jeudi 27 octobre 2005

Ray

(2005 - Réalisé par T. Hackford) *** Edition Collector 2 DVD

La vie de Ray Charles, grand musicien et chanteur de Blues.

Le début du film laisse craindre une réalisation clipesque, heureusement passé l'intro on entre dans le vif du sujet. Et plutôt que de suivre une chronologie stricte le réalisateur alterne intelligemment les flash back sur les drames qui parcourent le destin de l'artiste. La vie de Ray Charles Robinson est un vrai roman tragique qui explique toute sa musique. Enfant, il assiste, impuissant, à la noyade de son frère, puis la maladie emporte peu à peu sa vue. Plus tard on ne nous cache rien de ses deux grandes addictions d'adulte : la drogue et les femmes.
L'homme devra bien entendu lutter contre le racisme dans cette amérique des années 50, mais le fera d'une manière intelligente (on le constate dès la première séquence, lorsqu'il attend le bus). Pour finir on nous montre aussi un businessman avisé qui inventera un style musical osé pour l'époque (mélangeant Gospel et Blues) et n'hésitera pas à quitter sa maison de disque historique quand un meilleur deal se présente. C'est l'un des pionniers dans ce domaine, étant le premier à obtenir de garder ses masters. Bref Ray Charles, disparu en 2004 après avoir collaboré au film, était réellement un grand monsieur de la musique, et son souhait d'avoir laissé une trace dans l'Histoire par ses chansons est accompli.

Jurassic Park - Coffret Ultimate Edition (2005)

Jurassic Park - Coffret Ultimate Edition (2005) : Jurassic Park (1993 - Réalisé par S. Spielberg) ***** + Le Monde Perdu: Jurassic Park (The Lost World : Jurassic Park - 1997 - Réalisé par S. Spielberg) *** + Jurassic Park III (2001 - Réalisé par J. Johnston) ** + DVD Bonus (2005)
4 DVD

Jurassic Park : Les archéologues Alan Grant et Elie Sattler ont la surprise de voir débarquer sur leur site de recherche le milliardaire John Hammond. Ce dernier, qui finance leurs fouilles, leur propose de visiter et d'approuver un parc d'attraction d'un genre nouveau.

Le renouveau du film d'aventure épique en ce début des 90's. Basé sur une histoire passionnante, Jurassic Park gagne un petit supplément d'âme grâce au savoir-faire de tonton Spielberg. L'excellent Sam Neill est parfait en Alan Grant obnubilé par son boulot et négligeant les appétits maternels de sa fiancée. L'ami Jeff Goldblum en docteur "chaoticien" arrive en quelques phrases à faire passer des concepts hallucinants, tout en gardant sa nonchalance cool. Le casting n'est donc pas sacrifié aux effets spéciaux.
Mais le clou du spectacle reste bien sûr l'apparition sur l'écran des dinosaures, surtout que le réalisateur garde ses cartouches en ne les montrant que progressivement jusqu'au climax du film, l'attaque du T-Rex. Mêlant habillement vieilles techniques (maquettes géantes) et effets spéciaux révolutionnaires (images de synthèse), les monstres prennent vie et imposent leur présence bruyamment. Intense, inoubliable.

Le Monde Perdu: Jurassic Park : Quelques années après les événements tragiques ayant eu lieu dans son parc d'attraction dinosauresque, John Hammond reprend contact avec le scientifique Ian Malcolm. Il lui propose de joindre une équipe chargée d'explorer une île proche de l'ancien parc, le fameux site "B". Malcolm finit par accepter lorsqu'il apprend que sa fiancée est déjà sur place.

