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mardi 13 avril 2021

Suspiria 1977 - Suspiria 2018

Les Sorcières de Salon

(2018 - Réalisé par L. Guadagnino) ****

1977, dans Berlin-Ouest, une jeune femme se réfugie chez son psy et lui déclare qu'elle est menacée par les professeures de son école de danse. Elle est persuadée que ce sont des sorcières et a tout consigné dans son journal intime. Pendant ce temps, une nouvelle élève américaine se présente à l'école pour auditionner.

La comparaison de la version 2018 avec le Suspiria de 1977, film de Dario Argento adulé pour son atmosphère envoutante et sa bande-son grandiloquente, est un grand malentendu. Le remake reprend les grandes lignes de son scénario et s'attache à instaurer une ambiance particulière à mille lieues des productions horrifiques standards, comme son illustre prédécesseur. Mais il est également différent en bien des points, se servant intelligemment de l'aura Culte de l'original pour proposer une lecture décalée de ses thématiques. Cela permet aux deux œuvres de coexister, chacune avec ces particularités et son empreinte dans une époque spécifique.
A partir d'un synopsis identique les deux Suspiria sont radicalement opposés en termes d'images, de bande-son et de motivation des personnages. Cela est dû aux 40 ans qui les séparent et à la volonté du réalisateur Luca Guadagnino d'insérer ses propres thèmes sans copier le style inimitable de sa source.
 

La version originale est une débauche de couleurs tranchantes, la nouvelle version marque sa différence par un contraste très fort : éclairage atténué et couleurs discrètes.
 
L'école de danse : façade rouge / bleu délavé
  
 
 
L'intérieur de l'école : couleurs vives / ternes


Salle de danse : même différence de tonalités claire/sombre
  

Bureau/Appart de Mme Blanc : ambiance fleurie/feutrée


Nous allons détailler la façon dont les deux œuvres abordent leur sujet et aussi comment l'auteur de la version de 2018 est parvenu à réaliser une chose très rare au cinéma : un remake réussi.
 
Donc oui, on va révéler l'ensemble des deux intrigues à grands coups de SPOILS. Vite, la suite !

samedi 13 juin 2020

Star Wars IX: L'ascension de Skywalker

(Star Wars IX: The Rise of Skywalker - 2019 - Réalisé par J.J. Abrams) **
Sith Rey, une des nombreuses fausses pistes du film

Il y a pas très longtemps,
dans une galaxie proche, très très proche...
Après avoir saccagé ce qui restait de dignité à la saga,
la fin du calvaire semble imminente et tout l'univers s'en réjouit.
Dans un soubresaut de lucidité, Mickey le Sith ressuscite Jar Jar Abrams.
Car personne jamais vraiment ne meurt, comme disent les clones de l'Empereur.

Si vous avez manqué le début...
L'ami J.J. avait plutôt habilement résumé toute la trilogie Classique en un seul épisode (VII : Le Réveil de la Nostalgie), photocopie confortablement rassurante. L'Empire Disney et Kathleen Kennedy la productrice prirent ensuite le risque de confier l'écriture et la réalisation de sa suite à l'auteur de Looper, avec pour mission de bouleverser les attentes du public. On peut dire que le pari fut réussi, mais pas dans le sens attendu (VIII : Les Derniers Outrages).

Se retrouvant avec le lourd fardeau de non seulement conclure la troisième trilogie Star Wars mais surtout de clore l'intégralité de la saga "Skywalker" commencée il y a plus de quarante années, les quatre scénaristes crédités de "L'Ascension" avaient deux choix. Soit ils prolongeaient la déconstruction brutale amorcée par l'épisode précédent "Les derniers Jedi", soit ils revenaient à la structure déjà-vue du "Réveil de la Force". Dans les deux cas, ils allaient dans le mur.
Car continuer à piétiner les fondamentaux du culte Starwarien aurait été un cadeau d'adieu bien médiocre pour les fanatiques. Mais, à l'inverse, terminer sur l'attendu duel Rey-Kylo n'aurait été qu'une redite du N°8. Impasse.

Dans notre précédent billet, nous étions nous-même dubitatif (pour rester poli). Comment les auteurs allaient-ils recoller les morceaux du puzzle et proposer une conclusion crédible ?
Ils ont opté pour la méthode la moins subtile en fonçant tels de gros morses sur un banc de mollusques. Dès l'intro et son générique déroulant, l'incroyable coup de théâtre est affiché : l'Empereur is back. Oui, celui-là même qui avait été désintégré il y a 35 ans dans l'épisode VI et auquel aucun des films suivants n'a fait la moindre allusion. Pour être plus précis, le mega-spoil avait déjà été balancé dans le teaser, où le rire de Papy Palpatine résonnait.
Il aurait fallu un film entier, façon spin-off, pour expliquer comment l'Empereur a survécu à l'insu des autres Siths et pourquoi il n'a pas utilisé ses incommensurables pouvoirs pour autre chose que la création de clones inefficaces pendant toutes ses années ?

A partir de cet instant on sait que le grand thème final de la saga tient sur cette ligne de dialogue entendue dans la pré bande-annonce : No one's ever really gone (personne n'est jamais vraiment disparu).
L'empereur dissout dans un réacteur énergétique ? même pas mal ! Rien n'est éphémère, tout est sans conséquence, les actions et les convictions des protagonistes sont sans valeur.

Alors que "Les Derniers Jedi" mettait l'accent sur l'échec de tous ses héros et héroïnes, "L'ascension de Skywalker" s'emploie à démontrer que tout cela n'est pas grave car rien n'a d'importance.
Le casque que Kylo Ren avait pulvérisé de rage est réparé, une manière pour le réalisateur J. J. Abrams de désavouer les choix de son prédécesseur. De façon similaire, le geste sacrilège de Luke jetant son sabre laser avec désinvolture est corrigé dans le nouveau film lorsque son fantôme empêche Rey de faire la même chose. C'est aussi l'apparition de Luke qui va convaincre Rey de reprendre confiance pour aller accomplir l'affrontement final contre Palpatine, lui qui tenait un discours autrement plus fataliste dans "Les Derniers Jedi".

L'impact de la mort de Chewbacca est rapidement désamorcé. En dix minutes nous perdons un des piliers de Star Wars dans un accident provoqué par l'héroïne principale puis nous retrouvons notre fidèle boule de poils géante bien vivante, Chewie avait tout simplement été embarqué sur un autre vaisseau ! Un bien cruel yoyo émotionnel pour Rey, qui n'est qu'une occasion de plus pour J.J. de scruter plein cadre le visage hautement cinégénique de l'actrice Daisy Ridley, qui reste le meilleur choix de casting de cette ultime trilogie tant son jeu en surtension permanente crédibilise son personnage.

Autre acte sans conséquence, le sacrifice de C3PO acceptant d'effacer sa mémoire. Cette bravoure soudaine pour un couard notoire et capitale pour l'intrigue est annihilée lors de la conclusion : son pote R2 avait une sauvegarde ! Du coup, son speech où il "regarde une dernière fois ses amis" avant de subir sa remise à zéro est beaucoup moins poignant. Notre sympathique androïde récupère ses souvenirs, personne n'est jamais vraiment parti...
Comme Han Solo, qui revient d'entre les morts pour délivrer son fils Ben, alias Kylo, de son tourment. C'est au terme de son duel contre Rey que Kylo est proche de renoncer au côté obscur. Il a pourtant le dessus mais sa mère Leia intervient par le pouvoir de la Force et le fait douter. Rey profite de cette hésitation pour toucher mortellement Kylo. Sentant qu'elle vient non seulement de tuer sa "dyade", l'entité unique de deux éléments distincts qu'elle forme avec ce double maléfique, mais que Leia succombe également à ce coup fatal, Rey décide de soigner Kylo avant de partir en exile, tournant le dos à son destin.
Han apparaît alors à son fils, bien que n'ayant jamais maitrisé la Force. Oui, même les gens "ordinaires" ne sont pas vraiment morts ! Il le convainc de rejeter les préceptes Sith, Ben balance son sabre laser. Cette séquence fait de Han celui qui a libéré son fiston du mal, faisant passer au second plan le sacrifice crucial de sa mère Leia.

