mercredi 11 mars 2009

CHRONO TRIGGER

C'est la fête au village


Square Enix
Genre : RPG
Verdict: 4/5


Si vous avez manqué le début
L'histoire de Chrono Trigger est basée sur les voyages temporels, l'occasion de visiter les mêmes lieux à différentes époques. Une équipe chamarrée de robot futuriste et de batracien humanoïde chevaleresque va se constituer autour du personnage principal, qui est un vieil homme en fauteuil roulant nommé Benjamin Button. non j'déconne, c'est un ado insouciant -comme d'hab avec les Japonais-.
En voulant sauver sa nouvelle amie un brin hystérique le fébrile Crono va parcourir les années en utilisant malgré lui l'invention d'un savant un peu foldinguo (ça me rappelle un film...). Notre héros se retrouvera empétré tantôt en pleine préhistoire barbare, tantôt dans un futur désespéré (et désespérant). Et il va encore falloir sauver le monde, qui décidemment n'arrive pas à s'en sortir tout seul. Mes aïeux quel pataquès !

jeudi 5 mars 2009

Le créateur


(1999 - Réalisé par A. Dupontel) ****

Après un succès critique important Darius, auteur de théâtre, est dans une phase euphorique. Mais bien vite tout le monde est impatient de découvrir sa nouvelle œuvre. Petit problème : Darius n'a encore rien écrit.

Après nous avoir maravé la tronche avec son "Bernie", l'ami Dupontel s'assagit quelque peu en nous proposant une réflexion un poil longuette sur les affres de la création dans le milieu ô combien snobinard des théatreux. L'occasion de nous dérouler une belle brochette de personnages, la comédienne obnubilée par son succès, le producteur éternellement enthousiaste et complètement à la ramasse, le régisseur haïssant la culture ("PSG ! PSG ! PSG !", scande-t-il pour afficher son dégoût des intellos). Mister Albert se réserve la part belle, puisqu'il est quasiment de tous les plans. Darius, cet hurluberlu largué après son premier triomphe, c'est évidemment un peu lui. Partant du postulat que la création va de pair avec la destruction, l'auteur va partir dans une surenchère qui le mènera à la conclusion fatale mais logique, culminant avec l'attaque dantesque de la Crêperie Bretonne. Pas aussi trash que Bernie, mais assurément différent des comédies Françaises traditionnelles.

mardi 10 février 2009

DRAGON QUEST IV - Chapters of the chosen

Jour de marché dans le bourg


Square Enix
Genre : RPG
Verdict: 4/5


Si vous avez manqué le début
Les Dragon Quest restent une énigme pour moi, une série réunissant autant de concepts éculés mais qui pourtant réussi systématiquement à me captiver, voila qui est bien intriguant. Faudra que j'en parle à mon psy, un de ces jours. D'autant plus que l'épisode qui nous concerne aujourd'hui n'est pas vraiment une nouveauté puisqu'il s'agit du remake pour DS d'un jeu sorti il y a 18 ans sur NES !
L'histoire anecdotique n'est qu'un prétexte pour diriger une troupe de joyeux drilles, explorer la riche contrée et faire du leveling pour exploser des Boss vicieux. Les auteurs ne perdent donc pas leur temps dans des cinématiques ennuyeuses et des explications philosophiques à 30 centimes d'Euros, preuve que les Japonais savent faire efficace quand ils veulent.
On va suivre individuellement chaque protagoniste durant les premières heures de jeu, découvrant l'univers coloré et sympatoyant des Dragon Quest, avec ses nombreuses villes éparpillées sur l'immense carte, ses donjons pas trop profonds, ses habitants caractériels, ses Casinos et ses célèbres Slimes qui parlent. Une fois toute l'équipe présentée au travers de diverses missions, on prend le contrôle du héros qui sera chargé de réunir l'ensemble pour aller vaincre un fumier de Boss voulant venger la mort de sa fiancée.

