jeudi 23 juin 2022

Matrix Resurrections

L'élu unique est plusieurs.
 
(2021 - The Matrix Resurrections - Réalisé par L. Wachowski) ***
En explorant dans l'ancienne Matrice la fameuse séquence où Trinity affronte des agents dans un hôtel, la jeune Bugs découvre un moyen de réveiller Neo pour le sortir de sa prison virtuelle. Ce dernier est en effet amnésique, vivant sa vie sous son identité de Thomas Anderson, programmeur vedette d'une grande trilogie de jeux vidéo appelée... Matrix !

Les lois du commerce étant ce qu'elles sont, ce n'était qu'une question de temps pour qu'un remoot (remake/reboot) de Matrix surgisse. Lana Wachowski et la Star Keanu Reeves sont parvenus à repousser l'échéance le plus loin possible, mais un nouvel épisode était... inévitable (That's the sound of inevitability, comme disait l'agent Smith), il fallait ressusciter les morts pour régurgiter la même rengaine. Que faire alors, lorsqu'on a déjà tout dit dans sa trilogie mais qu'on ne veut pas l'abandonner ? Œuvre "Meta" par excellence, voilà donc l'occasion de faire un commentaire sur ce qui s'est passé depuis Matrix Revolution dans l'industrie des blockbusters États-uniens (contrôlés par Marvel/Disney depuis 15 ans).
L'auteure abandonne malheureusement ses ambitions en terme de mise en scène. Planqués derrière une histoire qui dédouble l'élu en deux entités féminin/masculin, on ne retrouve pas les combats chorégraphiés étourdissants d'il y a 20 ans, le "bullet time" ayant été plagié jusqu'à la nausée. Notre Néo est bien fatigué, son reflet dans le miroir montre un vieux type chauve, une manière de transgresser la figure Disneyienne de Superhéros synthétiques et asexués. Il traverse le film en état d'hébétude permanente, son rôle consistant à comprendre qu'il n'est rien sans Trinity et d'aller la secourir dans le monde "réel" afin qu'elle accomplisse sa destinée (exactement l'inverse de la trilogie). Bref, on sent bien que cette revisite n'est qu'un prétexte.
Le scénario est une mise en abyme torturée : Néo est retourné a son état initial dans le monde virtuel, il est Thomas Anderson et avale une pilule bleue chaque matin ! On se délecte de quelques séquences de réunions "brainstorming" bien cyniques où les commerciaux de Warner Bros préparent l'épisode IV de leur franchise (ce qui doit correspondre parfaitement à ce qu'à dû endurer Miss Wachowski pour ce film). Trinity a tout oublié, elle aussi, elle est une mère de famille qui fréquente le même café que notre pauvre héros (quel hasard !).
On s'amuse à repérer le retour des figures connues de la saga : Morpheus (sa pilule rouge et son dojo d'entrainement), l'Agent Smith alias le Boss, l'Architecte réincarné en psy d'Anderson, Niobe qui poireaute depuis 60 ans dans le "vrai" monde, Sati l'enfant indienne rencontrée dans Matrix Révolutions... Tous sont en mode auto-référence, dans des versions plus ou moins parodiques. Les tropismes d'un produit cinématographique moderne de consommation de masse sont moqués : personnages unidimensionnels (il faut voir le Mérovingien gueuler qu'il reviendra se venger dans le prochain film), affrontements manichéens, prédominance des images de synthèse, intrigue faussement alambiquée. 
Et au service de quoi ? Le fil ténu sur lequel marche les scénaristes les oblige a chercher constamment un équilibre qui ne satisfait pas grand monde au final. Osciller entre les messages méta-philosophiques, la nostalgie, les commentaires sur l’œuvre dans son époque et les money-shots grand spectacle, ça provoque quelques satisfactions pour le spectateur réceptif mais confirme un sentiment de superficialité. Ce qui, comme je le disais en intro, est sans doute ce que voulait raconter ce Matrix Résurrections. 22 années ont passé depuis l'épisode fondateur, l'heure n'est plus à la critique du "système" et au choix entre réalité et illusion : les pilules rouges ou bleues ont depuis été assimilées politiquement. Le discours du film se déplace donc vers l'importance de faire sens pour retrouver ce qui compte au final, la sincérité d'une autrice qui veut nous parler d'une histoire simple et vraie : l'Amour éternel entre deux êtres humains.

