jeudi 8 décembre 2016

Final Fantasy XV

Noctis, son possee, sa Regalia, sa biatch (au fond à droite)

Square Enix
Genre : JRPG
Verdict: 3/5
(0=Inconnu, 1=Connaissance, 2=Collègue, 3=Camarade, 4=Meilleur ami, 5=Fuck-friend)

Si vous avez manqué le début

Pour préparer son futur mariage un prince doit partir à la rencontre de sa fiancée qui vit dans le royaume d'à côté. Accompagné de trois acolytes, un garde du corps, un cuistot intello et un blondinet, il va devoir survivre avec pour seules ressources 1 euro par jour et une bagnole à $500.000.

Non, ce n'est pas le nouveau "Pékin Express" à la télé : c'est l'intro du dernier Final Fantasy.

mercredi 30 novembre 2016

Playlist Radiohead II (2003-2016)


Playlist on SPOTIFY

True love waits  (A moon shaped pool - 2016)
Backdrifts  (Hail to the thief - 2003)
Bodysnatchers  (In rainbows - 2007)
Glass Eye  (A moon shaped pool - 2016)
Nude  (In rainbows - 2007)
2+2=5  (Hail to the thief - 2003)
Lotus Flower  (The King of Limbs - 2011)
Weird Fishes/Arpeggi  (In rainbows - 2007)
A wolf at the door  (Hail to the thief - 2003)
Burn the witch  (A moon shaped pool - 2016)
All I need  (In rainbows - 2007)
There there  (Hail to the thief - 2003)
Daydreaming  (A moon shaped pool - 2016)
Sit down. Stand up.  (Hail to the thief - 2003)
Harry Patch (In Memory Of)  (Single - 2016)
Faust Arp  (In Rainbows - 2007)
The Numbers  (A moon shaped pool - 2016)

dimanche 27 novembre 2016

Mad Max - High-Octane Collection

Mad Max 2, portenawak sur le périph' !
Mad Max - High-Octane Collection (2016 - Réalisés par G. Miller) :
Mad Max (1979) ***, Mad Max 2 - Le Défi (Mad Max 2 - 1981) ****, Mad Max - Au delà du dôme du tonnerre (Mad Max - Beyond Thunderdome - 1985) **, Mad Max - Fury Road (2015) *****, Mad Max - Fury Road - Black & Chrome (2016).

De la petite série B succès inattendu de 1979 au blockbuster massif de 2015 Mad Max raconte toujours la même histoire : survivre dans un monde hostile. Dans le premier Max est un "Intercepteur", un flic luttant contre les gangs nomades sans foi ni loi. Il va y perdre tous ceux qu'il aime et devenir cet antihéros fuyant l'humanité. Dans le 2 le monde a basculé définitivement dans le chaos total, Max est au centre d'un conflit pour le bien le plus précieux sur terre, l'essence. Quelques années plus tard dans Thunderdome Max se trouve à nouveau entre deux opposants au sein d'une colonie puis d'un groupe d'enfants perdus. Enfin dans Fury Road Max se retrouve malgré lui au cœur d'une course-poursuite dantesque du redoutable Immortan Joe et ses War Boys face à Furiosa la fugitive qui a libéré ses femmes-esclaves. 
L'édition "Chrome" de Fury Road n'est pas un "director's cut" ou une version longue, il s'agit strictement du même film mais dans une vision "Noir et Blanc". Un choix voulu par le réalisateur qui étonne : certains plans méritent en effet ce traitement pour le contraste saisissant qu'ils procurent, notamment la partie où Furiosa rejoint sa tribu d'enfance. Mais pour le reste, et surtout pendant les séquences de poursuites qui constituent les trois quarts du film, ma préférence va à la version originale sublimement colorisée. 
Ce 4e épisode est d'ailleurs le meilleur à tous points de vue. La réalisation est sans conteste supérieure, bénéficiant du savoir-faire acquis par George Miller dans sa longue carrière et de la longue gestation du projet (plus de 15 ans). Son scénario est le plus abouti, abordant beaucoup de thèmes sous couvert d'une production entièrement tournée vers l'action.
Le premier Mad Max a le mérite de poser les fondations du personnage et son coté fauché le rend sympathique. Sa suite a imposé le mythe Mad Max avec sa galerie de cinglés : Captain Gyro, Lord Humungus, le "Feral Kid", etc. Le 3e épisode est le plus décevant, perdant le coté énergique de la série pour s'enliser dans une histoire de légende pour enfants. Même les traditionnelles chasses en véhicules sont reléguées à la toute fin de l'aventure ! 
Le côté anti-héros de Max s'est émoussé au fil de ses aventures. D'abord flic devenu hors-la-loi, puis misanthrope endurci dans un monde perdu et enfin personnage apathique porté par les événements, sa renaissance dans Fury Road lui redonne un peu d'humanité tout en rehaussant le mythe.