Qu'est-ce-qui a pu pousser Spielberg à signer cette suite poussive ? Le scénario est très mince et l'action n'est qu'une simple redite du premier épisode. On glisse sur les incohérences (on nous avait expliqué dans le 1 que sans assistance humaine les dinos étaient génétiquement programmés pour mourir en quelques jours) et les personnages fades (le méchant businessman, le chasseur bourru, l'écolo niais).
Seulement les séquences d'action posent aussi problème. Certaines contiennent suffisamment d'adrénaline (l'attaque du couple de T-Rex sur le van) mais d'autres sont franchement risibles (le T-Rex qui se prend pour King Kong en vadrouille à San-Diego). Le personnage de Jeff Goldblum perd sa cool attitude et rentre dans le moule du héros classique et chiantissime. Sa copine se barre sans le prévenir pour prendre des photos de dinos (bonjour la girlfriend !) et sa fille fait des barres parallèles pour se débarrasser d'un vélociraptor ! J'en ris encore, de pitié.

Jurassic Park III : Huit ans après avoir survécu au parc Jurassic, Alan Grant est contacté par l'homme d'affaire Paul Kirby pour effectuer une mission de reconnaissance de l'île aux dinos. Il s'agit d'un simple survol du site "B" en avion, en échange du financement futur des recherches de Grant. Kirby cache en vérité un lourd secret.

Un dernier épisode commercial pour faire une trilogie. Malgré le retour de Sam Neill et la présence de l'impeccable Willliam Macy (souvenez-vous de lui dans Fargo) en Paul Kirby, le scénar tient sur un timbre poste plié en deux. Les dinosaures déferlent, ils sont plus gros, plus intelligents, mais n'étonnent plus personne. On essai en prime de nous faire croire qu'ils sont civilisés, les raptors épargnent même leur proie ! Bref, c'est du foutage de gueule.
Aucune invention dans la réalisation, sauf peut-être la courte scène dans la carcasse de l'avion, aucune pêche dans le tempo du film. Cette fois je ne ris plus jaune comme dans le N°2, je hurle à l'escroquerie (et puis je prends mes petits cachets roses pour me calmer). Remboursez !

vendredi 14 octobre 2005

Dieudonné : Mes excuses

(Spectacle - 2005) ***

One-man show écrit en réaction à "l'affaire" Dieudonné qui a agité les médias en 2004.

Rappelons tout d'abord les circonstances dans lesquelles ce spectacle a été créé : une réaction de l'artiste face à la tempête médiatique déclenchée par ses propos. Des extrémistes religieux s'en sont pris au public à Lyon suite aux déclarations de Dieudo sur l'état d’Israël (il faut dire qu'il en avait mis une bonne couche, en plus du fameux sketch du Rabbin nazi joué à la TV). Le résultat : un show annulé à Paris qui donnera finalement lieu à "Mes Excuses". Dieudo en avait déjà pris plein la tronche lorsqu'il s'était présenté aux élections en 2002 (voir son recueil de lettres anonymes qu'il a publié par la suite) et on le taxe ensuite stupidement de racisme anti-juif. 
Dire que Dieudo règle ses comptes est un euphémisme ;-) Dès l'intro il se caricature en esclave, fouetté et implorant le pardon au "peuple élu". Le ton est donné lorsqu'il se relève d'un magnifique bras d'honneur. Pendant toute la première heure de son show Dieudo ne parle que de son "affaire". Il n'incarne aucun personnage, si ce n'est le sien, et donne sa vision des événements qui l'ont banni des médias Français, à de rares exceptions près. Le problème est que toute cette première partie ne montre pas un Dieudo au mieux de sa forme : des gags pour la plupart recyclés de son show précédent dans une ambiance de meeting politique qui met franchement mal à l'aise. Cela lui donne au moins l'occasion de mettre en avant son combat pour la reconnaissance de l'esclavage et du pillage de l'Afrique pendant des siècles.
Heureusement la seconde moitié du spectacle, à partir de l'hommage à Nougaro, repart sur un 2e degré salvateur que l'auteur a toujours maîtrisé à la perfection. Ne manquez donc pas les sketchs du Débat TV et de l'Association des Racistes Anonymes, ça c'est du Dieudo comme on l'aime.

jeudi 6 octobre 2005

Terminator 2: Judgment Day

(1991 - Réalisé par J. Cameron) ***** The Ultimate Edition DVD

En 2029 l'humanité est proche de remporter une victoire définitive sur Skynet et ses Cyborgs. Les machines envoient donc un nouveau Terminator dans le passé pour éliminer, enfant, le futur chef de la résistance, le fils de Sarah Connor. La résistance parvient à envoyer un protecteur pour le jeune John.

