontre "Resident Evil". Pourquoi ? Comment ? Allez-vous réussir à fuir ? Quand est-ce qu'on mange ? Boudiou ! Quel suspens ;-)

L'interface est simple d'accès, c'est le moins qu'on puisse dire. Un bouton de tir, un de saut, et voila. Pas d'armement super-compliqué avec plusieurs modes d'utilisation, que du classique : pistolet, fusil d'assaut, Fusil plasma, Lance-roquette, grenades, etc... et bien sûr la traditionnelle tronçonneuse Doomienne. L'interaction avec le décor est très limitée, on peut seulement activer des écrans et entrer des codes pour ouvrir des casiers afin de récupérer Munitions, Soins et Armure. Bref, c'est du old school.
La seule pointe d'innovation vient de l'utilisation du PDA, sorte d'agenda électronique relevant pour vous tous les Mails et les badges d'accès traînants de ci de là. Vous récupérerez parfois des vidéos, des enregistrements sonores ou même des sites Internet à visiter indiquant des codes pour obtenir des bonus cachés !

Prévoyez des sous-vêtements de rechange

Et oui, quelle ambiance ! Le jeu est scripté dans ses moindres détails, c'est-à-dire que ce sont vos déplacements qui déclenchent les événements. Ainsi le passage dans tel couloir ou l'ouverture de telle porte va activer l'apparition soudaine de divers monstres. D'abord zombies et autres goules très lents, on rencontre rapidement des créatures autrement plus dangereuses, tels ces humanoïdes démoniques lanceurs de boules de feu, ou encore ces quadripèdes rampants, bondissants des (nombreux) recoins sombres. La première fois, l'effet de surprise est garanti et on sursaute ! J'en ai même laché ma souris à plusieurs reprises ;-) Bien entendu quand on s'est fait avoir une fois et qu'on crève comme un couillon, la seconde tentative est moins marrante car on sait précisément oà ils se trouvent.
L'intelligence artificielle n'est pas le point fort des ennemis. La plupart se contente de vous foncer dessus, ce qui est une bonne stratégie dans les corridors exigus. Même vos ex-collègues Marines devenus Luciferiens n'emploient pas de coordination de mouvement en groupe, ils se planquent juste derrière le décor pour vous arroser de plomb. Dernier point concernant le gameplay, une barre de stamina vous permet de piquer des sprints pour réaliser des sauts ou tout simplement pour fuir une situation mal barrée.

Reste que la progression est tout de même passionnante, du fait de l'utilisation à outrance des superbes effets d'ombres et de lumières. Votre meilleur outil est sans conteste le "Flashlight". Cette lampe-torche sera votre seule source lumineuse pour observer un décor souvent noyé dans la pénombre, quand ce n'est pas le noir complet.
Coté sonore le travail effectué est excellent. Outre les bruitages des armes et les cris des adversaires, on est constamment entouré de sons angoissants, avec dans les moments les plus crispants des appels désespérés de vos camarades par radio. Au fur et à mesure de votre avancement vous entendrez même d'inquiétantes et moqueuses voix en écho, perdues dans les limbes... brrr, ca fait froid dans le dos.

La beauté des morts-vivants

Graphiquement Doom 3 est bien la claque qu'on attendait, même si comme je l'ai dit en intro Far Cry est infiniment plus original avec ces îles tropicales. Dans Doom vous sortirez très rarement dehors, et de toute façon vous n'aurez pas le temps de visiter puisque je vous rappelle qu'on est sur Mars et que la météo ne se prète pas au bain de soleil. On peut dire que 99% de votre parcours se situe dans les couloirs et les salles high-tech de la base. Claustro s'abstenir ! La 3D ultra réaliste et le moteur physique du jeu font merveille. Avec une Radeon 9800 Pro sur Athlon 2500 on peut jouer en mode graphique "High" avec toutes les options à fond en 1280x960 (sans anti-aliasing toutefois). Notez qu'il existe un mode "Ultra-High" pour les possesseurs de GeForce 6800 ou Radeon X800, bande de privilégiés ;-)
Le luxe de détail atteint dans les animations et les textures (il faut voir les visages en gros plan !) est proprement hallucinant. La richesse des décors est aussi incroyable, même si tout est très "carré" dans cet univers fermé. Les lieux fourmillent de détails. Le design des monstres est lui aussi génial, ils sont tous pour la plupart des versions grandement améliorée de Doom 2. Enfin les effets spéciaux (tirs des armes, souffle des explosions, vitres blindées déformant le paysage) montrent le soin apporté à la finition du jeu. Du beau travail.