mercredi 2 novembre 2016

Le triangle du Diable


(Satan's Triangle - 1975 - Réalisé par S. Roley) ***

Des gardes-côtes de Miami sont appelés pour secourir un voilier perdu en mer, en plein milieu du sinistre triangle des Bermudes. Lorsque leur hélico parvient sur place les sauveteurs découvrent une rescapée effrayée et plusieurs morts dont un prêtre pendu au grand mât, la tête en bas.

Imaginez : vous avez 9 ans et passez un dimanche trop paisible chez votre grand-tante. Désœuvré, vous allumez la télé qui n'a que 3 chaînes car vous êtes en 1979. Et vous tombez sur une histoire de possession démoniaque avec des cadavres partout dont un qui flotte en l'air et des gens perturbés qui passent leur temps à sourire de façon super-malsaine. Bonne nuit les petits !
Voila comment un petit téléfilm américain plutôt anecdotique est devenu le cauchemar d'une génération de gamins, en une diffusion sur TF1 un dimanche en fin d'après-midi. On imagine que les censeurs de l'époque ont juste pris soin de vérifier qu'il n'y avait personne à poil et aucune goutte de sang : contrat rempli, OK pour le visa "Tout public". Oh je sais, on va me dire que cette production télé n’effraierait pas même une classe de maternelle de nos jours et que ses effets spéciaux sont risibles (passer l'image en noir et blanc pour simuler les éclairs, par exemple). Et pourtant le charme vénéneux de cette madeleine de Proust maudite fonctionne encore sur celles et ceux qui l'ont vécue en Live, il y a 35 ans de cela. 
Sa durée courte (1h10) évite les longueurs et la structure du scénario est bien vue : la découverte du carnage par les deux sauveteurs, le long flashback lorsque la seule rescapée (Kim Novak, oui, celle des Hitchcock) décrit ce qu'elle a vécu puis le faux dénouement où le garde-côte cartésien explique rationnellement comme de banals accidents tous les faits qui semblaient jusqu'alors surnaturels. Ouf, on va pouvoir dormir tranquille.
C'est là que Satan's Triangle referme sur vous son intrigue implacable par un twist qui vous glace le sang (enfin, si vous avez moins de 10 ans). Le Diable existe et il ressemble à n'importe qui. Il prendra votre âme ou votre vie, qui que vous soyez. *Glups*.
Sympa pour un téléfilm du dimanche, non ?

lundi 10 octobre 2016

Star Wars Episode VII, le Remoot

Les épisodes 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10, 11, 12, 13, 14, 15, 16...
                          (G. Lucas, 1999)


Il y a pas très longtemps,
dans une galaxie proche, très très proche...
Un vieux Sith aigri tente de prostituer son ancien amour.
Il lui fait tourner trois films qui choquent toute une génération.
La Rébellion, garante du Bon Goût dans l'univers, détruit les infâmités. 
L'équilibre de la Force est rétabli et le cosmos retrouve la paix et la justice.
Dix années plus tard, Mickey et Jar Jar Abrams redonnent vie au cadavre froid.


Avec l'Episode VII, pour le prix d'un seul film vous avez un remake ET un reboot de l'entière trilogie classique : "Star Wars: The Force Awakens" est donc un remoot.

L'ami J.J. et ses acolytes pouvaient-ils faire autrement ? Après dix années de moqueries la saga Star Wars ne pouvait se permettre un nouveau fiasco artistique, surtout avec un tel investissement financier de la part de Disney (qui boulotta Pixar et Marvel quelque temps avant). Il fallait donc assurer le coup et rassurer les fans.
Voilà pourquoi la seule option possible pour les scénaristes fut de copier-coller la structure narrative et les caractères de l'épisode IV tout en évitant soigneusement de filmer un rasta-lapin devant des fonds verts.
On y perd en originalité ce qu'on gagne en efficacité, la tentative de Papy Lucas de faire dans l'atypique sur les préquels ne tint pas toutes ses promesses, dirons-nous pudiquement.