Carte d'une ville

En détail
La série a évolué graphiquement selon les consoles sur lesquelles elle débarquait (avec à sa poursuite une cohorte de millions de fans Japonais), mais en conservant des bases qui aujourd'hui font défaut à certains développeurs "Star" qui confondent Jeux vidéo et Films hollywoodiens. Des "fondamentaux" tels que simple sans être simpliste, rythmé sans être frénétique, vaste sans être écrasant. La musique "symphonique" du jeu est un régal, et le thème principal entête autant que celui des Final Fantasy.
Le jeu fait honneur à la DS avec ses décors en Full 3D (en rotation totale) et ses personnages en sprites tout mimi. On ne ressent pas la lourdeur technique générale qu'on trouvait dans le récent remake DS de Final Fantasy IV (où les déplacements sont empesés et l'affichage des menus ralenti). Ici tout est fluide et rapide, tout obéit au doigt et à l'oeil, dès qu'on commence à trouver un truc fastidieux les auteurs offrent la possibilité de le contourner grâce à un nouveau sort ou un objet spécial planqué au fond d'une grotte humide.
Le casting ne se prend clairement pas au sérieux et moque gentiment les clichés des RPG Jap: le Capitaine anglais bourru, la princesse qui se fait chier dans son palais, le marchand voulant réussir dans le commerce, les jumelles danseuses "exotiques" qui bossent dans un cabaret, etc.
Les options de combats sont au raz des accariens, avec du "tour par tour" comme chez mémé et une liste d'options datant des débuts de Michel Drucker à la TV. Attaque physique, sorts, défense, objets. avec les ennemis bien alignés face à vous comme à la foire à neuneu. On connaît tout ça par coeur, mais l'intérêt de DQ se situe ailleurs.
Régulièrement nos personnages gagnent de nouvelles compétences et des sorts inédits, la progression est constante et donne envie au fanatique d'en voir et d'en avoir toujours plus. On se ballade en permanence pour découvrir des équipements flambants neufs qui claquent et visiter de nouveaux lieux, là où d'autres jeux nous font tourner en rond pendant des heures dans le même labyrinthe. Il y a souvent des surprises suivant que vous visitiez un endroit de jour ou de nuit, et on a la possibilité de swapper son équipe à loisir pour jouer avec leurs compétences plus ou moins débiles.
Et puis on se prend quelques mémorables branlées lorsqu'on chatouille un Boss trop costaud pour notre fine équipe de bras cassés. Il faut alors léveler, léveler avec ardeur, léveler jusqu'à plus soif (et ça, ça fait toujours plaisir au hardcore gamer d'être humilié par un Boss pour revenir une heure plus tard lui éclater les noix).
Evidemment ne pensez pas être ébloui par la profondeur des caractères sur un scénario inspiré par l'oeuvre de Nietzsche. Ce DQ IV est fun et léger, les amateurs d'épopée grandiose et de guerre en Technicolor en seront pour leur frais. Les autres, les obsessionnels, les complétistes, les amoureux (et reuses) du "True old school J-RPG" qui veulent du combat aléatoire toutes les cinq secondes, ceux-là seront aux anges.

Des effets spéciaux mémorables

A retenir:
- Du "true old school" RPG, mec !
- Les graphismes tout kawaii, en full "3D & Sprites" sur les deux écrans de la DS.
- Les quêtes secondaires sympas (Mini-médailles, construction de la ville du héros, objets spéciaux).
- Les sorts qui facilitent la vie du Gamer: Téléportation, Passage Jour/Nuit, Anti ennemis faibles, etc. et pas de Game Over en cas de décès.
- La "deuxième" fin.

A Jeter:
- Une histoire lamentable de classisisme.
- Des personnages en "Full Cliché".
- La taille réduite des environnements.
- Le manque d'indications pour faire avancer le scénario lors du dernier chapitre.