A mes yeux M. James Cameron réalise avec ce T2 version longue son plus grand film à ce jour (évidemment beaucoup préfèreront Titanic). Il joue toujours sur le fil improbable des paradoxes temporels, mon régal, même si le point de départ est bancal : pourquoi les machines ne tentent-elles pas de tuer Sarah plus jeune ?) L'histoire offre un rôle incroyablement dense à Linda Hamilton tout en réussissant à trouver un rôle de gentil pour Schwarzy, avec au passage un petit foutage de gueule pour la censure (la scène où le gamin fait promettre au Terminator de ne tuer personne). Le Bad guy Robert Patrick en T-1000 est un concept génial seulement possible avec les nouveaux effets de morphing (une révolution en ce début de 90's), les affrontements entre les deux cyborgs sont proprement dantesques.
L'habillage général du film est aussi une grande réussite, du bleuté glacial de l'hôpital psychiatrique à l'étouffant final dans la fonderie, sans oublier la séquence ultra réaliste et cauchemardesque de fin du monde nucléaire apocalyptique. A noter que cette version "Ultimate" correspond à la version longue jamais vue en salle, plusieurs séquences sont ajoutées dont une mémorable dans laquelle vous verrez le Terminator effectuer une tentative de sourire.

mercredi 28 septembre 2005

Kaamelott - Livre I

(TV - 2005) ***** L'intégrale (3 DVD)

La légende du Roi Arthur et des chevaliers de la table ronde revue et malmenée sur un ton parodique.

Un des très rares programmes regardables de M6. Après "Caméra Café", série sympatoche mais caricaturale sur le monde de l'entreprise, on se disait qu'on trouverait difficilement mieux sur la chaîne des djeun's et des clips formatés. Que nenni ! Kaamelott est en vérité la mini-série la plus drôle jamais produite en France. Par la grâce de son auteur Alexandre Astier ce détournement de la légende de la quête du Graal est une oasis dans la médiocrité ambiante du PAF. Dialogues modernes fins et efficaces, comédien(ne)s inspiré(e)s, situations inédites, le tout dans une ambiance rappelant les films d'Audiard (le père) et le "Holy Grail" des Monty Python par son humour, son rythme et son jeu pêchu. Le format très court (4') oblige à rester concis. Je ne relève que deux fautes de goût sur les 100 épisodes de cette saison 1. La présence des "guest stars" Elie Semoun et Didier Bénureau, complètement décalés dans l'univers de Kaamelott, se contentant de rejouer comme à leur habitude leur personnage déjà vu 1000 fois. M'enfin cela ne concerne que quelques minutes sur 3 DVD, et les autres apparitions surprises sont sans défaut (Léa Drucker en fée Morgane, la famille De Caunes pére et fille, Solo et Le'Boloch, etc).
Du reste le casting se suffit à lui-même. D'abord Arthur, l'auteur soi-même. Commentant d'un air résigné les catastrophes qui s'enchaînent, tentant vainement d'organiser son royaume dans le chaos ambiant, il est irrésistible. La Reine Guenièvre a le petit coté nunuche inoubliable de Catherine Frot dans "un air de famille", le père Léodagan est un croisement réussi entre un Ventura période "tontons" et un Gabin jouant le "Dabe", le duo crétin Perceval/karadoc fonctionne à plein régime, sans oublier Merlin le druide foireux. Bref, c'est du lourd. Les relations du Roi avec sa belle-famille, la recherche du Graal avec des chevaliers pas franchement au top, les envahisseurs qui menacent et les péquenots qui se plaignent, on peut imaginer qu'il reste pas mal de munitions à môssieur Astier pour encore écrire quelques bonnes saisons. Qu'ils mettent encore longtemps avant de trouver leur bocal à anchois.

lundi 26 septembre 2005

The Gold Experience (1995)

Dans notre série "Mais que faisait Prince il y a 10 ans ?", voici venu le temps de...



