mercredi 17 août 2011

Catherine


Vincent et la tentatrice Catherine
Atlus
Genre : Aventure-Puzzle érotico-horrifique !
Verdict: 4/5


Si vous avez manqué le début


Vincent Brooks est en pleine crise de la trentaine, ce moment particulier où l'homme-ado doit choisir entre sa vie de patachon et un déluge de responsabilités. Sa girlfriend Katherine parle de façon étrange, avec des mots comme "engagement", "mariage", "bébé", l'ami Vinc' flippe sa race. Même ses potes de beuverie ne le rassurent pas et pour couronner le Roi des Cons, Vincent fait des cauchemars absurdes dans lesquels il est affublé de cornes de bouc et doit escalader des blocs à toute vitesse pour échapper à une menace indicible.
Un soir notre brave couillon noit ses angoisses dans l'alcool. Le lendemain il se réveille au coté d'une inconnue tout droit sortie d'un fantasme de Japanime. Elle s'appelle Catherine, elle est très amoureuse, et le Vincent il est pas dans la merde...


mardi 26 juillet 2011

Matrix, Inception : La fiction du réel

Le Choix ?
Matrix, Inception. Deux blockbusters à priori aussi éloignés par le temps (onze années les séparent) que par leur style.
Le premier est un talentueux fourre-tout métaphysique dans-ta-face des frangin(e)s Wachowski, le genre de production mammouthesque qui ravit tout le monde, du fan de Bruce Lee au lecteur de Baudrillard, du Gamer au Cyberpunker. Matrix englobe dans une quête héroïque les cultures Comics et Manga, Sergio Leone et Akira, Bouddha et Christ Roi. C'est Lewis Carroll versus Philip K. Dick, le tout dans Street Fighter en Bullet-time.

Est-ce un rêve ?
Face à ce ballet furieux Inception à une apparence plus monolithique, un coté cérébral assumé. On a changé d'époque, remisé le Kung-Fu au placard. Plus subtile, sa mise en abîme démultipliée radicalise le public, dont une partie s'endort comme les protagonistes du film. Sa narration en poupées gigognes demande une attention de chaque instant. Les influences du réalisateur Christopher Nolan sont moins visibles à l'écran, principalement parce qu'il cherche moins à hommager ses pairs qu'à ressasser ses obsessions. La quête du héros Cobb vise à résoudre un conflit interne, plutôt qu'à atteindre le sacrifice universel de Néo.

Cependant les points communs entre les deux œuvres sont nombreux, et leur finalité identique : un questionnement sur la réalité dans lequel le spectateur est in fine le sujet même du film.

Dans les chapitres qui suivent nous allons montrer les similitudes reliant deux des productions parmi les plus passionnantes de la culture cinématographique Geek. Signalons que la majorité des points abordés dévoile les intrigues complètes des deux films. Alors comme on dit chez nous : MAJOR SPOILERS AHEAD !


dimanche 24 juillet 2011

Grindhouse (Planète Terreur - Boulevard de la Mort)


(Grindhouse: Planet Terror - Death Proof - 2007- Réalisé par R. Rodriguez et Q. Tarantino) ** / *** L'intégrale Collector

Planet Terror : Une communauté Américaine typique fait face à une invasion de créatures infectées par un gaz militaire.

Death Proof : Des jeunes femmes affrontent un redoutable tueur nommé Stuntman Mike, qui assassine ses victimes au volant de son bolide.

Lorsqu'a surgit l'idée d'un hommage aux films d'exploitation 70's par Tarantino et Rodriguez, les fanas s'en léchaient la glotte de plaisir. Des histoires bien minimalistes, une réalisation volontairement salopée, des personnages ultra caricaturaux, de la gourgandine pas farouche, du gore et du trash à l'ancienne, de quoi passer une bonne soirée entre potes, tout ça par l'homme qui n'a eu de cesse de se référer à ce cinéma durant toute sa carrière, miam. Seulement l'overdose de bons ingrédients a produit une mixture un peu imbuvable, et mis à part de bonnes séquences de ci de là, l'essentiel à retenir de ce Grindhouse vient de ses fausses bandes-annonces, qui sont les véritables bijoux du projet. A ce titre on se dit que Planet Terror et Death Proof auraient peut-être dû être traités de la même façon : en courts-métrages. A trop se référencer à ses fétiches, Tarantino fini par s'auto-parodier pour ne ressortir que ses tics : dialogues futiles interminables et caractères faussement cools. Heureusement il nous offre un vrai duel de bagnoles old school, qui nous replonge dans l'atmosphère 70's et débaroule de belle manière dans le présent. Un peu le contraire de Rodriguez dont le démarrage promet beaucoup puis qui s'enlise avec des acteurs limite erreur de casting et leurs personnages désincarnés.

