mercredi 22 décembre 2004

Splendeur et gloire des Deschiens

(TV - 2004) *** Edition Objet Culte (2 DVD)

Le quotidien mis en scène de quelques personnages atypiques, des français pas nécessairement "moyens". Monsieur Morel et sa fromagerie, Monsieur Saladin et son Gibolin, mon gars Bruno Lochet, la Yolande, Tonton Duquesne et tous les autres. Leurs joies, leurs peines, leur boulot, leurs amours, leur famille...

Le troupe des Deschiens a débarqué dans le désormais cultissime show TV "Nulle Part Ailleurs" au milieu des 90's (elle reviendra même pour une saison en 2002). Les Deschiens apparaissaient alors totalement décalés, en caricature outrancière d'une France profonde faite depuis une émission ultra parisianiste. Quelques tristes figures montaient au créneau pour dénoncer cette moquerie des "vrais" gens. Et pourtant, connaissant bien le sujet puisqu'ayant vécu les vingts premières années de ma vie parmi quelques "Monsieur Morel" et "Yolande", je peux dire que malgré le trait forcé je n'ai jamais ressenti aucun mépris ni désamour dans ses scénettes Deschienesques. Au contraire une justesse et une vérité se dégage de la plupart des portraits, en plus d'une drôlerie féroce sur une certaine mentalité franchouillarde.
Ce best-of propose un bon survol du style "Deschiens", avec une large part accordée à l'emblème François Morel. Tour à tour patron paternaliste de sa PME exportatrise de Chafouettes et de Michachons, animateur de ses célèbres "3615 code qui-n'en-veut", père de famille désespéré de sa progéniture, ou présentateur de vibrants hommages karaokesques aux grands chanteurs nationaux (Cloclo, Gainsbarre, Aznavour…), l'ami Morel incarne l'esprit Deschiens. On constate tout de même, dix ans après, qu'il "écrase" un peu ses partenaires dont on aimerait parfois plus entendre le son de la voix. Je garde pour ma part une tendresse infinie pour Bruno le souffre-douleur (le Sarthois qui encaisse tout, les baffes ou le boudin noir au chocolat) ainsi que M. Saladin, génie comique qui fait mouche aussi bien en vieille dame guindée qu'en maître es-Gibolin à moitié pété. Une délicieuse tranche de "France d'en bas" bien avant que cette expression méprisante n'apparaisse. Ouaf !

vendredi 17 décembre 2004

HALF LIFE 2

Fun 7
Technique 8
Style FPS
Infos Valve
Minimum Pentium IV 2 Ghz ou AMD Athlon 2500+
Solo et Multijoueurs
Testé sur : AMD Athlon 2500+XP / 1024 Mo DDR Ram / Radeon 9800 Pro (128 Mo) / Chipset NForce2 / Windows XP



Un grand coup...

... d'épée dans l'eau ? Half Life 2 est enfin parmi nous, réjouissez-vous mes frères (et les deux soeurs au fond) ! Depuis l'annonce de sa sortie officielle il y a plus d'un an, on commençait sérieusement à désespérer. Il faut dire que HL2 est bien l'un des jeux les plus attendus car sa partie multijoueurs, j'ai nommé Counter Strike, est tout simplement la plus jouée au monde. En 1998 le premier épisode surprenant (personne ne l'attendait) avait marqué les esprits par son mode solo parfaitement scripté qui réservait moult surprises doublé d'une excellente intelligence artificielle. C'était la première fois qu'on voyait des adversaires dirigés par l'ordinateur se cacher derrière les murs et vous balancer des grenades pour vous déloger de votre planque. Révolutionnaire ! Puis vint Counter Strike, et jésus vit qu'il était bon... mais qu'est-ce que j'raconte moi ?!
Aujourd'hui Half Life 2 débarque dans un contexte résolument différent. Les premières images et vidéos diffusées il y a plus d'un an et demi étaient réellement incroyables, d'un réalisme époustouflant. On annonçait une sortie pour la rentrée 2003, tout le monde se mordillait les lèvres avec un filet de bave traînant sur la moquette. Mais en septembre rien. Une nouvelle date pour noël 2003 fut lâchée, avec le même fiasco, sur des explications totalement fumeuses de la part de Valve. L'année suivante les prétendants tels que Far Cry ou Doom 3 prirent le marché d'assaut, et s'en était déjà fini du mythe HL. Far Cry et sa jungle magnifique à perte de vue, Doom 3 et son gameplay bien nerveux. Alors que reste-t-il de nos amours ? Que reste-t-il de ces beaux jours ?

On retrouve l'ami Gordon Freeman, le scientifique adepte du pied de biche, bien des années après les événements relatés dans HL1. Tout a changé dans le monde, un consortium semble contrôler le pays tout entier, aidé par une inquiétante milice portant masques à gaz et matraques électriques. Les aliens sont partout. C'est la terreur dans la ville, et Gordon découvre un comité d'accueil musclé lorsqu'il arrive par un train de banlieue. Pas facile d'être le héros sauveur du monde libre, surtout quand les E.T. s'en mêlent.
L'intro est prétexte à admirer le travail accompli sur les graphismes, en particulier les visages des personnages, très expressifs. Les décors ont un aspect propre et net un peu froid, on regrette le coté visqueux de Doom 3. Mais ne vous trompez pas, HL2 offre tout ce qu'un jeu de 2004 se doit de montrer pour peu qu'on ait la carte graphique qui va bien. L'ambiance générale est flippante à souhait. Des écrans gigantesques diffusent la propagande gouvernementale pendant que les gardes font le ménage chez les "résistants". Après un premier quart d'heure de découverte les yeux écarquillés, une fois qu'on parvient à sortir de la gare, on se dit que la ville est à nous. Mais on déchante rapidement : le chemin est très balisé, impossible de passer outre les passages obligatoires qui déclenchent les événements. C'est vraiment le jeu solo "old style" dans la lignée de l'épisode 1 : on ne peut pas sortir des rails définis par les auteurs.

Dire qu'il aurait pu être le meilleur jeu de 2003.

Voila c'est dit, Half Life 2 a manqué de 365 jours son statut de jeu culte. S'il était sorti effectivement fin 2003, ce jeu aurait gagné les même galons que son prédécesseur : jeu culte, magnifique, fantabuleux dans l'esprit et dans la forme. Seulement comme je l'ai dit Far Cry est passé avant (bien avant, printemps 2004) et nous en a foutu plein les mirettes avec ses graphismes paradisiaques et sa profondeur de vue stupéfiante. Il nous a aussi offert une liberté d'action totale et des ennemis au comportement astucieux, ainsi que des véhicules à conduire. Ensuite est venu Doom 3 (été 2004) qui nous a plongé dans les profondeurs de ses couloirs sombres avec des graphismes et une gestion des ombres mirifiques, alliés à une atmosphère de film d'horreur unique. Dommage élianne !