The Gold Experience (1995)

P. Control
Endorphinmachine
Shhh
We March
The Most Beautiful Girl in the World
Dolphin
Now
319
Shy
Billy Jack Bitch
I Hate U
Gold


Pépites et Gravats.
The Gold Experience porte bien son nom, on y ressent l'excitation du chercheur d'or : parfois on tombe sur de pures pépites, parfois sur des caillasses sans intérêt. Comme beaucoup des albums produit par Prince dans les 90's, TGE propose son lot de déceptions et de valeurs sûres, avec un effet "Montagnes Russes" sur l'auditeur averti.
Replaçons-nous dans le contexte. Nous sommes en pleine guerre comme Warner Bros, la Maison de Disques qui détient les droits d'édition des albums Princiers et à qui l'artiste doit encore contractuellement fournir des biscuits pour remplir ses galettes. Ces déboires juridiques n'empêchent pas O(+>, entité au nom imprononçable créée pour se libérer du joug Warnerien, de suivre une carrière parallèle à coups de Live et d'apparitions télévisées. 

Dès 1993 il balance un single nommé "The Most Beautiful Girl in the World", slow doucereux qui devient un Hit planétaire sans apparaître dans aucune des productions officielles de Warner (le triple-CD Best Of "The Hits - The B-Sides" et l'album "Come" de 1994). O(+> pousse la blague jusqu'à sortir deux autres albums sous le nom de son groupe, N.P.G., tandis qu'il bataille pour imposer "The Gold Experience" auprès de Warner. 
Nous voila donc en Septembre 1995, après un accouchement de près de deux ans l'album pousse enfin son premier cri dans les bacs.

Les titres puissamment Rock sont à l'honneur. "Endorphinmachine" replace la guitare électrique conquérante et la puissance vocale au centre de toutes les attentions. Le titre se termine sur cette annonce en espagnol : "Prince esta muerto" (Prince est mort !). "Now" signe le retour de la party song en mode vénère, avec un message aussi basique qu'efficace ("This about the freaks doing everything they wanna do, now!"). 
3 19 part dans le trip Cyber survolté. Les sonorités sèches, faites de courts samples gonflés de testostérone, accompagnent une guest du nom d'Ophélie Winter à qui O(+ promet une chaude soirée ("Lock the door and kill the phone, My camera, U and me alone").
Dans un style R and B stylé New Jack, "P. Control" et "Billy Jack Bitch" sont un peu moins convaincants. Compositions répétitives et textes pas franchement captivants. Dans le premier on a droit à une fable sur le Pussy Control, qu'on traduira pudiquement par "Le combat pour la reconnaissance des droits des Femmes" (en fait, ça veut dire "Le pouvoir de la Chatte" ; -). Le second est un règlement de compte avec une vraie journaliste américaine allumant l'artiste à longueur de papiers, qui nous laisse un peu à l'écart par son coté embrouille mesquine.

Les trois meilleurs morceaux de l'album sont des ballades. Le fabuleux "Shhh" est un retour aux fondamentaux, où le maître-chanteur détaille minutieusement la performance charnelle qu'il va délivrer à sa promise avec pour seule contrainte, de taille, de se retenir de hurler de plaisir ("I don't want nobody else 2 hear the sounds, This love is a private affair"). Dans "Shy" O(+ chronique une rencontre avec une affabuleuse sexy, peut-être membre d'un gang. Le style cool de la structure musicale dénote avec le contenu plutôt hard du texte ("A friend of mine, he got killed and in retaliation I shot the boy twice in the head, No regrets, no sorrow - I'm goin' back 2morrow 2 make sure he's dead").
Un des slows les plus accomplis de Prince couronne "The Gold Experience". Avec "I Hate U" l'auteur combine son art consommé de la mélodie voluptueuse avec des paroles outrageusement torturées ("I hate U cause I love U but I can't love U cause I hate U"). Ici il nous fait la complète, on a même droit à une séquence dans un tribunal où la chérie fautive est jugée pour avoir brisé le cœur du plaignant ! Tellement too much, mais tellement bon ; -).