On s'interroge toutefois sur quelques effets manquants à l'appel qui auraient certainement contribués au feeling général de Doom 3. Nous sommes soit-disant en 2100 et des bananes, et pourtant notre soldat d'élite ne dispose d'aucune vue spéciale : pas de vision de nuit, pas de détection de chaleur... pourtant tous les jeux d'infiltration et les FPS récents proposent ces options (Splinter Cell 2, Far Cry...). Et aucune arme ne dispose d'une torche intégrée, ce qui éviterait de swapper sans arrêt entre sa lampe et son gun.
Heureusement le moteur physique est à la hauteur, il faut dire qu'aucun FPS ne peut se permettre aujourd'hui de ne pas gérer les ragdolls (squelettes), l'apesanteur et l'inertie des objets. Doom 3 passe ce test avec brio (... avec qui ?). On est juste un peu déçu que les cadavres disparaissent aussi vite ! Sûrement afin d'augmenter le nombre de polygones par personnage.

Et après le solo ?

On annonce une vingtaine d'heure pour la campagne Solo. On peut remercier les auteurs de nous avoir épargné le syndrome "Tomb Raider" lors de l'exploration : on ne fait pas trop d'allers-retours dans les mêmes lieux et les mécanismes pour débloquer les issues ne sont pas trop tordus. De ce fait on progresse vite sans buter sur un challenge insurmontable (en mode de difficulté "Normal", soit-dit en passant). On retrouve aussi avec un certain plaisir pervers les barils explosifs qui permettent de se débarrasser d'un groupe d'ennemis avec un minimum de munitions. C'est d'ailleur le seul élément un peu "stratégique" du jeu. Contrairement à Far Cry on peut sauvegarder à n'importe quel moment, ce qui enlève un peu de tension dramatique malheureusement.
Le mode multijoueur est pour le moment assez tristounet, mais on peut compter je pense sur la communauté active des fans pour améliorer certains points faibles. De nouvelles cartes, armes et modes de jeu devraient voir le jour dans les semaines qui viennent. On peut jouer en LAN ou sur Internet, avec les classiques Deathmatch (4 joueurs maxi seulement !), Last Man Standing ou Tournament. Rien de vraiment inquiétant pour les champions en titre coté FPS Online, ils peuvent dormir sur leurs lauriers d'Athène. Surtout qu'il faut vraiment une machine haut de gamme pour bénéficier de ce qui fait l'attrait principal de Doom 3 : la perfection graphique. Les Quakers et autres Half-Lifers s'en foutent un peu, privilégiant le jeu en team ou le réalisme de l'armement.

Une remarque extrêmement positive : le jeu est totalement exempt de bugs dans sa version commercialisée ! C'est suffisamment rare aujourd'hui pour être signalé, puisque la grande majorité des productions PC sortant aujourd'hui nécessite un petit passage sur Internet pour un patch correctif. Bravo donc aux développeurs !
Doom 3 fait partie de ses jeux spectaculaires qui misent tout sur le style, au détriment de la durée de vie diront ses détracteurs. Certes le gameplay général est vraiment old school, mais le soin apporté à la technique fait qu'on ne peut qu'admirer le travail accompli. Doom 3 est linéaire et nerveux. Il n'a ni la profondeur d'un jeu d'infiltration (Thief, Splinter Cell), ni l'implication politico-métaphysique et la liberté d'action d'un Deus Ex. Doom 3 c'est de l'adrenaline pure. Sur ce terrain c'est réellement une réussite.



