vendredi 17 janvier 2020

Midsommar

Un p'tit alcool de bienvenue, mademoiselle ?
(2019 - Edition Spéciale "Director's Cut" - Réalisé par A. Aster) ****
Un jeune couple d'américains, au bord de la rupture sentimentale, part faire le point après un terrible drame. Dani, Christian et leurs amis se retrouvent en Suède, pour un séjour au cœur d'un étrange festival d'été.

Après son premier film Hérédité, le réalisateur Ari Aster prolonge son exploration des relations humaines. Il conserve la forme, un film d'horreur basé sur un culte bien barré, mais quitte l'étouffant huis-clos familial précédent pour une nature ensoleillée plongée dans un été permanent. Un parfum de "The Wicker Man" (1973) plane sur le film, par son côté exploration d'un bizarre folklore. Mais le film est bien plus que cela. Le contraste entre les émotions violentes vécues par les protagonistes et le cadre paisible de cette campagne fleurie est la clé de voûte du récit. L'héroïne va traverser toutes les étapes des deuils qu'elle affronte, la perte d'êtres chers et la fin d'une relation amoureuse, qui vont prendre forme littéralement dans les agissements hallucinés de cette secte ancestrale.
Comme une métaphore de ses angoisses, Dani va faire un cheminement mental douloureux mais nécessaire pour vaincre sa dépression, en subissant les rites cruels d'une culture inconnue. La résolution de l'intrigue n'est pas l'intérêt principal du film. En effet dès le rituel initial de la communauté on devine le destin des "étrangers" présents. C'est tout le processus inéluctable qui se déroule pour l'héroïne et son compagnon qui est intrigant, avec une marque de fabrique de l'auteur déjà reconnaissable : symboles runiques mystiques et images subliminales dans le décor, idées surréalistes puissamment mises en images, goût pour la mise en scène des corps atypiques. Assurément différent.

vendredi 27 décembre 2019

Police Squad! - La série

Surely you can't be serious...

Police Squad! L'intégrale (TV - 1982 - 1 saison/6 épisodes, Créée par D. Zucker, J. Abrahams & J. Zucker). 2 DVD. Bonus : Essais des acteurs, Commentaires audio, Générique de fin inédit, Entretien avec Leslie Nielsen, Bêtisier.
Les enquêtes loufoques de deux officiers de police, le Lieutenant Drebin et le Capitaine Hocken.

La série Police Squad!, alias "Y-a-t-il un flic... ?" en France, est principalement connue pour ses 3 films sortis entre 1988 et 1994. Mais les auteurs s'étaient rodés dès 1982 avec cette série où l'on retrouve avec bonheur tout l'humour décalé et non-sensique des auteurs de "Y-a-t-il un pilote dans l'avion ?" et "Top Secret". Quand on pense que la série fut annulée dès sa première saison parce que les dirigeants de la chaine ABC trouvaient qu'elle demandait trop d'attention de la part des téléspectateurs, on mesure à quel point elle était en avance sur son temps.
Gags visuels, jeux de mots débiles, situations absurdes, tout est déjà là, dès le générique d'intro avec le narrateur qui se goure toujours de titre. Leslie Nielsen, alias Drebin, reste la pièce maîtresse de la série comme des films. Son attitude ultra sérieuse en toute circonstance, même dans les mises en scène les plus crétines, fait beaucoup pour la réussite de l'ensemble. Les dialogues sont une véritable régalade en V.O., certaines subtilités restant intraduisibles dans notre langue. On note aussi peu de références trop datées, ce qui rend la série intemporelle. 
Le format court des épisodes (20 mns) oblige les auteurs à un rythme soutenu. Ils arrivent tout de même à glisser des séquences récurrentes qu'on attend avec délectation : la guest start qui meurt dès le début, Al le grand flic dont on ne voit jamais la tête, l'indic cireur de chaussure, l'ascenseur du bureau de police, le scientifique du labo. Sans oublier le final hilarant pour chaque épisode, qui parodie l'arrêt sur image des séries à la mode de l'époque mais où les acteurs restent figés comme des cons ;-)

vendredi 22 novembre 2019

TAPESTRY (Jeu de société)

Tapestry - Édité par Matagot
Avec ses grosses figurines playskool et son titre évoquant la décoration d'intérieur, Tapestry a tout pour faire douter les amatrices/teurs de jeux élaborés. Mais après un coup d’œil aux noms des auteurs, la maison Stonemaier Games responsable de références comme Scythe ou plus récemment Wingspan, on comprend deux choses. Premièrement c'est du sérieux, et deuxièmement Stonemaier est le spécialiste des noms de jeux sibyllins.