Infos 1 Joueur (12 ans et +) - Jeu multi-cartes sans fil

vendredi 6 février 2009

INFINITE UNDISCOVERY


La place de la concorde en 2060
Square Enix
Genre : RPG
Verdict: 2/5


Si vous avez manqué le début
L'univers médiéval et manichéen de "Finish it and then cover it" ressemble peu ou prou à tout ce que les Japonais nous servent depuis 25 ans. Un gentil garçon un peu niais qui se retrouve au centre d'une intrigue qui le dépasse et que les évènements vont pousser à sauver le monde. Nos amis Nippons saupoudrent le tout de leurs habituels coups de théâtre, genre trahisons et révélations au pays de Candy. Mais ne nous plaignons pas, on aime quand même bien ça.
A la suite d'un quiproquo le frêle Capell va se trouver au centre d'une épopée qui va lui faire quitter sa juvénile insouciance pour endosser le lourd fardeau de Leader du Monde Libre. Pour cela il devra rejoindre une fameuse armée de rebelles dont la raison de vivre est de briser des chaînes (au sens propre et au figuré) pour libérer la lune et accessoirement les peuples opprimés. En effet les vilains-pas-beaux de l'Ordre ont asservi les provinces et même enchainé litteralement la lune pour pomper la subtance de l'énergie terrestre, les sagouins !

mardi 3 février 2009

Minority Report


(2002 - Réalisé par S. Spielberg) **** Edition Collector 2 DVD

En 2054 à Washington, les criminels sont arrêtés avant de commettre leur forfait grâce aux dons de prédiction de trois humains, les Pre-Cogs. Une unité spéciale de la police, Pre-Crime, est chargée d'intervenir en analysant les visions des médiums. 

Philip K. Dick continue d’être adapté par Hollywood, et on ne va pas s'en plaindre quand cela donne des productions comme "Blade Runner" ou ce "Minority Report" Spielbergien. Décrivant en catimini une société pas très éloignée du Big Brother Orwellien, où chaque citoyen est fiché instantanément et physiquement mis hors de la société pour un crime qu'il n'a pas encore commis, le père Steven garde l'essentiel de la nouvelle Dickienne et s'offre le luxe de ne pas résoudre une partie de l'intrigue (la recherche du fils d'Anderton). Le contrat est rempli de belle manière, offrant des séquences d'action ébouriffantes, une réalisation parfaite dans sa représentation d'un futur proche plausible et une réflexion passionnante sur le libre-arbitre de chaque être humain. Et en prime les petites touches d’humour allègent l'ensemble. Avec les fameuses chorégraphies gestuelles de Tom Cruise lorsqu'il manipule ses écrans virtuels, les scans incessants d'une population soumise noyée sous les écrans de Pub, la mise en œuvre de l'idéologie du tout-sécuritaire, Spielberg nous donne une vision glaciale mais juste de notre avenir immédiat. Pour un film d'anticipation, c'est une belle réussite.

Angel Heart


(1987 - Réalisé par A. Parker) ****

En 1955 le détective privé Harry Angel est contacté par un client qui souhaite retrouver un certain Johnny Favourite, disparu sans laisser de trace après la guerre. Son enquête va plonger Angel dans le monde mystique du Vaudou.

Très typé années 80, le style cinématographique d'Alan Parker nous balade dans une revisite des codes du Film Noir, avec détective en imper qui se perd en des lieux interdits, indics patibulaires, flics sur le fil du rasoir et belle pépée enamourée, le tout sur fond de musique jazzy torturée et de poulets sacrifiés. Le supplément d'âme vient de l'interprétation du jeune Mickey Rourke, alors au faîte de sa gloire, tout en malaise et en douleurs dans un jeu de piste macabre où il affronte De Niro. Et même si le twist final est présenté d'une manière un tantinet lourdingue, le parcours d'Angel mérite plusieurs visionnages pour détricoter l'implacable main du destin enserrant le héros-loser. Un de ses films qui vous hante longtemps, à l'instar de "L'échelle de Jacob", similaire dans son atmosphère de polar malsain.

samedi 31 janvier 2009

THE LAST REMNANT

Cours Forest, cours !