Jeu fini :
15 à 20 heures de jeu en mode "normal", voila qui s'avère un peu décevant. D'autant plus que le scénario est loin d'être astucieux : ultra classique et donc prévisible dans ses moindres rebondissements (le scientifique qui ouvre une porte sur l'enfer, blah blah blah). Arrivé à la première moitié du jeu on commence sérieusement à tourner en rond. Heureusement dès qu'on pénètre dans la dimension infernale en quête du fameux "Soul Cube", on reprend espoir et l'intérêt est relancé jusqu'à l'affrontement final. Mais Doom 3 reste un excellent jeu grâce à ses graphismes, surtout le design des créatures. Et vu qu'aucune carte graphique actuelle ne permet de jouer en détails "ultra", le mieux je crois est d'y rejouer dans un an ou deux sur une nouvelle config pour l'apprécier une seconde fois, ce qui double la durée de vie ;-)

mardi 3 août 2004

Playlist Lenny Kravitz


Playlist on SPOTIFY

Sittin' On Top Of The World   (Let Love Rule - 1989)
Where are we running?   (Baptism  - 2004)
It ain't over till it's over   (Mama said - 1991)
Let Love Rule   (Let Love Rule - 1989)
Freedom Train   (Let Love Rule - 1989)
Live   (5 - 1998)
What the F are we saying   (Mama said - 1991)
Always on the run   (Mama said - 1991)
I Build This Garden For Us   (Let Love Rule - 1989)
Fields of joy   (Mama said - 1991)
Minister of RocknRoll   (Baptism  - 2004)
What goes around comes around   (Mama said - 1991)
Does Anybody Out There Even Care   (Let Love Rule - 1989)
It's your life   (5 - 1998)
The difference is why   (Mama said - 1991)
Mr. Cab Driver   (Let Love Rule - 1989)
Straight cold player   (5 - 1998)
Can we find a reason   (5 - 1998)

vendredi 16 juillet 2004

Le Nom de la Rose

(The Name of the Rose - 1986 - Réalisé par J-J. Annaud) ***** Edition Collector (2 DVD)

Au 14e siècle dans le nord de l'Italie, une abbaye austère perdue dans les montagnes. Un moine Franciscain assisté de son novice vont faire face à une série de morts inexpliquées dans la petite communauté religieuse.

Une passionnante enquête doublée d'une reconstitution méticuleuse d'une époque terrible. On apprécie également le message politique du film (et du livre dont il est tiré), mettant en scène les pitoyables errances religieuses de ces années : les luttes entre les différents courants religieux, l'asservissement des paysans face à la richesse écœurante de certains ecclésiastiques, l'inquisition qui terrorise la population. Tous les acteurs incarnent à la perfection leur rôle, à commencer bien sûr par un Sean Connery totalement crédible suivi par un Christian Slater alors débutant. Sa rencontre "physique" avec la jeune paysanne reste gravée dans la mémoire de beaucoup d'ados, en tout cas dans la mienne ;-)
Mais il ne faut pas oublier tout le reste du casting. Les moines de l'abbaye bénédictine, emmenés par le strict Michael Lonsdale, sont tous géniaux. Mention spéciale au stupéfiant Ron Perlman pour son rôle de bossu complètement barré, à tel point que la première fois que j'ai vu ce film j'ai cru qu'il était réellement handicapé ! Jean-Jacques Annaud réussi sa reconstitution de bout en bout, plaçant nombres d'allusions tout au long du film pour brouiller les pistes ou délivrer un message fort. Les motivations du, ou des, meurtrier(s) ont une portée philosophique qui trouve encore un écho aujourd'hui. C'est à ma connaissance le seul thriller médiéval réussi au cinéma, une rareté !

vendredi 9 juillet 2004

Sympathy for Mr Vengeance

(Boksuneun naui geot - 2002 - Réalisé par P. Chan-Wook) ** (2 disques)

Ryu, jeune sourd-muet, travaille dur à l'usine. Il doit gagner suffisamment d'argent afin de payer la greffe de reins dont a besoin sa soeur. Il décide de contacter des trafiquants d'organes.

Dans un contexte social éprouvant, le film montre des personnages que leur idée fixe pousse vers une inévitable fin tragique. La première partie raconte le drame qui va mener par la suite deux hommes à se venger l'un de l'autre. Mais le réalisateur parsème son histoire d'enlèvement tournant mal d'une multitude de séquences très violentes dont certaines ne semblent pas avoir de justification. Suicide au cutteur, torture à l'électricité, cannibalisme... c'est un peu too much pour donner une crédibilité au récit.
Et puis il y a ce final un peu simpliste qui ne me satisfait pas. Cependant l'habillage général de "Sympathy" est une grande réussite, couleurs et mise en scène sont très travaillées. Le réalisateur joue à merveille avec le handicap de son héros (contrastes sonores). Il y a aussi un gros effort salutaire pour s'éloigner du style habituel des films de gangsters asiatiques (plus posé, plus actuel). De plus le thème politique semble inédit pour un film coréen. Bref, ce "Sympathy for Mr Vengeance" montre une bonne maîtrise formelle de Park Chan-wook, il lui reste sans doute à soigner davantage le fond.