dimanche 26 juin 2011

Les Incorruptibles


(The Untouchables - 1987 - Réalisé par B. De Palma) *** Edition collector

Dans les années 20, l'agent fédéral Eliot Ness vient d'être nommé à Chicago pour endiguer la vague criminelle, conséquence de la Prohibition. Son objectif : faire tomber le patron de la pègre, Al Capone.

Les obsessions du père De Palma, on les connait. Sa filmo oscille perpétuellement entre thrillers de psychopathes et destinées tragiques. Ici il fait s'affronter le très lisse Kevin Costner, en représentant de la loi droit dans ses bottes, à l'éternel Boss de la mafia, un certain De Niro, tout feu tout flamme avec batte de Baseball assortie ; -)
Le climat alterne entre Film Noir, Western (cavalcade avec la Police montée canadienne !), Thriller (la mort de Jim Malone), film de procès, avec l'habituel enrobage stylistique made in De Palma. L'ensemble donne un résultat correct, mais si on commence à extraire chaque scène de citation pour les comparer aux autres séquences-hommages de De Palma dans ses autres films, on s'aperçoit qu'il a fait mieux. Le final du règlement de comptes sur l'escalier de gare, par exemple, est autrement mieux chorégraphié et prenant dans "Carlito's Way" que dans "The Untouchables". 

samedi 4 juin 2011

Apocalypse Now


(1979- Réalisé par F. F. Coppola) **** Édition Définitive

Pendant la guerre du Vietnam le Capitaine Willard est chargé d'une mission délicate : s'infiltrer au Cambodge pour retrouver un Colonel déserteur, Kurtz.

Un de ses films dont la réputation est tellement hors norme que sa première vision est parasitée par toute la légende entourant le projet dément d'un Coppola devenu moitié cinglé pendant sa réalisation et son montage. On pense sans cesse au barnum invraisemblable du tournage (pas d'écran vert à l'époque, toutes les explosions sont réelles), aux caprices de Brando en impro permanente (auquel le script doit s'adapter), aux graves accidents de Martin Sheen (dont un infarctus qui le force à passer 3 semaines à l'hosto), à l'accouchement du film de plusieurs années en salle de montage (menant à plein de versions différentes). 
Mais plus de trente ans après, Apocalypse Now conserve son pouvoir hypnotique, la grandiloquence de ces scènes filmées "live" et sans trucage, son récit capharnaüm dans lequel on s'enfonce avec les personnages pour quitter un "bête" film de guerre et accéder à... autre chose.

mardi 24 mai 2011

Et si on enterrait dignement Alien ?

Mauvaise "haliène" ? Essayez Hollywood Chewing-gum
Nous y avons déjà fait allusion lors de notre gaillarde réécriture de Terminator 3 (voir un billet précédent, quelque-part dans ce foutoir), la saga Alien mérite elle aussi un final autrement plus ambitieux que celui proposé par le 3e opus.

Avant que quelques esprits chafouins saisissent leur clavier pour nous signaler que la série est une quadrilogie, je précise que nous occulterons totalement dans ses pages Alien Resurrection, qui certes possède ses qualités mais ne peut en aucune manière être digne de figurer aux cotés de ses pairs. Tout au plus pouvons-nous le considérer comme un cousin éloigné, celui qu'on invite par obligation aux repas de famille mais qui fait toujours un peu honte avec son air cloche et ses blagues à deux balles.
Nous ignorerons également le douloureux croisement contre-nature qu'est la franchise Alien vs Predators, fantasme malsain de producteurs cupides. Qu'un facehugger vous fornique la tronche, mécréants !

Alien 3 est un film dont la gestation fut fort éprouvante, remanié maintes fois de scripts bancals en scénarios bâtards, puis accouché dans un climat haineux entre un jeune père ambitieux et obstiné, David Fincher, et une mère toute-puissante et affolée, la Fox.
Et Goliath vaincra David, ce dernier contraint et forcé d'abandonner son nouveau né au Studio, qui procédera alors à un brutal remaniement génétique du film pour en faire un banal action-movie alors qu'il aurait dû être l'apothéose d'une série mythique. snif.