Mais Half Life 2 possède quand même de solides atouts, à commencer par un moteur physique qui permet toutes les folies. L'apesanteur, on connaît déjà depuis quelques temps dans les jeux vidéos. Les modèles physiques deviennent de plus en plus réalistes, Half Life 2 n'apporte rien de nouveau mais touche à la perfection en la matière. On peut saisir les objets, les triturer dans tous les sens, les balancer, ça c'est du classique. Mais on doit aussi utiliser des briques et des bidons d'air pour déclencher des mécanismes et continuer à progresser. Après quelques heures on récupère une arme anti-gravité permettant de jouer encore plus avec les objets qui traînent, style bonbonne de gaz ou roue dentée. Couper net un pauvre zombie qui s'approche lentement, ca fait plaisir ;-) L'autre gadget original est une sorte de boule de phéromones que l'on lance au loin pour attirer des insectes particulièrement belliqueux. Ces derniers attaquent alors tout ennemi présent, au hasard des empafés de militaires ;-) Les autres armes sont dans la droite lignée de Half Life 1, du sympathique pied de biche à l'arbalète avec zoom intégré. On perd malheureusement les armes aliens et on doit se contenter des vénérables pistolet, fusil à pompe et grenade explosive.
La grosse nouveauté vient des véhicules. A vous les grands espaces pour piloter un buggy ou une sorte d'hovercraft. De véritables chasses s'engagent alors entre vous et les hélicoptères ennemis, donnant un bon coup de stress dans un gameplay général plutôt mou. C'est vrai que HL2 souffre de quelques baisses de régime lors de l'exploration des vastes plaines hors de la ville. Il faut parfois marcher pendant plusieurs minutes avant de rencontrer des adversaires potentiels. Dommage quand on a joué à Doom 3 où chaque coin de corridor cachait des stremons.

Le Freeman doit se réveiller.

Cette nouvelle mouture possède un charme indéniable grâce à son scénario digne du livre "1984" de George Orwell. Des petites scènes se déroulent en direct-live sous vos yeux (arrestations, discussions, exposition de l'histoire), vous impliquant dans l'aventure comme l'avait fait HL1 en son temps. On croise d'ailleurs de vieilles connaissances comme le mystérieux homme à la malette (le fameux "GMan"). Il faut prendre le temps d'ailleurs de s'arrêter pour observer autour de soit sous peine de louper des séquences ! Le monde vit sa vie, que vous regardiez ou non.
Il y a parfois des séquences surprenantes mettant en avant le moteur physique du jeu. On pilote par exemple une gigantesque grue avec un aimant pour saisir des containers et nous voila en train d'écraser des groupes d'ennemis et fracasser des grilles. On peut aussi jouer avec le robot d'alyx, encore une damoiselle qui vous admire ;-), en lui balançant des boules magnétiques qu'il va chercher comme le chien-chien à sa mémère. Un peu de détente dans cet univers apocalyptique.

Half Life 2 est un excellent jeu en solo, qui rempli parfaitement sa mission puisque la durée de vie semble conséquente. Les décors sont variés (couloirs sombres, appartements, plaines, marécages) ainsi que les adversaires (bestioles aliens, morts-vivants, militaires, etc). Il lui manque juste ce petit brin de folie et d'originalité pour remplacer son ainé dans nos coeurs. Mais il apporte un challenge suffisant pour justifier un achat de toute façon. Un gros défaut technique vient des temps de chargement interminables au sein d'un niveau. On se retrouve avec 1 ou 2 minutes de "loading" en plein milieu d'une zone ou dans un pauvre couloir, ca fait un peu tâche pour un jeu de cette trempe et de cette renommée.
Coté multijoueur les fanas se jetteront sans doute sur Counter-Strike Source, c'est-à-dire ce bon vieux Counter Strike remis à la page avec le moteur graphique de HL2. Encore une fois rien de transcendant puisque le gameplay se bouge pas d'un poil. Il faudra attendre l'arrivée de nouveaux "mods" dans les semaines qui suivent pour voir si la communauté des joueurs suit toujours Valve malgré ses erreurs de communication passées. Et puis rendez-vous en 2010 pour HL3, hu hu hu !



Jeu fini :
Comme prévu HL2 se termine en une vingtaine d'heures en solo. Le challenge est conséquent, surtout bien évidemment dans sa dernière partie avec l'exploration de la prison puis de la ville dévastée. Il faudra mettre en place des tourelles automatiques et gérer une petite troupe de soldats (en leur donnant des ordres simples) pour affronter les vagues d'ennemis et de vaisseaux spatiaux. J'aurais aimé pour ma part un peu plus de surprises dans le déroulement du scénar (classique trahison) et ingame (HL a quand même brillé par son concept d'événements scriptés, pourquoi ne pas avoir fait mieux que Medal of Honor par exemple ?). De même le concept d'avoir une troupe (d'aliens ou de soldats) à vos ordres pour les envoyer au casse-pipe à votre place diminue grandement la difficulté en mode solo. La fin laisse aussi malheureusement le joueur sur sa faim, et il est certain que Valve a déjà prévu une suite ou un add-on pour son titre vache-à-lait. Dommage pour le fun et le porte-feuille. Mais dans l'ensemble ce nouveau Half Life offre quelques bonnes séquences d'adrénaline et un thème novateur.

jeudi 16 décembre 2004

Le Professeur Rollin a encore quelque chose à dire

(L'intégrale du Professeur Rollin : Le spectacle + les vidéos) (TV : 2004) ****

François Rollin, alias le Professeur, donne une conférence sur la progression diagonale. Accessoirement il nous livre ses pensées et ses précieux conseils sur tout et n'importe quoi.

"Ce Rollin, quel boute-en-train", me disait encore hier soir ma concierge. C'est vrai que le personnage ne manque pas d'humour. Personnellement je l'ai découvert lors de ces interventions dans la série "Palace" : série humoristique de 1988 dans laquelle passait aussi Jean Carmet lisant des brèves de comptoir, Valérie Lemercier en bourgeoise donneuse de conseils, ou encore MM Philippot et Khorsand dans leur fameux duo reprit cette année dans une pub "Je l'aurais un jour... je l'aurais !". L'ami Rollin était également l'un des auteurs des sketchs joués par les "guests" de Palace. Tout était déjà présent à l'époque : un ton professoral sur des sujets aussi édifiants que les quotas laitiers ou les colibris. Un humoriste unique à mille lieux des comiques traditionnels français. Aujourd'hui, après un premier spectacle intitulé "Hirondelles de saucisson" et un vibrant "Colères" (dont on attend toujours une hypothétique sortie en DVD), l'homme revient sur scène. Le fil conducteur, une conférence sur la progression diagonale, n'est qu'un prétexte pour enchaîner des sketchs courts écrits pour la TV dans une série nommée "Le Professeur Rollin a encore quelque chose à dire".
Le spectacle part sur les chapeaux de roues, rien que pour expliquer le titre du spectacle il faut une bonne dizaine de minutes vraiment poilantes. Jusqu'à l'évocation de la singulière amitié entre Rollin et un arbre. Ici le professeur se perd dans une sensiblerie quelque peu déplacée, mais qu'on se rassure rien de vraiment rédhibitoire. Entre les coups de fil impromptus ("vas chier mon gros Raymond !"), les astuces pour se souvenir de son code de carte bleue, les conseils pour écrire un roman, la poésie en pays angevin et bien évidemment l'étude approfondie du pas diagonal, il faut plusieurs visionnages pour saisir toute la folie du bonhomme. Ou pas.

