vendredi 15 avril 2011

Enter the void


(2009- Réalisé par G. Noé) **

Oscar et sa sœur Linda vivent au Japon, lui magouille un petit trafic de drogue, elle danse dans un Club de Strip. A la suite d'une descente de police, Oscar va expérimenter le trip ultime : la mort.

Le père Noé rechausse sa caméra titubante de Irréversible pour nous embarquer dans une nouvelle "épreuve" dont il a le secret. Problème : là où l'outrance visuelle du film précédent se justifiait par un récit très adroit, Enter the Void se noie dans une explication lourdingue qui gâche l'ensemble du projet. En effet l'un des protagonistes dévoile lors de la première partie toutes les étapes qui seront traversées par le héros mort, transformant ce voyage initiatique tiré du "Livre des morts" en excursion pour touristes, balisée de passages obligés. Reste une expérience sensorielle probablement unique au cinéma, en vue subjective permanente, spécialement dédiée aux amateurs de fumette et de scènes de cul fluo.

mercredi 13 avril 2011

Playlist Radiohead I (1993-2001)



Playlist on SPOTIFY

Just  (The Bends - 1995)
Karma Police   (OK Computer - 1997)
Lewis (mistreated)  (My iron lung EP - 1994)
Knives Out   (Amnesiac - 2001)
Planet Telex  (The Bends - 1995)
Creep (Acoustic)  (Itch EP - 1994)
Everything In Its Right Place   (Kid A - 2000)
Airbag  (OK Computer - 1997)
The National Anthem  (Kid A - 2000)
Pyramid Song   (Amnesiac - 2001)
Fake Plastic Trees  (The Bends - 1995)
Subterranean Homesick Alien   (OK Computer - 1997)
Blow Out  (Pablo Honey - 1993)
My iron lung  (The Bends - 1995)
Idioteque  (Kid A - 2000)
Paranoid Android   (OK Computer - 1997)
True love waits (live)  (I might be wrong - 2001)

mercredi 16 mars 2011

Mammuth


(2010- Réalisé par G. Kervern & B. Delépine) ***

Serge Pilardosse fête son départ en retraite. Dès le lendemain il s’emmerde. L'administration lui réclamant les preuves des nombreux boulots qu'il pratiqua dans sa jeunesse, notre homme part à la recherche des précieux documents au guidon de sa légendaire moto "Mammuth".

Prenez un Depardieu en loser magnifique, ajoutez-lui une pincée d'Adjani en muse éthérée, pimentez avec les habitués du troquet Kernvern-Delépine (Moreau, Poelvoorde, Lanners, Miss Ming, Lochet), saupoudrez de quelques têtes inédites, vous obtenez le nouvel ovni de nos deux gentils anars préférés. 
Restant dans la veine "sociale" du précédent (Louise-Michel), on suit les tribulations comico-poétiques d'un retraité déconnecté à la recherche de justificatifs administratifs, périple effectué sur une bécane aussi antique que son propriétaire. Évidemment le road-movie asthmatique sera l'occasion pour notre homme de faire des rencontres et de renouer avec son passé enfoui par des années de travail abêtissant. Un bilan doux-amer sur une vie, traité avec la "patte" iconoclaste des auteurs .

lundi 21 février 2011

Inception




(2010- Réalisé par C. Nolan) ***** Dream Machine Edition (Mallette + Ultimate Edition)

Cobb et son équipe sont spécialisés dans l'extraction d'information confidentielle, avec une méthode révolutionnaire consistant à s'introduire dans l'esprit de leur victime lorsqu'elle dort pour lui soutirer ses secrets. Un homme d'affaire Asiatique lui propose de réaliser l'inverse : implanter une idée chez son concurrent, à son insu.