vendredi 22 avril 2022

Playlist Gainsbourg/Gainsbarre (58-87)

Playlist on SPOTIFY

Le Poinçonneur des Lilas   (Du chant à la une! - 1958)
69 Année érotique   (Jane Birkin - Serge Gainsbourg - 1969)
L'homme à tête de chou   (L'homme à tête de chou - 1976)
Lola Rastaquouère   (Aux armes et cætera  - 1979)
Glass securit   (You're under arrest - 1987)
Chez max, coiffeur pour homme   (L'homme à tête de chou - 1976)
Transit à Marilou   (L'homme à tête de chou - 1976)
Initials B.B.   (Initials B.B. - 1968)
Ronsard 58   (Du chant à la une! - 1958)
Qui est "In" qui est "Out"   (Initials B.B. - 1968)
Flash forward   (L'homme à tête de chou - 1976)
Aéroplanes   (L'homme à tête de chou - 1976)
La nostalgie camarade   (Mauvaise nouvelles des étoiles - 1981)
Sorry angel   (Love on the beat - 1984)
Chez les yé-yé   (Gainsbourg Confidentiel - 1963)
La Javanaise  (N°4 - 1962)
Premiers symptômes   (L'homme à tête de chou - 1976)
Variations sur Marilou   (L'homme à tête de chou - 1976)
12 belles dans la peau   (Du chant à la une! - 1958)
L'hôtel particulier   (Histoire de Melody Nelson - 1971)
Aux Armes et Cætera   (Aux armes et cætera  - 1979)
Sous le soleil exactement   (Compilation "Comic Strip" - 1997)
Meurtre à l'extincteur   (L'homme à tête de chou - 1976)
Lunatic Asylum   (L'homme à tête de chou - 1976)
Requiem pour un con  (B.O. "Le Pacha" - 1968)
Mon légionnaire   (You're under arrest - 1987)

jeudi 24 février 2022

Dune (2021)

Parés pour le trek.
(2021 - Dune Premier Volet. Réalisé par D. Villeneuve) ***
Dans le futur, Arrakis est une des planètes les plus convoitées, la seule sur laquelle on trouve l'épice, substance démultipliant les facultés mentales et prolongeant la vie humaine. Lorsque la Maison Atréides est chargée par l'Empereur de remplacer les Harkonnen pour la dangereuse exploitation de l'inestimable drogue, elle se doute qu'un piège sournois se referme sur elle.

Ce premier volet trouve un bon équilibre entre l'introduction d'un nombre assez conséquent de personnages et la mise en place d'une intrigue impossible à résumer en un seul film (voir l'essai chaotique de Mister Lynch en 1984). Celles et ceux ayant apprécié la maitrise technique et les partis pris visuels du réalisateur sur Blade Runner 2049 et Premier contact seront en terrain connu. On retrouve ce rythme différent des blockbusters, il autorise la contemplation et invite à l'introspection au détriment de l'action pure souvent vide de sens. C'est justement ce dont a besoin un roman comme Dune, l'auteur Frank Herbert touchant des thèmes écolo sous le prétexte d'une ample saga science-fictionesque. L'être humain et sa relation au monde qui l'entoure restent au cœur des enjeux. L'harmonie instaurée par la tribu Fremen au sein d'une nature extrêmement hostile se heurte à l'exploitation à l'échelle industrielle d'une ressource rare par un fief brutal et cupide. Si le message vous paraît naïf et rabâché, c'est sans doute parce qu'il date de plus de 50 ans mais reste d'actualité.