Dans sa version d'origine, celle sortie au cinéma en 1992, Alien 3 se veut le chapitre final, la clôture définitive de la saga du lieutenant Ellen Ripley. Et de fait le contrat est rempli puisqu'elle se sacrifie, emportant avec elle sa Némésis (ou est-ce l'inverse ?).
L'atmosphère glauque du film et son parti pris graphique marque le début de la "patte" Fincher au cinéma, avec ses séquences audacieuses (l'autopsie de la fillette ou la tentative de viol de Ripley) ou intimistes (la relation amoureuse de Ripley avec le Dr Clemens) qui font prendre un tour original à la saga.

Ripley/Fincher, sacrifiés sur l'autel de la Fox
Mais un sentiment mitigé travaille le geek après le visionnage du film. En se débarrassant sèchement des personnages Newt et Hicks, les survivants accompagnants Ripley dans Aliens, les auteurs privent l'héroïne et les spectateurs d'une dimension affective qui aurait pu être exploitée intelligemment. Ripley et Hicks formant un couple dont Newt serait la fille adoptive, voila une piste intéressante totalement évacuée pour d'obscures raisons (financières, probablement).

Weyland-Yutani, la corporation manipulatrice à l'origine de toute l'épopée, la Société tentaculaire qui persécute Ripley à travers tout l'univers, fait pâle figure dans la conclusion. C'est l'autre point crucial du récit un peu négligé dans Alien 3, ressortir l'androïde Bishop accompagné d'une petite armée pour n'en rien faire. Ses sbires restent impuissants face au choix de leur ultime victime.
On passe au travers d'une vraie confrontation qui aurait pu permettre à Ripley de solder ses comptes avec la firme responsable de ses turpitudes.

Dernier point discutable dans le scénario du 3e numéro, le choix des victimes. Dans le premier il s'agit de solides prolétaires qui n'ont rien demandé à personne. La suite met en scène de braves soldats 'ricains et une orpheline. Jusqu'ici tout le monde compatit.
Que nous propose le 3e volet ? Une bande de condamnés à perpétuité pour meurtres, viols, et autres joyeusetés. On doute que la majorité des spectateurs soient sensible à leur sort, aussi funeste soit-il. On peut même affirmer qu'un lâcher d'Aliens dans la prison aura soulagé plus d'un adepte de la peine de mort.
Même si on n'approuve pas un tel sentiment, tout du moins on tolère.

Bref, malgré un point de départ alléchant et quelques idées séduisantes Alien 3 se termine en jeu de massacre un peu vain dans lequel Ripley cherche à savoir ce dont tout le monde se doute depuis le début. On en ressort frustré et amer au regard de ce qui aurait pu advenir de la série si elle s'était achevée avec brio : entrer dans la légende des trilogies réussies.

Vous en conviendrez, il nous est impossible de supporter une telle injustice.
C'est pourquoi votre serviteur s'est activé le neurone -son unique, loué à grands frais- pour concocter un Alien 3 alternatif qu'il espère plus digne de ses prédécesseurs que le vrai. Oui, on se hausse un peu du col. Et après ?

Voici les pistes explorées par notre nouveau script, à partir de nos réflexions intenses.
Reconstituer la "famille" de Ripley (avec le Caporal Hicks et la jeune Newt), les placer dans un lieu sensiblement différent des précédents (Fiorina 161 devient une planète aride où brûlent deux soleils), face à une colonie dépourvue de moyens technologiques, leur opposer simultanément un Alien hybride et la Corporation Weyland-Yutani.
Nous gardons du scénario originel l'infection de Ripley et la résolution du dilemme par son suicide.

Notre synopsis contient comme à l'accoutumée bon nombre de maladresses, probablement quelques illogismes et approximations. On ne le répétera jamais assez, nous ne sommes que d'humbles dilettantes n'y entendant pas grand chose aux Arts du Cinématographe.
L'entreprise est aussi stérile que nos tentatives précédentes, mais réalisée dans un esprit complet de fanboyisme envers la Divinité Alien. Que ses saintes mâchoires pénètrent nos vils cerveaux et nous transmettent l'inspiration.


vendredi 15 avril 2011

Enter the void


(2009- Réalisé par G. Noé) **

Oscar et sa sœur Linda vivent au Japon, lui magouille un petit trafic de drogue, elle danse dans un Club de Strip. A la suite d'une descente de police, Oscar va expérimenter le trip ultime : la mort.