Comme avec Matrix en son temps, Inception est un film qui doit être revu (et revu encore) pour en apprécier la mécanique maniaque et en découvrir toutes les couches scénaristiques. C'est un film d'espionnage high-tech, une histoire d'amour héroïque, une réflexion profonde sur la réalité, un thriller politique sur la manipulation de l'individu, un hommage moderne aux films d'avant l'imagerie synthétique. C'est la somme de toutes les obsessions de son auteur-réalisateur, Christopher Nolan. On y retrouve son découpage ultra-précis, sa déconstruction en puzzle des séquences qui teste en permanence le spectateur, toujours sur le qui-vive. 
Parfois l'ampleur d'une production Hollywoodienne écrase ses acteurs, perdus dans l'immensité des décors, noyés sous les décibels de la bande-son. Inception est un miracle car il évite cet écueil, malgré la richesse des intérieurs et extérieurs et l'omniprésence de la musique, une des plus obsédante et réussie du genre, d'ailleurs, puisque intégrée directement à l'intrigue. L'ami Di Caprio et son équipe de cadors crédibilisent le concept de départ, pourtant pas facile à "vendre" puisque tous les protagonistes passent les trois quarts du film à dormir ! Comme à son habitude Nolan tord et explore jusqu'au point de rupture son postulat de départ, et en véritable génie parvient à nous laisser accroché au bord de son précipice scénaristique vertigineux dans les dernières secondes du film. Prodigieux.

mercredi 19 janvier 2011

Tropic Thunder


(2008 - Réalisé par B. Stiller) **** 2-Disc Director's Cut

En hiver 1969, un commando d'élite américain fut envoyé en mission ultra-secrète dans le Sud-Est du Viêtnam. Objectif : délivrer le sergent Feuille-de-Trèfle Tayback. Quasiment une mission-suicide.
Sur les dix hommes envoyés, quatre seulement en revinrent. Sur les quatre, trois écrivirent un livre sur leur histoire. Sur les trois livres, deux furent publiés. Un seul fut adapté au cinéma.
Voici l'histoire des hommes qui tentèrent de faire ce film.

Ca commence par une pub débile d'un rappeur en mousse, ça enchaine sur 3 bandes-annonces qui nous paraissent étrangement familières : le blockbuster ultra crétin, l'odieuse pochade à la connerie obèse, le pensum lourdingue taillé pour les Oscars. En résumant en 5 minutes chrono tout le barnum Hollywoodien, Tropic Thunder se pose d'emblée comme LA comédie des années 2K. Et la suite ne va que confirmer cette parfaite entrée en matière. On retrouve avec délectation quelqu'uns des grands stéréotypes du cinéma Américain grand public, avec des pointures pour les incarner, aussi bien dans le casting principal que dans les rôles secondaires. En choisissant comme thème le "film de guerre au Vietnam", Ben Stiller s'ouvre un boulevard comique et en exploite tous les ressorts sans jamais tomber dans la parodie facile. Mention spéciale à Tom Cruise, le producteur over-the-top ("why don't you get the hell out of here before I snap your dick off and jam it into your ass ?!"), et à Robert Downey Jr, acteur en sur-régime ("I'm the dude playing a dude disguised as another dude !").

dimanche 5 décembre 2010

Réécrivons gaillardement Terminator 3

Terminator 3 : Mission Biactol
Nous avons déjà évoqué longuement sur cet écran le cas douloureux d'une trilogie cinématographique immolée sur l'autel de la médiocrité et du merchandising (Pour les non-comprenant, voir nos billets sur Star Wars Prélogie).
Toutes n'ont pas subi les outrages d'un sagouin uniquement préoccupé par son portefeuille, loin s'en faut. On peut citer une pétachiée de triptyques sur pellicule valant leur pesant de Pop-corn pour tout Geek normalement constitué : Retour vers le futur, Le Seigneur des Anneaux, Evil Dead, La Cage aux Folles et d'autres encore que ma mémoire vacillante et mon insondable inculture m'empêche de citer.
Certaines séries du grand écran font débat au sein de la communauté, les arguments les plus élitistes étant employés pour les encenser ou a contrario les dézinguer. Citons pour l'exemple cette discussion entre omarSAV91 et Mickeline59 sur le forum "Ado 12-15 ans" d'un célèbre site, à propos du chef d'oeuvre des frangins Wachowski :
- Waow comment ça déchire trop sa reum Matrix 3 !!!
- L O L trop pourri ton Matrix 3, vive Matrix 1 !!!
- C'est toi pourri, Matrix 3 c'est de la philo
- Pauv' cul
- Nazi.