"Le Réveil de la Force" est très familier car il reprend exactement les mêmes ingrédients que Star Wars A New Hope.
Un petit robot (R2D2/BB8) est détenteur d'un secret (Plan/Carte) faisant l'objet de toutes les convoitises. Un/une solitaire (Luke/Ray) quitte sa planète désertique (Tatooine/Jakku) et rejoint une armée (La rébellion/La résistance) puis découvre la Force. Un personnage ambigu (Han Solo/Finn) aide les gentils tandis qu'un duo de méchants (Grand Moff Tarkin-Darth Vader/Général Hux-Kylo Ren) menace la galaxie. Une arme de destruction massive (Death Star/Star Killer) est utilisée puis détruite en trouvant son point faible. Un héros perd la vie (Obi-Wan/Han Solo).

On retrouve également dans le N° 7 des arcs narratifs semblables à ceux des épisodes V et VI.
Un alien (Yoda/Maz Kanata) initie notre jeune protagoniste (Luke/Rey) aux mystères de la Force. Un super-méchant du coté obscur (Emperor Sidious/Supreme Leader Snoke) veut dominer la galaxie avec ses troupes (Empire/First Order). Une confrontation dramatique se déroule entre un fils et son père (Luke vs Vador/Ren vs Solo) et se conclu par la mort du père. 

Profitons de la sortie prochaine de l'édition 3D de SW7 pour étudier en détail les innombrables points communs entre la Trilogie Classique et son remoot de 2015.

N.B. : Attention on a déjà spoilé et ça va continuer !

vendredi 15 juillet 2016

Star Ocean: Integrity and Faithlessness

Choisis ton Cosplay: Homme en armure, Femme court vêtue ou Pot de fleur

Square Enix / Tri-Ace
Genre : JRPG à l'ancienne
Verdict: 2/5
(0=Trou noir, 1=Comète, 2=Naine Brune, 3=Etoile à neutron, 4=Géante Bleue, 5=Supernova)


Si vous avez manqué le début

Fidel et sa copine d'enfance Miki coulent des jours tranquilous au Royaume de Resulia.
Et tout à coup envahisseurs-surprise pifpafpouf, fillette-amnésique tagadatsointsoin, pouvoirs-incommensurables blahblahblahsauveurs-intergalactiques... zzZZzzz... 



*hmm*
'scusez, je m'étais assoupi.

Voila pour le scénar de ce Star Ocean 5. Et sinon le jeu, il est comment ?

jeudi 21 avril 2016

Prince (1958-2016)


Here come the Purple Yoda !


Quelques titres à (re)découvrir : Playlist sur Spotify

Lady Cab Driver ("1999")
100 MPH ("Originals")
Computer Blue - Hallway Speech ("Purple Rain")
Condition of the Heart ("Around the world in a day")
The Ballad of Dorothy Parker ("Sign 'O the times")
Shhh ("The Gold Experience")
Old friends 4 sale ("The Vault...")
Rainbow Children ("The Rainbow Children")
Joy in Repetition ("One Nite Alone... Live!")
Colonized Mind ("LotusFlow3r")
Laydown ("20TEN")
Breakfast can wait ("Art Official Age")
Xtraloveable ("HITnRUN - Phase Two")

jeudi 31 mars 2016

Martin Scorsese - Collection 9 Films (2015)

"You're talking to us?!"
Coffret Scorsese - Edition Limitée (2015) :
Taxi Driver (1976), Les Affranchis (GoodFellas - 1990), Casino (1995), Gangs of New York (2002), Les Infiltrés (The Departed - 2006), Shutter Island (2010), Hugo Cabret (Hugo - 2011), George Harrison - Living in the Material World (2011), Le Loup de Wall Street (The Wolf of Wall Street - 2013).