samedi 26 juin 2004

Matrix Reloaded

(The Matrix Reloaded - 2003 - Réalisé par A. et L. Washowski) **** Edition Double DVD

Néo et ses acolytes ont gagné une bataille, mais pas la guerre. Les machines lancent une contre-attaque d'envergure et atteindront Zion, la ville souterraine des humains, dans 3 jours.

L'attrait de la nouveauté n'est évidemment plus là, et le choix d'avoir rendu Néo quasiment invincible fait qu'on ne se préoccupe plus de l'enjeu de ses affrontements. Le scénario est confus, avec une profusion de nouveaux persos dont les motivations sont obscures dans l'univers de la Matrice : le Mérovingien, génialement joué par Lambert Wilson (précieux lâchant des bordées d'injures en français dans la V.O.), le Key Master, ou l'Architecte, qui déroule toute la complexité de l'intrigue d'une seule traite pendant 10 minutes à la fin ! Tout est remis en perspective : Néo ne serait qu'un jouet, une création "aléatoire" des machines, dont le but serait de mener ces dernières à son insu vers le dernier sanctuaire humain pour une destruction totale. Et cela serait déjà arrivé maintes fois si l'on en croit l'Architecte ? Nom de diou ! Où est mon aspirine ? Bref, cette suite apporte beaucoup plus de questions supplémentaires que de réponses, et développe l'univers de Matrix pour lui apporter une certaine consistance.
On notera que certains effets spéciaux, les personnages tout en images de synthèse, sont parfois très peu crédibles, l'exemple le plus frappant étant la séquence montrée au ralenti de l'Agent sautant sur le capot d'une voiture sur l'autoroute. Heureusement on reste tout de même ébahis devant les morceaux de bravoure qui traversent le film. Le combat contre les 100 agents Smith, constituant un lent crescendo vers une sorte d'overdose jouissive d'échange de coups improbables, celui avec les sbires du Mérovingien, où tous les styles de combats à l'arme blanche sont passé en revue, et bien sûr la séquence de l'autoroute, qui vaut surtout pour le passage très nerveux dans lequel Trinity s'élance à contre-sens à moto. Bref fini la dimension pseudo philosophique, place à l'adrénaline pure. On a droit en prime à la première explosion de foufoune virtuelle dans un film grand public américain (la fameuse séquence du gâteau au chocolat dans le restaurant), et là je dis bravo ;-)

Matrix Revolutions

(The Matrix Revolutions - 2003 - Réalisé par A. et L. Wachowski) *** Edition Double DVD

Plus que 20 heures avant l'assaut final des Machines sur Zion. Néo est plongé dans un coma profond, ses amis partent à sa recherche dans la Matrice.

L'épisode final de la trilogie s'engage bien mal. Une séquence de bavardage insipide dans un métro-purgatoire suivi d'un ersatz de combat dans un club SM font craindre le pire. Après avoir patiemment développé leur univers dans les deux épisodes précédents et laissé tant de questions en suspens, les auteurs choisissent, stupidement ou courageusement selon les points de vues, de prendre un contre-pied aux attentes des fans. Ils s'éloignent des réponses attendues et de l'affrontement que beaucoup de monde attendait : c'est bien l'Agent Smith le bad guy de l'histoire et non le camp des machines comme on le pensait depuis le début. Comme dans toute bonne trilogie SF made in Hollywood toutes les règles établies sont contredites : le programme Smith, clairement l'anti-thèse du héros, s'incarne dans un "vrai" être humain et Neo se voit doté de super-pouvoirs dans la "vraie" réalité (il parachève ainsi son statut Christique).
Mais quid du pourquoi ? Quelle logique doit-on comprendre ? La demi-heure apocalyptique du siège de Zion est effectivement très impressionnante graphiquement, mais sans la qualité parodique du premier épisode. L'affrontement ultime de Neo dans une matrice entièrement peuplée de Smiths montre un savoir-faire total du "bullet-time" maintes fois copié (le génialissime poing dans la gueule déformant le visage Smithien dans un ralenti irréel). Mais on garde un sentiment d'inachevé devant ce spectacle : on y voit deux puissances cartoonesques indestructibles s'acharner l'une contre l'autre comme des héros de japanime, façon Dragon Ball. Et en happy end les machines acceptent la paix en étant pourtant sûres d'écraser les humains après la disparition de Smith. Un final trop confus après une épopée de plus de 7 heures, non ?