Le film compacte une suite de péripéties sans tenir compte des événements précédents, comme si les auteurs voulaient à tout prix faire table rase des "Derniers Jedi". La romance entre Finn et Rose ? oubliée ! La dévotion du Général Hux au Premier Ordre ? il trahit son camp dès que l'occasion de se débarrasser de Kylo se présente. La puissance suggérée des Chevaliers de Ren ? les pauvres sont pliés en une minute chrono par Ben Solo. Au fait, qui était le Suprême Leader Snoke ? un simple petit clone !
Certaines ficelles de l'intrigue s'apparentent à des raccourcis scénaristiques trop faciles, masqués par le rythme emballé. Par exemple lorsque le groupe est poursuivi par les Stormtroopers sur la planète Pasaana, dans leur fuite les héros tombent dans des sables mouvants et se retrouvent miraculeusement pile à l'endroit où est l'objet convoité : la Dague Sith. 
On ne commentera pas davantage l'assaut final à dos de chevaux sur un Croiseur en plein vide intersidéral, séquence que j'ai intégralement contemplé, bouche béé et en apnée, sans pouvoir déterminer si les auteurs se foutaient ouvertement de nous ou pensaient tenir là une conclusion incroyablement cool à la saga.
 
De nouveaux personnages sont introduits et presque immédiatement évacués, alourdissant un casting déjà très fourni. Qui se souviendra de Zorii Bliss, Jannah ou Wexley ? Juste des troisièmes couteaux destinés à placer une petite péripétie pour allonger la durée du film, à l'instar d'un épisode de série TV lambda qui doit remplir son quota de rebondissements mineurs sans rapport avec l'arc principal.

Le pire concerne le point central de la trilogie : les origines de Rey. Elle ne cesse de chercher à savoir qui sont ses parents. Elle va découvrir qu'elle est la petite fille de Palpatine ! Ce dernier a eu un fils (avec qui ? l'enfant est-il un clone ? aucun Jedi ou Sith n'est au courant ? on ne saura jamais). Le fiston a désavoué son père maléfique, ce qui semble improbable vu les incroyables pouvoirs du papa'lpatine. Le fils trouva l'âme sœur et de leur union naquit Rey, que ses parents s'empressèrent de cacher sur la planète Jakku sachant que le grand-père la chercherait sûrement.
Cela ne vous rappelle rien ? Évidemment Leia et Luke, qui furent dissimulés aux yeux de Dark Vador de la même façon. Et le destin de Rey Palpatine est identique, elle affronte son ascendance comme jadis Luke Skywalker affronta son père. On va même jusqu'à plagier fidèlement les événements de l'épisode VI, lorsque l'Empereur dévoile à Rey ses Croiseurs écrasant la Résistance dans l'espace, comme il le fit en montrant à Luke sa flotte de vaisseaux en train d'écraser la Rébellion.

Le résultat du combat est similaire : l'Empereur Palpatine est vaporisé par la dyade Rey/Ben.

Mais comme vous le savez, personne n'est jamais vraiment disparu...

vendredi 21 décembre 2018

The VVitch, Hérédité : Familles je vous hais

Réunions de familles

The VVitch (réalisé par R. Eggers) et Hérédité (réalisé par A. Aster) sont deux films sortis respectivement en 2015 et 2018. Bien que situés à deux époques différentes, le 17e siècle et le temps présent, ils racontent l'histoire anxiogène de familles dysfonctionnelles en prenant appui sur le genre Horreur-Fantastique.

Sous-titré dans sa version d'origine "Conte folklorique de Nouvelle-Angleterre", The VVitch tire son ambiance unique des légendes sur les sorcières héritées du moyen âge. Une famille puritaine venue d'Angleterre dans les territoires d'Amérique du Nord se trouve chassée de sa colonie à la suite d'un différend religieux. Elle doit vivre recluse, en autarcie dans une petite ferme à la lisière d'une forêt. La disparition du bébé de la famille va confronter parents et enfants au mythe des Sorcières.

Hérédité se déroule de nos jours et s'ouvre sur l'enterrement de la grand-mère de la famille Graham. Sa disparition va déclencher une série de psychoses et de drames au sein du foyer, se muant peu à peu en événements surnaturels. Le film explore une thématique plus moderne basée sur les esprits malins qui hantent les lieux et possèdent les personnes.

Voici donc la joyeuse thématique de la soirée : une cellule familiale isolée qui va se replier sur elle-même à force de cultiver ses névroses, qu'elles soient religieuses pour les puritains des années 1630 ou psychosomatiques pour nos contemporains.
Cool.

Et nous allons voir que ce ne sont pas les seules similitudes entre les deux films.
Le temps de prévenir tout le monde que ça va divulspoiler abondamment et on clique sur la suite.

samedi 28 avril 2018

Star Wars VIII: Les derniers Jedi

(Star Wars VIII: The Last Jedi - 2017 - Réalisé par R. Johnson) **

The Last Haircut

Il y a pas très longtemps,
dans une galaxie proche, très très proche...
La franchise Star Wars a conquis une nouvelle génération.
Grâce aux jouets BB8, les dollars ruissellent sur les actionnaires.
Cependant un cruel dilemme taraude les Sombres Seigneurs Sith de Disney :
Doivent-ils continuer à photocopier la Trilogie Classique ou risquer d'écrire un scénar ?


Après avoir résumé l'entière Trilogie Classique en un seul épisode (voir notre billet sur l'épisode VII), on se demandait ce qu'il adviendrait de la suite de Star Wars VII : Un Nouvel Espoir Le Réveil de la Force.

Papy Mickey allait-il continuer sur sa lancée en poursuivant son remoot (remake+reboot) ?
Verrait-on le fantôme de Dark Vador former son jeune disciple Kylo Ren dans un marais insalubre ?
Rey et Finn tomberaient-ils amoureux pour finir cruellement séparés, sur un dialogue poignant ("I love you", "I know") ?
Super-Luke affronterait-il Suprême-Snoke pour lui trancher la main lorsque ce dernier lui annoncerait "Luke, je suis ton grand-père" ?
La Générale Leia sacrifierait-elle sa vie pour sauver la Résistance ?
Yoda et Obi-Wan feraient-ils un bref coucou depuis l'au-delà ?
R2D2 et BB8 proposeraient-ils à C3PO un plan à trois ?

En avant le spoil !

Finalement l'épisode de 2017 nous a bien eus. Il est l'exact opposé de son prédécesseur et s'amuse à broyer tous les codes de la saga. Là où l'épisode précédent tentait de réconcilier tout le monde autour d'un rassurant retour aux sources, agissant comme une remise à zéro pour repartir sur les bases de la trilogie originelle, "Les Derniers Jedi" prend un malin plaisir à casser le mythe, prouvant que les pontes de Disney ne savent pas vraiment quoi faire avec cette encombrante saga, à part gagner des milliards de dollars. Ils tentent d'insérer le culte Starwarien dans une formule de série annuelle, à l'instar des mastodontes du 21e siècle, Marvel et ses innombrables héros qui squattent les écrans à un rythme effréné (20 films en 10 ans !). Mais l'univers Star Wars est-il suffisamment étoffé pour le supporter ?

Le but de l'épisode VIII est donc de casser les codes. C'est ce que font toutes les scènes d'introduction des personnages : Poe Dameron se fout du discours grandiloquent de méchant typique du général Hux, Finn est découvert errant dans sa combinaison pleine de fuites d'eau, Kylo Ren est humilié par Snoke et, de rage, en pète son casque noir symbolique, Luke balance avec désinvolture son sabre-laser ramené par Rey. Plus tard le fantôme de Yoda détruit volontairement les archives Jedi sacrées. Le message est clair : YOLO, tout n'est que foutaise.