Evidemment il manque quelques uns des chefs d'oeuvre de Mister Martin : Mean Streets, Raging Bull, The King of Comedy et d'autres encore que mon inculture m'empêche de citer. Mais ce chouette coffret contient tout de même suffisamment de films inoubliables pour l'acquérir les yeux fermés et le porte-monnaie ouvert. Outre le Classique et toujours impressionnant Taxi Driver, c'est la période 90's et 2K's du cinéaste qui est abordée (la période fin de Niro-Début DiCaprio, dirons-nous), avec plusieurs merveilles sur l'univers des Gangsters. On suit avec délectation ces témoignages intemporels de l'évolution du mythe au fil du temps : depuis Gangs of New-York et la naissance des hors-la-loi modernes du 19e siècle jusqu'aux malfrats contemporains du FBI (Les infiltrés) et de Wall Street (Le Loup), en passant par les immigrés Italiens "Affranchis" des 70's et leur pendant de Las Vegas dans "Casino".
L'occasion de se rappeler que, si l'ami Scorsese a fréquemment mis en scène des personnages aux parcours identiques au fil de sa filmo (l'ascension puis la chute d'anti-héros), il a toujours pris soin de varier les époques et les cultures qu'il dépeignait pour montrer, en définitive, que rien ne changeait vraiment. Les mauvais garçons fascinent toujours autant, on les envie et on leur trouve toutes les excuses tant qu'ils mènent la belle vie, avant de se délecter de leur déchéance pour toutes les saloperies qu'ils ont commis. 
Sur ce plan "Le Loup de Wall Street" est sans doute le plus ambigu de tous, puisque l'histoire de Jordan Belfort est très actuelle et totalement vraie (tirée du livre du malfrat lui-même) et que les crimes financiers perpétués par sa bande dans les 90's paraissent, a priori, bien moins violents que les meurtres des mafieux d'hier. Scorsese prend bien soin de rendre son escroc très sympathique, un fêtard avec un don inné pour l'embrouille, qui incarne l'American Dream et déjoue les salauds des impôts. Sauf que, à y regarder de plus près, ces magouilles ont eu des répercussions bien plus intolérables sur nos vies : des centaines de milliers de petits épargnants ruinés et des arnaques boursières à répétition dont seules les banques ressortent indemnes. Evolution ultime du gangstérisme international, le mafieux est aujourd'hui un homme d'affaire respecté qui fait vivre quelques dizaines de personnes au détriment de millions d'autres.
Les autres films complétant cette collection sont plus anecdotiques. "Shutter Island", thriller dans le genre fantastique, dilue son suspens dans une intrigue trop épaisse. A trop vouloir noyer son personnage principal dans le complotisme généralisé, le spectateur fini par lâcher prise. "Hugo Cabret", adaptation d'un livre pour enfants, est une grande réussite visuelle récréant le Paris des années 30. Pas sûr cependant que le public visé comprenne les références appuyées du réalisateur au cinéma muet en général et à celui de Méliès en particulier.
Le documentaire sur George Harrison, le plus Hindou des Beatles, est très classique dans sa forme : vidéos et photos 
d'archives portées par des témoignages hagiographiques. Mister Scorsese n'a pas cherché à faire le malin, plutôt à rendre un hommage sincère au 3e Beatle planqué derrière Paul et John.

mercredi 10 février 2016

Brazil

Sam va bientôt péter les plombs...
(1985 - Réalisé par T. Gilliam) ****

Quelque part au XXe siècle dans une société ultra-bureaucratique, le petit fonctionnaire Sam Lowry fait profil bas pour vivre tranquille. Ses seuls moments d'évasion sont dans ses rêves, lorsqu'il peut enfin échapper à ce monde technocrate absurde et s'envoler vers sa muse, mystérieuse inconnue. Un petit bug informatique va déclencher une série d'événements dramatiquement comiques et forcer Sam à prendre en main sa destinée.

Version comique mais finalement aussi désespérante du Roman "1984" d'Orwell, Brazil s'attache à décrire une société déshumanisée à force de normes et de règlements étouffant l'individu. Dans cette dictature fictive, Big Brother prend la forme symbolique de tuyaux s'infiltrant partout, depuis les bureaux gris des Ministères jusqu'aux logements étriqués du peuple entassé dans des mega-buildings sans âmes. L'anti-Héros Sam est un petit bonhomme subissant sa vie solitaire, qui prend bien soin de ne pas faire de vagues. 
A ce sombre tableau Terry Gilliam appose sa touche inimitable d'humour Monty Pythonesque, cette dose de surréalisme dans un univers où rien ne fait sens, en caricaturant notre propre société occidentale pour montrer ses dysfonctionnements et ses travers. Tout est corrompu derrière l'apparence de la normalité légale : les employés n'en branlent pas une dès que leur pleutre chefaillon a le dos tourné, on mange de la bouillasse surmontée d'une photo de l'aliment original, les plombiers doivent se mettre hors la loi pour pouvoir faire leur job normalement, les gens se font emprisonner sur simple erreur de patronyme, la chirurgie esthétique impose l'illusion de la jeunesse... A bien y réfléchir, Brazil n'est pas si caricatural que cela : simplement en avance sur son temps. La preuve : lorsque notre brave Sam tente de sortir la tête de la médiocrité ambiante, on découvre le seul échappatoire possible lors d'un bien cruel twist final. On rit jaune, mais on rit quand même.

dimanche 10 janvier 2016

L'Exoconférence

Calmez-vous, je ne sais pas quand Kaamelott sortira au ciné...

(2015 -  Spectacle) *** 

Un Astrophysicien fait le point sur les grandes énigmes de l'univers et de la vie extra-terrestre. Il en profite pour dénoncer avec humour les faits incohérents et démonter des théories farfelues.