L'exemple Matrixien n'est pas une affaire isolée, ce type de raisonnement implacable et de rhétorique redoutable s'applique également aux Alien, Indiana Jones et autres Spiderman. Édifiant, non ?

Le cas qui nous préoccupe ce soir fait lui aussi polémique, il s'agit de la saga Terminator.

Les quarantenaires qui ont assisté à la naissance de Sarah Connor et du Cyborg Autrichien ne peuvent envisager une suite au Kolossal diptyque accouché par le Docteur Cameron. Le premier film dépeint l'étreinte irrévocable du destin sur une jeune héroïne, tandis que le suivant libère l'humanité de la fatalité. On ne peut rêver plus adroit et concis, surtout lorsque le réalisateur est aussi efficace et soigneux, aussi bien dans l'écriture de son scénario que dans le choix du casting. Tels quels Terminator et Terminator 2: Judgement Day forment un tout harmonieux, malgré son joli paradoxe temporel illogique (mais on s'en fout).

La Saga Terminator est dans le cercueil

Cet équilibre délicat ne pouvait malheureusement pas durer aux yeux des producteurs, et d'un certain acteur en mal de publicité pour se faire élire gouverneur.
Ainsi en 2003 un nouveau chapitre est mis en chantier, chargé de relancer la franchise en se passant de papa James et maman Connor. Sacrilège !
Le résultat ? une suite d'entorses aux bases de l'univers de Mister Cameron, desquelles surnagent quelques idées intéressantes cachées derrière des scènes d'actions enflées et un second degré trop appuyé. L'intrigue n'est qu'une resucée de l'opus précédent : une méchante Terminatrice devant éliminer les futurs lieutenants de la résistance, face à un gentil Schwarzynator qui protège John. La nouvelle T-X dispose d'un armement dont on nous avait pourtant dit qu'il était strictement impossible qu'il voyage dans le temps. Elle possède même des pouvoirs quasi-magiques lorsqu'elle contrôle à distance des véhicules. On est carrément chez Harry Potter.
Le Gouvernator perd toute sa coolitude, balançant des "parle à ma main" sorti tout droit de la décennie précédente, et son adversaire est malmenée par un scénario bout-de-ficelle lui faisant prendre de curieuses décisions, en particulier lors de la séquence du cimetière où elle dévoile son identité alors qu'elle est certaine de trucider sa cible.
Pour essayer de se mettre les fans dans la poche, on tente aussi un caméo du docteur Silberman, le psy qui par deux fois avait croisé le chemin de Sarah Connor. Louable démarche, mais qui ne nous décroche qu'un sourire tristounet avec ses allures de running-gag poussif.

Mais l'affront ultime, l'insulte suprême faite aux fans, vient surtout du message général qui se dégage du film.
Alors que tout le récit de James Cameron démontre que l'humain peut infléchir sa destinée à force de volonté, le scénario de Rise of the Machines s'évertue à balancer de grosses louchées de fatalité irrémédiable. John Connor croise sa future femme et découvre qu'ils étaient déjà promis l'un à l'autre depuis leur enfance, et par ailleurs l'apocalypse nucléaire est irréversible quoiqu'il fasse. Bref, pourquoi se fatiguer quand tout est déjà manigancé par le tout puissant ? Ça fout le bourdon.
Ce qui est sûr pour le fan, c'est que lorsque M. Cameron sera mort il n'a pas fini de se retourner dans sa tombe d'avoir vu son oeuvre ainsi mutilée.

Les acteurs de Terminator 3 reçoivent les premières critiques du film
Non, on ne peut décemment pas apprécier ce T3. Alors on se dresse sur ses petites pattes arrières, on bombe son torse imberbe, et on pousse un cri suraiguë libérateur : gniiiiaaaaaaarrrrrrr !