Le Seigneur des Anneaux : Le Retour du Roi

(The Lord of the Rings: The Return of the King - 2004 - Réalisé par P. Jackson) ***** Edition Spéciale - Version Longue (4 DVD)

Menés par l'inquiétant Gollum, Frodon et Sam s'apprêtent à pénétrer dans Minas Morgul, leur dernière étape avant d'arriver au pied de la montagne du Destin. De son coté le reste de la communauté de l'anneau affronte Saroumane.

La saga de MM Tolkien et Jackson dans son chapitre final : le meilleur film d'heroic-fantasy de tous les temps. L'ouverture sur la découverte de l'anneau par Smeagol et son complice est une (des nombreuses) brillante idée du réalisateur. On y voit le futur Gollum encore simple hobbit, corrompu par la puissance malfaisante de l'objet, par la volonté de possession d'un "trésor". On part ensuite dans une suite de séquences toutes plus extraordinaires les unes que les autres. Cette version longue (4h20 !) montre quasiment tout ce qu'a imaginé JRR Tolkien, et même plus (la mort de Saroumane par exemple). Les scènes de tension psychologique entre Frodon, Sam et Gollum alternent avec les affrontements les plus gigantesques. Sur grand écran on se souviendra longtemps de l'attaque des Mumakils, le genre de chose qui marque les esprits comme le T-Rex de Jurassic Park par exemple. On croyait avoir tout vu avec l'épisode 2, alors que nous n'assistions qu'a des escarmouches ;-)
Les mano à mano et les rencontres stupéfiantes s'enchaînent. Denethor l'intendant, Shelob l'araignée, le Roi des Morts et son armée, la bouche de Sauron... Autant de moments mémorables qui parsèment les histoires romanesques vécues par 5 groupes distincts : le trio portant l'anneau, Gandalf et Pippin face à Denethor, Aragorn et ses amis Legolas et Gimli partant sauver Minas Tirith, le Roi Theoden et sa fille Eowyn assisté de Merry, le destin émouvant de Faramir. Ouf ! Les (rares) protagonistes féminines de l'aventure font plus que de la figuration cette fois-ci, en particulier Eowyn qui va prouver sa valeur sur le champ de bataille. Peter Jackson respecte son contrat jusqu'au bout en évitant de terminer son film de façon hollywoodienne : la trilogie ne fini pas sur le couronnement du nouveau Roi et son mariage avec Arwen (le héros gagne son trophée, bonsoir ;-). Comme dans le livre on découvre ce qu'il advient des hobbits et en particulier des deux véritables héros de la saga, Sam et Frodon. Le destin de ces deux là dévoile une fin paisible, certes un peu étirée, mais c'était la volonté de l'écrivain. Rendons hommage à Monsieur Jackson pour ce classique du genre. Et un grand merci.

mercredi 15 décembre 2004

Les Nuls l'Intégrule 2

(TV : 2004) *** Édition Collector 4 DVD

Tout le savoir-faire drôlissime de la fine équipe de "Les Nuls" depuis leurs débuts en 1987 (Objectif Nul) jusqu'à l'Emission (1992). En cadeau bonus l'intégrale de TVN 595, délire télévisuel de près de 2 heures recréant une chaîne de télé nulle.

On pouvait le prévoir, le succès du premier Best-of en DVD de Les Nuls poussent les marchands à nous concocter une suite. Concept identique pour cette "Intégrule 2" : fausses pubs, sketchs avec par exemple Jango Edwards ou Gérard Lanvin, journal TV. Damned ! Toujours pas de véritable "intégrale" des différentes séries de Les Nuls, pourtant sorties en cassettes vidéos à l'époque. On se contente encore une fois d'un best of, un peu moins intéressant d'ailleurs que celui de 2003.
Le plus fort reste tout de même les parodies de journaux TV comme le JTN ou l'Edition ainsi que l'excellent TVN 595 (qui fut diffusé fin 88). Certaines pubs parodiées échapperont complètement aux moins de 20 ans puisqu'il faut avoir vu l'original pour en apprécier tout le sel ("vous me reconnaissez ?" ou encore "On va regarder K-2000" ;-). Ah ! ces jeunes...

vendredi 3 décembre 2004

La Cité de Dieu

(Cidade de Deus- 2002 - Réalisé par F. Meirelles) ***** (2 disques)

20 années de la vie d'une favela près de Rio de Janiero, depuis sa création dans les 60's jusqu'aux affrontements des gangs dans les 80's. A travers l'histoire de quelques gosses de ce ghetto, on découvre des destinées opposées.

Imaginez un "GoodFellas" de Martin Scorsese version Brésilienne filmé avec toute la nervosité et l'inventivité d'un Tarantino, voila résumé "La Cité de Dieu" de Fernando Meirelles. Avec sa myriade d'acteurs plongés dans un récit découpé en chapitres (nombreux allers-retours temporel), on sent les influences américaines de l'auteur. Mais ce serait faire injure au cinéaste de Sao Paulo que de le réduire à un vulgaire copieur d'Hollywood. Son histoire basée sur des faits réels est à la fois spectaculaire et profonde, là où d'autres se seraient limité à enfiler les scènes de fusillades "cool" pour empiler les cadavres. Les miséreux qui survivent dans le ghetto, la racaille qui fait sa loi, les flics corrompus, les médias qui ferment les yeux, les thèmes sont connus mais malheureusement véridiques.
Dans "La Cité de Dieu" on s'attache à ses petits caïds redoutables drogués jusqu'au cou et armés jusqu'au dents, en quête de gloire, de fortune, de travail ou d'amour. Certains de ses gamins flingueurs commencent leur carrière de criminels vers 10 ans et deviennent chefs de gangs, d'autres refusent la voie de la violence. Meirelles nous fait voir leur coté flamboyant mais aussi la face obscure : la scène la plus terrible du film n'est pas l'un des nombreux massacres qui parsèment l'épopée. C'est la séquence poignante où l'on oblige ce garçonnet à en tuer un autre d'une balle de révolver : ils apparaissent alors à nos yeux tels qu'ils sont, des enfants perdus et terrifiés. Le casting est incroyable, on ne peut distinguer les vrais acteurs des débutants. Formidable et impitoyable.

mardi 30 novembre 2004

Cocorico!

(Spectacle - 2002) *****

Attention référence ! Ce show Dieudonnesque est un Classique du genre, du temps où l'artiste incarnait des personnages et n'était pas une caricature de lui-même. L'époque heureuse où ses talents d'écriture et de jeu d'acteur ne masquait pas un combat nauséabond. Quand on pouvait rire avec Dieudo.