vendredi 25 juin 2004

Purple Rain (1984)

Dans notre série "Chroniquons un album de Prince 20 ans après sa sortie", voici venu le temps de...




Purple Rain (1984)
Let's go Crazy
Take me with U
The Beautiful Ones
Computer Blue
Darling Nikki
When Doves Cry
I would Die 4 U
Baby I'm a Star
Purple Rain



Le choc Rock.
1984 est incontestablement l'Année Prince. Sa frénésie créative lui fait déjà composer des albums entiers pour d'autres groupes qu'il contrôle sous pseudonymes : Sheila E, The Time, Vanity 6, The Family. Mais cela n'est pas assez pour le bouillonnant pygmalion. 
Accompagné de son groupe qu'il nomme "The Revolution", Prince entreprend un projet de film musical. Remaniant un scénario qu'on lui a proposé, il écrit sa légende, celle du Kid de Minneapolis, Rock-Star faisant face à ses problèmes sentimentaux, familiaux et professionnels. Dans "Purple Rain" il n'est pas question de bacchanales en coulisse, ni de dope dans les chambres d'hôtel, mais plutôt de compétition acharnée pour être le number one sur scène, tout en gérant les amours contrariées et un père violent. 

Le film et sa B.O. sont indissociables, d'abord parce chaque titre est intégré in extenso et accompagne le scénario. Musicalement c'est à la fois une synthèse de tout ce qu'à construit l'artiste jusqu'alors et une réinvention complète de son oeuvre, puisqu'il s'ouvre totalement au mainstream en produisant un album 100% Rock, plus à même de satisfaire le grand public. 

S'ouvrant sur un orgue cathédralien avec la voix céleste du Prêcheur Nelson, l'éternel "Let's go crazy" annonce clairement la couleur. Mêlant sa science de la rythmique Funky aux solos de guitares Rock extatiques façon Guitar Hero, Prince n'est plus de cet univers. Se recentrant sur l'efficace il renonce aux longues plages instrumentale qu'il privilégiait dans sa précédente production, "1999". Cela donne l'énergique "Baby I'm A Star", qui nous dépeint un Prince à l'ego sur-dimensionné (en doutait-on ?), en auto-pilote vers la gloire mondiale ("I don't want to stop, 'til I reach the top"). 
Les compositions gagnent en précision, plus courtes donc, et surtout les structures sont denses, se focalisent sur l'essentiel, les harmonies se font plus complexes. Prince franchit clairement un nouveau palier avec cet album, sans doute influencé par les personnalités qui l'entoure, Wendy et Lisa, Matt Fink, Brown Mark et Bobby Z, musiciens hors-pair qui forment "The Revolution".