Les actions des Héros sont toutes vouées à l'échec. La mission de Finn, Rose et BB8 au casino se conclu par la mise au cachot du trio sans qu'ils aient pu contacter le hackeur. Ils s'enfuient grâce à l'aide d'un brigand minable, DJ, qui finira par les trahir pour de l'argent et les empêchera ainsi de mener à bien leur projet pour sauver les derniers résistants poursuivis par Hux.
Rey n'obtient pas la formation Jedi qu'elle espérait de la part de Luke, elle échoue à convaincre Kylo de changer de camp et elle apprend que ses parents étaient des gens ordinaires sans pouvoirs particuliers. Poe trahi sa chef, l'amirale Holdo, en la mettant aux arrêts alors qu'elle avait un plan secret pour sauver la Résistance. Ce faisant le petit groupe subit de lourdes pertes humaines, en plus du sacrifice de tous les bombardiers au début du film suite au refus de Poe d'obéir aux ordres de Leia. Holdo n'aura pas d'autre choix que de jeter son vaisseau sur ses poursuivants, ajoutant une mort de plus au tableau de chasse macabre de Poe.
On apprend que Luke, pendant la formation Jedi du jeune Kylo Ren, a voulu tuer son disciple car il sentait son coté obscur. Son échec a alors renforcé Kylo dans sa décision de joindre Snoke. Luke est à présent persuadé que perpétuer la lutte entre Jedi et Siths est la cause des conflits, à cause de la notion de Balance universelle qui est la nature même de la Force, cet équilibre liant toute chose.
Et en parlant de Snoke, il disparaît sans qu'on ait eu la moindre explication sur ses origines, ses motivations et surtout son manque de clairvoyance face à son disciple qui le tranche en deux par surprise. C'est la bérézina pour les Siths !
Lors du conflit final, les derniers survivants de la résistance se regroupent dans leur bunker. Le Général Hux et Kylo mènent une impressionnante armada de Walkers et de Tie-Fighters pour les éliminer définitivement. Tandis que Rey et Chewie se battent dans le ciel, Finn, Poe et Rose décident d'une contre-attaque au sol, ils se lancent dans un assaut désespéré à l'aide de vieux Speeders. Dans un geste sacrificiel Finn va se jeter sur le canon géant qui va pulvériser le bunker. Mais là encore c'est un fiasco puisque Rose l'en empêche en se blessant gravement au passage !

Ce rapide résumé prouve que ce Star Wars est plus proche de la seconde trilogie que de la première, ce qui n'est pas un compliment. On sauve tout de même le jeu intense des deux acteurs principaux, Rey et Kylo, qui mettent toute leur hargne et leur conviction pour rendre crédible leur relation conflictuelle et passionnée.
Reste quelques bonnes séquences d'action, une touche d'humour sacrilège bienvenue (comme ce plan furtif où un fer à repasser est filmé comme un vaisseau spatial !) et la conclusion de l'arc narratif d'un des personnages les plus emblématiques de la saga, Mister Luke Skywalker soi-même. Il tire sa révérence de belle manière en appliquant à la lettre le crédo du film : on apprend plus de ses échecs que de ses victoires. Mais cela ne suffit pas à faire des "Derniers Jedi" une bonne cuvée Star Wars. Son intérêt est de créer un suspens malsain concernant sa suite : comment les auteurs vont-ils recoller les morceaux du puzzle et écrire une conclusion crédible à cette 3e trilogie ?


Epilogue
Comme nous l'avions fait il y a deux ans, voici pour conclure quelques prédictions personnelles concernant l'épisode IX de 2019 :

- Retour sur la planète Jakku pour Rey, accompagnée de Finn, pour trouver sa véritable origine.
- Poe et Rose affrontent le traître DJ.
- Un flashback raconté par Maz Kanata montre l'origine de Snoke.
- Chewbacca se sacrifie avec le Millennium Falcon pour sauver la Résistance.
- Destruction de l'endroit où Leia s'est retirée, sur ordre de Hux.
- Kylo tue Hux.
- Le fantôme de Leia aide Rey lors de son affrontement final contre Kylo.

mercredi 28 décembre 2016

Ghostbusters 2016, le Remerde

Ghostbusters 2016, Mission Nichons
La pluie ininterrompue de remakes foireux a rendu insensible l'amateur de S-F et de Thrillers. Que ce soit Total Recall (2012), Carrie (2013), Robocop (2014) ou Poltergeist (2015), aucun n'a échappé à la malédiction de la douce désillusion pour les productions les moins ratées, ou, pour les plus scandaleuses, à l'envie de déféquer à la face des responsables des ignominies.
Après le remoot de l'épisode IV de Star Wars, 2016 nous a gâté avec deux remakes dans la catégorie "Poids Lourds" : Jurassic World (Jurassic Park remastered en nanar XXL) et, le cas qui nous interpelle aujourd'hui, Ghostbusters.

Le remixe de SOS Fantôme devait lancer une franchise façon Marvel, la grande obsession des gros studios depuis le succès faramineux du Cinematic Universe de la bande des Avengers. La division Marketing de chez Sony avaient des $ plein les yeux en imaginant son projet machiavélique d'une série Ghostbusterienne pour le cinoche. Il suffisait de pomper le scénar du premier film et l'agrémenter d'un twist qui sur le papier avait du potentiel : changer le casting de mâles en héroïnes et ajouter une couche de multiverse. 
Une marque culte avec un concept dans l'air du temps déclinable à l'infini :
Ghostbusters - Origines (reboot du remake) (2018)
Apocalypse Ghostbusters - L'ère de l'Extinction de Gozer (2019)
Ghostbusters VS Men In Black (2020)
Slimer le Gentil Fantôme Glouton (spin-off en synthèse pour les chiards, 2021)
Les Ghostbusters font du ski (2022)


En fait de concept frais le résultat de 2016 est un remake de merde de plus, un remerde.

Vous voulez des preuves ? Lisez la suite. Achtung Spoilers !

lundi 10 octobre 2016

Star Wars Episode VII, le Remoot

Les épisodes 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10, 11, 12, 13, 14, 15, 16...
                          (G. Lucas, 1999)


Il y a pas très longtemps,
dans une galaxie proche, très très proche...
Un vieux Sith aigri tente de prostituer son ancien amour.
Il lui fait tourner trois films qui choquent toute une génération.
La Rébellion, garante du Bon Goût dans l'univers, détruit les infâmités. 
L'équilibre de la Force est rétabli et le cosmos retrouve la paix et la justice.
Dix années plus tard, Mickey et Jar Jar Abrams redonnent vie au cadavre froid.


Avec l'Episode VII, pour le prix d'un seul film vous avez un remake ET un reboot de l'entière trilogie classique : "Star Wars: The Force Awakens" est donc un remoot.

L'ami J.J. et ses acolytes pouvaient-ils faire autrement ? Après dix années de moqueries la saga Star Wars ne pouvait se permettre un nouveau fiasco artistique, surtout avec un tel investissement financier de la part de Disney (qui boulotta Pixar et Marvel quelque temps avant). Il fallait donc assurer le coup et rassurer les fans.
Voilà pourquoi la seule option possible pour les scénaristes fut de copier-coller la structure narrative et les caractères de l'épisode IV tout en évitant soigneusement de filmer un rasta-lapin devant des fonds verts.
On y perd en originalité ce qu'on gagne en efficacité, la tentative de Papy Lucas de faire dans l'atypique sur les préquels ne tint pas toutes ses promesses, dirons-nous pudiquement.

"Le Réveil de la Force" est très familier car il reprend exactement les mêmes ingrédients que Star Wars A New Hope.
Un petit robot (R2D2/BB8) est détenteur d'un secret (Plan/Carte) faisant l'objet de toutes les convoitises. Un/une solitaire (Luke/Ray) quitte sa planète désertique (Tatooine/Jakku) et rejoint une armée (La rébellion/La résistance) puis découvre la Force. Un personnage ambigu (Han Solo/Finn) aide les gentils tandis qu'un duo de méchants (Grand Moff Tarkin-Darth Vader/Général Hux-Kylo Ren) menace la galaxie. Une arme de destruction massive (Death Star/Star Killer) est utilisée puis détruite en trouvant son point faible. Un héros perd la vie (Obi-Wan/Han Solo).

On retrouve également dans le N° 7 des arcs narratifs semblables à ceux des épisodes V et VI.
Un alien (Yoda/Maz Kanata) initie notre jeune protagoniste (Luke/Rey) aux mystères de la Force. Un super-méchant du coté obscur (Emperor Sidious/Supreme Leader Snoke) veut dominer la galaxie avec ses troupes (Empire/First Order). Une confrontation dramatique se déroule entre un fils et son père (Luke vs Vador/Ren vs Solo) et se conclu par la mort du père. 

Profitons de la sortie prochaine de l'édition 3D de SW7 pour étudier en détail les innombrables points communs entre la Trilogie Classique et son remoot de 2015.

N.B. : Attention on a déjà spoilé et ça va continuer !

lundi 10 août 2015

Une étude enflammée de la timeline de Terminator Genisys


"Et vous avez payé pour voir ça ?!"

Après avoir joué avec nos nerfs au fil des teasers et des bandes annonces dévoilant toujours plus de surprise sur prise (big up Marcel Béliveau), Terminator Genisys est finalement sorti du bois. Impatients de voir ce qui était arrivé à leur Terminou préféré, les fans se sont précipités pour découvrir si Genisys était le digne héritier des deux productions estampillées James Cameron ou l'infâme rejeton des médiocres épisodes suivants, réalisés par mon beau-frère.
Si on veut rester positif, disons que le résultat est une bonne tranche de rigolade. Le tout est de savoir si on rit du film parce qu'il est drôle ou parce qu'il fait pitié.