Dans "Tapestry - La grande fresque des civilisations", vous allez mener votre peuple de la maîtrise du feu à la conquête de l'espace. C'est très ambitieux mais rassurez-vous, c'est aussi très simplifié. 
En solo ou jusqu'à cinq participant(e)s, chacun-chacune va se préoccuper de faire progresser sa civilisation en explorant le monde, en inventant de nouvelles technologies, en conquérant des territoires et en faisant avancer la science. Mais pour tout ça, va falloir du pognon, du savoir-faire, de la main-d'œuvre et de la bouffe...

dimanche 27 octobre 2019

Under the Silver Lake


Andrew Garfield, après avoir lu le scénario du film

(2018 - Réalisé par D. R. Mitchell) ***
Sam perd son temps à mater ses voisines. Il est fasciné par la divine Sarah. Lorsqu'elle disparaît, il part à sa recherche dans les quartiers d’Hollywood, là où sévissent un mystérieux "Tueur de chiens", un groupe de Rock à la mode et un dessinateur de BD amateur de légendes urbaines.

Exercice de style chic et clinquant, Silver Lake intéressera principalement les mordu(e)s d'Hitchcock qui s'amuseront à repérer chacune des références au maître et les amateurs/trices d'ambiances Lynchiennes qui "triperont" sur les séquences surréalistes. Comme chez Alfred, l'histoire n'est qu'un prétexte et comme chez David, tout se passe dans les émotions ressenties.
L'intrigue débute comme "Fenêtre sur cours", un gars désœuvré observant le voisinage avec ses jumelles ; ça continue comme dans Vertigo, notre bonhomme devient obsédé par une disparition ; et on conclut sur une fin ouverte à toutes les interprétations, "Les oiseaux" en cage délivrant des messages incompréhensibles. Entre temps on a droit à une scène de cul comique, à plusieurs détours dans les milieux branchouilles de Los Angeles, aux élucubrations d'un parano complotiste (pléonasme ?), à la découverte du Créateur (de tubes)... Bref, on comprend qu'il n'y a rien à comprendre, juste à se laisser porter par les hommages visuels et musicaux d'un temps révolu. Le rêve de passer sa vie comme dans un film Hollywoodien, où toutes les femmes sont top model et se laissent reluquer par des mâles losers, pygmalions ou sérieusement dérangés (parfois les trois à la fois). En 2018, faillait oser.

vendredi 18 octobre 2019

Bone Tomahawk

Urgence au bloc opératoire
(2015- Réalisé par S. Craig Zahler) ***
Dans l'ouest sauvage, deux criminels sont attaqués brutalement par un mystérieux troglodyte. Abandonnant son acolyte à un destin funeste, un des bandits s'échappe et va trouver refuge dans la ville de Bright Hope. Le shérif Hunt ne tarde pas à le capturer.

Le Western est peut-être le genre qui a été le plus représenté au cinéma, mélangé à tous les styles possibles et imaginables (vous vous rappelez de "Cowboys & envahisseurs" ? ;- ). Bone Tomahawk s'inscrit dans la veine de ce qui a été fait par Eastwood (Impitoyable) ou les Coen (No Country for old men), à savoir un tempo ralenti qui se focalise sur ses personnages. Mais ce qui différencie le film de tous ses prédécesseurs, c'est la présence de cette tribu cannibale. Même si la première séquence donne une indication de ce qui nous attends, personne n'est vraiment préparé à l'une des scènes les plus gores de l'Histoire, aussi soudaine que mémorable.
La lente progression du groupe vers son objectif est l'occasion de s'attacher aux "héros", le mari estropié au secours de sa femme, le baroudeur vengeur, le shérif endurci et son sage et vieil adjoint. Avec ses dialogues soignés et ses situations prenant à rebours les clichés, le scénario reste imprédictible pour le spectateur, tout en sachant pertinemment vers quoi se dirige le groupe. Tous ces gens soit disant civilisés, qui font pourtant peu de cas des Mexicains et des voleurs de chevaux qu'ils croisent, vont être confrontés à une sauvagerie d'un autre age. Un choc des civilisations dont aucun ne sortira indemne.

lundi 7 octobre 2019

SPIRIT ISLAND - 2e Edition (Jeu de société)

Spirit Island (2e édition) - Publié par Intrafin
La grande majorité des jeux de société vous demande de conquérir, que ce soit de l'espace dans Risk, des points dans le Scrabble ou la ligne d'arrivée dans les petits chevaux, en maravant au passage la tronche des adversaires. La mode du jeu en coop' n'y a rien changé : joueuses et joueurs doivent toujours marquer le plateau de leur empreinte (Carbone et autre).