Cocorico! revient à une forme de One-man plus classique, par rapport au spectacle précédent, Pardon Judas, qui ciblait principalement la Religion. Ici plusieurs thèmes sont abordés dans un format traditionnel de sketchs sans véritable relation entre eux, si ce n'est de caricaturer une certaine idée de la Liberté, de l'Egalité et de la Fraternité. 
Depuis ces débuts, Dieudo est un chroniqueur de l'esprit hexagonal engoncé dans ses certitudes et ses contradictions. En raciste outrancier ("mon fils, épouser une négresse ? j'aurais préféré qu'il meure dans un accident"), en journaliste pédant ("On doit SIMPLIFIER l'information"), en gendarme ancien de la guerre d'Algérie dépassé par les violences des "quartiers", en instit désabusée dépassée par ses maternels "turbulents", en avocat véreux, en petite frappe admirative de la malhonnêteté de certains Politiques ("Chirac ? C'est un exemple pour nous"), l'artiste mène une charge impitoyable mais salutaire. Détendez-vous, c'est pour rire.

dimanche 28 novembre 2004

EVERQUEST II

Fun 9/10
Technique 9/10
Style MMORPG
Infos Sony Online Entertainment
Minimum Pentium IV 2 Ghz ou AMD Athlon 2500+
Multijoueurs uniquement (Version USA)
Testé sur : AMD Athlon 2500+XP / 1024 Mo DDR Ram / Radeon 9800 Pro (128 Mo) / Chipset NForce2 / Windows XP


Le retour de la grande aventure

Jetez votre téléphone portable, annulez vos rendez-vous pour les années qui viennent, faites un stock de boîtes de ravioli : revoilà EverQuest. C'est le retour du Roi des jeux de Rôle Online en ce mois de novembre 2004, et cela signe l'arrêt de la vie sociale de centaines de milliers de joueurs addict ;-) Après avoir participé pendant un mois au beta-test de ce jeu je dois dire que j'étais déjà conquis avant même d'avoir créé un perso sur les serveurs officiels.
EverQuest fut mon premier MMORPG au printemps 2000, à l'époque préhistorique oà l'ADSL n'existait pas et oà les processeurs des PC n'avaient pas encore franchi la barre du Gigahertz. Il resta pour moi une expérience ludique incroyable pendant plus de deux ans. Les jeux suivants du même style (Dark Age of Camelot, Anarchy Online, Star Wars Galaxies), même s'ils possédaient chacun leurs atouts, ne parvinrent jamais à capturer ce feeling si particulier qui entourait EQ. Aujourd'hui le second épisode sort enfin après quatre années de développement, quasiment simultanément avec l'autre maousse mammouth des RPG Online de cette fin 2004, j'ai nommé World of Warcraft.

EverQuest II tient sur pas moins de 2 DVD. Cela est en partie dû au fait que les auteurs ont choisi d'innover en proposant des dialogues parlés pour une large majorité des personnages non-joueurs (NPC) que vous rencontrerez. Plus de 130 heures de voix enregistrées, ca fait du méga-octets ! Signalons au passage que j'ai décidé de me procurer la version américaine du jeu afin de bénéficier des voix et des textes en V.O. (la traduction française étant toujours plus ou moins approximative ou pire, occasionnant des retards de mise à jour ou des bugs). Un fois l'installation effectuée on n'échappe évidemment pas au premier patch de la mort, histoire de se mettre tout de suite dans le bain. L'amateur écrase ici une petite larme en repensant à sa première fois sur EQ1, du temps oà un patch de 10 Mo prenait une heure par Modem 56k ;-)

Mais vient rapidement le moment tant attendu par le fan transi : la création de son petit avatar à soi, son alter-ego virtuel. La prise en main est extrêmement simplifiée, seuls la race et l'apparence du personnage sont choisis au départ. Ceci sans doute pour ne point effrayer le débutant (notre ami le "newbie"). Il existe 16 races, réparties entre les deux pôles "Good" et "Evil". Il faut dire que le monde de Norrath a bien changé depuis le premier épisode (qui je le rappelle fonctionne toujours en parallèle à ce nouvel univers). On se situe dans le même univers mais des centaines d'années après EQ1.
Deux villes se sont développées et représentent chacune un style de jeu basé sur l'alignement moral de votre personnage. D'un coté Qeynos, la cité du bien, avec ses larges avenues propettes et ses chevaliers droits comme la justice. De l'autre Freeport, la ville du mal, ses ruelles sombres et puantes, ses Dark Elves qui vous insulte. Choisis ton camp camarade. Les Ogres, Iksars (hommes-lézards) et autres Trolls sont invariablement du coté des méchants. Les Elfes, Nains ou Halflings se dirigeront à coup sûr vers Qeynos. Les autres races, dont deux totalement nouvelles (Ratonga, alias Hommes-rats, et Frogloks, alias Hommes-grenouilles !), auront en général le choix entre la Loi ou le Chaos. Outre l'apparence physique de l'avatar, ceci influe grandement sur vos statistiques de départ.
Il est fortement conseillé au petits jeunos de se plonger dans la doc dès cet instant afin d'en bien comprendre toute la portée. Un Barbare fera un piètre Mage, de même qu'un Haut Elfe sera bien faible en corps à corps. Il faut donc choisir sa race en ayant déjà une vague idée du métier qu'on voudra exercer. Si vous avez toujours un doute, prenez un Humain, ils sont moyens en tout !
Les options de customisations graphiques pour votre apparence sont très complètes, en particulier le visage. Mon seul reproche concerne le design des cheveux (un point toujours délicat pour les moteurs graphiques). On a plus l'impression de porter une perruque en plâtre mais espérons que cela s'améliorera avec le temps (et les nouvelles cartes d'ATI et de NVidia en 2005). En tout cas le choix artistique des auteurs est clair : réalisme et petits détails qui tuent (finesse du visage, monocle, tatouage, etc).
Passé le choix du serveur (4 personnages par compte sur chaque serveur), nous voila propulsé dans l'autre monde...

Bienvenue chez les réfugiés

Le tutorial se situe sur un bateau vous menant vers l'île des réfugiés. Le débutant y apprendra les rudiments de l'interface (déplacements, inventaire, quêtes, combats). On se prend une bonne grosse baffe au niveau graphique, pour peu qu'on ait une carte vieille de moins de deux ans (du genre Radeon 9800 ou mieux) et suffisamment de RAM (512 mini, 1 Go conseillé). Les personnages sont hyper détaillés, avec des textures fines et colorées, et les décors très fournis. La mer est sublimement reproduite, au niveau de ce qu'on a pu voir dans des FPS solo comme Far Cry, c'est dire ! Et puis le premier choc passé on se prend une autre droite en pleine tronche puisque le capitaine du navire s'adresse à vous en parlant. Une révolution dans le monde des RPG Online ! Ca cause à tout va ;-) Ce n'est qu'une fois arrivé sur les rivages de l'île des débutants que vous devrez effectuer le choix qui orientera toute votre future carrière : la sélection d'un archétype.

Comme dans tous les RPG Online récents (dans un souci de facilité d'accès) les auteurs proposent un choix de seulement 4 classes : Fighter pour celles et ceux qui aiment aller au contact en combat, Mage pour les aficionados de la magie offensive, Priest pour tous les docteurs en herbe et enfin Scout pour les fanas d'infiltration et d'exploration. Dès votre arrivée sur l'île aux enfants vous serez pris en main et découvrirez alors le système de quêtes. Les missions deviennent le corps central de votre activité dans EverQuest II. Dès que vous discutez avec un NPC vous avez une chance d'obtenir une mission. On en découvre aussi en lisant des bouquins. Du simple aller-retour en ville pour découvrir un quartier à la quête de longue haleine impliquant le massacre de nombreux innocents ;-), les demandes des perso non-joueurs sont nombreuses et variées.
On trouve des quêtes "Prestige" (objets spéciaux), "Access" (nouvelles zones accessibles), "Collection" (ramasser par exemple des papillons dans le monde entier ;-), etc. Bref, fini l'abattage de monstre à la chaîne sans autre raison que la montée de niveau. On gagne souvent de l'équipement pour son perso en plus de l'expérience et de l'argent, sympa non ? Un journal permet d'accumuler 50 quêtes en cours, il est classé selon le type et l'endroit oà vous avez obtenu chaque mission.
D'autres types de quêtes appelées "Hallmark" permettent d'acquérir un statut particulier ou de progresser dans sa classe de personnage. Ainsi avant de pouvoir parcourir le vaste monde vous devrez remplir les conditions nécessaires pour devenir Citoyen de votre ville. Au niveau 10 il vous faudra vous spécialiser dans la branche que vous aurez choisi en effectuant une mission en solo. Le Mage devra par exemple choisir entre Sorcerer (dégats directs), Enchanter (contrôle des ennemis) ou Summoner (Invocation de Familiers). On pourra affiner définitivement son style de jeu en faisant un dernier choix au niveau 20 (Necromancer ou Conjurer pour le Summoner par exemple) par la grâce d'une nouvelle mission spéciale.