S'éloignant prudemment du genre saturé du Stand Up qui tourne en rond sur les mêmes thèmes depuis 10 ans, Mister Astier s'attaque toujours à du lourd dans ses spectacles : une reconstitution de la vie quotidienne de Bach, lors de son premier (Que ma joie demeure), et maintenant la recherche des E.T. du point de vue d'un scientifique goguenard.
J'aime toujours autant sa manière unique de transmettre une culture de haut niveau avec un langage moderne, son style singulier qui s'autorise de brusques changements de rythmes et provoque des contrastes saisissants. Il parvient ainsi à nous faire rire et réfléchir avec des sujets à priori barbants comme la cosmogonie, le schéma envoyé dans Pioneer, la relativité du temps, la composition de la voie lactée ou le paradoxe de Ferni. Son personnage de conférencier un peu show-man qui lutte contre ses gadgets technologiques est une nouvelle incarnation d'un rôle qu'il maîtrise parfaitement depuis le Roi Arthur de Kaamelott : une autorité face au chaos ambiant.
Il n'évite aucun des sujets qui font fantasmer tous les complotistes, une secte qui recrute beaucoup depuis quelques années, de la Zone 51 où s'entasse les technologies Alien au canular de la conquête de la Lune monté par Kubrick, en passant par des Roswel Russes, des abductions improbables et une brève discussion avec Nini l'E.T. Bref, tout ce fatras idéologique qui ne résiste pas une seconde à une analyse logique.
La fin du spectacle, intrigante, voit notre scientifique s'aventurer dans la philosophie et citer Pascal, "Le silence éternel de ces espaces infinis m'effraie", résumant brillamment notre condition humaine face à un cosmos qui restera probablement un mystère pour très longtemps, voire toujours. Sa solution ? jouer du Hard Rock pour rompre ce vide vertigineux de l'Espace et continuer à lever le nez de nos nombrils pour observer les étoiles. Ça n'est peut-être pas grand chose mais l'univers est définitivement trop grand pour nous.

jeudi 10 décembre 2015

Le Hobbit : La Bataille des Cinq Armées

"Par le pouvoir du crâne ancestral..."
(The Hobbit: The Battle of the Five Armies - 2014 - Réalisé par P. Jackson) *** Version longue

Tandis que Smaug ravage Lacville, Bard parvient à se libérer et tente d’abattre le Dragon. Depuis leur forteresse nichée dans la montagne, la compagnie des Nains observe le désastre. Leur chef Thorin recherche désespérément l'Arkenstone dans le trésor incommensurable accumulé à Erebor, ne se doutant pas que le précieux joyau est détenu en secret par Bilbon.

C'est avec un certain soulagement qu'on assiste à la conclusion de cette trop longue trilogie. Point d'orgue de ce dernier épisode, l'affrontement des armées Naines, Elfes et Humaines face aux forces du mal est une simple redite de la trilogie précédente, comme tous les épisodes de "The Hobbit". Rien à redire sur la réalisation technique, toujours impeccable avec ses décors fourmillants de détails et ses costumes luxueux. 
Passons sur l'intrigue, qui malgré un développement sur deux épisodes de 2h30 chacun, amène un revirement de Thorin assez maladroit et des dénouements des différents arcs narratifs traités bien platement. On n'est même pas outré lorsque le réalisateur dégaine pour la énième fois les aigles géants à la rescousse, comme il le fait dès qu'un problème parait insoluble. 
Le sentiment dominant est une forte impression de déjà-vu, chaque séquence épique de bataille entre armées en rappelle une autre d'un film de Fantasy produit ces 10 dernières années. Une mode d'ailleurs initiée par le "Retour du Roi" en 2003, du temps où l'ami Peter révolutionnait le genre. Dans ce Hobbit 3, on a beau essayer de se laisser emporter par l'action ample et trépidante, le père Jackson insère toujours une pirouette cartoonesque des Elfes Legolas et Tauriel pour vous sortir du film ou un plan inutile sur l'insipide Bilbon pour gâcher la fiesta. Lorsque le héros de votre saga joue toutes ses scènes avec l'air de se foutre royalement de ce qui arrive, vous avez un léger problème de casting. Le traitement du personnage secondaire Alfrid, misérable bras droit du Maître de Lacville, est symptomatique du laisser-aller dans le développement des personnages. Ce fonctionnaire perfide devient de plus en plus caricatural et il se ridiculise un peu plus à chaque apparition, jusqu'à subir une mort grotesque. Tous ces soucis de rythme et de vraisemblance ont déjà été évoqués précédemment, le challenge de réaliser 7 heures d'histoires intéressantes à partir d'un mignon conte pour enfants de 300 pages n'a pas été relevé. Peter Jackson a eu le mérite de reprendre un projet initialement conçu puis abandonné à son grand regret par Guillermo Del Toro après 2 ans de gestation intense. L'homme derrière le Labyrinthe de Pan et Hellboy aurait certainement proposé un regard radicalement différent de celui de Mister Jackson. A la place nous avons une version cartoon de luxe du Seigneur des Anneaux. C'est déjà pas mal mais ça aurait pu être tellement mieux.