Le père Noé rechausse sa caméra titubante de Irréversible pour nous embarquer dans une nouvelle "épreuve" dont il a le secret. Problème : là où l'outrance visuelle du film précédent se justifiait par un récit très adroit, Enter the Void se noie dans une explication lourdingue qui gâche l'ensemble du projet. En effet l'un des protagonistes dévoile lors de la première partie toutes les étapes qui seront traversées par le héros mort, transformant ce voyage initiatique tiré du "Livre des morts" en excursion pour touristes, balisée de passages obligés. Reste une expérience sensorielle probablement unique au cinéma, en vue subjective permanente, spécialement dédiée aux amateurs de fumette et de scènes de cul fluo.

mercredi 13 avril 2011

Playlist Radiohead I (1993-2001)



Playlist on SPOTIFY

Just  (The Bends - 1995)
Karma Police   (OK Computer - 1997)
Lewis (mistreated)  (My iron lung EP - 1994)
Knives Out   (Amnesiac - 2001)
Planet Telex  (The Bends - 1995)
Creep (Acoustic)  (Itch EP - 1994)
Everything In Its Right Place   (Kid A - 2000)
Airbag  (OK Computer - 1997)
The National Anthem  (Kid A - 2000)
Pyramid Song   (Amnesiac - 2001)
Fake Plastic Trees  (The Bends - 1995)
Subterranean Homesick Alien   (OK Computer - 1997)
Blow Out  (Pablo Honey - 1993)
My iron lung  (The Bends - 1995)
Idioteque  (Kid A - 2000)
Paranoid Android   (OK Computer - 1997)
True love waits (live)  (I might be wrong - 2001)

mercredi 16 mars 2011

Mammuth


(2010- Réalisé par G. Kervern & B. Delépine) ***

Serge Pilardosse fête son départ en retraite. Dès le lendemain il s’emmerde. L'administration lui réclamant les preuves des nombreux boulots qu'il pratiqua dans sa jeunesse, notre homme part à la recherche des précieux documents au guidon de sa légendaire moto "Mammuth".

Prenez un Depardieu en loser magnifique, ajoutez-lui une pincée d'Adjani en muse éthérée, pimentez avec les habitués du troquet Kernvern-Delépine (Moreau, Poelvoorde, Lanners, Miss Ming, Lochet), saupoudrez de quelques têtes inédites, vous obtenez le nouvel ovni de nos deux gentils anars préférés. 
Restant dans la veine "sociale" du précédent (Louise-Michel), on suit les tribulations comico-poétiques d'un retraité déconnecté à la recherche de justificatifs administratifs, périple effectué sur une bécane aussi antique que son propriétaire. Évidemment le road-movie asthmatique sera l'occasion pour notre homme de faire des rencontres et de renouer avec son passé enfoui par des années de travail abêtissant. Un bilan doux-amer sur une vie, traité avec la "patte" iconoclaste des auteurs .

lundi 21 février 2011

Inception




(2010- Réalisé par C. Nolan) ***** Dream Machine Edition (Mallette + Ultimate Edition)

Cobb et son équipe sont spécialisés dans l'extraction d'information confidentielle, avec une méthode révolutionnaire consistant à s'introduire dans l'esprit de leur victime lorsqu'elle dort pour lui soutirer ses secrets. Un homme d'affaire Asiatique lui propose de réaliser l'inverse : implanter une idée chez son concurrent, à son insu.

Comme avec Matrix en son temps, Inception est un film qui doit être revu (et revu encore) pour en apprécier la mécanique maniaque et en découvrir toutes les couches scénaristiques. C'est un film d'espionnage high-tech, une histoire d'amour héroïque, une réflexion profonde sur la réalité, un thriller politique sur la manipulation de l'individu, un hommage moderne aux films d'avant l'imagerie synthétique. C'est la somme de toutes les obsessions de son auteur-réalisateur, Christopher Nolan. On y retrouve son découpage ultra-précis, sa déconstruction en puzzle des séquences qui teste en permanence le spectateur, toujours sur le qui-vive. 
Parfois l'ampleur d'une production Hollywoodienne écrase ses acteurs, perdus dans l'immensité des décors, noyés sous les décibels de la bande-son. Inception est un miracle car il évite cet écueil, malgré la richesse des intérieurs et extérieurs et l'omniprésence de la musique, une des plus obsédante et réussie du genre, d'ailleurs, puisque intégrée directement à l'intrigue. L'ami Di Caprio et son équipe de cadors crédibilisent le concept de départ, pourtant pas facile à "vendre" puisque tous les protagonistes passent les trois quarts du film à dormir ! Comme à son habitude Nolan tord et explore jusqu'au point de rupture son postulat de départ, et en véritable génie parvient à nous laisser accroché au bord de son précipice scénaristique vertigineux dans les dernières secondes du film. Prodigieux.