Ce premier chapitre au cinéma bénéficie de la virtuosité de la mise en scène pour faire passer les manigances politiques pas très passionnantes, mais on comprend que cette lutte de pouvoir est secondaire. Le destin du jeune Paul Atréides ressemble furieusement à celui d'un certain Luke Skywalker, il découvre ses capacités psychiques hors norme sur une planète désertique et fait face à un empire menaçant. La suite des événements montrera la montée en puissance de la "rébellion" des Fremen face aux troupes de l'Empereur... Rappelons que le cycle de Dune a été écrit et publié bien avant le scénario de Star Wars !

mercredi 5 janvier 2022

ETHERFIELDS (Jeu de société)

Etherfields - Awaken Realms

Dès son apparition en Kickstart durant l'été 2019, Etherfields m'a intrigué au plus haut point. Un jeu narratif situé dans un monde onirique, des mécaniques basées sur l'exploration de paysages changeants au fil des découvertes, du deck building évoluant au cours d'une longue campagne, toutes les cases étaient cochées pour me faire cliquer sur Pledge

Avance rapide en décembre 2021. La sortie en V.F, décalée de plus d'un an par rapport à la V.O, arrive enfin dans nos chaumières. Un beau bébé de 5 Kilos au design ésotérique très soigné, avec ses centaines de cartes et de tuiles, ses figurines alambiquées et son plateau géant accompagné d'un manuel de règles plutôt dense.
 
La plongée dans cette expérience unique tient-elle ses promesses ? Ai-je rêvé ?
 

mardi 7 décembre 2021

Kaamelott - Premier Volet

Ne m'appelez pas Sire.
 
(2021 - Réalisé par A. Astier) ***
En 484 le royaume de Logres est dirigé par l'intraitable Lancelot, aidé de mercenaires Saxons. Le despote pourchasse les derniers chevaliers de la table ronde, au premier rang desquels Arthur, disparu depuis dix ans.

Je ne doute pas de la maitrise d'Alexandre Astier concernant une saga dont il est le géniteur et le principal artisan depuis 15 ans. Au fil des six saisons de Kaamelott on a vu évoluer son savoir-faire et on a apprécié son ambition et son intransigeance pour garder son cap coûte que coûte, faisant passer le format très court et purement comique des débuts à des épisodes de comédie dramatique en moyen-métrages lors de la saison finale. Mais -après une intro comme ça, il faut un "mais"- je ne suis pas entièrement satisfait de ce premier volet. 
L'arc narratif qui va servir de structure à cette trilogie en devenir s'articule sans doute comme cela : le retour d'Arthur, ses combats contre les forces adverses pour reconquérir et conserver son trône et la conclusion de sa quête pour trouver le Graal, qui devrait être à la fois un achèvement personnel et plus globalement une élévation spirituelle des peuples du monde. 
En partant dix ans après les faits racontés dans la dernière saison, ce premier volet doit simultanément présenter la situation actuelle et introduire les innombrables personnages aux néophytes, tout en établissant où ils en sont depuis tant d'années pour celles et ceux connaissant la série. Il doit aussi faire avancer une intrigue comportant quelques nouvelles têtes tout en résolvant les interrogations laissées en suspens depuis 2010. Voilà une tâche ardue !
 
L'auteur s'en sort sur certains points, ce qui est déjà une prouesse en soi, surtout qu'il est à la fois l'acteur principal, le scénariste et réalisateur du film et le compositeur de la B.O. Il n'a pas lésiné sur les moyens pour proposer un grand spectacle avec des paysages et des décors luxuriants, jusqu'à l'excès pour les costumes carnavalesques des Burgondes ou l'armure-carcan un peu trop métaphorique de Lancelot, par exemple. Concernant les caractères, pour la plupart ils souffrent malheureusement d'un côté unidimensionnel, faute de temps pour les affiner vu la quantité de personnages à assimiler en deux heures. Beaucoup jouent leur note unique sur le mode "fan service", avec les répliques classiques piochées parmi les dizaines d'heures de la série.
Mister Astier pose les bases de Kaamelott au cinéma, des fondations sans surprises majeures mais qui trouvent quand même le temps de prendre connaissance des forces en présence, d'explorer un trauma de jeunesse d'Arthur et de lui permettre (enfin) de se rapprocher de Guenièvre. On espère que le prochain épisode sera aussi ample dans sa réalisation mais plus épique dans son scénario, qu'il utilisera notamment les puissances occultes dévoilées à la toute fin de ce premier volet.