Square Enix
Genre : RPG
Verdict: 3/5

Si vous avez manqué le début
Dans l'univers médiéval bien tranquille et pépère de Last Remnant, les humains cotoient des hommes-chats à quatre bras et des gros poiscailles humanoïdes à la voix rocailleuse. On y pratique la magie comme dans tout RPG qui se respecte, et bien évidemment les différents royaumes peuplant ce monde se mettent sur la gueule pour tromper leur ennui.
Des artefacts, qu'on nomme Rémanences, sont l'objet de ses luttes sans fin. Ils prennent des formes diverses, des épées monumentales plantées dans le sol et plus hautes que les églises, ou des créatures gargantuesques figées au milieu des bourgades. Personne ne sait vraiment ce qu'elles foutent là, moult légendes circulent à leur propos. Ce dont on est sûr cependant, c'est que les monarchies qui possèdent des Rémanences se la pète grave et sont jalousement convoitées par leurs voisins mesquins.
Heureusement comme dans tout RPG Japonais qui se respecte un ado va sauver tout le monde parce que les méchants ont enlevé sa soeur lors de la séquence d'intro (les cons)...

vendredi 2 janvier 2009

Neuromancien (William Gibson)

Case le hacker est le meilleur dans son domaine. Branché sur la matrice virtuelle par son interface neuronale il parcourt le cyberespace en quête d'informations confidentielles, extirpant les données protégées derrière les Glaces, les programmes anti-intrusion mit en place par les entreprises.
En voulant jouer un double-jeu, le pirate va subir un cinglant revers. Le voila à présent obligé d'accepter l'offre risquée d'un duo énigmatique, Molly la "Samouraï augmentée" et l'ex-militaire Armitage.


Lorsqu'un roman fonde à lui tout seul un genre, en l’occurrence le Cyberpunk, c'est du lourd. Même s'il a été écrit il y a 25 ans cette année, nous effleurons à peine aujourd'hui les technologies décrites dans le livre. Où est le cyberespace quand nous devons nous contenter d'Internet ? Où sont les "augmentations" destinées au corps humain ? Quelle Intelligence Artificielle peut répliquer la complexité d'un cerveau humain ? Sans doute faudra-t-il patienter encore un paquet d'années avant d'en voir un usage grand public.
Mais Neuromancien n'est pas qu'une géniale - et flippante - anticipation sur notre futur technologique. Il laisse entrevoir, avec là encore deux décennies d'avance, l'importance des données numériques dans un monde où les corporations capitalistes sont au dessus des états et où l'information est le pouvoir. Il propose aussi un arc narratif riche pour son héros Case, même si la profusion de rôles secondaires et une intrigue alambiquée demandent un certain effort de la part du lecteur pour saisir toutes les implications de l'histoire.

vendredi 19 décembre 2008

C'est arrivé près de chez vous


(1992 - Réalisé par R. Belvaux, A. Bonzel & B. Poelvoorde) ***** Edition Remasterisée

Une équipe de TV Belge réalise un documentaire sur un tueur.

"Tu tues une baleine, t'auras les écolos, Greenpeace et le commandant Cousteau sur le dos. Décimes un banc de sardines, on t'aidera à les mettre en boîte !". Pour moi la comédie culte des 90's comme pouvait l'être "Le père noël est une ordure" dans la décennie précédente. Le sujet dénonce les débordements médiatiques mais les média ont prouvé depuis qu'ils pouvaient faire bien pire. L'incroyable génie comique de môssieur Poelvoorde propulse le film dans une autre dimension. Comme il est quasiment de tous les plans, l'acteur enchaîne les dialogues inoubliables en nous livrant ses pensées profondes (sur l'architecture, les veilleurs de nuit, l'amour, la reproduction des pigeons), ses petites astuces de tueur (lester les corps, économiser les balles, ne pas s'attaquer aux riches), ses poèmes nazes et ses cocktails toniques (le p'tit gregory !).
Son rôle de serial killer "gagne petit" va au plus profond de l'humour noir, jusqu'à la frontière du possible en la matière. Faire rire avec le meurtre du "gamin" et la séquence du viol est la chose la plus incroyable du film. Jamais une comédie n'avait poussé le bouchon aussi loin, et surtout sans tomber dans le vulgaire et sans tirer sur les ambulances. Forrrrrmidable.

lundi 15 décembre 2008

Playlist Björk (first 15 years)