mercredi 19 janvier 2011

Tropic Thunder


(2008 - Réalisé par B. Stiller) ***** 2-Disc Director's Cut

En hiver 1969, un commando d'élite américain fut envoyé en mission ultra-secrète dans le Sud-Est du Viêtnam. Objectif : délivrer le sergent Feuille-de-Trèfle Tayback. Quasiment une mission-suicide.
Sur les dix hommes envoyés, quatre seulement en revinrent. Sur les quatre, trois écrivirent un livre sur leur histoire. Sur les trois livres, deux furent publiés. Un seul fut adapté au cinéma.
Voici l'histoire des hommes qui tentèrent de faire ce film.

Ca commence par une pub débile d'un rappeur en mousse, ça enchaine sur 3 bandes-annonces qui nous paraissent étrangement familières : le blockbuster ultra crétin, l'odieuse pochade à la connerie obèse, le pensum lourdingue taillé pour les Oscars. En résumant en 5 minutes chrono tout le barnum Hollywoodien, Tropic Thunder se pose d'emblée comme LA comédie des années 2K. Et la suite ne va que confirmer cette parfaite entrée en matière. On retrouve avec délectation quelqu'uns des grands stéréotypes du cinéma Américain grand public, avec des pointures pour les incarner, aussi bien dans le casting principal que dans les rôles secondaires. En choisissant comme thème le "film de guerre au Vietnam", Ben Stiller s'ouvre un boulevard comique et en exploite tous les ressorts sans jamais tomber dans la parodie facile. Mention spéciale à Tom Cruise, le producteur over-the-top ("why don't you get the hell out of here before I snap your dick off and jam it into your ass ?!"), et à Robert Downey Jr, acteur en sur-régime ("I'm the dude playing a dude disguised as another dude !").

dimanche 5 décembre 2010

Réécrivons gaillardement Terminator 3

Terminator 3 : Mission Biactol
Nous avons déjà évoqué longuement sur cet écran le cas douloureux d'une trilogie cinématographique immolée sur l'autel de la médiocrité et du merchandising (Pour les non-comprenant, voir nos billets sur Star Wars Prélogie).
Toutes n'ont pas subi les outrages d'un sagouin uniquement préoccupé par son portefeuille, loin s'en faut. On peut citer une pétachiée de triptyques sur pellicule valant leur pesant de Pop-corn pour tout Geek normalement constitué : Retour vers le futur, Le Seigneur des Anneaux, Evil Dead, La Cage aux Folles et d'autres encore que ma mémoire vacillante et mon insondable inculture m'empêche de citer.
Certaines séries du grand écran font débat au sein de la communauté, les arguments les plus élitistes étant employés pour les encenser ou a contrario les dézinguer. Citons pour l'exemple cette discussion entre omarSAV91 et Mickeline59 sur le forum "Ado 12-15 ans" d'un célèbre site, à propos du chef d'oeuvre des frangins Wachowski :
- Waow comment ça déchire trop sa reum Matrix 3 !!!
- L O L trop pourri ton Matrix 3, vive Matrix 1 !!!
- C'est toi pourri, Matrix 3 c'est de la philo
- Pauv' cul
- Nazi.

L'exemple Matrixien n'est pas une affaire isolée, ce type de raisonnement implacable et de rhétorique redoutable s'applique également aux Alien, Indiana Jones et autres Spiderman. Édifiant, non ?

Le cas qui nous préoccupe ce soir fait lui aussi polémique, il s'agit de la saga Terminator.