samedi 6 novembre 2021

TEOTIHUACAN (Jeu de société)

Teotihuacan - Pixie Games
 
Nous embarquons pour le Mexique, à une époque où la civilisation Maya règne sur le continent. Teotihuacan, alias la Cité des Dieux, était la plus grande ville dans l'Amérique précolombienne entre -100 et +700 de notre ère (merci Wiki).

Dans cet immense terrain de jeu composé de multiples temples et zones de travail, vous allez gérer une petite troupe d'ouvriers pour acquérir les ressources nécessaires à la construction du plus important édifice culturel et religieux, une immense pyramide qui trône au cœur de Teotihuacan. 
La collecte du Cacao permettra de satisfaire vos travailleurs et les ressources en or, pierre et bois vous aideront à fabriquer et décorer les constructions. Mais la tâche sera ardue, sous la double pression de concurrents qui feront tout pour s'attirer les faveurs des Divinités et d'un compte-à-rebours de sinistre mémoire, le calendrier Maya (vous savez, celui qui avait prédit la fin du monde pour 2012).

Par Tlahuizcalpantecuhtli, Dieu de l'Aurore, mettons-nous de suite au boulot !

vendredi 1 octobre 2021

UNDER FALLING SKIES (Jeu de société)

Under Falling Skies - CGE / Iello

1981, j'insère une pièce de 1 Franc dans la borne d'arcade Galaxian. Un monde nouveau s'ouvre à moi.
2021, je me procure Under Falling Skies pour la somme modique de 29€. Un monde ancien me revient.

D'abord simple jeu gratuit Print and Play sur le forum Board Game Geek, auréolé d'une solide notoriété auprès d'un cercle restreint d'aficionados, UFS est bien vite repéré et remanié pour bénéficier d'une sortie commerciale amplement justifiée. 
Le concept est limpide : recréer en jeu de plateau un des genres les plus en vogue dans l'Histoire du Jeu Vidéo, le shoot'em up vertical. Un écran fixe, des aliens bien alignés en haut descendant vers votre vaisseau qui ne peut se déplacer qu'horizontalement pour leur tirer dessus. Au fil des clones, chaque nouvelle version offre toujours plus de possibilités en conservant l'efficace postulat de départ.

Mais comment, par la Sainte Trinité Space Invaders-Galaxian-Galaga, un jeu de plateau peut-il simuler un shooter antédiluvien ?! 

mercredi 18 août 2021

TRICKERION (Jeu de société)

Trickerion - Mindclash Games
 
A l'âge d'or de la discipline Reine de l'illusion sur scène, dans la Capitale Magoria s'affrontent les prétendants à la succession du meilleur d'entre eux, Dahlgaard. Les multiples représentants des quatre grandes écoles de Magie vont devoir user de leur savoir-faire et de leurs ressources pour apprendre des tours inédits, acheter le matériel requis, recruter le personnel nécessaire, afin de préparer et monter leur spectacle devant le public. 
 
Avec Trickerion nous partons dans l'univers intrigant des tours de magie du temps jadis. Une époque où le public s'émerveillait encore devant des types en costards qui sortaient des lapins de leur chapeau haut-de-forme, sciaient en deux leurs assistantes et disparaissaient dans une malle des indes. Les deux auteurs ont eu la riche idée d'adapter ce concept aux jeux de plateau en général et au placement d'ouvriers en particulier, dans une compétition acharnée entre prestidigitateurs/tateuses rappelant furieusement "Le Prestige", film de Christopher Nolan de 1995.