Spirit Island renverse le paradigme. Vous incarnez des Esprits de la Nature, tranquilles pépères-mémères sur leur île perdue, avec rien d'autre à foutre que de maintenir l'équilibre subtil qu'ils ont patiemment établi avec les gentils autochtones.
Et voilà qu'un sale matin des envahisseurs débarquent, occupant les vastes déserts jadis paisibles, cueillant les fruits gorgés de sucre des arbres centenaires de vos jungles, colonisant les huttes de votre peuple dans les montagnes. Se comportant comme des touristes, ces explorateurs ne tardent pas à se croire chez eux. Ils parlent fort dans leur Smartphone, laissent traîner leurs trottinettes électriques n'importe où et louent des appart' AirBnB.

Allez-vous laisser ces gougnafiers ravager votre paradis ? 

jeudi 22 août 2019

Coffret Robocop, la trilogie

"Your move, creep"
Robocop, la trilogie : Robocop (1987 - Réalisé par P. Verhoeven) **** + Robocop 2 (1990 - Réalisé par I. Kershner) ** + Robocop 3 (1993 - Réalisé par F. Dekker) * (3 Blu-Ray - 2014)

Robocop : L'officier de police Anne Lewis patrouille dans Detroit avec Alex Murphy, son collègue fraîchement débarqué. Pendant ce temps, la corporation OCP présente une solution révolutionnaire pour aider les forces de l'ordre : ED-209, un robot chargé du maintien de la loi.

Il fallait au moins un Paul Verhoeven pour transformer ce scénar de série Z en film d'action marquant. Sur le papier, l'histoire basique de Robocop ne tient pas la distance. Heureusement le réalisateur apporte sa touche habituelle d'images chocs, montrant les vrais effets d'une fusillade plutôt qu'une version édulcorée. Il garde sa vision cynique qu'il affiche dans tous ses films, avec une peinture peu agréable de notre société dans un futur proche, quitte à grossir le trait et caricaturer les personnages. Toute la clique d'OCP est corrompue, la pègre est constituée de psychopathes qui flinguent en ricanant et Murphy est d'une naïveté qui confine à la connerie lorsqu'il prend d'assaut en solo le repaire des méchants. Ceci lui vaudra une des plus mémorables morts au cinéma, abattu à bout portant par une demi-douzaine de tarés. Ainsi va naître Robocop.
Le film trouve son rythme dans les extraits télévisés qui le parcourent : un journal listant les catastrophes quotidiennes, 
des pubs délicieusement débiles et une émission comique vulgaire qui indiquent le niveau intellectuel ambiant. Une sacré dose d'humour noir qui injecte un commentaire social très malin. Mais il reste de l'espoir avec le personnage de Lewis, une femme flic intelligente et pugnace. Et surtout Robocop, cette machine programmée pour obéir aux directives (y compris celle qui est cachée ;-). La persistance de son esprit, ou son âme, est un message qui prouve que tout n'est pas perdu.

Robocop 2 : Les choses ne s'améliorent guère à Detroit. Une nouvelle drogue redoutable a fait son apparition sur le marché, la police fait grève contre la baisse des salaires imposée par OCP et les tentatives pour produire des Robocops supplémentaires se soldent toutes par des fiascos.