dimanche 22 novembre 2015

La Horde du Contrevent (Alain Damasio)

Ils sont vingt-trois, formés spécialement pour affronter les dangers d'un monde hostile, une nature balayée de bourrasques intenables, traversée d'incroyables phénomènes, peuplée de redoutables ennemis. Chacun son rôle, chacun son rêve pour un seul but, le même que celui des Hordes précédentes : parvenir à l'Extrême-Amont, la source du vent.



Le roman d’Alain Damasio est à la fois une épopée fantastique originale pleine de rebondissements, un conte poétique emplit de jeux de langage d’où jaillissent des idées surprenantes et un traité philosophique sur la condition humaine.

L’univers construit par l'auteur peut aussi bien être un passé lointain de notre Terre, son futur probable ou une invention pure; qu'importe, il existe. Au fil de la progression, la trace vers l’Amont, on découvre les villages d’abrités, les Fréoles nomades vivants sur des navires volants, des phénomènes surnaturels appelés Chrones pouvant absorber ou révéler le Vif, la nature profonde d’un être ou d’une chose, et une mystérieuse organisation nommée "La Poursuite" qui combat les Hordes.
Le roman endosse des allures "Steampunk", mélange de rétro-futurisme (vaisseaux à hélices, armes boomerangs primitives) et de manifestations s’apparentant à la magie. La lutte interne à la Horde, avec ses caractères bien trempés qui font face aux défis physiques et psychologiques que représentent leur exploit épique, se mêle aux périls extérieurs d’une nature vraiment hostile et de rencontres funestes. 

Comme pour son roman précédent, La zone du Dehors, l'écriture d’Alain Damasio reste fluide tout en faisant circuler la narration entre les nombreux protagonistes, ce qui occasionne des contrastes de styles selon l’observateur décrivant les événements. L’auteur produit des néologismes stupéfiants, comme "L’Hordre" qui sélectionne et forme les futurs Hordiers, par exemple. Il s'amuse avec la syntaxe, comme lors de joutes oratoires à Alticcio entre Caracole le Troubadour et Sélème.
Il joue avec les formes des lettres pour créer des raccourcis imagés, chaque caractère de personnage étant identifiée par un caractère d'imprimerie et les variations d’intensités du vent (Stèche, Choon, Furvent) apparaissant sous la forme d'une retranscription en signes de ponctuation.
Formés depuis l’enfance les membres du « Pack » ont des rôles définis pour que le groupe soit autonome et survive. Le Traceur, aidé des Piliers et des Ailiers, encaisse les puissantes bourrasques et organise la formation du groupe, le Géomaître et l’Aéromaîtresse observent et analysent l’environnement et les types de vents, le Braconnier, la Cueilleuse et les Oiseliers-Chasseurs s’occupent de trouver la nourriture, le Scribe note les péripéties comme témoignage dans son "Carnet de Contre", le Combattant protège la Horde des menaces potentielles, etc. D’autres rôles sont plus ésotériques comme le Prince, la Feuleuse ou le Fleuron, agissant sur le mental et le relationnel au sein de la Horde.

Le message en filigrane de cette œuvre met la vie de la Horde en perspective avec la nôtre, une quête faite de routines et de découvertes, une lutte constante vers un objectif inconnu. Le récit aborde des thèmes intimes familiers, nos choix, nos besoins, nos réactions face à l'adversité et le fait de relativiser certains de nos "petits malheurs" au regard des vraies souffrances physiques et psychologiques. Les destins des 23 héros, tous différents, dans un monde et des concepts brillants inspirés de multiples références, produisent une œuvre majeure de la littérature Fantastique.

mardi 27 octobre 2015

Mad Max Fury Road

Scène ordinaire sur le périph' parisien.

(2015 - Réalisé par G. Miller) *****

Sur les terres désertiques d'une Australie post-apocalyptique, Max Rockatansky se fait capturer par les War Boys d'Immortan Joe. Il devient un "globular", un esclave donneur de sang. Lorsque la Commandante chargée du réapprovisionnement en précieux Or Noir, l'Imperator Furiosa, trahit le Chef Suprême, Max est embarqué malgré lui dans une course-poursuite dantesque.