L'album se referme sur "Gold", envolée philosophico-mystique nous invitant à méditer un certain nombre de sentences sur le sens de la vie ("What's the use of bein' young if U ain't gonna get old? / All that glitters ain't gold"). Cette conclusion sied à merveille une production très riche dans son ensemble, si l'on s'abstient de considérer les titres oubliables ("We march" et "Dolphin") et les facilités New Jack Swing, déjà citées.

Comme pour l'album "Love Symbol" de 1992, "The Gold Experience" n'a plus la singularité inimitable des œuvres Princières des 80's. Il faut se faire une raison, l'époque n'est plus à la révolution. Mais l'artiste est là, il continue d'absorber les tendances musicales de son temps. Son combat pour libérer la création préfigure les batailles des années 2000 dans l'industrie du Disque.

dimanche 25 septembre 2005

EVERYBODY'S GOLF

Fun 8/10
Technique 6/10
Style Golf fun
Editeur / Langue SCEE / Clap Handz
Infos 1 DVD / 1 à 4 joueurs et Jeu réseau par adaptateur / Carte mémoire : 800 Kb / Compatible analogique




Tout le monde aime le golf

Tiens, un jeu de golf sur PS2. Bizarre, y'a pas marqué "Tiger Woods" sur la jaquette... Bon sang mais c'est bien sûr ! Il s'agit de l'inénarrable "Minna no Golf", la série nippone de simulations golfiques funs. Dire qu'il aura fallu attendre la quatrième version du jeu japonais (sorti fin 2003) pour voir enfin une sortie européenne deux ans plus tard. On ne peut pourtant pas dire que la PS2 croule sous les jeux de golf. Bref, voila de quoi s'aérer un peu et sortir au grand air ;-) "Everybody's Golf" porte bien son nom. Ce simulateur est en effet suffisament technique pour intéresser les amateurs et bourré d'humour bon enfant grand public. Il propose surtout un système de jeu addictif basé, comme la plupart des jeux japonais, sur une multitude de bonus cachés à débloquer.
Le gameplay est d'un abord aisé puisqu'on ne contrôle pas le mouvement de son golfeur. On choisit la direction de son tir puis tout est géré en trois coups de bouton. Un premier appui lance la jauge de puissance, un second la stoppe et enfin une dernière pression détermine l'impact sur la balle. Simple. Une fois à l'aise avec ses bases, le joueur ajoutera une série d'effets "spin" avec les boutons de direction pendant le remplissage de la jauge. Efficace.

Evidemment il faut tenir compte d'une foultitude de paramètres extérieurs qui influence l'avancée de votre baballe blanche : le golfeur d'abord, chaque personnage dispose de caractéristiques propres, ainsi que le matériel employé (club et balle), le type de terrain et son inclinaison, le vent, les obstacles comme les arbres, les bunkers, les plans d'eau... Une fois arrivé sur le green, la zone spécialement aménagée autour du trou, on passe en mode "putt" dans lequel le joueur doit simplement régler la direction et la force du putt. Une grille en 3D s'applique alors sur le terrain afin de bien visualiser les dénivelés et vous permettre d'ajuster finement votre coup.
Commençons par le plus important, votre petit avatar. Et oui, même si seulement quatre persos sont disponibles au début du jeu, les différents modes de jeu vous permettent d'en découvrir une vingtaine de plus ! Style japonais oblige, les golfeurs et golfeuses sont présenté dans un look Super-Deformed, c'est-à-dire avec une tête "gonflée" qui permet d'accentuer leurs expressions faciales. C'est tout mimi, ca plait aux enfants et aux fans de japanime ;-) Quatre caractéristiques déterminent la puissance, le contrôle, l'impact et le spin de chaque perso. Après quelques parties le joueur trouvera ses petits préférés suivant son style. Et il y a de quoi satisfaire toutes vos envies ;-) La ninja, le catcheur, le vieux sage, l'homme d'affaire, la fillette en costume de vache, Musashi... le délire va très loin !