Et de prestige il sera beaucoup question, puisque votre objectif est d'amasser fortune et gloire, à grands coups d'abracadabrantesques numéros de passe-passe.
 

samedi 14 août 2021

Freddy - L'intégrale (Saga "Les Griffes de la Nuit")

Avec Freddy, épilation rapide garantie

Les griffes de la nuit (A nightmare on Elm street - 1984 - Réalisé par W. Craven) ****
La revanche de Freddy (A nightmare on Elm street Part 2: Freddy's revenge - 1985 - Réalisé par J. Sholder) **
Freddy 3 : Les griffes du cauchemar (A nightmare on Elm street 3: Dream Warriors - 1987 - Réalisé par C. Russel) ****
Le cauchemar de Freddy (A nightmare on Elm street 4: The Dream Master - 1988 - Réalisé par R. Harlin) ***
Freddy 5 : L'enfant du cauchemar (A nightmare on Elm street: The Dream Child - 1989 - Réalisé par S. Hopkins) ***
La fin de Freddy : L'ultime cauchemar (Freddy's dead: The final chapter - 1991 - Réalisé par R. Talalay) *
Freddy sort de la nuit (Wes Craven's new nightmare - 1994 - Réalisé par W. Craven) ****

lundi 9 août 2021

Possessor

Vivre avec une influenceuse dans la tête, le cauchemar ultime

(2020 - Réalisé par B. Cronenberg) ***
Tasya Vos est membre d'une organisation criminelle particulière. Pour approcher et tuer facilement ses cibles, elle utilise une technologie d'avant-garde permettant d'infiltrer le cerveau d'un proche de la victime, afin d'en prendre le contrôle. Vos est une experte dans son domaine mais ses incursions dans les corps d'autrui commencent à la troubler, le processus l'oblige à "suicider" ses proies pour redevenir elle-même.

Le papa David, responsable de quelques uns des plus mémorables films de mon adolescence (La mouche, Chromosome 3, Scanners, Vidéodrome, Faux-semblants), peut être fier de sa progéniture. Le fiston Brandon semble prendre un chemin identique avec son second film (après Antiviral, anticipation imaginant un monde où la mode est de s’inoculer les mêmes maladies que les Stars !). Même ambiance sombre et déphasée avec quelques images gores chocs, thématiques semblables questionnant le corps et les sciences d'avenir. La méthode narrative du jeune auteur-réalisateur pousse encore plus loin les expérimentations à l'écran, avec des séquences oniriques à l'esthétique unique. Le film parvient à créer un présent alternatif crédible, fait d'objets et de décors rétro-futuristes originaux.
Sous couvert d'un thriller au rythme lent, le scénario aborde les troubles de l'identité, en ses temps où on se cache derrière un écran, protégé par un alter ego factice. Tasya maintient une façade de normalité lors des contrôles psychologiques auxquels elle est soumise par sa collègue mais en situation le vernis craque lorsqu'elle incarne une autre personnalité, comme une représentation intense de la maladie de la schizophrénie. Cette exploration pousse le bouchon de la mise en abyme jusqu'à la limite, lorsque l'auteur précipite les spectateurs dans la même confusion que les deux protagonistes principaux. Le final est dans la droite ligne de la signature "Cronenberg", imprévisible et laissant une multitude de questionnements.

jeudi 17 juin 2021

WINGSPAN (Jeu de société)


Wingspan - A tire d'ailes - Stonemaier Games
 
Si vous en avez marre de conquérir des territoires, plein le uc de trucider des ennemis à la chaîne, plus qu'assez de courir les hexagones, il est un jeu de société qui vous offrira zénitude et volupté des sens. Ce jeu, c'est Hippo-Glouton.
Heu, non.
 
C'est Wingspan. Même s'il se déroule très classiquement en mode compétition entre 1 et 5 joueurs, la thématique insolite et le matériel surprenant font de Wingspan une des productions les plus intrigantes et rafraichissante de ces dernières années. Vous y incarnez une ou un ornithologue, ces cinglés des bêtes à plumes qui observent et collectent des infos sur les oiseaux dans leur milieu naturel. 
 