Le reste du monde découvre l'artiste avec "When Doves Cry", titre studio hallucinant dans lequel toutes les structures classiques sont décalées : pas de ligne de basse, rythmique hypnotique hyper-travaillée, sonorités inédites (ah! cette voix de rasoir en intro !). En avoir fait un Hit planétaire est déjà un exploit. Notre homme se questionne sur sa relation amoureuse compliquée, dans une supplique torturée où il cherche les raisons psychologiques à l'échec de sa romance avec sa dulcinée : est-ce à cause d'un père trop exigeant et d'une mère toujours insatisfaite ? 
Il n'abandonne pas ses pulsions et choque de nouveau l'Amérique avec le titre puissamment sexuel "Darling Nikki", qui se masturbe avec des magazines et qui arrive a laisser Monsieur tout pantois après une nuit en sa compagnie ("I can't tell u what she did 2 me, But my body will never be the same"), quel exploit ! La chaude Nikki est l'apothéose de cinq années de compos lubriques et représente son aboutissement ultime en la matière. Musicalement, Prince ne proposera plus rien d'aussi brutalement dépravé par la suite (pour les paroles, rassurez-vous il fera encore pire ;-).
Le dantesque "Computer Blue", couronnement électro-rock après des années d'expérimentations réussies (de "Annie Christian" à "Automatic"), s'ouvre sur un dialogue illuminé entre Wendy (Guitariste) et Lisa (Clavier) : "Is the water warm enough ? Shall we begin ?". S'ensuit un déferlement où la fureur du Kid explose dans sa poursuite d'un amour fuyant toujours ("where is my love life? where has it gone?"). Malheureusement le titre est tronqué sur l'album, afin d'y glisser en dernière minute le slow gentillet "Take me with U". Nos amis pirates auront tôt fait de mettre à disposition la vraie version de "Computer Blue", étalant sa rage sur douze minutes (et on attend toujours aujourd'hui son hypothétique sortie officielle). La version longue étoffe grandement les paroles, un Prince ravagé émotionnellement s'adresse à son père et recherche "l'aube" dans la nuit, perdu dans des dédales nommés "Peur", "Luxure" ou "Douleur".

Les ballades aussi bénéficient d'une sophistication innovante. "The beautiful Ones", dans laquelle Prince cesse d'être ce dragueur arrogant pour se mettre à genou devant sa promise hésitante, et le mystique "I would die 4 U" où il polit son personnage androgyne en figure Christique ("I'm not a woman, I'm not a man, I'm something that you'll never understand", on est bien avancé). 
Et puis il y a "Purple Rain", devenu depuis le cantique quasi-obligatoire de tous ses concerts, LE classique romantique avec sa partie instrumentale étirée d'une longue plainte qui fond sur un lit de violons. Il résume la thématique générale de l'album, la rupture sentimentale. Dans cette conclusion il "dépose les armes" et souhaite rester ami avec son ex : "I never wanted 2 be your week-end lover, I only wanted 2 be some kind of friend". 

Il souffle un esprit winner 80's euphorique sur toute la production Purple-esque, Prince est l'artiste le plus excitant de l'année, il devient l'attraction centrale du public et des médias. Cet album est évidemment son plus gros carton commercial, encore aujourd'hui il ne l'a jamais égalé en terme de ventes, et marque un tournant dans sa carrière en l'installant comme Star internationale. 
Et pourtant, ce n'est que le début...

samedi 12 juin 2004

Tueurs Nés - Director's Cut

(Natural Born Killers - Director's Cut - 1994 - Réalisé par O. Stone) *** Coffret Collector 2 DVD

Le destin hallucinant d'un couple de tueurs psychopathes dans les USA des 90's, Mickey et sa fiancée Mallory Knox. Les médias en font des stars et le public suit leurs "exploits" grâce aux journalistes et policiers en mal de gloire.

A l'époque de sa sortie au cinéma "Natural Born Killers" avait provoqué moult débats, à la grande satisfaction de l'auteur. Sensé démontrer les dangers de la violence dans les médias, il en utilisait pourtant les ficelles en montrant tout de cette cavalcade sanglante vécue par des personnages déjantés au dernier degré (les tueurs, les forces de l'ordre, les journalistes). 10 ans après qu'en est-il de ce brulot ? Son rythme est très nerveux, fait de plans très courts mélant toutes les techniques cinématographiques (vidéo, animation, etc), on reconnait immédiatement la "patte" géniale du réalisateur Oliver Stone.
Le scénario, d'un certain Tarantino ne l'oublions pas, est traversé d'excellentes idées : la rencontre entre Mickey et Malory traitée comme une sitcom dégénèrée par exemple. Les comédiens sont complètement investi dans leur rôle, mention spéciale à Juliet Lewis en "Serial Killeuse" psycho et à Tommy Lee Jones en Directeur de prison Texan complètement barré. Mais au final que retient-on de ce barnum Stonien ? Beaucoup de sang et de fureur pour pas grand chose... On le sait déjà que le monde est peuplé de timbrés et que les médias font dans le sensationnel, non ?

vendredi 4 juin 2004

La Vie de Brian

(Monty Python's Life of Brian - 1979 - Réalisé par T. Jones) ***** Edition Spéciale -DVD + Livret-

La vie de Brian depuis sa naissance en l'an 0 non loin d'une célèbre étable visitée par certains Rois Mages, jusqu'au jour de ses 33 ans où il continue de croiser un certain Jésus...