Accrochez-vous aux accoudoirs, nous allons tenter de vous guider dans le mille-feuille qui sert d'histoire à Genisys. Et accessoirement relever la multitude de portenawak que vous n'avez pas eu le temps d'analyser puisque ce blockbuster vous balance une scène d'action toutes les cinq minutes pour être sûr que votre cerveau reste anesthésié.

En avant Guingamp, ça va SPOILER méchamment.


mercredi 28 janvier 2015

La suite imaginaire de Ghostbusters

Who you gonna call ? un scénariste !

Le cas qui nous préoccupe présentement n'est pas désespéré. Contrairement à nos précédentes analyses ou réécritures de scripts, Ghostbusters 2 n'est pas l'insulte que fut Prometheus, la trahison Terminator 3 ou la bavure Alien 3, encore moins la merdasse molle nommée Prélogie Star Wars.
La suite du génialissime Ghostbusters est simplement une déception. Malgré le charme du trio Murray/Aykroyd/Ramis, l'histoire n'est guère passionnante, la dynamique comique s'écroule à la moitié du film et des séquences hors sujet crééent la confusion. Voila comment on passe d'une des meilleures comédies fantastiques du 20e siècle à une mièvre suite.

A l'occasion des 30 ans de l'épisode fondateur du phénomène et après la triste nouvelle de la disparition d'Harold Ramis alias Egon, nous nous sommes attelés à la réhabilitation de la suite de Ghostbusters. Un épisode II totalement remanié et par conséquent imaginaire, façon fanfic.
Ce synopsis n'est qu'une humble proposition, il n'a pas d'autres buts que de fantasmer sur une suggestion de point de vue différent. Vous y retrouverez certaines des séquences originales qui fonctionnent bien dans le vrai Ghostbusters II, triturées pour incorporer une intrigue différente qu'on espère plus poilante, plus intéressante, plus spectaculaire.

Loué soit Gozer le Destructeur, que Zuul nous sanctifie !


mardi 23 décembre 2014

Une étude sereine de la timeline Terminator


La sortie prochaine au cinéma d'un nouvel épisode de la saga Terminator, toute salopée, est l'occasion de réviser dans quel merdier on est. A force d'envoyer dans le passé toutes sortes de cyborgs et de Kyle Reese, de triturer le Destin et de reprogrammer des Schwarzy, difficile aujourd'hui d'avoir une vision chronologique claire des événements.
Et tout cela devrait se compliquer encore plus d'ici quelques mois, avec l'arrivée sur nos écrans de Terminator Genisys qui semble vouloir revisiter l'oeuvre de fond en comble.

Il nous semblait donc opportun, voire capital, voire pourquoi-pas-on-se-fait-chier-en-ce-moment, de faire le point et tenter, foufou que nous sommes, d'établir un document de référence comme nous l'avions fait pour Matrix, poil à la Terminatrix. C'est ce précieux rapport que vous vous apprêtez à dévorer.

Comme d'hab les lignes qui suivent contiennent un max de SPOILERS concernant les films Terminator, Terminator 2: Judgment Day, Terminator 3: Rise of the Machines et Terminator Salvation.


lundi 25 août 2014

Mais finalement, ça raconte quoi Matrix ? (Episode 3)

Matrix Revolutions

Aux quelques courageux lecteurs et téméraires lectrices parvenus jusqu'ici, j'adresse mes sincères remerciements. Le souffle court et les yeux rougis par l'émotion et la tartine de textes qu'il a fallu se fader, nous allons ensemble aborder valeureusement l'épilogue de notre décorticage obsessionnel de la trilogie Matrix.

Onze ans après sa sortie au cinoche, il était temps.

Avant d'entrer dans le vif du sujet, du verbe et du complément, rappelons-nous comment nous sommes arrivé aux portes de l'épisode 3.
Au fil de la narration nous avons déterminé deux niveaux de lectures du scénario.

Au premier degré la symbolique religieuse de l'oeuvre montre le combat du Sauveur, Néo l'élu unique, contre les puissances du mal, les Machines, leurs Sentinelles et leurs Agents. L'Oracle prédit sa destinée, la réalisation de la prophétie qui doit mettre fin à la guerre et libérer l'humanité. Dans sa quête Néo et ses disciples doivent non seulement affronter les Machines, mais également les sbires d'un exilé, le Merovingian, et Smith, ancien Agent que Néo a libéré des Machines. Ce dernier apparaît comme la parfaite antithèse du héros, Néo représentant la figure du Christ, unique, et Smith l'Antéchrist, multiple.
Mais le retour de l'élu à la Source de la Matrice, censé accomplir la prophétie, dévoile une bien cruelle désillusion. Il s'agit d'une manipulation des Machines. La fin de l'épisode 2 montre que la prophétie devra se réaliser dans le monde réel : l'élu y découvre ses pouvoirs surnaturels en ressuscitant Trinity et en stoppant les Sentinelles par la seule force de sa volonté.

En suivant une analyse cartésienne, nous savons déjà que les deux mondes présentés sont virtuels, l'un situé dans le présent, l'autre dans le futur. Cette approche, déjà validée par la résurrection de Néo à la fin de Matrix, est confirmée dans Reloaded par trois événements survenant dans le monde soit disant "réel" : le programme Smith s'incarne dans un humain, Trinity ressuscite et Néo stoppe les Sentinelles par un miracle. Ceci ne peut s'expliquer rationnellement, à moins de considérer que la réalité s'échappe sans cesse, n'existe pas sinon à un "niveau" inatteignable pour les protagonistes du film.

Les indices laissés tout au long de l'épisode 2 donnent une pléthore de clés pour comprendre les rôles de chacun des protagonistes.  Qu'ils soient d'une simulation ou d'une autre, tous sont des programmes remplissant leur fonction :
Néo est la 6e incarnation d'une "anomalie système" nécessaire aux Machines pour conserver le contrôle. Il est aidé par Trinity, l'Esprit Sain dans la foi Chrétienne (sa muse qui l'inspire) et par Morpheus, Dieu Grec des Songes Prophétiques (qui lui prédit sa destinée).
La Némésis du héros est Smith, son exact opposé. Là où Néo connaît sa Destinée, Smith est à la recherche perpétuelle de sa raison d'exister. Cette dualité Néo/Smith rappelle le Yin et le Yang de la philosophie Chinoise (oppositions complémentaires du Yang, le positif, et du Yin, le négatif). Elle permet de résoudre l'équation à priori insoluble des Machines pour équilibrer le Système : une seule entité présente dans deux corps distincts.

Le Conseiller Hamann, qui tire son patronyme d'un philosophe Allemand du 18e siècle, est le personnage donnant le plus d'indices sur la possibilité d'une "vraie" réalité au delà des Matrices du présent et du futur. Il insiste sur la causalité, le rapport d'une cause à son effet, poussant le Héros à se questionner sur le "pourquoi" et pas sur le "comment".

L'autre personnage faisant moult références à la Causalité est le Merovingian, ce "trafiquant d'informations" comme il se présente, Il s'agit d'une version précédente de l'Oracle dans la Matrice, qui aurait dû être effacée lors d'une mise à jour. Mais le Merovingian est parvenu à éviter la suppression, faisant de lui le premier programme exilé persistant dans les "limbes" informatiques.
L'Oracle est un "logiciel" au sens strict car il ne s'agit finalement que d'un Observateur d'événements comme on en trouve dans tous les systèmes d'exploitation des ordinateurs. Ce type de programmes consigne chaque événement ayant lieu dans le système, c'est cette immense source d'information qui lui donne une telle connaissance des Matrices, en consultant les Journaux (logs) de tout ce qui est arrivé et en étant alerté à la moindre modification.
Avant que le Merovingian soit remplacé par l'Oracle actuelle, il disposait d'un autre programme chargé d'étudier la "psyché" humaine pour tenter d'en comprendre le comportement. Ce programme est Persephone, celle qui a choisi de suivre le Merovingian dans l’exile mais qui accepte de le trahir en échange d'un baiser avec Néo, reprenant donc sa fonction d'analyse de "l'intellect" humain.