Vos objectifs varient d'une partie à l'autre mais le but final est toujours d'attirer diverses espèces dans votre réserve et utiliser leur comportement et mode de vie pour maximiser votre score et être sacré(e) meilleur(e) spécialiste.
 
Volons à tire d'ailes vers plus de détails.

samedi 8 mai 2021

MARVEL CHAMPIONS (Jeu de société)

Marvel Champions - FFG

Tandis que la nouvelle déferlante des films Marvel s'apprête à débarquer dans les prochains mois (dix films prévus rien que sur les deux prochaines années), un autre raz-de-marée a déjà eu lieu. Il a pris la forme d'un Jeu de Cartes Évolutif publié par FFG, célèbre pour ses productions pléthoriques autour d'univers adulés comme Star Wars, Cthulhu ou Le Seigneur des Anneaux.

Marvel Champions se prête idéalement au concept du JCE. Des dizaines de héros et héroïnes affrontent des centaines de Méchants, accompagnés de milliers d'alliés et de sbires dans leur million d'aventures publiées depuis les années 40.
La boite de base propose cinq Super-protagonistes parmi les plus connus et trois Méchants avec leur scénario associé, ce qui offre déjà pas mal d'heures de jeu. Depuis sa sortie en 2019, la gamme s'est étoffée d'une douzaine de pack "Héros", trois scénarios supplémentaires avec de nouveaux Méchants et deux campagnes massives.
Et ce n'est qu'un début !

En adaptant à l'univers Marvelien les règles de leurs autres JCE, les auteurs offrent des mécaniques de base accessibles aux ados et jeunes adultes, cible principale des films et des séries Marvel, tout en les agrémentant de multiples subtilités pour intéresser un public plus large. Le fan aura le plaisir d'incarner son personnage préféré avec ses pouvoirs spécifiques et sa Némésis associée. Les amateurs de stratégie pointue vont s'attacher à affronter les versions "Expert" des bad guys, pour un challenge à leur hauteur.

Explorons tout cela d'un claquement de doigts.

mardi 13 avril 2021

Suspiria 1977 - Suspiria 2018

Les Sorcières de Salon

(2018 - Réalisé par L. Guadagnino) ****

1977, dans Berlin-Ouest, une jeune femme se réfugie chez son psy et lui déclare qu'elle est menacée par les professeures de son école de danse. Elle est persuadée que ce sont des sorcières et a tout consigné dans son journal intime. Pendant ce temps, une nouvelle élève américaine se présente à l'école pour auditionner.

La comparaison de la version 2018 avec le Suspiria de 1977, film de Dario Argento adulé pour son atmosphère envoutante et sa bande-son grandiloquente, est un grand malentendu. Le remake reprend les grandes lignes de son scénario et s'attache à instaurer une ambiance particulière à mille lieues des productions horrifiques standards, comme son illustre prédécesseur. Mais il est également différent en bien des points, se servant intelligemment de l'aura Culte de l'original pour proposer une lecture décalée de ses thématiques. Cela permet aux deux œuvres de coexister, chacune avec ces particularités et son empreinte dans une époque spécifique.
A partir d'un synopsis identique les deux Suspiria sont radicalement opposés en termes d'images, de bande-son et de motivation des personnages. Cela est dû aux 40 ans qui les séparent et à la volonté du réalisateur Luca Guadagnino d'insérer ses propres thèmes sans copier le style inimitable de sa source.
 

La version originale est une débauche de couleurs tranchantes, la nouvelle version marque sa différence par un contraste très fort : éclairage atténué et couleurs discrètes.
 
L'école de danse : façade rouge / bleu délavé
  
 
 
L'intérieur de l'école : couleurs vives / ternes


Salle de danse : même différence de tonalités claire/sombre
  

Bureau/Appart de Mme Blanc : ambiance fleurie/feutrée


Nous allons détailler la façon dont les deux œuvres abordent leur sujet et aussi comment l'auteur de la version de 2018 est parvenu à réaliser une chose très rare au cinéma : un remake réussi.
 