On pouvait espérer une suite digne de ce nom, avec l'auteur adulé de Comics, Frank Miller, au scénario et le réalisateur du meilleur épisode de Star Wars, le V, aux commandes de ce Robocop 2. Hélas, des producteurs incompétents ont remanié l'histoire et changé les personnages pour aboutir à un truc informe qui se moque de son sujet. Continuer dans la veine comique caricaturale du premier, d'accord. Encore fallait-il conserver son second degré subtil. Conserver une histoire simple, OK. Mais il fallait inclure quelques niveaux de lectures supplémentaires, comme son aîné avait su faire. On se retrouve avec une bande de malfrats dirigée par un gamin de 10 ans, bonjour la crédibilité, et le reste du casting est également grotesque. Le maire de Detroit est juste un bouffon, Faxx la scientifique manipulatrice n'a pas la prestance de Jones et Morton, les deux Yuppies méchamment ambitieux de Robocop 1, et Cain le baron de la drogue n'a même pas le charisme d'un ED-209 ! Les quelques pistes intéressantes sont balayées en deux minutes chrono, comme l'ancienne femme de Murphy qui revient puis repart, ou les versions ratées des nouveaux Robocops, et les personnages à développer restent au second plan (la policière Lewis, les membres du culte de Cain). C'est gâché, dommage.

Robocop 3 : La société OCP va enfin mettre en œuvre son projet de nouveau quartier pour Detroit. Pour cela une escouade est chargée d'évacuer les habitants. Poursuivant des émeutiers qui viennent de dévaliser une armurerie, Lewis se retrouve en mauvaise posture. Mais que fait Robocop ?

Honteux.

jeudi 15 août 2019

WARHAMMER QUEST: BLACKSTONE FORTRESS (Jeu de société)

Warhammer Quest: Blackstone Fortress - Publié par Games Workshop
Games Workshop et sa licence Warhammer sont dans notre paysage depuis des décennies, le wargame Warhammer 40,000 est l'un de ses représentants les plus connus. Avec sa série Blackstone Fortress, l'éditeur nous propose un jeu de plateau alliant sa maîtrise du design de figurines à sa science des mécaniques d'un jeu de guerre tactique, emballé dans son univers à base de Space Marines psychotiques affrontant aussi bien des factions de drones futuristes que des groupes de goules ancestrales. 

Ce mélange détonnant emprunte aussi aux genres à la mode ces dernières années : jouable en solo et jusqu'à cinq, personnages avec des stats gérées par des lancers de dés, choix entre session de jeu courte ou mode Legacy
La campagne est une aventure complète sur plusieurs dizaines d'heures se concluant par la révélation d'un secret enfoui dans un crypte cachée. Il faudra mener une troupe de quatre personnages dans les méandres d'une Forteresse Noire, une mystérieuse et gargantuesque station spatiale apparue aux confins de la galaxie, regorgeant de trésors technologiques et de dangers fatals qui évoluent au fil des explorations. 

Paré pour l'expédition ? Go, go, go !

vendredi 9 août 2019

Crazy Kung-Fu

Même pas mal
(Kung Fu Hustle - 2004 - Réalisé par S. Chow) *****
Le Gang des Haches terrifie la population et la police en faisant main basse sur le Shanghai des années 30. Sing et son pote Bone, apprentis truands minables, ont l'idée de se faire passer pour membres des Haches et de s'attaquer à la Porcherie, le quartier le plus pourri de la cité.

Voici la pépite qui mixe tous les genres avec jubilation : Film Noir et cartoon, arts martiaux et comédie musicale, Buster Keaton et Bruce Lee, Scorsese et Leone, Matrix et Drunken Master. On savait Stephen Chow, déjà auteur de Shaolin Soccer, capable du meilleur. Mais avec Crazy Kung-Fu il s'est surpassé, tout en assurant sa triple casquette de scénariste, réalisateur et acteur principal de cette énorme production Hongkongaise. 
Il y a ce goût merveilleux pour les "gueules" de cinéma, que Chow partage avec Sergio Leone ou Tarantino. Le couple des propriétaires de la Porcherie en est l'exemple le plus éclatant : un frêle bonhomme gominé sapé comme un macro et sa femme, solide mégère avec bigoudis et clope au bec, qui pratiquent un kung-fu de haute volée. Tout le petit monde qui peuple le quartier est mémorable : l'ahuri qui fait sa toilette au milieu de la cour, la miss grande bouche qui se balade en nuisette et surtout les trois maîtres incognito, qui attendent leur heure au sein de la populace. 
L'auteur s'autorise toutes les folies, sans retenue : coups violents (jambe hachée, couteaux plantés, broyages de visages et de pieds), séquences surréalistes (course-poursuite comme dans un Tex Avery) ou poétiques (l'attaque des Harpistes), caricature extrême de personnages (le Maître Gay, genre Cage aux Folles), sans oublier les nombreux passages de purs combats boostés à l'image de synthèse qui deviennent de plus en plus grotesques et poilants, jusqu'au summum final contre La Bête.
Crazy Kung Fu perd rarement son rythme, sauf lorsqu'il évoque le trauma d'enfance du héros, encore qu'on peut y voir une caricature de plus, dans le style larmoyant. Mais le principal est là : un sens aigu du timing pour les gags, des visuels marquants, des références qui font plaisir (la proprio qui fait du Bruce Lee dans la bagnole du chef du gang, magique !) et plusieurs visionnages nécessaires pour voir chaque détail.