Playlist on SPOTIFY

Hunter   (Homogenic - 1997)
Alarm Call   (Homogenic - 1997)
Human Behaviour   (Debut - 1993)
An Echo, A Stain   (Vespertine - 2001)
Nature is Ancient  (Family Tree - 2002)
Hidden Place   (Vespertine - 2001)
Where Is The Line   (Medúlla - 2004)
Cvalda   (Selmasongs - 2000)
Bachelorette   (Homogenic - 1997)
Isobel   (Post - 1995)
Unison   (Vespertine - 2001)
Venus As A Boy   (Debut - 1993)
Earth Intruders   (Volta - 2007)
Wanderlust   (Volta - 2007)
Joga   (Homogenic - 1997)
New World   (Selmasongs - 2000)

lundi 8 décembre 2008

The Thing


(1982 - Réalisé par J. Carpenter) *** Edition Collector 2 DVD

Une base scientifique américaine perdue dans l'antarctique voit sa quiétude troublée lorsque deux Norvégiens de la station voisine viennent tenter d'y abattre le chien-loup qu'ils poursuivent. Les deux chasseurs meurent avant d'avoir pu expliquer leur geste aux résidents.

Ce remake d'un vieux nanar des 50's, film de chevet de John Carpenter, avait tout pour être un gentil navet. Mais l'excellente idée de placer l'intrigue dans un lieu peu commun et les effets spéciaux très impressionnants (pour l'époque) font décoller le film. Nous ne sommes pas au niveau d'Alien, mais The Thing reste un des meilleurs films "de monstre" du 20e siècle. Avec son casting 100% mâle emmené par l'impeccable Kurt Russel (habitué des productions Carpenter), le film est un huit-clos en pleine nature hostile où le fantastique laisse lentement place au psychotage intense puisque les scientifiques sont face à une "chose" qui prend le contrôle -et l'apparence- de ses proies.
Les scènes choc de transformation de la bête alternent avec les réunions du groupe, qui perd ses membres au fur et à mesure de la progression de l'Alien comme dans tout bon film d'horreur. L'apparence de la "thing" est à la fois très gore et très artistique, notamment dans ses versions figées et ses accouplements contre nature ratés, se rapprochant encore une fois de l'Alien de Ridley Scott et Giger. L'épilogue très "Carpentien" du film est également une heureuse surprise pour une production américaine.

samedi 29 novembre 2008

Indiana Jones et le royaume du crâne de cristal


(Indiana Jones and the kingdom of the crystal skull - 2008 - Réalisé par S. Spielberg) **

Fin des années 50, dans une base militaire située dans le désert du Nevada. Indiana Jones et son pote George sont amenés de force par des agents soviétiques dans le fameux hangar où sont stockés tous les secrets du gouvernement. La redoutable Colonel Irina Spalko est à la recherche d'un mystérieux sarcophage.

Le retour d'Indy après 20 années d'hibernation avait de quoi faire saliver celles et ceux qui étaient ados lors de ses trois premières aventures. Revoir Harrison Ford, acteur mythique, chausser son légendaire chapeau et claquer du fouet, dirigé par tonton Spielberg comme au bon vieux temps, on s'en pourlêchait les babines ! Hélas, le syndrome "Star Wars Episode 1" plombe un peu les retrouvailles: malgré de bonnes idées et des séquences d'action bien tournées on reste sur notre faim. Indy n'a plus vraiment la nonchalence qu'on admirait jadis, et le reste du casting fait pâle figure si on excepte la géniale Cate Blanchett en fantasme Russe période "guerre froide". Les nouveautés paraissent fades (le fiston d'Indy est une caricature) et le retour de Marion (Karen Allen) manque singulièrement de punch si on le compare au personnage grandiose qu'elle fut il y a un quart de siècle. Quelques références sympa traînent ça et là, mais rien qui ne déclenche un enthousiasme débridé.
Le scénario de ce 4e épisode est sans doute la plus grosse problématique du film. On sait aujourd'hui que les premières versions du script remontent au début des 90's, et qu'il fut remanié d'années en années au fil des sorties des autres blockbusters et des exigences de Lucas et Spielberg. Il y a bien tout ce qu'on attend d'une série estampillée Indy (énigmes à résoudre, exploration exotique, courses effrénées) mais le film est sans recul par rapport à son sujet et le second degré a quasiment disparu (sauf avec le coup du frigo et quelques brefs éclats lors des poursuites). Le pire étant la conclusion médiocre digne d'un épisode TV des X-Files.