 A l'instar de notre tentative bien inutile mais ô combien salvatrice de réécrire la prélogie Star Wars, et afin de chasser cet immonde souvenir de notre esprit chancelant, nous avons entrepris une opération identique pour sauver du déshonneur notre bienaimée Famille Connor et leur fidèle Terminator. Oui, mes amis, mes frères et mes sœurs (oh oh...), réécrivons gaillardement Terminator 3 : Rise of the Machines.

Fantasme de fan, assurément, puisque les chances pour que le démiurge James Cameron reprenne un jour les rênes de son épopée sont proches du néant. Toutefois la mode à Hollywood semble être au reboot, et un certain Batman n'a pas eu à s'en plaindre. Après avoir été mis au monde brillamment par M. Burton, il fut assassiné par le psychopathe Schumacher avant de renaître par la grâce du magicien Christopher Nolan. Alors pourquoi pas, dans dix ans, voir surgir un remake habile des Terminator ?

Hasta la vista, que Sainte-Linda Hamilton prie pour nous, pauvres pécheurs, maintenant et à l'heure de notre mort sous le feu thermonucléaire.

Le synopsis qui suit est soumis à la sagacité du lecteur ou trice, avec les mêmes précautions que lors de notre expérience antécédente : vous allez lire un document amateur, reprenant les grandes lignes du scénario original mais sans les fadaises qui nous déplaisent. Il contient probablement quelques incohérences et interprétations hasardeuses, mais est réalisé avec autant de ferveur enthousiaste que possible.


mercredi 24 novembre 2010

Snatch


(2000- Réalisé par G. Ritchie) ****

Un diamant volé est l'objet de toutes les convoitises. Une poursuite mouvementée s'engage entre une ribambelle de truands plus ou moins mal famés, magouilleurs à la petite semaine, diamantaire Juif, gangster Russe, Gitan bagarreur, promoteur de boxe psychopathe et voleurs de banque débutants.

Le scénar "tarantinesque" (du dialogue qui claque, des histoires qui s’entremêlent) est juste un prétexte à un étalage de "gueules" lâchant des sentences poilantes toutes les deux minutes. Et si Snatch parvient à échapper à une simple galerie de personnages faussement cool, c'est grâce à son montage très typé, des "cuts" ultra courts qui relancent le rythme et coupent le superflu, et à ses acteurs à fond dans des numéros sur mesure. Pour sûr les allergiques aux situations improbables et à l'acting un peu "over the top" seront vite soulés. Mais pour celles et ceux qui veulent découvrir Brad Pitt en gîtant baragouineur aux prises avec Jason Statham, Vinnie Jones et d'autres pointures du genre, faites-vous un shoot de Snatch. Bien malin ceux qui peuvent prévoir la fin.

lundi 22 novembre 2010

Cloverfield


(2008 - Réalisé par M. Reeves) ****

Rob fête sa nomination pour un poste prestigieux au Japon, lors d'une soirée organisée par son frère et sa petite amie. Mais un événement hors du commun frappe soudainement la ville de New-York.

Aujourd'hui nous sommes saturés de films "found footage", ces vraies-fausses vidéos façon caméscope retrouvées comme par hasard (par des producteurs cupides, of course). A l'époque de la sortie de Cloverfield le genre est déjà proche du trop-plein mais compte quelques réussites, coté horreur on a eu REC, et coté "dénonce" Redacted, faux documentaire mettant en cause les vrais agissements de soldats américains en Iraq. Manquait un digne représentant du "Film de monstre", et paf le voila ! 
L'excellente idée des auteurs est de ne vouloir à aucun moment expliquer les choses. Cloverfield est une longue course vers une menace dont on ne connait pas l'origine ni les motivations, et c'est tant mieux parce qu'on s'en cogne. Passé le quart d'heure initial de présentation des protagonistes, la première attaque au cœur de New-York vous saisit pour ne vous lâcher que dans les rares moments d'accalmies, faisant place à des séquences émotionnelles brillamment interprétées (le coup de fil à la mère, sur un quai de métro abandonné). Réinvention de Godzilla, images écho du 11 septembre 2001, vain sacrifice du héros, autant de pistes de réflexion intéressantes mais dont on peut se passer pour apprécier le film au premier degré : un putain de déferlement de destruction massive.