jeudi 1 août 2019

Rollerball (1975)

Jonathan E file droit au but
(1975 - Réalisé par N. Jewison) ***
Jonathan E est un champion adulé de Rollerball, sport futuriste ultra-violent mêlant hockey et foot américain. Sur la piste l'athlète doit affronter les équipes adverses avec l'aide de ses coéquipiers, au péril de leur vie. Mais en dehors du stade le combat continue pour Jonathan, contre la toute-puissante corporation qui veut régenter sa vie.

Film d'anticipation parmi tant d'autres issus du cinéma des années 70, la version originale de Rollerball est un mélange d'action, avec une retranscription en détail des matchs chaotiques de ce sport intense, et de message politique où l'on découvre une société contrôlée par des corporations planétaires ayant mis fin à la pauvreté et aux guerres. Les chants corporatistes ont remplacé les hymnes nationaux.  
Mais derrière cette apparence idyllique, l'humanité se défoule devant le spectacle affligeant des gladiateurs du Rollerball. Ce sport est spécialement étudié pour être un programme abrutissant, créé pour assouvir notre soif d'hémoglobine en cachant la réalité glaçante du contrôle des masses. Tout est fait pour que la classe dominante maintienne le peuple dans l'illusion du bonheur... ça ne vous rappelle rien ? 
Le fait que les événements décrits se déroulent en 2018 ajoute un sentiment trouble, puisque notre actualité réelle se calque presque parfaitement avec ce rétro-futur : omniprésence des écrans, GAFA qui survolent nos gouvernements et combattants de MMA qui ne sont certes pas en rollers mais qui se défoncent dans des cages grillagées pour notre bon plaisir. 

Le film alterne entre longues séquences au cœur des matchs et coulisses du show, où les décideurs font et défont les stars de leur jeu. Ceci entraîne des soucis de rythme et, production américaine oblige, une morale où triomphe l'individu contre le collectif. Bien sûr Jonathan a toutes les raisons de remettre en question l'ordre établi : on l'a obligé à divorcer, on le pousse à la retraite alors qu'il est en pleine gloire et on met en danger sa vie et celle des autres joueurs en mettant en place des règles de jeu de plus en plus dangereuses. Certains passages de Rollerball basculent dans le comique volontaire, comme cette séquence de la visite du centre abritant l'ordinateur ultime, genre de google omnipotent qui a oublié toute l'histoire Humaine du XIIIe siècle et refuse de fournir les infos. Mais le contraste entre l'action pure brutale et les soirées feutrées de la haute société se répète pendant tout le film, occasionnant un sentiment de redite. 
Rollerball conserve quand même son statut culte, avec de vraies cascades sans écran vert. Grâce surtout à James Caan, tout en testostérone, même sur des patins à roulettes ! Il incarne parfaitement ce sportif dont l'avenir pourrait être radieux, mais qui doit "choisir entre une vie de rêve et la liberté", comme le dit le cynique grand patron de la société d'énergie. Notre héros restera sans aide extérieure, ses seuls véritables amis demeurent ses coéquipiers, qu'il mènera vers la lutte finale !

mardi 25 juin 2019

Guide MAGE KNIGHT ULTIMATE à destination des profanes : une étude sobre mais instructive des mécaniques implacables de ce jeu de plateau

par votre dévoué Tonio "Réputation 0" Lagoule

La vaste contrée Atlante vous tend les bras. Pour vous éclater.
Mage Knight est comme un jeu d'échec où pièces et plateau changent à chaque tour... C'est pas ça.
Mage Knight, c'est un wargame avec des cartes sur une map aléatoire... Oui, mais non.
Mage Knight, genre de Deckbuilder Eurotrash-Puzzle à Scoring... wtf?!

