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mardi 13 avril 2021

Suspiria 1977 - Suspiria 2018

Les Sorcières de Salon

(2018 - Réalisé par L. Guadagnino) ****

1977, dans Berlin-Ouest, une jeune femme se réfugie chez son psy et lui déclare qu'elle est menacée par les professeures de son école de danse. Elle est persuadée que ce sont des sorcières et a tout consigné dans son journal intime. Pendant ce temps, une nouvelle élève américaine se présente à l'école pour auditionner.

La comparaison de la version 2018 avec le Suspiria de 1977, film de Dario Argento adulé pour son atmosphère envoutante et sa bande-son grandiloquente, est un grand malentendu. Le remake reprend les grandes lignes de son scénario et s'attache à instaurer une ambiance particulière à mille lieues des productions horrifiques standards, comme son illustre prédécesseur. Mais il est également différent en bien des points, se servant intelligemment de l'aura Culte de l'original pour proposer une lecture décalée de ses thématiques. Cela permet aux deux œuvres de coexister, chacune avec ces particularités et son empreinte dans une époque spécifique.
A partir d'un synopsis identique les deux Suspiria sont radicalement opposés en termes d'images, de bande-son et de motivation des personnages. Cela est dû aux 40 ans qui les séparent et à la volonté du réalisateur Luca Guadagnino d'insérer ses propres thèmes sans copier le style inimitable de sa source.
 

La version originale est une débauche de couleurs tranchantes, la nouvelle version marque sa différence par un contraste très fort : éclairage atténué et couleurs discrètes.
 
L'école de danse : façade rouge / bleu délavé
  
 
 
L'intérieur de l'école : couleurs vives / ternes


Salle de danse : même différence de tonalités claire/sombre
  

Bureau/Appart de Mme Blanc : ambiance fleurie/feutrée


Nous allons détailler la façon dont les deux œuvres abordent leur sujet et aussi comment l'auteur de la version de 2018 est parvenu à réaliser une chose très rare au cinéma : un remake réussi.
 
Donc oui, on va révéler l'ensemble des deux intrigues à grands coups de SPOILS. Vite, la suite !

vendredi 21 décembre 2018

The VVitch, Hérédité : Familles je vous hais

Réunions de familles

The VVitch (réalisé par R. Eggers) et Hérédité (réalisé par A. Aster) sont deux films sortis respectivement en 2015 et 2018. Bien que situés à deux époques différentes, le 17e siècle et le temps présent, ils racontent l'histoire anxiogène de familles dysfonctionnelles en prenant appui sur le genre Horreur-Fantastique.

Sous-titré dans sa version d'origine "Conte folklorique de Nouvelle-Angleterre", The VVitch tire son ambiance unique des légendes sur les sorcières héritées du moyen âge. Une famille puritaine venue d'Angleterre dans les territoires d'Amérique du Nord se trouve chassée de sa colonie à la suite d'un différend religieux. Elle doit vivre recluse, en autarcie dans une petite ferme à la lisière d'une forêt. La disparition du bébé de la famille va confronter parents et enfants au mythe des Sorcières.

Hérédité se déroule de nos jours et s'ouvre sur l'enterrement de la grand-mère de la famille Graham. Sa disparition va déclencher une série de psychoses et de drames au sein du foyer, se muant peu à peu en événements surnaturels. Le film explore une thématique plus moderne basée sur les esprits malins qui hantent les lieux et possèdent les personnes.

Voici donc la joyeuse thématique de la soirée : une cellule familiale isolée qui va se replier sur elle-même à force de cultiver ses névroses, qu'elles soient religieuses pour les puritains des années 1630 ou psychosomatiques pour nos contemporains.
Cool.

Et nous allons voir que ce ne sont pas les seules similitudes entre les deux films.
Le temps de prévenir tout le monde que ça va divulspoiler abondamment et on clique sur la suite.

mardi 26 juillet 2011

Matrix, Inception : La fiction du réel

Le Choix ?
Matrix, Inception. Deux blockbusters à priori aussi éloignés par le temps (onze années les séparent) que par leur style.
Le premier est un talentueux fourre-tout métaphysique dans-ta-face des frangin(e)s Wachowski, le genre de production mammouthesque qui ravit tout le monde, du fan de Bruce Lee au lecteur de Baudrillard, du Gamer au Cyberpunker. Matrix englobe dans une quête héroïque les cultures Comics et Manga, Sergio Leone et Akira, Bouddha et Christ Roi. C'est Lewis Carroll versus Philip K. Dick, le tout dans Street Fighter en Bullet-time.

Est-ce un rêve ?
Face à ce ballet furieux Inception à une apparence plus monolithique, un coté cérébral assumé. On a changé d'époque, remisé le Kung-Fu au placard. Plus subtile, sa mise en abîme démultipliée radicalise le public, dont une partie s'endort comme les protagonistes du film. Sa narration en poupées gigognes demande une attention de chaque instant. Les influences du réalisateur Christopher Nolan sont moins visibles à l'écran, principalement parce qu'il cherche moins à hommager ses pairs qu'à ressasser ses obsessions. La quête du héros Cobb vise à résoudre un conflit interne, plutôt qu'à atteindre le sacrifice universel de Néo.

Cependant les points communs entre les deux œuvres sont nombreux, et leur finalité identique : un questionnement sur la réalité dans lequel le spectateur est in fine le sujet même du film.

Dans les chapitres qui suivent nous allons montrer les similitudes reliant deux des productions parmi les plus passionnantes de la culture cinématographique Geek. Signalons que la majorité des points abordés dévoile les intrigues complètes des deux films. Alors comme on dit chez nous : MAJOR SPOILERS AHEAD !