Lorsque les Pythons s'attaquent de front aux religions cela donne une explosion de dialogues et de situations blasphématoires jouissives ! Tout est tourné en dérision dans ce jeu de massacre où chacun en prend pour son grade. On ne les remerciera jamais assez d'avoir si bien su démonter tous les mécanismes de ses sectes qui ont "réussi". C'est formellement le meilleur film des Monty Python, même si on trouve moins de gags purement absurdes comme dans leurs précédentes productions, le niveau est sensiblement amélioré car les auteurs vont à l'essentiel dans les dialogues.
Ça fuse dans tous les coins : la mère de Brian, la lapidation, le Front Populaire Judéen, le prophète malgré lui, Ponce Pilate et ses problèmes d'élocution... Il faudra plusieurs visionnages pour apprécier ce bijou à sa juste valeur.

jeudi 27 mai 2004

Le Grand Mezze

(Melting-pot théatral de F. Rollin & E. Baer, 2004) *** (NEW!)

Le duo Baer-Rollin propose une expérience théâtrale décousue avec des comédien(ne)s d'horizons très divers et pour la plupart inconnus du public. Sketch, chanson, danse, numéro de cabaret, poésie, tout est accepté dans ce joyeux foutoir.

Chacun piochera à l'envie ses moments préférés du grand Mezze. Pour ma part ce sont les interventions des hôtes François Rollin et Edouard Baer qui font mouche quasi systématiquement. Les dialogues ping-pong rapides et subtils, plus ou moins improvisés, avec une folie et une originalité qui font tellement défaut aux comiques à la mode. Ne manquez pas le pétage de plomb de l'ami Rollin face aux deux jeunes, Christophe et Nader.
Le reste navigue entre foutage de gueule de la scène musicale Française, numéros de cabaret ringards, danses contemporaines et séquences oniriques poétiques (et un peu chiatique). Le tout est très frais comparé aux mastodontes du One-Man-Show qui occupent tout l'espace public dans les médias, et surtout chaque intervention est suffisamment brève pour ne pas lasser l'auditoire. On découvre même quelques futures célébrités dans des rôles inattendus, telle l'actrice Mélanie Laurent se faisant draguer nonchalamment ou la chroniqueuse Daphné Burki en stripteaseuse super-chaudasse. Quelques vedettes apparaissent un moment sur scène dans la partie "Best Of" du DVD (Darry Cowl, Didier Bénureau, Jean Rochefort, Patrick Robine…). Des interventions saucissonnées (par manque de place ?) qui perdent un peu de leur utilité.

jeudi 6 mai 2004

Le Bon, La brute et le Truand

(Il Buono, il brutto, il cattivo - 1966 - Réalisé par S. Leone) ***** Double Edition Collector MGM (2 DVD)

Deux bandits ont monté une petite arnaque qui fonctionne bien : le truand se laisse capturer par le bon, qui touche la récompense, puis le sauve avant sa pendaison pour recommencer dans une autre ville. Mais combien de temps cela va-t-il durer ?

Le classique du Western Spaghetti, des situations dramatiques tournées à un second degré salvateur, une façon de filmer unique qu'on oublie pas, des "gueules" inoubliables du plus insignifiant second couteau aux trois héros principaux. Plusieurs passages cultes sur un rythme tantôt lent tantôt exalté ont fait de ce film une référence du genre.
La présentation des 3 "amis" en intro donne tout de suite le ton ! Le cow-boy solitaire "sans nom", Clint Eastwood, trouve enfin des partenaires à sa hauteur en la personne de l'inquiétant Sentenza (La brute Lee Van Cleef) et surtout du déjanté Tuco (le truand, Eli Wallach). Tuco occupe l'espace, volant nombre de scènes à l'impassible Clint, et c'est surtout de lui qu'on se souvient dans les meilleurs moments ("When you have to shoot, shoot don't talk !"). Comme d'hab avec Leone la musique d'Enio Morricone tient un rôle prépondérant et fait beaucoup pour l'ambiance générale du film. Elle donne de l'ampleur aux vastes étendues, du caratère aux visages filmés en gros plan, et signe immédiatement tous les passages cultes.