Les quarantenaires qui ont assisté à la naissance de Sarah Connor et du Cyborg Autrichien ne peuvent envisager une suite au Kolossal diptyque accouché par le Docteur Cameron. Le premier film dépeint l'étreinte irrévocable du destin sur une jeune héroïne, tandis que le suivant libère l'humanité de la fatalité. On ne peut rêver plus adroit et concis, surtout lorsque le réalisateur est aussi efficace et soigneux, aussi bien dans l'écriture de son scénario que dans le choix du casting. Tels quels Terminator et Terminator 2: Judgement Day forment un tout harmonieux, malgré son joli paradoxe temporel illogique (mais on s'en fout).

La Saga Terminator est dans le cercueil

Cet équilibre délicat ne pouvait malheureusement pas durer aux yeux des producteurs, et d'un certain acteur en mal de publicité pour se faire élire gouverneur.
Ainsi en 2003 un nouveau chapitre est mis en chantier, chargé de relancer la franchise en se passant de papa James et maman Connor. Sacrilège !
Le résultat ? une suite d'entorses aux bases de l'univers de Mister Cameron, desquelles surnagent quelques idées intéressantes cachées derrière des scènes d'actions enflées et un second degré trop appuyé. L'intrigue n'est qu'une resucée de l'opus précédent : une méchante Terminatrice devant éliminer les futurs lieutenants de la résistance, face à un gentil Schwarzynator qui protège John. La nouvelle T-X dispose d'un armement dont on nous avait pourtant dit qu'il était strictement impossible qu'il voyage dans le temps. Elle possède même des pouvoirs quasi-magiques lorsqu'elle contrôle à distance des véhicules. On est carrément chez Harry Potter.
Le Gouvernator perd toute sa coolitude, balançant des "parle à ma main" sorti tout droit de la décennie précédente, et son adversaire est malmenée par un scénario bout-de-ficelle lui faisant prendre de curieuses décisions, en particulier lors de la séquence du cimetière où elle dévoile son identité alors qu'elle est certaine de trucider sa cible.
Pour essayer de se mettre les fans dans la poche, on tente aussi un caméo du docteur Silberman, le psy qui par deux fois avait croisé le chemin de Sarah Connor. Louable démarche, mais qui ne nous décroche qu'un sourire tristounet avec ses allures de running-gag poussif.

Mais l'affront ultime, l'insulte suprême faite aux fans, vient surtout du message général qui se dégage du film.
Alors que tout le récit de James Cameron démontre que l'humain peut infléchir sa destinée à force de volonté, le scénario de Rise of the Machines s'évertue à balancer de grosses louchées de fatalité irrémédiable. John Connor croise sa future femme et découvre qu'ils étaient déjà promis l'un à l'autre depuis leur enfance, et par ailleurs l'apocalypse nucléaire est irréversible quoiqu'il fasse. Bref, pourquoi se fatiguer quand tout est déjà manigancé par le tout puissant ? Ça fout le bourdon.
Ce qui est sûr pour le fan, c'est que lorsque M. Cameron sera mort il n'a pas fini de se retourner dans sa tombe d'avoir vu son oeuvre ainsi mutilée.

Les acteurs de Terminator 3 reçoivent les premières critiques du film
Non, on ne peut décemment pas apprécier ce T3. Alors on se dresse sur ses petites pattes arrières, on bombe son torse imberbe, et on pousse un cri suraiguë libérateur : gniiiiaaaaaaarrrrrrr !

 A l'instar de notre tentative bien inutile mais ô combien salvatrice de réécrire la prélogie Star Wars, et afin de chasser cet immonde souvenir de notre esprit chancelant, nous avons entrepris une opération identique pour sauver du déshonneur notre bienaimée Famille Connor et leur fidèle Terminator. Oui, mes amis, mes frères et mes sœurs (oh oh...), réécrivons gaillardement Terminator 3 : Rise of the Machines.

Fantasme de fan, assurément, puisque les chances pour que le démiurge James Cameron reprenne un jour les rênes de son épopée sont proches du néant. Toutefois la mode à Hollywood semble être au reboot, et un certain Batman n'a pas eu à s'en plaindre. Après avoir été mis au monde brillamment par M. Burton, il fut assassiné par le psychopathe Schumacher avant de renaître par la grâce du magicien Christopher Nolan. Alors pourquoi pas, dans dix ans, voir surgir un remake habile des Terminator ?

Hasta la vista, que Sainte-Linda Hamilton prie pour nous, pauvres pécheurs, maintenant et à l'heure de notre mort sous le feu thermonucléaire.