Les petits "plus" de tonton EQ2

EQ1 le papy sorti il y a 5 ans souffrait de quelques handicaps dû à sa qualité d'ancêtre. Par exemple un groupe pouvait squatter un lieu pendant des heures ("Camping") et se faire piquer par un autre groupe l'ennemi attendu ("Kill Steal"). Ou encore un personnage de haut niveau pouvait tuer à l'infini un ennemi très inférieur à lui pour récupérer un objet précis ("Farming"). EverQuest II résout ces problèmes de belle manière : une fois un combat commencé il est "verrouillé" pour vous et votre groupe. Personne d'autre ne peut intervenir sur vos personnages ni sur les ennemis qu'ils combattent. En cas de danger vous pouvez faire un "Yell" pour obtenir de l'aide mais dans ce cas aucun points d'XP ni aucune autre récompense ne seront distribués.

De même en vous attaquant à des monstres de bas niveau vous ne gagnerez aucun objet. Des zones "instanciées" font leur apparition. Il s'agit de donjon dans lesquels vous (et votre groupe) êtes seul. Pas de risque de se faire griller par une autre équipe donc ;-) Enfin les fameux "downtime" (pause entre les combats pour regagner son énergie) sont drastiquement réduits pour le plus grand bonheur des acharnés. Les groupes sont toujours limités a 6 joueurs maxi, avec la possibilité de créer des "raid-parties" de plusieurs groupes en cas d'attaque d'envergure. On a vu ce que des groupes de 20 personnes pouvaient donner dans d'autres jeux (au hasard SW Galaxies, une cata en la matière). La gestion d'EQ2 par rôle est à sens la meilleure qui soit pour la catégorie RPG : chacun trouve ses marques et doit assurer sa partie pour que l'équipe survive.
Les combats sont nerveux et chaque classe dispose d'un nombre de coups spéciaux à activer (attaques, défenses, sorts). Le concept des "Heroic Oportunities" donne l'occasion d'enchaîner plusieurs coups dans un ordre précis afin de déclencher un bonus spécial (dégâts supplémentaire, soin, et j'en passe). Le meilleur est que les "H.O." fonctionnent aussi en groupe ! Lorsque la roue HO apparaît c'est à vous d'être attentif et de taper juste.

Les déplacements gagnent eux aussi en souplesse puisqu'il n'est plus nécessaire d'attendre 10 minutes qu'un bateau veuille bien apparaître pour vous amener à l'autre bout du continent. A présent c'est instantané ! Le jeu conserve son système unique de "zones". Entre chaque quartier on a droit un un court écran de chargement, ce qui est bien pratique pour échapper à ses poursuivants puisque eux ne peuvent changer de zone ! C'est certes un mauvais point pour l'immersion du joueur mais cela sauve bien des fois d'une mort certaine et permet une variété des décors plus importante (changement des textures). Les zones représentants plusieurs dizaines de kilomètres carré disposent en outre d'un système de transport par griffon : la classe ;-).
Pour personnaliser son personnage le joueur devra sélectionner à certains niveaux des capacités supplémentaires suivant sa race et sa classe (augmenter les caractéristiques, obtenir des coups ou sorts spéciaux, choisir une compétence). Ceci permet de différencier les styles de jeu au sein d'une même classe. On obtient même des titres honorifiques ("Hunter" pour 500 ennemis d'une même race abattus par exemple).

Un appartement vous est attribué lorsque vous arrivez en ville. Pour le moment assez gadget cette maison ne permet pas de stocker d'équipement supplémentaire (seule la banque le fait) et s'avère très limité au niveau décoration. Gageons que tout cela évoluera avec les futures extension. Actuellement seuls les Artisans y trouveront un intérêt quelconque...

La plus grande entreprise de France : l'Artisanat

A l'instar des nouveaux RPG Online sortis en 2003/2004 EverQuest II se devait de proposer un système d'Artisanat qui tienne la route. C'est chose faite grâce à la possibilité d'entamer une carrière parallèle d'Artisan fonctionnant sur le même principe que celle d'aventurier. En achetant des livres de "recettes" on peut apprendre à fabriquer des objets aussi divers que des sorts, des armes, des armures, du mobilier, des potions, de la nourriture, etc. Le système de création d'objet est original et évite les pénible séances de "Grinding" vue dans d'autres jeux (fabriquer 1000 fois de suite le même objet pour progresser en Artisanat, n'est-ce pas SW Galaxies ? ;-). Tout repose sur la qualité de vos ingrédients et sur vos compétences d'artisanat à activer. Quatre Niveaux de qualité sont disponibles, de médiocre à parfait. Pendant le processus de création d'un objet des événements surviennent et vous devez réagir en sélectionnant la bonne compétence. Si vous êtes trop long à réagir, la sanction est immédiate : dégâts physiques et perte de qualité pour l'objet.
Comme pour les combats des "coups spéciaux" sont activable lors de la fabrication. Cerise sur le gateau et bonheur total pour votre santé mentale, une tentative de création ratée ne vous fera pas perdre tous vos ingrédients. Ouf ;-) On note aussi que les différentes professions ont chacune besoin des objets construits par leurs homologues. Ainsi jusqu'au niveau 10 on évolue relativement rapidement pour peu qu'on s'investisse pour récolter des ressources. Aux niveaux 10 et 20 vous devrez vous spécialiser dans une branche en continuant à acheter les livres correpondants (Craftsman, Outfitter ou Scholar).

Il faut dire que les attaques des combattants et les sorts des mages et prêtres sont classés selon leur puissance. A chaque niveau un personnage gagne automatiquement son nouveau coup ou sort, mais à son efficacité la plus faible (Apprentice I). Les marchants vendent les versions Apprentice II. Les Artisans peuvent fabriquer les Apprentice III. Enfin on trouve sur les cadavres des adversaires les puissances supérieures : Adept (de I à III) puis Master (très rare). Le grand marché est accessible par l'intermédiaire des "brokers", des personnages non-joueur qui listent les objets mis en vente par les joueurs depuis leur maison. L'économie de Norrath devrait être un peu plus vivante d'ici quelques semaines quand tous les commerciaux se seront installé.
La mort est sanctionnée par une "dette d'expérience". C'est-à-dire que pendant un certain nombre de combat il lui faudra plus de points d'XP pour progresser dans son niveau. Cette dette peut être grandement réduite si le joueur retourne sur le lieu de son décès pour récupérer une "shard", présenté sous la forme d'un fantôme du personnage. La dette d'XP est aussi partagée par tous les membres d'un groupe en cas de mort d'un perso, ceci afin de motiver les joueurs à faire attention à leur partenaires. Dernier point négatif, votre équipement subit une dégradation à chaque fois que vous mourez, et vous devez passer chez le "Mender" de votre quartier pour le réparer sous peine de ne plus pouvoir l'utiliser.