L'Architecte représente la "conscience" des Machines au sein de la Matrice du présent, créatrice des diverses simulations de réalités. A ce titre il se décrit comme le père de cette matrice, son développeur, Persephone en étant la mère car elle a trouvé une solution acceptable au contrôle de l'Humanité, qui échappait jusqu'alors aux Machines. Le raisonnement mathématique des Machines ne pouvait appréhender le manque de logique du comportement humain. Grâce à son étude des sentiments humains Persephone a permis à l'Architecte de déduire qu'il fallait laisser un petit nombre d'individus "s'échapper" de la Matrice du présent.
Soit, dans une version "spirituelle" de l'histoire, se libérer dans le monde réel ou, dans une version "cartésienne", accéder à la Matrice du futur qui n'est qu'un monde virtuel de plus.


Conçu comme la suite directe à "Reloaded", "Revolutions" indique dans son titre une des clés principales pour comprendre son propos. Dans Reloaded, "Recharger" en français, on apprenait que non seulement la Matrice avait été relancée à maintes reprises par les Machines, mais également Zion, la ville des humains libérés, détruite puis repeuplée déjà cinq fois avant les événements de Matrix.
"Revolutions", qui signifie à la fois "changement de système politique et social par la violence" et "mouvement d'un objet autour d'un axe central, le ramenant au même point périodiquement", est un message clair de la part des auteurs, les Wachowski. C'est ce que nous allons découvrir dans cette dernière partie, notre examen minutieux de ce 3e épisode.

Attention ! Gros SPOILERS qui tâchent !


"Where some see coincidence I see consequence. Where others see chance, I see cost." - Merovingian

dimanche 17 août 2014

Mais finalement, ça raconte quoi Matrix ? (Episode 2)

Matrix Reloaded
Vous qui avez survécu à notre prolixe analyse du premier film, bienvenue dans la suite de cette exploration détaillée de la trilogie "Matrix".
Et bravo pour votre ténacité !

Avec l'épisode II de la saga les choses se complexifient singulièrement. Intrigue largement plus élaborée, pléthore de nouveaux personnages, informations capitales dévoilées par des dialogues apparemment anodins, le/la spectateur/trice doit s'accrocher ! Fort heureusement, nous sommes là pour éplucher et décoder chacune des séquences de "Reloaded".
Commençons d'ailleurs par ce titre. Reload signifie "Recharger", soit en informatique "relancer un programme". Allusion directe à la Matrice elle-même, ce programme simulant la réalité, dont on sait que plusieurs versions différentes ont existé et qu'il a fallu "recharger" à chaque fois. Le terme est également un indice sur les révélations stupéfiantes qui vont être faites dans ce film par l'Architecte, obligeant à une relecture totale de l'oeuvre.

Avant de plonger dans "Matrix Reloaded", voici un bref rappel des événements du film précédent.

Récapitulatif de l'épisode 1 : deux visions d'une même histoire.

L'analyse "mystique" du scénario, une vision au premier degré, est aidée par les patronymes des héros qui définissent clairement leur fonction au sein de l'histoire.
Néo : Terme signifiant "Nouveau". Par anagramme on obtient "One", soit l'élu en Français.
Morpheus (Morphée en français) : Dieu Grec des songes, divinité des rêves prophétiques.
Trinity (Trinité) : Dans la foi Chrétienne, la Trinité représente l'unicité de Dieu en trois personnes : Père, Fils et Saint-Esprit.
Dans Matrix nous avons Néo le Père ("celui qui est éternel"), Morpheus le Fils ("la parole de Dieu") et Trinity l'Esprit Saint ("le souffle de Dieu qui inspire les prophètes"). Morpheus "réveille" Néo et lui prédit son destin. Néo, inspiré par sa muse Trinity, va ressusciter sous une forme nouvelle pour le salut de l'humanité. La fin de l'épisode montre que l'élu est prêt à accomplir sa mission : la libération des humains.

Il existe une deuxième version de l'histoire, une analyse "logique" du premier opus. Cependant elle ne peut se faire qu'au regard de "Matrix Reloaded" et "Matrix Revolutions". Ces suites contiennent toutes les clés pour comprendre certains événements inexplicables rationnellement et valident donc un niveau de lecture différent de l'approche purement "spirituelle" de l'oeuvre.
Dans ce raisonnement cartésien, deux univers nous sont présentés. Le premier est une simulation de la réalité, la Matrice, maintenue par des Machines pour asservir l'humanité. Le second est le monde réel dans un futur dévasté par la guerre entre les humains "libérés" et les Machines. Chacun des deux univers recèle un danger mortel pour les humains. Dans le monde réel des Sentinelles mécaniques les traquent inlassablement pour les éliminer physiquement. Dans la Matrice des Agents, des programmes informatiques spécialisés, peuvent tuer leur alter-ego virtuel, provoquant la mort du connecté.

Mais lors de la conclusion de "Matrix" ce système logique est mis à mal : Néo meurt, tué par l'Agent Smith alors qu'il tentait de fuir la Matrice. C'est Trinity qui le ressuscite dans le monde réel, en lui donnant un baiser. Cette renaissance ne peut s'expliquer rationnellement, par conséquent la "réalité" présentée n'est qu'un leurre. Dès lors on peut redéfinir les deux univers du film comme tous les deux factices : une "Matrice du présent" qui simule le monde tel qu'il est en 1999 et une "Matrice du futur", située des centaines d'années plus tard, monde virtuel dans lequel certains humains se croient "libérés" et luttent contre les Machines.
Le baiser donné par Trinity est un simple transfert de données d'une Matrice à l'autre, permettant au "programme" Néo de passer en version 2.0 pour manipuler à sa guise la virtualité. C'est ainsi qu'à la fin du premier "Matrix" Néo parvient à vaincre les Agents en s'affranchissant des règles de la "Matrice du présent". Et, comme nous allons le voir dans l'étude de "Matrix Reloaded", il va également contourner certaines lois physiques de la "Matrice du futur", prouvant ainsi son irréalité.


L'étude qui suit contient une quantité astronomique de SPOILERS, cela va sans dire.
Mais on vous le dit quand même.

"You haven't figured that out? Still using all the muscles except the one that matters." - Smith

jeudi 7 août 2014

Mais finalement, ça raconte quoi Matrix ? (Episode 1)

Matrix
Une récente conversation avec un ex-ami m'a conduit à penser qu'il y a trois sujets à ne pas aborder avec ses potes : la politique, la religion et la trilogie Matrix.
Plus de dix ans après sa conclusion, la série de films des Wachowsky reste une des sources d'empoignades Geeks les plus prolifiques. Certains n'y voient qu'une enfilade de séquences d'action sous un salmigondis philosophique indigeste, d'autres un obscur Livre du Culte pour Serial-killers de la génération Y, d'autres encore un vibrant brûlot anti-système (mais ceux-là confondent sans doute avec "Avatar").

La raison de ces multiples interprétations vient de la façon dont la trilogie a été élaborée par les auteurs.

Elle peut être vue au premier degré, avec une forte symbolique mystique :
Le premier film est d'un abord relativement facile. Il met en scène un jeune homme qui va découvrir une vérité : le monde dans lequel il vit est fictif, programmé par des machines pour dominer l'espèce humaine, utilisée comme simple ressource énergétique. De là il développe des capacités hors du commun et accepte sa condition de héros en se libérant du joug virtuel, avec l'aide d'autres "croyants". Il mourra et ressuscitera pour montrer la voie à l'humanité.

Dans le second épisode les choses se compliquent. Le héros doit trouver dans la Matrice la solution pour éliminer la menace d'une attaque d'envergure des machines contre Zion, la ville souterraine où sont réfugiés les "vrais" humains. Les pouvoirs que le héros a développé dans la virtualité se manifestent dans le monde réel, faisant de lui un être surnaturel, l'ultime et unique recours de la race humaine. Mais lors de la conclusion on apprend que l'existence même du héros est une création des machines, un "mal nécessaire" pour mieux contrôler l'humanité et la maintenir dans l'illusion !

Dans le troisième volet, tandis que l'assaut des machines fait rage dans le monde réel, l'élu va prendre la pleine mesure de sa destinée et donner sa vie pour vaincre une menace commune aux deux camps, le programme Smith devenu incontrôlable dans la Matrice. Ce sacrifice Christique permet l'instauration de la paix entre Humains et Machines et le début de la libération des esprits emprisonnés dans un univers factice.

Cette vision "spirituelle" de Matrix, bien que parfaitement acceptable, laisse un goût d'inachevé aux yeux des cartésiens.
Le foisonnement des personnages, leurs discours inutilement alambiqués (en apparence), les indices répétés à maintes reprises prouvant que rien n'est réel, tout cela montre une volonté à délivrer un autre message. Derrière l'esthétique hyper sophistiquée et les séquences d'action monumentales, on devine un commentaire différent, appuyé sur une mécanique d'une précision qui confine à la maniaquerie. Tout cela dans le but unique de déconstruire notre notion de réalité.