dimanche 17 octobre 2010

Not the messiah (un très vilain garçon)


(Not the messiah, he's a very naughty boy - 2010 - Spectacle) ****

Opéra comique inspiré du film culte des Monty Python "La vie de Brian", écrit par le pythonesque éric Idle.

Il est très important de signaler que Not The Messiah n'est pas une Comédie Musicale, genre que j'abhorre tout particulièrement, mais bien un Opéra (pour être plus exact un "Oratorio", c-a-d une œuvre lyrique sans mise en scène, ni décors, ni costumes - merci Wiki). Cette précision faite, plongeons-nous dans cette version "Chantée" du film "Life of Brian" des Monty Python. Le fanatique que je suis est bien sûr conquis dès les premières notes du générique du Flying Circus (Liberty Bell) joué Live. Eric Idle accompagne quatre professionnels du chant lyrique qui offrent leurs magnifiques organes (Ténor, Mezzo-Soprano, etc) à une poilante ode à la déconne, suivant la trame du scénario du film. Les vieux complices font tous une apparition, à l'exception notable de John Cleese, et on a même droit au Classique des Classiques, Michael Palin et sa fabuleuse "Lumberjack Song". Les titres des numéros parlent d'eux-mêmes : "We love sheep", "I want to be a girl", "Hail to the Shoe"... on se marre et en plus on a l'alibi culturel, que demander de plus ?

jeudi 30 septembre 2010

Zodiac


(2007 - Réalisé par D. Fincher) ***

Dans le San-Francisco des années 70, l'histoire vraie de la traque d'un Serial Killer se faisant appeler le Zodiac, par un flic et deux journalistes.

A qui faire appel pour vos histoires de Serial Killer ? Mister Fincher, of course ! Le spécialiste des tordus, le responsable d'un des plus grands chefs d’œuvre du genre (Se7en), ne pouvait que sauter sur l'une des plus fameuses affaires de meurtres en série ayant secoué les états-unis dans les 70's.
Sauf que David Fincher nous la fait à l'envers, en s'éloignant de la surenchère gore et du thriller classique. L'auteur décide de privilégier le travail de l'enquêteur et du journaliste, explorant la frustration des fausses pistes et du manque de preuves, l'obsession de la traque et les conséquences sur la vie privée.
Les méfaits du tueur sont relégués au second plan, on ne verra d'ailleurs jamais son visage, même lorsqu'il attaque en plein jour (encore un tour de force de réalisation). Et pour cause, ce fait divers réel n'a jamais été résolu

samedi 25 septembre 2010

OSS 117 - Rio ne répond plus


(2009- Réalisé par M. Hazanavicius) ****

Hubert Bonisseur de la Bath est de retour. Son supérieur l'envoi à Rio de Janeiro à la poursuite d'un nazi en fuite. Flanqué d'une espionne des Services Secrets Juifs, notre fierté nationale devra affronter la C.I.A., la mafia Chinoise et de redoutables Catcheurs. L'occasion pour lui d'imposer son sens des valeurs si particulier dans un monde en pleine révolution Baba-cool.