C'est parti pour 2 ans de folie

J'éprouve la même sensation devant ce second épisode que lorsque j'ai découvert le premier EverQuest. Un univers extrémement vaste et une progression permanente mais qui devient de plus en plus lente à partir du niveau 20. Le système de combat et de gestion du personnage est bien pensé et, chose rare dans les Jeux de Rôle Online, relativement stable et équilibré dès sa sortie. Rappelons d'ailleurs que seuls les points de Vie et de Pouvoir (Magie) évoluent au fur et à mesure de vorte progression. Le reste des attributs (Intelligence, Force, etc) ne change que par l'intermédiaire de votre équipement. Les auteurs ont judicieusement imposé un niveau minimum au personnage pour porter les objets, ce qui évite de voir se ballader des "twink", ses personnages de bas niveau équipés comme des niveaux 50 ;-)
Le PvP (combats entre joueur) est réduit à sa plus simple expression dans EQ2. Les auteurs annoncent clairement que leur système de jeu est centré sur le PvE (Joueur contre Environnement) et tout l'équilibre repose sur cela. Mettre en place et gérer du PvP dans un MMORPG demande une grande maîtrise qu'aucun jeu actuel n'a encore résolu. Les joueurs un peu nerveux pourront toujours résoudre leur querelle avec un bon vieux duel ;-)

La bonne nouvelle est que l'équipe de Sony a su capitaliser son savoir acquis sur EQ1 tout en observant la concurrence qui s'est développées au fil des années. Les erreurs du passé ont servi à créer un jeu grandiose, solide dans sa forme et sur le fond. Graphiquement et au niveau sonore, on peut dire que EQ2 en jette ! Les animations et les effets spéciaux en combat sont eux aussi remarquables : on voit des gerbes d'étincelles dans tous les sens, les combattants effectuent des mouvements réalistes, les sorciers font trembler le sol avec leurs éclairs. Les armures rutillent, les épées scintillent, Magnifique ;-) Le joueur à toujours quelque chose à faire, une quête en cours, un donjon à visiter, des objets à fabriquer, une guilde à aider... Clairemement le jeu le plus aboutit dans son genre, EverQuest II est bien parti pour régner de nombreuses années.

mardi 16 novembre 2004

Dieudonné Tout Seul - Le Divorce de Patrick

(2 Spectacles - 2004) ***** (Pack 2 DVD)

Tout seul (1997) : dans une petite bourgade un certain Michel a perpétué une tuerie sauvage. Des journalistes enquêtent sur ce fait divers. A travers les témoignages de ses amis, collègues et personnalités du canton, on découvre l'histoire de cet homme.

Le tout premier spectacle de Dieudo en solo s'éloigne complètement des shows qu'il interprétait en tandem avec Elie. Dieudonné quitte le non-sens et le second degré décousu du duo en structurant son one-man-show autour d'un fil conducteur. La galerie de personnage est magnifique, et dès cette année 1997 l'auteur pose les bases de ce qui deviendra rapidement sa marque de fabrique unique : une suite de portraits féroces d'une certaine mentalité franchouillarde. Encore un peu timide dans son exploration de l'inconscient collectif national, la plupart des personnages ne sont pas poussé au bout de la caricature comme dans les spectacles suivants (Pardon Judas!, Cocorico!, Le Divorce de Patrick). Et qu'on ne se méprenne pas sur le sens du mot "caricature", on n'a pas affaire ici à un gentillet chansonnier ;-) . La plupart des archétypes qui seront ensuite repris (et, soyons honnête, améliorés) dans les autres shows de Dieudo sont déjà présents dans "Tout seul" : le curé, l'africain, le présentateur télé, le jeune de banlieue, le collabo. Ce satané Dieudonné arrive même à nous faire presque peur lorsqu'il interprète un drogué plus vrai que nature, traversé de spasmes.
Le seul point faible du spectacle vient des passages musicaux qui malgré la qualité des textes s'intègrent mal dans cet inventaire radical de la société française. Mais déjà avec ce premier plongeon dans le grand bain Dieudo parvient à nous faire rire de tout en appuyant là où ça fait mal, avec un talent d'acteur indéniable. Qu'il chausse ses gros sabots pour nous livrer un joueur de boules français grande gueule ou qu'il dépeigne ce petit esprit collabo qui murmure ces propos nauséeux, Dieudo est à l'aise sur les deux tableaux. Chapeau Bas !

Le Divorce de Patrick (2003) : Alors qu'il s'apprête à rendre hommage à un obscur poète lors d'un festival perdu au fin fond du trou du cul du monde, Dieudonné reçoit un coup de fil de son ami Patrick. Ce dernier est au bout du rouleau suite à son divorce.

Après s'être attaqué à la religion (Pardon Judas!), à la politique et aux médias (Cocorico! Son meilleur spectacle selon moi), Dieudonné enchaîne avec une charge musclée sur les rapports hommes/femmes dans ce spectacle de 2003. On retrouve avec plaisir certains des personnages récurrents : la maîtresse d'école, le curé, l'africain, le médecin. Mais Dieudo s'investit beaucoup plus en intervenant directement, même s'il se cache toujours derrière un masque d'exagération. Il nous livre ses pensées sur son éternel combat contre le fanatisme religieux et chronique l'état du monde en cette année de guerre en Iraq. 
L'évocation de cet ami Patrick donne lieu à des sketchs très drôles et très violents : depuis la première rencontre du couple jusqu'à son affrontement par enfant interposé, en passant par la naissance du petit Francis lors de la coupe du monde du foot. Le style comique de Dieudonné va au-delà de l'humour noir qui fonctionne souvent sur des provocations gratuites ou des cibles faciles. L'humoriste est parfois obligé de "sortir" du contexte pour commenter l'incommensurable connerie qu'il met en scène, pour laisser respirer le public ("Attendez, c'est un personnage ! Si vous croyez que c'est facile de jouer un type aussi con !").
Assurément l'un des derniers exemplaires de comique politique encore en activité en France, le style Dieudo dénonce, derrière la façade de la déconne. Le fabuleux sketch sur le Mollah Jean-Christophe,  où il imagine la dernière réunion des terroristes du 11 septembre, est un modèle du genre à montrer dans toutes les écoles de One-Man-Show. On est loin de l'humour niais ou bien gras qu'on nous sert aujourd'hui dans les médias. Et puis Dieudo ajoute toujours la petite touche de second degré salvateur qui sauve tout. Une leçon de vie, et en plus on se poile vraiment.

lundi 15 novembre 2004

Message à caractère informatif

(TV : 2004) *** (2 DVD)

Détournements de films d'entreprises des années 70 ou 80, les "Messages à Caractère Informatif" sont des extraits de vrais sketchs vantant les mérites de sociétés américaines ou européennes. Les auteurs ont remonté et doublé ses séquences pour en faire des parodies de l'esprit "winner" qui soufflait à l'époque.