C'est ce que nous allons tenter de décrypter dans l'analyse qui suit, avec évidemment un maximum de SPOILERS sur les trois épisodes The Matrix, Matrix Reloaded et Matrix Revolutions.
Commençons donc notre exploration du mythe Matrixien par le début, l'épisode fondateur, Matrix.

"Buckle your seatbelt Dorothy, 'cause Kansas is going bye-bye!" - Cypher


jeudi 20 décembre 2012

Au secours ! J'ai rien compris à Prometheus !



Causons un peu de Prometheus, détenteur du titre de "Meilleur film raté" de l'année 2012. Causons de cette énigme sur pellicule, responsable des affrontements les plus sanglants de l'été sur les forums. Causons-en en spoilant comme des cochons, en pénétrant le coeur de son ADN pour tenter d'y trouver les réponses à la grande question sur la vie, l'univers et le reste.

Les spécialistes auto-proclamés s'empoignent depuis des mois pour savoir si Prometheus est un chef d'oeuvre science-fictionnesque incompris ou un simple foutage de gueule intersidéral. La réponse de votre serviteur se trouve dans les lignes qui suivent. Ou pas.
Vu qu'une suite doit venir d'ici quelques années mettre un terme à nos questionnements concernant le film, les interprétations couchées aujourd'hui sur l'écran  peuvent s'avérées complètement à coté de la plaque ou au contraire pourront être vues comme un exercice visionnaire troublant, si vous me lisez depuis le futur.

Avant de nous lancer dans l'analyse échevelée du pourquoi du comment du parce que, répétons notre WARNING pour nos ami(e)s non-comprenant : SPOILERS AHEAD !


samedi 3 novembre 2012

Star Wars, épisode 2015

Vous le savez (et si vous ne le savez pas, je vous l'apprend), Tonton George a décidé de se débarrasser du lourd fardeau qu'était devenu pour lui sa création Frankensteinienne, à la fois Oeuvre d'une vie, source inépuisable de revenus et d'ennuis, bref, Star Wars. Et c'est l'oncle Disney qui ramasse le pactole, obtenant le droit de produire pour le cinéma autant de nouveaux épisodes que les fidèles pourront ingurgiter (soit environ un par semaine, d'après nos sources).

J'imagine que c'est un soulagement pour Monsieur Lucas. Pour tout dire, c'en est aussi un pour la plupart des fans.
D'abord c'est l'assurance que l'univers de Papy Lucas va lui survivre. Et surtout qu'il ne tournera plus jamais un autre Star Wars. Ouf.

La première annonce fracassante a été de dater l'épisode VII pour 2015. Ce qui laisse deux ans et demi environ, si on parie pour une sortie en Mai, pour fignoler un scénar, trouver un réalisateur, engager des acteurs/trices, tourner, faire la post-prod avec tous les effets spéciaux et monter le film (pas forcément dans cet ordre, d'ailleurs).

Ce qui semble chiffonner la Starwarosphère depuis l'annonce du rachat de la franchise par Mickey, c'est la possibilité que le studio aux grandes oreilles (et aux dents longues) transforme la saga en pantalonnade mièvre, sans l'âme Lucasienne pleine de second degré et le souffle épique qui parcouru jadis l'épopée.
Mais soyons sérieux, quel être humain de plus de 8 ans peut se fader l'épisode I sans ricaner ? Quelle personne saine d'esprit peut traverser l'épisode II sans séquelles physiques et mentales ?
Je ne vais pas vous refaire le coup d'énumérer tous les problèmes des films "préquels", cela a déjà été fait.

Non, croire que Disney va saboter Star Wars est un faux problème, puisque c'est déjà fait.
Au pire les épisodes "Disney" seront décevants, au mieux nous aurons une bonne surprise. Exactement comme lorsqu'un réalisateur et un scénariste doués et motivés reprennent une franchise précédemment malmenée par un psychopathe pour en faire la renaissance d'un genre (*hum* Batman *hum*).

Mais alors, quelle histoire vont nous conter les épisodes VII, VIII et IX de Star Wars ? Pour le moment personne n'en a aucune idée, à part Minnie et Dingo. Devant les supputations plus ou moins farfelues qui parsèment la toile, il m'a semblé opportun de ressortir ma vieille encyclopédie CD-Rom "Star Wars : Behind the Magic", sortie début 1999 par la société LucasArts, quelques mois avant l'épisode I au cinéma.



Voici donc ce qu'imaginait George Lucas il y a quelques années comme suite possible de l'épisode VI : Le Retour du Jedi.

mardi 26 juillet 2011

Matrix, Inception : La fiction du réel

Le Choix ?
Matrix, Inception. Deux blockbusters à priori aussi éloignés par le temps (onze années les séparent) que par leur style.
Le premier est un talentueux fourre-tout métaphysique dans-ta-face des frangin(e)s Wachowski, le genre de production mammouthesque qui ravit tout le monde, du fan de Bruce Lee au lecteur de Baudrillard, du Gamer au Cyberpunker. Matrix englobe dans une quête héroïque les cultures Comics et Manga, Sergio Leone et Akira, Bouddha et Christ Roi. C'est Lewis Carroll versus Philip K. Dick, le tout dans Street Fighter en Bullet-time.

Est-ce un rêve ?
Face à ce ballet furieux Inception à une apparence plus monolithique, un coté cérébral assumé. On a changé d'époque, remisé le Kung-Fu au placard. Plus subtile, sa mise en abîme démultipliée radicalise le public, dont une partie s'endort comme les protagonistes du film. Sa narration en poupées gigognes demande une attention de chaque instant. Les influences du réalisateur Christopher Nolan sont moins visibles à l'écran, principalement parce qu'il cherche moins à hommager ses pairs qu'à ressasser ses obsessions. La quête du héros Cobb vise à résoudre un conflit interne, plutôt qu'à atteindre le sacrifice universel de Néo.

Cependant les points communs entre les deux œuvres sont nombreux, et leur finalité identique : un questionnement sur la réalité dans lequel le spectateur est in fine le sujet même du film.

Dans les chapitres qui suivent nous allons montrer les similitudes reliant deux des productions parmi les plus passionnantes de la culture cinématographique Geek. Signalons que la majorité des points abordés dévoile les intrigues complètes des deux films. Alors comme on dit chez nous : MAJOR SPOILERS AHEAD !


mardi 24 mai 2011

Et si on enterrait dignement Alien ?

Mauvaise "haliène" ? Essayez Hollywood Chewing-gum
Nous y avons déjà fait allusion lors de notre gaillarde réécriture de Terminator 3 (voir un billet précédent, quelque-part dans ce foutoir), la saga Alien mérite elle aussi un final autrement plus ambitieux que celui proposé par le 3e opus.

Avant que quelques esprits chafouins saisissent leur clavier pour nous signaler que la série est une quadrilogie, je précise que nous occulterons totalement dans ses pages Alien Resurrection, qui certes possède ses qualités mais ne peut en aucune manière être digne de figurer aux cotés de ses pairs. Tout au plus pouvons-nous le considérer comme un cousin éloigné, celui qu'on invite par obligation aux repas de famille mais qui fait toujours un peu honte avec son air cloche et ses blagues à deux balles.
Nous ignorerons également le douloureux croisement contre-nature qu'est la franchise Alien vs Predators, fantasme malsain de producteurs cupides. Qu'un facehugger vous fornique la tronche, mécréants !

Alien 3 est un film dont la gestation fut fort éprouvante, remanié maintes fois de scripts bancals en scénarios bâtards, puis accouché dans un climat haineux entre un jeune père ambitieux et obstiné, David Fincher, et une mère toute-puissante et affolée, la Fox.
Et Goliath vaincra David, ce dernier contraint et forcé d'abandonner son nouveau né au Studio, qui procédera alors à un brutal remaniement génétique du film pour en faire un banal action-movie alors qu'il aurait dû être l'apothéose d'une série mythique. snif.

Dans sa version d'origine, celle sortie au cinéma en 1992, Alien 3 se veut le chapitre final, la clôture définitive de la saga du lieutenant Ellen Ripley. Et de fait le contrat est rempli puisqu'elle se sacrifie, emportant avec elle sa Némésis (ou est-ce l'inverse ?).
L'atmosphère glauque du film et son parti pris graphique marque le début de la "patte" Fincher au cinéma, avec ses séquences audacieuses (l'autopsie de la fillette ou la tentative de viol de Ripley) ou intimistes (la relation amoureuse de Ripley avec le Dr Clemens) qui font prendre un tour original à la saga.