Nous avions quitté Max en 1985, affrontant les sbires de Tantine Entité alias Tina Turner herself ! Il finissait par sauver un groupe d'enfants s'échappant vers une terre promise et, fidèle au mythe Mad-Maxien, notre homme restait seul abandonné en plein désert. 30 ans après le revoilà dans le même état, sans qu'on sache trop à quelle époque les événements contés dans Fury Road ont lieux. Mais on s'en fout ! Le film n'est qu'une longue course-poursuite de près de 2 heures, durant laquelle George Miller affine son univers en développant sa mythologie (les War Boys et leur Valhalla) et en cachant son personnage fétiche derrière la véritable héroïne du film, Furiosa et sa quête pour retrouver ses origines. Mais surtout il nous offre une succession de séquences incroyablement spectaculaires, plus impressionnantes que n'importe quelle galipette en images de synthèse du énième Super-Héros. Des persos tous plus barrés les uns que les autres dans un univers original qui fait sens, au final. Des couleurs ultra saturées magnifiant les décors naturels, dans lesquels les cascadeurs réalisent des prouesses insensées. Et juste quand il faut, une dose d'effets spéciaux miraculeux, placés au bon moment sans remplir tout l'espace pour que notre cerveau reste en suspension d'incrédulité. 

La gestation du film est déjà une épopée en soi, débutée il y a plus de 15 ans (scénario terminé dès 2003) et jalonnée de coups durs, poursuivie par une malchance contrecarrant sans cesse son destin. Mais le réalisateur a tenu bon et son Fury Road est une des meilleures choses qui nous soit arrivé en 2015. Il faut noter le culot de Miller concernant son traitement atypique de Max. Il passe un premier quart du film ligoté, subissant les événements sans jamais pouvoir intervenir. Il est ensuite contraint d'aider les fuyardes, sans véritable autre option. Son seul grand fait d'arme sera de dézinguer à lui seul tous ses poursuivants dans les marais, une ellipse que le spectateur ne voit même pas ! C'est donc bien la quête de Furiosa qui prime. Magistralement incarné, ce personnage jamais vaincu devra, à la suite d'une cruelle désillusion, trouver le courage d'accomplir sa destinée en faisant confiance à un homme. 

Le film dresse aussi un constat pertinent sur un avenir possible, montrant une Humanité réduite à la survivance dans un monde asséché, victime du dérèglement écologique et social qu'elle a elle-même créé. On sait que Mister Miller a déjà prévu plusieurs suites à son phœnix, espérons qu'il saura prolonger le miracle pour quelques épisodes encore.

samedi 24 octobre 2015

Lifeforce : L'Étoile du mal

"Houston, nous avons une foufoune"
(Lifeforce - 1985 - Réalisé par T. Hooper) ***

A bord du vaisseau spatial Churchill une équipe de scientifiques est chargée d'observer la comète de Halley alors qu'elle passe tout près de la Terre. Ils découvrent une gigantesque structure abritant des chauve-souris géantes mortes ainsi que trois humanoïdes nus dormant dans des sarcophages transparents. En toute logique, l'équipage décide de ramener leurs trouvailles pour les étudier.