Difficile de catégoriser Mage Knight. Tout ce que vous savez après votre première "Conquête", c'est qu'il vous a mis minable. Séchez vos larmes, Chevalier Mage déchu. Et mouchez-vous, y'en a partout. Votre amer échec n'est dû qu'à inexpérience et complète candeur face aux engrenages discrets destinés à vous pulvériser.

Voici une analyse du système de jeu de Mage Knight. Les professionnels du score à 250 n'apprendront rien de ce guide, pas plus que celles et ceux venant tout juste d'ouvrir la boîte pour la première fois. Il s'adresse en priorité aux joueuses et joueurs maîtrisant les bases (touffues), sans toutefois saisir les subtilités (touffues aussi) d'un jeu dont la FAQ fait 130 pages.

Ce guide est principalement dédié au jeu solo. Pour les astuces coop' ou compét' contactez votre moteur de recherche.

Cliquez sur la suite pour gagner 1 Gloire.

samedi 8 juin 2019

Playlist Cooool (80's style)



Eyes without a face (Billy Idol - 1984)
I'm Diggin' You (Meshell Ndegeocello - 1993)
Big Time (Peter Gabriel - 1986)
Ti Sento (Matia Bazar - 1985)
Hang on to your Love (Sade - 1984)
Election day (Arcadia - 1985)
Living in another world (Talk Talk -1986)
Just another story (Jamiroquai - 1994) 
Head over heels (Tears for Fears - 1985)
Forever young (Alphaville - 1984)
I got the... (Labi Siffre - 1975)
Turn on, tune in, cop out (Freak Power - 1993)
Avalon (Roxy Music - 1982)
You spin me round (like a record) (Dead or Alive - 1985)
Naufrage en hiver (Mikado - 1985)
Once in a lifetime (Talking Heads - 1981)

vendredi 19 avril 2019

LEGENDARY ENCOUNTERS: An ALIEN Deck Building Game (Jeu de société, en anglais)


Legendary Encounters : ALIEN - Publié par Upper Deck
Les jeux de cartes "Legendary Encounters" disposent d'une solide notoriété grâce aux licences qu'ils proposent : Marvel (réputé pour ses films d'auteurs confidentiels), X-Files (demandez à vos parents) ou encore Alien, le cas qui nous préoccupe présentement. La recette de l'éditeur "Upper Deck" est toujours la même : une mécanique de jeu unique qui s'adapte à l'univers qu'elle propose. Ce système, introduit par Dominion et consorts, consiste à améliorer son paquet de cartes non pas avant de commencer une partie, mais pendant le jeu.
Avec Alien on est servi, les quatre films originaux offrent un univers complet avec des scénarios distincts, peuplé de personnages forts, de l'incontournable Ripley aux rôles marquants comme Bishop, Hicks ou Johner, sans oublier les véritables stars de la saga, nos amis les aliens.

Voyons donc ce qui se cache dans cet œuf énigmatique...

                                                                                   (spoiler : un facehugger pour ta tronche)


mercredi 27 février 2019

HORREUR A ARKHAM - 3e Edition (Jeu de société)

Horreur à Arkham (3e Edition) - Publié par FFG
La licence Cthulhu continue d'étendre ses appendices dans le monde du jeu, qu'il soit de société ou vidéo. Jeux de cartes, de dés, de plateau se succèdent, où des investigateurs de tout poil et toutes époques explorent le globe et les lieux fictifs du mythe. Lovecraft envahit même d'autres productions, comme Pandemic. Mais jusqu'où s'arrêtera-t-il ?

Dans le genre, "Horreur à Arkham" fait partie des piliers. Et patatras voilà que l'édition 3 déploie l'effroi et son sournois désarroi. Joie ! 
Au menu : ambiance années folles, enquêtes dans les quartiers cosmopolites, phénomènes indicibles et anomalies dimensionnelles, affrontements de cauchemardesques Cultistes à capuches et autres tentacules qui t’acculent.

Si vous craignez pour votre santé mentale, ne cliquez pas sur la suite.

vendredi 15 février 2019

Gone girl

Chacun cherche sa femme

(2014 - Réalisé par D. Fincher) ****
Amy et Nick forment un couple en apparence uni. Elle est une auteure à succès de livres pour enfants, lui est prof à la fac. Le jour de leur cinquième anniversaire de mariage, en rentrant à la maison, Nick découvre que le salon est saccagé et que sa femme a disparu. L'enquête qui suit va révéler les tensions qui existaient entre eux.

Cliquez sur la suite pour être sauvagement spoilé.