vendredi 14 novembre 2008

La Cité de la peur, Une comédie familiale


(1994 - Réalisé par A. Berberian) ***** Edition Collector 2 DVD Remasterisée 2008

"Red is dead", film de série Z, bénéficie d'une publicité inattendue en plein festival de Cannes, un meurtre sauvage copiant ceux du Serial Killer du nanard endeuille la Croisette. L'attachée de presse Odile Deray est aux anges, elle ne pouvait espérer meilleure promotion. Elle organise la venue de la vedette du film, aussi crétin que dans son rôle à l'écran, et lui flanque un garde du corps un peu aux fraises.

Le premier (et unique) film de Les Nuls est une vraie réussite de comédie nouvelle vague, se démarquant de la grosse rigolade "à la française" par le prolongement de l'univers Nul venu de Canal+. Le trio Nuls est au top dans des rôles en adéquation avec leurs personnages qu'on croisait sur petit écran. Des acteurs impeccables viennent donner du relief à l'ensemble, M. Darmon reste irrésistible en commissaire Bialès roi de la frime, surtout lorsqu'il se trimbale dans un string sur lequel on peut lire "y'a du tonus dans mes pruneaux". Valérie Lemercier en veuve pas triste fait aussi plusieurs apparitions pas piquées des hannetons (oui, cette expression ne veut rien dire). Et puis, évidemment, Sam Karmann en Emile le "Sirieule Kila" (le quoi ?!).
Humour Z-A-Z, dialogues cultes, parodies de Hits US, délires plus ou moins cachés dans des scènes qu'on revoit avec jubilation (pour ma part, la séquence du restaurant entre Odile et Bialès reste mon plus grand fou-rire en salle), La Cité de la Peur fait office de référence dans un genre qui réclame un second degré subtil, une certaine complicité avec le spectateur. C'est justement la spécialité de Les Nuls.

mardi 4 novembre 2008

Pi

(1997 - Réalisé par D. Aronofsky) **

Un mathématicien met au point un ordinateur capable de synthétiser la clé ultime de la connaissance. Plusieurs individus se montrent très intéressés par cette découverte primordiale sur le plan philosophique, mais aussi financier.

La forme très abrupte et le fil parfois dur à suivre font de ce film une expérience assez désagréable. C'est ce qu'on appelle une œuvre sans concession, qui met parfois nos sens à rude épreuve avec son noir et blanc asséché, ses démonstrations mathématiques absconses, ses bizarreries sonores et ses références Kabbalistiques de haut vol. Mais l'homme qui nous donnera plus tard "Requiem for a dream" applique déjà un style reconnaissable, impose un rythme personnel, même si le prix à payer pour le spectateur est un mal de crâne identique à celui du héros du film.

dimanche 2 novembre 2008

The Truth (1998)

Dans notre série "Et si on écoutait du Prince en acoustique ?", voici venu le temps de...


CRYSTAL BALL: THE TRUTH (1998)

The Truth
Don't play me
Circle of Amour
3rd Eye
Dionne
Man in a uniform
Animal kingdom
The other side of the pillow
Fascination
One of your tears
Comeback
Welcome 2 the Dawn (Acoustic)