Le synopsis qui suit est soumis à la sagacité du lecteur ou trice, avec les mêmes précautions que lors de notre expérience antécédente : vous allez lire un document amateur, reprenant les grandes lignes du scénario original mais sans les fadaises qui nous déplaisent. Il contient probablement quelques incohérences et interprétations hasardeuses, mais est réalisé avec autant de ferveur enthousiaste que possible.


mercredi 24 novembre 2010

Snatch


(2000- Réalisé par G. Ritchie) ****

Un diamant volé est l'objet de toutes les convoitises. Une poursuite mouvementée s'engage entre une ribambelle de truands plus ou moins mal famés, magouilleurs à la petite semaine, diamantaire Juif, gangster Russe, Gitan bagarreur, promoteur de boxe psychopathe et voleurs de banque débutants.

Le scénar "tarantinesque" (du dialogue qui claque, des histoires qui s’entremêlent) est juste un prétexte à un étalage de "gueules" lâchant des sentences poilantes toutes les deux minutes. Et si Snatch parvient à échapper à une simple galerie de personnages faussement cool, c'est grâce à son montage très typé, des "cuts" ultra courts qui relancent le rythme et coupent le superflu, et à ses acteurs à fond dans des numéros sur mesure. Pour sûr les allergiques aux situations improbables et à l'acting un peu "over the top" seront vite soulés. Mais pour celles et ceux qui veulent découvrir Brad Pitt en gîtant baragouineur aux prises avec Jason Statham, Vinnie Jones et d'autres pointures du genre, faites-vous un shoot de Snatch. Bien malin ceux qui peuvent prévoir la fin.

lundi 22 novembre 2010

Cloverfield


(2008 - Réalisé par M. Reeves) ****

Rob fête sa nomination pour un poste prestigieux au Japon, lors d'une soirée organisée par son frère et sa petite amie. Mais un événement hors du commun frappe soudainement la ville de New-York.

Aujourd'hui nous sommes saturés de films "found footage", ces vraies-fausses vidéos façon caméscope retrouvées comme par hasard (par des producteurs cupides, of course). A l'époque de la sortie de Cloverfield le genre est déjà proche du trop-plein mais compte quelques réussites, coté horreur on a eu REC, et coté "dénonce" Redacted, faux documentaire mettant en cause les vrais agissements de soldats américains en Iraq. Manquait un digne représentant du "Film de monstre", et paf le voila ! 
L'excellente idée des auteurs est de ne vouloir à aucun moment expliquer les choses. Cloverfield est une longue course vers une menace dont on ne connait pas l'origine ni les motivations, et c'est tant mieux parce qu'on s'en cogne. Passé le quart d'heure initial de présentation des protagonistes, la première attaque au cœur de New-York vous saisit pour ne vous lâcher que dans les rares moments d'accalmies, faisant place à des séquences émotionnelles brillamment interprétées (le coup de fil à la mère, sur un quai de métro abandonné). Réinvention de Godzilla, images écho du 11 septembre 2001, vain sacrifice du héros, autant de pistes de réflexion intéressantes mais dont on peut se passer pour apprécier le film au premier degré : un putain de déferlement de destruction massive.

dimanche 17 octobre 2010

Not the messiah (un très vilain garçon)


(Not the messiah, he's a very naughty boy - 2010 - Spectacle) ****

Opéra comique inspiré du film culte des Monty Python "La vie de Brian", écrit par le pythonesque éric Idle.

Il est très important de signaler que Not The Messiah n'est pas une Comédie Musicale, genre que j'abhorre tout particulièrement, mais bien un Opéra (pour être plus exact un "Oratorio", c-a-d une œuvre lyrique sans mise en scène, ni décors, ni costumes - merci Wiki). Cette précision faite, plongeons-nous dans cette version "Chantée" du film "Life of Brian" des Monty Python. Le fanatique que je suis est bien sûr conquis dès les premières notes du générique du Flying Circus (Liberty Bell) joué Live. Eric Idle accompagne quatre professionnels du chant lyrique qui offrent leurs magnifiques organes (Ténor, Mezzo-Soprano, etc) à une poilante ode à la déconne, suivant la trame du scénario du film. Les vieux complices font tous une apparition, à l'exception notable de John Cleese, et on a même droit au Classique des Classiques, Michael Palin et sa fabuleuse "Lumberjack Song". Les titres des numéros parlent d'eux-mêmes : "We love sheep", "I want to be a girl", "Hail to the Shoe"... on se marre et en plus on a l'alibi culturel, que demander de plus ?