Canal+ continue d'éditer les programmes qui firent la gloire de son émission phare des 90's, Nulle Part Ailleurs. Il faut bien sûr avoir vécu dans le monde du travail pour apprécier les sketchs de ces "Messages". Donc ami étudiant ou jeune chômeur, pas la peine d'essayer de saisir toutes les subtilités de ces sketchs. Au menu donc, cravates marrons, coupes de cheveux 80's et vrais salariés jouant mal devant la caméra. Les auteurs arrivent en général à trouver un angle particulier pour chaque extrait et partent dans des délires improbables.
Seul le faux bêtisier est complètement raté. Le reste est vraiment poilant, surtout que l'interface du DVD recrée entièrement celle de notre cultissime Minitel. Souvenirs, souvenirs.

samedi 6 novembre 2004

Purple Rain

(2-Disc Special Edition : 20th Anniversary) (1984 - Réalisé par A. Magnoli) *****

La vie du Kid, jeune artiste tentant de percer dans le monde du Rock au début des 80's. Ses problèmes professionnels (son groupe, ses rivaux) et personnels (ses amours, ses parents) sont autant d'étapes qu'il lui faudra franchir pour mûrir.

Étant depuis l'album Purple Rain un fan inconditionnel de Prince, vous comprendrez aisément qu'il m'est difficile d'être impartial concernant ce film. D'autant plus que l'action laisse une large place aux performances "Live", chaque chanson de l'album trouvant un écho dans l'histoire du film. Alors si Prince occasionne chez vous une poussée d'urticaire, inutile de vous forcer. Vous passerez cependant à coté d'un excellent "documentaire" sur la scène musicale de Minneapolis au début des 80's, melting pot bouillonnant mêlant adroitement Funk et Rock. Les Looks sont pas possible : peintures pailletées sur la tronche, chemises à jabot, coiffures improbables avec 15 tonnes de gel. Mais dites-vous bien les jeunes que c'était la mode à l'époque ;-)
Cette plongée au coeur de la vie d'un groupe de Rock tranche résolument avec les clichés laissés par ses prédécesseurs : ici pas de drogues, pas d'orgies lubriques. On se focalise sur la compétition avec les artistes concurrents (le groupe The Time, avec l'excellent Morris Day) et les tensions au sein du groupe "Revolution". Prince semble avoir mis beaucoup de détails personnels dans le film, ses rapports conflictuels avec son père donnent des moments dramatiques intenses et prouvent qu'il sait jouer la comédie. Purple Rain marque donc la décennie comme le meilleur représentant du genre "Film Musical", au même titre que l'album s'impose comme un incontournable de la catégorie "Rock".

dimanche 24 octobre 2004

De Caunes / Garcia: Le meilleur de Nulle Part Ailleurs

(TV : 2004) *** (2 DVD)

Au début des années 90 le talk show français à la mode se déroulait sur Canal Plus : c'était "Nulle Part Ailleurs". Parmi les séquences cultes (Les Nuls puis Les Guignols à partir de 91) l'ami Antoine De Caunes croquait les invités sous des déguisements de plus en plus farfelus. Il fut bientôt rejoint par un certain José Garcia. Le reste appartient à l'Histoire de la TV.

Oui, c'est vrai, les deux seuls sketchs exhumés régulièrement par Arthur et Cie peuvent commencer à en énerver certains ! Voir Sandrine Tropforte et Richard Jouir ainsi que les deux moines qui picolent de l'eau de vie est devenu un passage obligé pour toutes les émissions profanatrices de l'INA. Mais l'extraordinaire présence de Garcia fait que je ne peux m'en lasser. On trouve 2 époques réparties sur les 2 DVD : la période solo de De Caunes avec les personnages sympathiques de L'embrouille, Languedepute ou Ouin-Ouin par exemple, et les duos avec Garcia. Il y a souvent du comique purement visuel, bon enfant, et on rit parfois plus des fous rires de De Caunes que des sketchs eux-même. Voir les tronches pas possibles d'Antoine en Michel Jaxon, Prince Charles ou Pignolo, et de José en grosse pouffe, en poussin ou en lapine, c'est du travail d'orfèvre.
Mais le meilleur reste les imitations parfaites du sieur Garcia en De Niro (LA séquence culte), Elvis, Django Edwards ou Diana. A chaque fois il fait vivre ses légendes en quelques intonations et mouvements du corps, c'est réellement un acteur prodigieux. Observez-le bien dans les séquences où il n'est encore que second couteau (en Yvette Horner, en fermière avec pine d'huitre), c'est une véritable leçon ;-) De Caunes, lui, n'est jamais meilleur que lorsqu'il affronte directement les invités sous les textes acides de Laurent Chalumeau : il allume ainsi Huster, Hallyday, Lambert, Ruquier, Claude François Junior, Bravo, etc. Que des belles têtes de vainqueurs ;-) Malgré le rire parfois forcé du vénérable Philippe Gildas, on ne peut dire qu'un mot : jouissif.

vendredi 22 octobre 2004

Coup de Tête

(1979 - Réalisé par J-J Annaud) ***** Édition 2 DVD

François Perrin vit à Trincamp, petite ville de province, où il passe son temps entre l'usine et le club de foot, tous détenu par le Président Sivardière. Joueur amateur, Perrin commet un geste malheureux lors d'un entraînement qui va faire basculer son destin.

Un de mes films français préféré, un véritable inventaire de la connerie humaine traité sur un ton humoristique salvateur. Le contexte footballistique rajoute encore plus de force, avec son lot d'esprits étroits et d'imbéciles. Certe la charge est lourde, mais les dialogues sont percutants et soutenus par un casting incroyable. On retrouve plein de grands acteurs des 70's qui jouent à la perfection leur partition. Robert Dalban en vieux sage, Mario David en soigneur gaffeur (ne ratez pas sa réplique culte chez les soeurs), Maurice Barrier en patron de bar couillon, Gérard Hernandez en flic largué, Michel Aumont, Paul Le Person, Hubert deschamps... Ils sont tous là ! On suit aussi l'excellent Jean Bouise en PDG méprisant, un autre acteur magique que j'adore, notamment dans "Dupont-Lajoie", celui qui "entretien 11 imbéciles pour en calmer 800".
Et puis il y a Patrick Dewaere bien sûr, on sait quel acteur incroyable il est, ici impeccable en loser magnifique. Il va concocter une revanche implacable sur tous ses cons qui nous ressemble tellement, lors d'une mémorable séquence de dîner. Un mot sur la musique du film, composée par un certain Pierre Bachelet. La mélodie trotte encore dans la tête longtemps après la vision du film.

jeudi 21 octobre 2004

Bad Lieutenant

(1992 - Réalisé par A. Ferrara) **** Edition Collector 2 DVD

New-York, de nos jours. Un lieutenant de police commence sa journée en amenant ses enfants à l'école. Puis il snife un peu de coke avant de se rendre sur le lieu d'un meurtre, où il fait des paris sur les matchs de foot avec ses collègues.