Décomplexés par le succès mérité du premier épisode, Hazanavicius et ses compères poussent le concept un cran plus loin dans l'absurde et le second degré, sur des thèmes casse-gueule (notamment les clichés antisémites) qui nécessitent un dosage subtil. Mission accomplie, et de belle manière puisque le réalisateur n'a pas oublié de conserver le style classieux qui avait contribué à élevé sa parodie au premier rang, loin devant les comédies franchouillardes bâclées. Tout est magnifique, de la bande son jusqu'aux décors, recréant cette ambiance chaude Hippie-Brazil qui nous réjouit avant même qu'un gag soit balancé.
Après sa brillante métamorphose en Sean Connery période Bond dans "Le Caire", Jean Dujardin emprunte un style plus 70's dans "Rio", un croisement réussi entre Paul Newman, Errol Flynn et Bébel façon "Le Magnifique". Il conserve tout le décalage qui rend ce misogyne raciste finalement attachant, en le ridiculisant dès que possible pour notre plus grand bonheur.

mardi 31 août 2010

Resonance of fate

Votre équipe de choc en plein boulot

Tri-Ace / Sega
Genre : RPG
Verdict: 4/5

Si vous avez manqué le début

C'est le bazar à Bazel ! Cette Tour titanesque plantée sur une Terre dévastée abrite ce qu'il reste de l'Humanité, un ramassis d'aristos décadents régnant sur une population désabusée, menacée par un cortège de margoulins et de monstres Tchernobyliens. Pour couronner le tout la structure archaïque de Bazel part en sucette, et y'a pas un ouvrier du bâtiment pour rafistoler. Fort heureusement trois mercenaires principalement préoccupés par le cul, les fringues et la Justice vont s'attaquer au pouvoir totalitaire en place.


jeudi 22 juillet 2010

Coffret: Batman Begins - Batman: The Dark Knight


(2005 / 2008 - Réalisés par C. Nolan) **** / ***** Edition 3 Blu-ray

Batman Begins : Captif d'une prison Chinoise, Bruce Wayne est repéré par un certain Ducard à la suite d'une altercation mouvementée entre détenus. Ce dernier lui propose de joindre son organisation secrète, la Ligue des Ombres.

The Dark Knight : Le spectaculaire casse d'une banque de Gotham City est revendiqué par un certain Joker. Le lieutenant Gordon, chef de la police locale, demande l'aide du justicier Batman.

Après avoir été brillamment (re)mis au monde Cinématographiquement par Tim Burton fin 80's-début 90's, Batman fut assassiné par le psychopathe Joel Schumacher. Du grand guignol tragi-comique où la parodie est devenue involontaire au fil des épisodes. Mais qui pouvait encore prendre les super-héros au sérieux ? Christopher Nolan, bien sûr ! L'expert du faux-semblant et grand tortionnaire de méninges sur pellicule.
Le Batman des années 2K est profondément ancré dans la réalité, le moindre gadget y est disséqué, le plus petit souci prend des proportions psychodramatiques hors-norme. Bruce Wayne gagne en densité ce qu'il perd en nonchalance, aidé par le jeu mâchoire-serrée/grosse voix du grand Christian "je rigole quand j'me brûle" Bale. Le premier épisode, un poil trop étiré, assoit les fondations du mythe : on n'est pas chez les clowns en collants. Le héros poursuit son trauma d'enfance et se fourvoie face à son mentor, pendant que le Cavalier de l'Apocalypse piétine Gotham. 
Mais c'est surtout sa suite qui est un véritable feu d’artifice. Les auteurs questionnent l'idéologie nauséabonde de la figure du Justicier Solitaire, font basculer les idéalistes dans la dépression, rendent l’anarchiste fou Joker phénoménal et inoubliable, démontrent que le sacrifice est parfois vain... bref, ils démontent un à un tous les clichés assénés depuis des décennies par l'Industrie du Rêve, tout en assurant un final plein d'espoir sur l'Humanité. Bienvenue dans le monde réel, Batman.

dimanche 11 juillet 2010

Bourne Trilogy : Coffret (La Mémoire dans la peau - La mort dans la peau - La vengeance dans la peau)


(The Bourne Identity - The Bourne Supremacy - The Bourne Ultimatum - 2002 / 2004 / 2007- Réalisés par D. Liman / P. Greengrass / P. Greengrass) *** / **** / ****

La mémoire dans la peau : Un homme, sauvé par des pêcheurs en mer, tente de recouvrer la mémoire. Ses seules pistes sont extraites de son corps : les deux balles de revolver qui auraient dû le tuer et un numéro de compte bancaire Suisse encapsulé.