Ripley/Fincher, sacrifiés sur l'autel de la Fox
Mais un sentiment mitigé travaille le geek après le visionnage du film. En se débarrassant sèchement des personnages Newt et Hicks, les survivants accompagnants Ripley dans Aliens, les auteurs privent l'héroïne et les spectateurs d'une dimension affective qui aurait pu être exploitée intelligemment. Ripley et Hicks formant un couple dont Newt serait la fille adoptive, voila une piste intéressante totalement évacuée pour d'obscures raisons (financières, probablement).

Weyland-Yutani, la corporation manipulatrice à l'origine de toute l'épopée, la Société tentaculaire qui persécute Ripley à travers tout l'univers, fait pâle figure dans la conclusion. C'est l'autre point crucial du récit un peu négligé dans Alien 3, ressortir l'androïde Bishop accompagné d'une petite armée pour n'en rien faire. Ses sbires restent impuissants face au choix de leur ultime victime.
On passe au travers d'une vraie confrontation qui aurait pu permettre à Ripley de solder ses comptes avec la firme responsable de ses turpitudes.

Dernier point discutable dans le scénario du 3e numéro, le choix des victimes. Dans le premier il s'agit de solides prolétaires qui n'ont rien demandé à personne. La suite met en scène de braves soldats 'ricains et une orpheline. Jusqu'ici tout le monde compatit.
Que nous propose le 3e volet ? Une bande de condamnés à perpétuité pour meurtres, viols, et autres joyeusetés. On doute que la majorité des spectateurs soient sensible à leur sort, aussi funeste soit-il. On peut même affirmer qu'un lâcher d'Aliens dans la prison aura soulagé plus d'un adepte de la peine de mort.
Même si on n'approuve pas un tel sentiment, tout du moins on tolère.

Bref, malgré un point de départ alléchant et quelques idées séduisantes Alien 3 se termine en jeu de massacre un peu vain dans lequel Ripley cherche à savoir ce dont tout le monde se doute depuis le début. On en ressort frustré et amer au regard de ce qui aurait pu advenir de la série si elle s'était achevée avec brio : entrer dans la légende des trilogies réussies.

Vous en conviendrez, il nous est impossible de supporter une telle injustice.
C'est pourquoi votre serviteur s'est activé le neurone -son unique, loué à grands frais- pour concocter un Alien 3 alternatif qu'il espère plus digne de ses prédécesseurs que le vrai. Oui, on se hausse un peu du col. Et après ?

Voici les pistes explorées par notre nouveau script, à partir de nos réflexions intenses.
Reconstituer la "famille" de Ripley (avec le Caporal Hicks et la jeune Newt), les placer dans un lieu sensiblement différent des précédents (Fiorina 161 devient une planète aride où brûlent deux soleils), face à une colonie dépourvue de moyens technologiques, leur opposer simultanément un Alien hybride et la Corporation Weyland-Yutani.
Nous gardons du scénario originel l'infection de Ripley et la résolution du dilemme par son suicide.

Notre synopsis contient comme à l'accoutumée bon nombre de maladresses, probablement quelques illogismes et approximations. On ne le répétera jamais assez, nous ne sommes que d'humbles dilettantes n'y entendant pas grand chose aux Arts du Cinématographe.
L'entreprise est aussi stérile que nos tentatives précédentes, mais réalisée dans un esprit complet de fanboyisme envers la Divinité Alien. Que ses saintes mâchoires pénètrent nos vils cerveaux et nous transmettent l'inspiration.


dimanche 5 décembre 2010

Réécrivons gaillardement Terminator 3

Terminator 3 : Mission Biactol
Nous avons déjà évoqué longuement sur cet écran le cas douloureux d'une trilogie cinématographique immolée sur l'autel de la médiocrité et du merchandising (Pour les non-comprenant, voir nos billets sur Star Wars Prélogie).
Toutes n'ont pas subi les outrages d'un sagouin uniquement préoccupé par son portefeuille, loin s'en faut. On peut citer une pétachiée de triptyques sur pellicule valant leur pesant de Pop-corn pour tout Geek normalement constitué : Retour vers le futur, Le Seigneur des Anneaux, Evil Dead, La Cage aux Folles et d'autres encore que ma mémoire vacillante et mon insondable inculture m'empêche de citer.
Certaines séries du grand écran font débat au sein de la communauté, les arguments les plus élitistes étant employés pour les encenser ou a contrario les dézinguer. Citons pour l'exemple cette discussion entre omarSAV91 et Mickeline59 sur le forum "Ado 12-15 ans" d'un célèbre site, à propos du chef d'oeuvre des frangins Wachowski :
- Waow comment ça déchire trop sa reum Matrix 3 !!!
- L O L trop pourri ton Matrix 3, vive Matrix 1 !!!
- C'est toi pourri, Matrix 3 c'est de la philo
- Pauv' cul
- Nazi.

L'exemple Matrixien n'est pas une affaire isolée, ce type de raisonnement implacable et de rhétorique redoutable s'applique également aux Alien, Indiana Jones et autres Spiderman. Édifiant, non ?

Le cas qui nous préoccupe ce soir fait lui aussi polémique, il s'agit de la saga Terminator.

Les quarantenaires qui ont assisté à la naissance de Sarah Connor et du Cyborg Autrichien ne peuvent envisager une suite au Kolossal diptyque accouché par le Docteur Cameron. Le premier film dépeint l'étreinte irrévocable du destin sur une jeune héroïne, tandis que le suivant libère l'humanité de la fatalité. On ne peut rêver plus adroit et concis, surtout lorsque le réalisateur est aussi efficace et soigneux, aussi bien dans l'écriture de son scénario que dans le choix du casting. Tels quels Terminator et Terminator 2: Judgement Day forment un tout harmonieux, malgré son joli paradoxe temporel illogique (mais on s'en fout).

La Saga Terminator est dans le cercueil

Cet équilibre délicat ne pouvait malheureusement pas durer aux yeux des producteurs, et d'un certain acteur en mal de publicité pour se faire élire gouverneur.
Ainsi en 2003 un nouveau chapitre est mis en chantier, chargé de relancer la franchise en se passant de papa James et maman Connor. Sacrilège !
Le résultat ? une suite d'entorses aux bases de l'univers de Mister Cameron, desquelles surnagent quelques idées intéressantes cachées derrière des scènes d'actions enflées et un second degré trop appuyé. L'intrigue n'est qu'une resucée de l'opus précédent : une méchante Terminatrice devant éliminer les futurs lieutenants de la résistance, face à un gentil Schwarzynator qui protège John. La nouvelle T-X dispose d'un armement dont on nous avait pourtant dit qu'il était strictement impossible qu'il voyage dans le temps. Elle possède même des pouvoirs quasi-magiques lorsqu'elle contrôle à distance des véhicules. On est carrément chez Harry Potter.
Le Gouvernator perd toute sa coolitude, balançant des "parle à ma main" sorti tout droit de la décennie précédente, et son adversaire est malmenée par un scénario bout-de-ficelle lui faisant prendre de curieuses décisions, en particulier lors de la séquence du cimetière où elle dévoile son identité alors qu'elle est certaine de trucider sa cible.
Pour essayer de se mettre les fans dans la poche, on tente aussi un caméo du docteur Silberman, le psy qui par deux fois avait croisé le chemin de Sarah Connor. Louable démarche, mais qui ne nous décroche qu'un sourire tristounet avec ses allures de running-gag poussif.

Mais l'affront ultime, l'insulte suprême faite aux fans, vient surtout du message général qui se dégage du film.
Alors que tout le récit de James Cameron démontre que l'humain peut infléchir sa destinée à force de volonté, le scénario de Rise of the Machines s'évertue à balancer de grosses louchées de fatalité irrémédiable. John Connor croise sa future femme et découvre qu'ils étaient déjà promis l'un à l'autre depuis leur enfance, et par ailleurs l'apocalypse nucléaire est irréversible quoiqu'il fasse. Bref, pourquoi se fatiguer quand tout est déjà manigancé par le tout puissant ? Ça fout le bourdon.
Ce qui est sûr pour le fan, c'est que lorsque M. Cameron sera mort il n'a pas fini de se retourner dans sa tombe d'avoir vu son oeuvre ainsi mutilée.