Après Buckaroo Banzaï et Dreamscape, je revisite à nouveau un film des 80's cher à mon cœur. Et quand je dis cœur, c'est plutôt d'un autre organe dont je devrais parler car Lifeforce est une de ces Séries B qu'on aime pour de mauvaises raisons lorsqu'on est ado en 1985 : Mathilda May à poil. Et soyons honnêtes, 30 ans plus tard l'un des arguments majeurs pour conseiller de revoir Lifeforce est toujours le même : voir Madame May déambuler telle Ève version Vamp, suçant la "force vitale" de tout ce qui lui tombe sous la bouche. Avouez qu'on peut difficilement faire mieux pour activer la boîte à fantasmes des boutonneux de l'époque du Minitel.
La promesse initiale était de réunir Tobe Hooper, l'homme à qui l'on doit le film d'horreur ultime "Massacre à la tronçonneuse", avec le scénariste principal d'Alien, Dan O'Bannon, pour créer un mélange des genres détonnant et radical. Le problème ? la production est assurée par Cannon Films et Golan-Globus, les spécialistes du Nanar Fauché qui se retrouvent pour la première fois avec un budget conséquent dans les mains. Du coup l'ambitieux film de SF érotico-Gothico-apocalyptique supplément Vampires et nappage Zombies tourne au fourre-tout un peu mou du genou.
Essayons de résumer la recette de Lifeforce. Prenez un zeste d'Alien (des spationautes imprudents ramènent des créatures inconnues), ajoutez une pincée d'hommage aux films Gothiques et Polissons des 50's (les Aliens sont des vampires antiques nus qui se nourrissent d'énergie vitale), versez un soupçon d'horreur 80's (les cadavres vidés de leur force sont toujours vivants), mélangez avec d'autres influences (L'Exorciste, L'invasion des profanateurs, Le Loup-Garou de Londres) et pimentez avec un final façon catastrophe de fin du monde (Londres face à une invasion de morts-vivants). Clou du spectacle : faites une scène Gay avec Patrick Stewart (oui, le Professeur Xavier des X-Men).
Le résultat, on l'a dit, tient plus du joyeux foutoir involontaire que de la grande épopée mystique. Lifeforce est très typé années 80, avec de l'animatronic comme on en fait plus, d'un temps où les USA s'autorisaient encore d'afficher du nichon dans une grosse production pop-corn pour ado qui ne sait pas trop où elle va. Comme pour Dreamscape, c'est son rythme assez haletant qui le sauve de la noyade complète.
Et la madame toute nue.

mardi 6 octobre 2015

Un bref manuel "Path of Exile" à destination des timides et des non-initié(e)s


La sortie cet été 2015 de la version 2.0 de Path of Exile a suscité un regain d’intérêt chez les amateurs de Hack & Slash façon Diablo, dont votre dévoué fait partie. Pour celles et ceux ne connaissant pas ce bijou du genre rappelons ses qualités majeures :
- Il est gratuit,
- Il est complexe,
- Il est immense,
- Il est gratuit.

Si on ajoute à cela des systèmes de jeu ingénieux et infiniment personnalisables, une progression constante en solo ou en ligne et une équipe de développement motivée et intransigeante face à une communauté active, on tient là un candidat sérieux au titre de meilleur Action-RPG sur PC. Et en plus il est gratos (on l'avait déjà dit ?).

Cependant quelques éléments peuvent rebuter certaines personnes habituées à des mécaniques de jeu simplifiées avec des prises en main en douceur. En effet Path vous balance à la tronche son arbre de 1300 bonus passifs dès que vous gagnez votre premier niveau. De quoi faire s'évanouir les gamers accoutumés aux basiques Tank / DPS / Heal où le seul véritable choix concerne la couleur de sa culotte.

Seconde difficulté : le ramassage du déferlement de loot, coutumier du style Diablo, n'est pas uniquement conditionné par la rareté des objets.
Expliquons-nous. Lorsque vous dézinguez un ennemi dans Exile des objets surgissent de son cadavre comme dans n'importe quel Hack & Slash. Sachant que vous en trucidez une centaine par minute vous vous retrouvez vite avec des empilements d'équipements gisant au sol.
Dans les autres jeux du genre il suffit de seulement collecter les objets très rares et abandonner sur place les "normaux", 100% inutiles passés les premiers niveaux.
Dans PoE le principe est nettement plus subtil : les objets "normaux" peuvent s'avérer être utiles pour peu qu'ils aient certaines caractéristiques. En effet on dispose d'Orbes pour transformer leur type et les bonus qu'ils offrent, au pire leur revente permet d'acquérir ces précieuses Orbes.

Ceci nous amène à la troisième particularité du jeu, le "tuning" de votre perso. Sa progression sur l'arbre de compétences passives ne lui donne aucun Sort ni Attaque ni Défense à utiliser. Pour obtenir des skills "actives" vous devrez acquérir des Gemmes que vous insérerez sur l'équipement porté, dans les emplacements disponibles (Oui, comme dans Final Fantasy VII, papy !). Ainsi les actions offertes sont conditionnées par le choix des Gemmes, interchangeables à volonté et totalement indépendant de la Classe de départ.
Soit une liberté rebutant les personnes qui aiment être prises par la main, menées jusqu'au buffet et gavées comme des oies sans lever le petit doigt.


Ce "game design" très tranché, associé au refus de tomber dans le "pay to win" assez fréquent dans les jeux (soit-disant) donnés, font de Path of Exile une expérience pas vraiment facile d'accès.
Mais si, comme disait Miss Monàe, la vie est une pièce de théâtre sans répétition, rien ne vous empêche de jouer préparé. Voici donc notre guide introductif pour novices qui saura, nous l'espérons, vous convaincre de tenter l'aventure (puisque c'est gratuit on vous dit !).