La mort dans la peau : Bourne se cache à Goa, en Inde, avec sa petite amie. Pendant ce temps, à Berlin, les Services Secrets ourdissent un plan machiavélique pour l'éliminer.

La vengeance dans la peau : Toujours en quête de sa véritable identité, Jason Bourne décide de contacter un journaliste qui semble en savoir beaucoup sur son affaire.


Exemple rare d'une trilogie qui s'améliore au fil des épisodes, la saga Bourne débute comme un thriller sec et net. Structure narrative simple et économie des effets "grand spectacle" habituels, comme un "James Bond" ultra-réaliste et profil bas, le film est soutenu par un rythme suffisamment enlevé pour qu'on supporte cette énième itération de l'histoire-du-gars-amnésique-poursuivi-par-son-ancien-patron. Matt Damon est convaincu et convaincant en super-agent paumé au milieu d'un complot international, découvrant petit à petit ses aptitudes hors du commun. 
A partir du second opus le rythme s'emballe et l'intrigue se complique, mais le film garde son postulat de départ : de l'exotisme (Inde-Naples-Berlin), pas d’esbroufe dans l'action, pas de surenchère dans la pyrotechnie, de l'efficace, du brutal. Le découpage ultra-court des combats mano-a-mano rend ses séquences très intenses, limite frustrantes lorsqu'elles se terminent au moment où on vient de comprendre qu'elles avaient commencé ! C'est justement ce coté nerveux, sans explication de texte, ces chorégraphies au millimètre sans fioritures, qui font qu'on apprécie ces soudains déferlements de violence physique où la manière compte moins que le résultat. Ca nous change de certaines autres productions où gentils et méchants palabrent des heures durant avant de se rentrer dedans. 
Le dernier volet de la trilogie conclut l'épopée de Jason Bourne avec panache, poussant le concept à son apogée lors de plusieurs séquences mémorables : la traque du journaliste dans la gare de Londres, le jeu du chat et de la souris à Tanger, la course-poursuite automobile finale. Même avec sa conclusion attendue, la confrontation de Bourne avec ses supérieurs sur le sol américain, "Bourne Ultimatum" reste le meilleur exemple du renouveau du film d'espionnage façon années 2K, qui prend en compte l''atmosphère post-11 septembre, époque de paranoïa générale où chacun se méfie de tout le monde.

lundi 5 juillet 2010

Burn after reading / O'Brother (Coffret)


(Burn after reading / O'Brother where art thou ? - 2008 / 2000 - Réalisé par J. & E. Coen) *** / ***


Burn after reading : Après sa mise à la porte un agent de la CIA décide de rédiger ses mémoires. Malheureusement pour lui un coup du sort place ses archives confidentielles dans les mains de deux employés d'une salle de gym, qui décident de le faire chanter.

O'Brother : Sur le thème classique de l'odyssée d'Homère,  trois évadés de prison partent à la recherche d'un trésor dans le Mississippi des années 30.

O'Brother est une épopée comique dans le plus pur style Cohen, traversée de bons moments comme l'évasion dans le train, le baptême en rivière, l'affrontement avec le KKK ou cette interprétation magistrale de "Man of Constant Sorrow". Mais il ne reste finalement pas grand chose d'inoubliable une fois cette pochade bien stylée finie.
Plus accessible parce que plus contemporaine, la comédie "Burn after reading" la joue modeste mais atteint son but : donner des personnages bien cons à jouer à quelques Stars Hollywoodiennes. On se régale devant les numéros des Swinton, Clooney, Pitt et autres Malkovich. Une coincée pète-sec qui ne supporte plus son mari agent de la CIA, lui même foutu à la porte pour alcoolisme, un agent de sécurité queutard invétéré mais incapable de quitter sa femme, une employée de salle de gym cherchant à la fois le grand amour et un financement pour son opération de chirurgie esthétique, son acolyte gentil mais franchement couillon qui l'assiste dans sa mission de chantage, le trombinoscope est gratiné !