L'album acoustique.
Prince succombe à la mode de l'album acoustique en 1998. Il profite de la sortie de sa compilation "Crystal Ball", recueil de tous les titres qu'il a autorisé à s'évader de son Vault, pour y adjoindre "The Truth", 12 chansons majoritairement composées à la guitare acoustique. Evidemment ce projet Princier n'est pas un traditionnel Best Of de Hits tous nus mais des titres inédits spécialement écrits pour l'occasion intégrant parfaitement le concept.
Cela donne un album folk et blues se focalisant sur les mélodies, obligeant les auditeurs à se concentrer sur cette voix indéfinissable à laquelle nous sommes habitués depuis 20 ans mais que nous oublions parfois face à la virtuosité du gars lorsqu'il aligne les démonstrations de solos de guitare électrique et empile les harmonies complexes dans ses compositions. Cela permet aussi de redécouvrir la qualité de parolier du bonhomme, rarement soulignée dans son oeuvre.
Comme notre homme est espiègle il change les règles au fil des chansons, rajoutant parfois des percutions, voire de discrètes incursions d'autres instruments ou effets vocaux. Mais pour l'essentiel il s'en tient à la promesse de départ : sa voix seule, soulignée par une guitare sèche.

"The Truth" abordent des thématiques habituelles chez Prince, une part importante est accordée à l'amour sous des formes tour à tour romantiques et bien sûr sexuelles. Des Ballades caliente comme "The Other side of the Pillow" dans lequel il se sent tel Clyde avec Bonny ("Bad as Bonny when she ran with Barrow (Clyde), When U kiss me, feels like I'm committing a crime") ou dans "Circle of Amour" où il narre les après-midis chauds de quatre lycéennes -ou peut-être même collégiennes- lorsqu'elles sèchent l'école pour s'adonner aux plaisirs saphiques ("4 hands in the place where the feet connect, Gang of 4, Circle of sex, In the vicious race 2 maturity, They're almost phased from ecstasy"). 
La dose de lyrics osées ne s'arrête pas là. Dans la série des amours contrariées Prince livre quelques témoignages tragi-comiques sur une relation piteuse dans "One of your tears" ("Did U get the tape I sent U? I thought it be better in a song, Better than the used condom U sent me, Baby that was wrong") et sur certaines pratiques originales dans "Man in a Uniform" ("She said 2night I want your violent tongue 2 swallow my stench and be loyal 2 me, She'll never be free, Until U do me like a man in a uniform").

"Comeback" est peut-être un des titres les plus personnels jamais sorti par Prince, en ce sens que les paroles peuvent être interprétées comme un hommage à son bébé décédé quelques jours après sa naissance, en 1996. Prenant la forme d'une courte ballade mélancolique, l'artiste évoque le souvenir d'un être disparu ("Walking up the stairs, Just the afternoon, Sweet wind blew, Not a moment 2 soon, I cry when I realized, That sweet wind was U"). Prince a probablement considéré cette épreuve comme un signe divin, un test de sa Foi face à une douleur qu'on imagine incommensurable. Lorsqu'une personne pense que sa vie est gouvernée par une entité omnipotente, la seule interprétation possible d'un tel drame est limpide : un message clair lui interdisant d'avoir une descendance et la certitude de le revoir dans l'au-delà ("If U ever lose someone dear 2 U, Never say the words their gone, They'll come back").

Dans un versant plus "sociétal", notre Prince quarantenaire assume sa maturité dans "Don't play me", rappelant qui est le Boss ("I've been to the mountain top and it aint what U say, Don't play me, Don't play me, I'm the wrong color and I play guitar, My only competition is, well, me in the past"). Faut pas le chercher, le vieux kid. Il est croyant ("Ultimately the only one That can save U is U, Your God is inside", dans "3rd Eye"), Végétalien ("We're all members of the animal kingdom, Leave your brothers and sisters in the sea", dans "Animal Kingdom") et tout va très bien pour lui, merci, contrairement à l'état global du monde ("The dream U keep dreaming, is better than the life U lead", dans "Fascination").

Tout est résumé dans les titres d'ouverture et de clôture de l'album. Dans la chanson "The Truth" l'auteur nous questionne sur nos paroles et de nos actes, sur notre besoin perpétuel de réponses à des interrogations mystiques insolubles ("What If time's only reason Was to give us all somethin' 2 fear?"). Dans la conclusion "Welcome 2 the Dawn", il nous livre son interprétation, religieuse évidemment, que notre vie sur Terre n'est qu'un passage dont l'issue ne dépend que de notre honnêteté et notre responsabilité ("Every pieces a puzzle and every name a clue, Every charge U make is karma, So be careful what U do").