Donc oui, on va révéler l'ensemble des deux intrigues à grands coups de SPOILS. Vite, la suite !

lundi 22 mars 2021

KEPLER 3042 (Jeu de société)

Kepler 3042 - Placentia Games / Renegade Games Studios
 
Nous voilà en 3042, que le temps file ! L'Humanité explore les étoiles, les scientifiques ont identifié un certain nombre de corps célestes comme potentiels candidats viables pour l'accueil de nous autres les Homo Sapiens. 
Comme d'habitude avec la race humaine, une compétition "pacifique" s'installe entre nations pour être la première à développer les technologies nécessaires au grand voyage, la collecte des ressources, la construction des vaisseaux, l'exploration du vide sidéral et la conquête des planètes découvertes.  
 
Kepler 3042 est un jeu nerveux et efficace de colonisation, avec un temps limité pour parcourir une immensité galactique essentiellement composée de vide, tout en réalisant l'ensemble des actions indispensables à l'acquisition des matières premières et des connaissances. 
Seuls les pionnières et pionniers les plus pugnaces et les mieux organisés pourront triompher en amassant les points de Victoire. 
Mais dans l'espace, personne ne vous entend crier victoire.

samedi 20 février 2021

Deadpool 2

La X-Force prête à plonger
 
(2018 - Deadpool 2 - Super Duper $@%!#& Cut - Réalisé par D. Leitch) *****
Tout roule pour Deadpool, son boulot de mercenaire l'occupe à plein temps et sa girlfriend Vanessa aussi. Lorsqu'elle lui annonce qu'elle veut un enfant, c'est le bonheur intense. Mais ça ne peut pas durer : Vanessa est tuée et Deadpool se suicide. PUTAIN ! Mais pourquoi ils ont fait ça ?!
 
Notre Héros sarcastique préféré allait-il franchir avec brio le cap difficile du 2e épisode ? Pouvait-il faire mieux si on ajoutait un scénario un peu plus conséquent ? Comment les auteurs allaient-ils surpasser l'intro du film précédent ? Ô, traumatique suspens !
Dès les 15 premières minutes de Deadpool 2 on est rassuré. Cette longue introduction, qui se termine par une parodie de générique James-Bondien, est un condensé en version XXL de tout ce qui nous a plu : de l'action brutale, du gore décomplexé, une bande-son délicieusement décalée, des dialogues fourmillant d'allusions poilantes et des regards caméra qui tuent (ce coup d’œil jouissif de Deadpool aux spectateurs lorsque Dopinder le taximan parle de sa passion pour le film Entretien avec un Vampire !). 
La suite est du même tonneau et coche toutes les cases d'une séquelle idéale. Tous les seconds rôles de l'opus précédent sont de retour, les nouvelles têtes ont chacune une personnalité marquante et surtout l'histoire n'est pas qu'une simple vengeance comme on pouvait s'y attendre vu l'intro. La quête sous-jacente de Deadpool est de survivre à la perte tragique de sa fiancée en se cherchant une nouvelle famille. Il va d'abord intégrer l'équipe des X-Men qu'il avait côtoyé lors de son ancienne aventure, ce qui va évidemment mal finir. En croisant Firefist, ado mutant martyrisé, notre anti-héros se retrouve mêlé au destin du jeune garçon et doit faire face au redoutable Cable, voyageur temporel lancé dans une vendetta destructrice. Pour résoudre tous les conflits, Deadpool devra constituer sa propre team de super-héros recrutés sur petite annonce, la X-Force (parce que X-"Men", c'est sexiste ;-). 
Les scènes d'action prennent de l'ampleur (on sent que le budget a été doublé depuis l'épisode 1) mais les auteurs ont su conserver le bon dosage en intégrant un maximum de vannes lors des séquences explicatives nécessaires au récit. Visuellement le film offre des moments délirants, et pas seulement spectaculaires d'ailleurs. Le point culminant est pour moi le passage où Deadpool a ses jambes de bébé, lorsqu'il réuni l'équipe chez Blind Al. Grand moment de gênance drôlatique.