Les acteurs de Terminator 3 reçoivent les premières critiques du film
Non, on ne peut décemment pas apprécier ce T3. Alors on se dresse sur ses petites pattes arrières, on bombe son torse imberbe, et on pousse un cri suraiguë libérateur : gniiiiaaaaaaarrrrrrr !

 A l'instar de notre tentative bien inutile mais ô combien salvatrice de réécrire la prélogie Star Wars, et afin de chasser cet immonde souvenir de notre esprit chancelant, nous avons entrepris une opération identique pour sauver du déshonneur notre bienaimée Famille Connor et leur fidèle Terminator. Oui, mes amis, mes frères et mes sœurs (oh oh...), réécrivons gaillardement Terminator 3 : Rise of the Machines.

Fantasme de fan, assurément, puisque les chances pour que le démiurge James Cameron reprenne un jour les rênes de son épopée sont proches du néant. Toutefois la mode à Hollywood semble être au reboot, et un certain Batman n'a pas eu à s'en plaindre. Après avoir été mis au monde brillamment par M. Burton, il fut assassiné par le psychopathe Schumacher avant de renaître par la grâce du magicien Christopher Nolan. Alors pourquoi pas, dans dix ans, voir surgir un remake habile des Terminator ?

Hasta la vista, que Sainte-Linda Hamilton prie pour nous, pauvres pécheurs, maintenant et à l'heure de notre mort sous le feu thermonucléaire.

Le synopsis qui suit est soumis à la sagacité du lecteur ou trice, avec les mêmes précautions que lors de notre expérience antécédente : vous allez lire un document amateur, reprenant les grandes lignes du scénario original mais sans les fadaises qui nous déplaisent. Il contient probablement quelques incohérences et interprétations hasardeuses, mais est réalisé avec autant de ferveur enthousiaste que possible.


lundi 28 juin 2010

Il faut sauver le soldat Star Wars (épisode 3)

La redoutable armée des robots-biscottes

Avant-propos mon paulo

Si vous avez pris le temps de consulter nos amères critiques des épisodes 1 et 2 vous vous attendez sans doute à ce que le massacre continue avec la conclusion de la Navrante Trilogie, La Revanche des Sith. C'est une espérance bien légitime.
Mais qui aurait le cœur assez sec pour s'en prendre au rejeton d'une mère indigne (La Menace Phantom) et d'un papa déglinguo (L'attaque des Clones) ? Le pauvre épisode III subi déjà trop de quolibets dans la cour de récré, " ta mère la molle, elle ressemble à Jar Jar ! ", " ton père il est clone au Cirque Lucas ! ", les enfants sont cruels.
Non, décidément, de par sa lourde hérédité le petit dernier ne peut pas être tenu responsable de ses agissements. C'est pourquoi nous débuterons sa présentation sur une note positive.


L’épisode final de la préquelle débute sur une enthousiasmante bataille spatiale, où l'étalage orgiaque d'images de synthèse est enfin justifié. Pour tout dire on n’y croit pas mais il semble bien qu’on assiste à un film Star Wars. Pendant cinq minutes le cœur du fan palpite, il oublie les combats sans danger contre les droïdes-biscottes, la course-poursuite futile sous la mer avec un thon géant, l’épreuve de gymkhana sur la chaine de montage Twingo, la corrida tragi-comique des 100 Jedis dans l’arène… oui, tout cela parait si lointain.

La joie est de courte durée, vous vous en doutez.
Sitôt Obi-wan et Anakin à l’intérieur du vaisseau de Dooku, la Loi de Lucas (c’est comme la Loi de Murphy mais en pire) reprend ses droits. L’armada des droïdes-en-plastoc se fait découper comme on en a pris l’habitude depuis deux épisodes et les Jedis fuient devant les Droïdekas, comme le veut la tradition dans la Consternante Trilogie.
La bouche bée du fan se referme, ses yeux écarquillés s’éteignent, son souffle coupé reprend son rythme ronronnant.

George "âne bâté" Lucas n’a pas perdu son savoir-faire en matière de coups foireux. Ainsi lors de leur grande scène d’évasion du gigantesque vaisseau de Dooku on voit les deux Jedis et Palpatine parcourir les couloirs vides. Tout va bien, aucun droïde crash-test-dummy n’est candidat pour un petit démembrement gratuit. C’est sans compter sur le toussoteux Général Grievous, qui fait activer un champ magnétique dans lequel se jettent les fuyards, stoppant net leur escapade. Le dialogue qui s’en suit est probablement celui qui résume le mieux l’ensemble de la préquelle :
Obi-wan : « Comment ça a pu arriver ? On n’est pas débile à ce point là ! »
Anakin : « Apparemment, si. »

Yoda et Mace 'motherfucking Windu, motherfucker.

La Revanche des Sith conte les événements les plus sombres de la saga, c’est la naissance symbolique de Dark Vador, le plus charismatique des bad guys de cinéma depuis plus de trente ans, et c’est aussi la mort de Padmé, la fin de la République, la disparition de l’Ordre Jedi et l’exil forcé des deux figures emblématiques de la Trilogie Classique, Yoda et Obi-wan.
On l’a démontré précédemment, Lucas-la-trompette a fort maladroitement mené sa barque jusqu’au climax que représente l’épisode III. Au moins le spectateur accepte un certain nombre de faits, même si on lui a fait avaler de force lors des films précédents. Voici donc ce qu’on sait avant que ne débute le dernier acte : Anakin est un Jedi instable, Palpatine complote, Anakin et Padmé sont amoureux, Palpatine complote, Anakin et Obi-wan sont amis, Palpatine complote, Anakin est l’élu censé apporter l’équilibre dans tout l’univers.
Arrêtons-nous un instant sur cette dernière affirmation, plusieurs fois répétée au cours des films pour justifier le caractère unique du héros et son ascension fulgurante au sein des Jedis.
Une prophétie prédit l’apparition d’un Envoyé, un être garantissant l’équilibre de la Force dans la galaxie. La preuve ? Il est le fils d’une Sainte Vierge, sa mère Shmi qui va mourir dans des circonstances quasi-christiques. De plus Qui-Gon a mesuré son taux de schmilblicloclo ah merde! midichloriens, qui s’avère hors du commun (plus balèze que celui de Yoda, t’as qu’à voir !).
Si Anakin est l’élu suprême ce n’est donc pas parce qu’on l’a vu séparer la Mer Rouge, détruire l’Anneau Unique, ou vaincre la Matrice. Non. C’est parce qu’il a 20 000 points dans sa compétence "Cellules Microscopiques". Ça fait moins rêver, du coup.


Cependant George "Domenech" Lucas nous livre sans aucun doute le moins mauvais des épisodes de la Pénible Trilogie. Quelques passages mémorables parviennent à envoûter le fan trentenaire transi, le monologue fascinant de Palpatine contant la légende Sith, le temps suspendu lorsque Vador reçoit son casque mythique dans un silence absolu.
Le face-à-face ultime entre Anakin et Obi-wan aurait aussi pu entrer dans l’Histoire si l’auteur n’en avait pas abusé en l’étirant exagérément. La confrontation s’étale sur 15 minutes, commence par une explication musclée créant une belle tension dramatique, et enchaine fatalement sur le duel qu’on attend depuis toujours. …Puis s’étiole au fil des situations de plus en plus improbables qu’on impose aux deux antagonistes, accrochés à des lianes façon tarzan, ou en équilibre invraisemblable sur des plateformes minuscules flottant sur des hectolitres de lave artificielle. Manquerait plus qu’ils se défient à chat-bite.

En se lançant dans son projet de prélogie Lucas savait que deux choses l’attendaient : une cohorte de millions de fans, et des millions de dollars.
Nous avons contesté ses choix artistiques et scénaristiques tout au long de nos élucubrations, mais au final l’œuvre appartient à son créateur. George, père fondateur de Star Wars, a cassé son jouet de milliardaire en voulant trop faire. Trop de réponses aux questions qu’on ne se posait pas, trop d’autoréférences maladroites, trop d’images clinquantes pour masquer la misère des caractères.
Lucas le Démiurge était le personnage de Luke dans la Trilogie Originale, le héros qui se bat contre l’Empire. Il est troublant de noter que dans la Nouvelle Trilogie il soit devenu Anakin, celui en qui chacun place ses espoirs et qui bascule du coté obscur.

Place à présent à notre vision de la fin du cycle d’Anakin, notre Episode III personnel concocté avec amour et maladresse.