Portrait brut d'un homme à la dérive, le film tire sa force de l'absence de jugement porté par l'auteur. A aucun moment on ne cherche à expliquer le pourquoi, aucun indice ne permet de comprendre la raison pour laquelle cet officier de police se détruit à petit feu, inéluctablement. Simplement un malêtre diffus et général face à une époque trouble, la notre.
Harvey Keitel incarne ce rôle avec conviction, je crois qu'il est l'un des rares à pouvoir jouer dans ce style outrancier sans tomber dans le ridicule. Il y a tellement de scènes qui pourraient basculer dans la démonstration pitoyable : on le voit seul chez lui complètement bourré, à poil, qui titube en geignant; dans la rue en train de se branler; ou encore à genou dans une église devant une apparition du Christ... Et pourtant quelle puissance ! Sans esbroufe (mise en scène minimale), sans surenchère gore, Abel Ferrara montre le quotidien du mal être d'un homme qui erre à la recherche de réponses ("I'm a fucking catholic, I'm blessed !"). Il va plonger dans une crise mystique au détour d'un fait divers terrible (le viol d'une nonne). Par de longs plans sans quasiment aucun dialogue on glisse lentement de la coke à l'alcool, du crack à l'héroïne (une scène où le réalisateur montre tout, injection comprise, avec dans le rôle de la Junkie l'auteur du scénario Zoe Lund). Le final, la rédemption du Bad Lieutenant avant sa chute, est d'autant plus fort qu'il est prévisible.

mercredi 20 octobre 2004

Coffret "Star Wars : La Trilogie" (2004)

Coffret "Star Wars : La Trilogie" (2004) : Star Wars (Star Wars: Episode IV - A New Hope - 1977 - Réalisé par G. Lucas) ***** + Star Wars: L'Empire contre-attaque (Star Wars: Episode V - The Empire Strikes Back - 1980 - Réalisé par I. Kershner) ***** + Star Wars: Le Retour du Jedi (Star Wars: Episode VI - Return of the Jedi - 1983 - Réalisé par R. Marquand) *** + DVD Bonus (2004)
4 DVD

Star Wars : A long time ago in a galaxy far, far away... A bord de son vaisseau spatial la princesse Leia tente d'échapper à la flotte de l'empire, emmenée par l'inquiétant Darth Vader. Ce dernier la soupçonne de détenir des plans secrets dérobés par les rebelles.

Évidemment la référence en matière de Science-fiction (presque 30 ans déjà !), Star Wars applique les bonnes vieilles recettes des films d'aventure américains : de l'action classique et de l'humour bon enfant. Tout cela accommodé aux influences de George Lucas, qui vont des films noirs des années 40 aux films de Samouraïs, des séries télé de son enfance aux classiques de la littérature SF et Heroic-fantasy.
Certains crieront au pillage, le génie de Lucas se situe avant tout dans son regard décalé face à son histoire ultra manichéenne de Héros sauvant des princesses et accessoirement le monde face à l'incarnation éternelle du Mal, Darth Vader. Sa création d'un univers futuriste un peu brinquebalant rend l'aventure crédible et attachante (un futur "usagé" comme l'indique Lucas dans les commentaires), et surtout la personnalité des protagonistes fait passer beaucoup de pilules. Leia d'abord, formidable Carrie Fisher qui campe une princesse au caractère bien trempé, Harrison Ford ensuite, très cynique face aux événements, qui ne manque jamais de commenter la naïveté du jeune Luke. L'histoire se déroule à un rythme soutenu, Lucas réservant toujours des coups de théâtres faisant avancer rapidement l'intrigue. Les faire-valoir robotiques et humanoïdes (R2-D2, C-3PO, Chewie) apportent un parfum kitch et feront certainement pitié aux plus jeunes d'entre vous, mais croyez-moi chacun d'eux à plus de présence que n'importe quelle image de synthèse des épisodes 1 et 2 !

L'Empire contre-attaque : Les héros qui ont détruit le "Death Star" sont réfugiés sur une base rebelle de la planète Hoth. Mais bientôt l'Empire retrouve leur trace et lance une attaque d'envergure visant à les annihiler.

Les bases de l'univers Starwarien ayant été posées dans "A new Hope", voici incontestablement l'épisode le meilleur de la série. Un souffle épique traverse nombre de séquences d'anthologie : l'attaque des Quadripodes impériaux, la rencontre avec Yoda et l'apprentissage du Jedi, la capture de Han Solo par Boba Fett et, of course, la révélation terrifiante faite à Luke par Darth. Le monde futuriste est plus que jamais déglingué (running gag du passage raté en hyper-espace du Faucon Millenium). Les caractères gagnent en densité, les compères Leia, Luke et Han formant un trio de choc qui s'invective avec humour. George Lucas, même s'il n'est plus à la réalisation, garde le rythme et maintient le ton de la comédie.
Les interactions avec les persos secondaires sont toujours aussi sympathiques. Les deux robots et le wookie confirment leur statut de seconds couteaux indispensables à l'équilibre de l'histoire. L'introduction de petits nouveaux étoffe un peu plus l'univers, même si certains d'entre eux restent anecdotiques (Lando Calrissian fait-il son apparition pour satisfaire le quota de noirs américains ? et quelle est l'histoire exacte du super-bad guy, l'Empereur ?). Mais baste! Cet "Empire contre-attaque" mémorable reste bel et bien l'un des plus incroyable film d'aventure SF à ce jour.

Le Retour du Jedi : Ayant complété sa formation de Jedi, Luke Skywalker part au secours de son ami Han Solo, détenu par le redoutable contrebandier Jabba The Hutt sur la planète Tatooine.

Aussi appelé "Episode VI : Les Bisounours", cet opus montre un essoufflement général. Les insupportables Ewoks (sur le mode "le plus petit être peut sauver l'univers entier") gâchent la seconde partie du film, heureusement soutenue par l'affrontement tant attendu entre un Luke visiblement fatigué (visage marqué de Mark Hamill) et son père (comment ? vous ne saviez pas ?). La pauvre Leia est abaissée au rang de trophée sexy, d'abord toute en cuir au pied de Jabba la grosse loche, puis quasiment transparente pour le reste du film. Pourtant cet épisode contient lui aussi une révélation fracassante, elle est la soeur de Luke et donc une Jedi elle aussi. On aurait aimé la voir elle aussi se battre au sabre-laser, mais sans doute que l'époque ne permettait pas encore aux femmes ce genre de combat à Hollywood ? Quant à Han Solo il rentre dans le moule classique de l'action-hero, en perdant au passage sa nonchalance (On entend d'ailleurs le commentaire d'Harisson Ford dans le documentaire : il fallait tuer Han Solo au début de l'épisode VI !).
Le Retour du Jedi marque donc la fin de l'épopée sur un scénario quasi-remake de l'épisode IV : une nouvelle "Death Star" à détruire. L'intro dans l'antre de Jabba est longuette, la séquence près du Sarlac un peu poussive (voir la fin grotesque du chasseur de prime Fett) et ensuite on part chez les Ewoks. L'intérêt est donc ailleurs. Il est évident aujourd'hui avec la sortie des épisodes I et 2 (et bientôt 3) que la saga voulue par Lucas était avant tout l'histoire d'Anakin Skywalker, alias Darth Vader. Sur ce point on assiste effectivement à l'ascension d'un homme, à sa chute puis à sa rédemption. Mais à l'époque de la sortie de la trilogie c'était bien le personnage de Luke qui était au centre de l'histoire. On y voyait le destin extraordinaire d'un jeune homme plein de rêves, dans un format typiquement "American Dream". Sa confrontation face au coté obscur reste donc le message central de la trilogie "classique".