Les champs de bataille

"Everybody's Golf" propose quinze parcours (dont trois mini-golfs), mais seuls trois d'entre eux sont jouables en début de partie. C'est içi qu'interviennent les fameux modes de jeu. D'abord EG propose le multijoueurs en réseau. Ma PS2 n'étant pas équipé, je passerais donc rapidement sur cette option. En solo on trouve l'option "Versus" où vous affrontez un perso en 9 trous, les "Tournois" dans des parcours 18 trous avec un classement sur trente participants, et le "mini-golf" pour se détendre. Un dernier choix, "Entraînement", vous propose de tester vos swings sur tous vos parcours dispo, vous pouvez içi rejouer ad vitam eternam n'importe quel coup pour vous améliorer.
C'est le "Versus" qui permet de gagner de nouveaux persos. On les affronte d'abord en niveau facile, il suffit de finir ses 9 trous en moins de coups que son adversaire. Le joueur gagne alors le droit de l'utiliser dans tous les modes de jeu et aussi de refaire un VS en niveau difficile (avec des conditions de victoire). En cas de nouveau triomphe, à vous les chouettes costumes ;-)

En tournoi vous allez devoir vous classer dans les 10 premières places pour gagner divers objets et surtout débloquer de nouveau parcours et engranger de l'expérience. Ainsi vous progresserez et passerez du statut de "petit nouveau" à débutant puis à confirmé et pro. Ces statuts devront être validés en gagnant un parcours sous certaines conditions (finir avec un score de +1 par exemple). Sur chaque trou vous accumulez des points si vous jouez correctement : 100 points si vous finissez dans le par, 200 pour un Birdie (un coup en dessous du par), etc... plus divers bonus pour chaque coup particulièrement bien placé. Ce total de points vous permet ensuite d'acheter des clubs, des balles et des items spéciaux dans la boutique.
Graphiquement EG reste dans la bonne moyenne de la production PS2. La 3D n'est pas super détaillée, parfois les persos manquent un peu de polygones. Mais les décors sont riches, ils fourmillent d'animations diverses qui donnent pas mal d'indications : bourrasques de vent, arbres et buissons qui ondulent, spectateurs, p'tits oiseaux... Vous avez même le choix de la saison avec tout ce que cela implique : vent et pluie en automne, neige en hiver par exemple. L'écran de jeu contient beaucoup d'infos utiles. Avant de frapper le joueur a la possibilité d'explorer à loisir le parcours en vue de haut (avec zooms très puissants). On visualise la trajectoire de sa balle, une flèche bleue indique la direction du vent, un graphique montre les accidents de terrain... bref tout est fait pour que le golfeur ait toutes les données qu'il souhaite.

La petite pointe de folie nippone

On l'a vu, même si le jeu est relativement sérieux techniquement tout le plaisir vient en vérité de la recherche de tous les éléments cachés. Chaque personnage possède des animations marrantes, y compris les caddies (ceux qui portent vos clubs pendant les matchs). La ninja manie son club comme un katana, le catcheur brise des rochers, le vieux sage lévite, 'arf ils sont fous ces japonais. Tout ce petit monde s'exprime, le caddie donne des conseils (vous augmentez votre affinité avec lui ou elle si vous choisissez toujours le même), le public s'extasie devant un beau swing ou vous hue en cas d'échec total.
Les programmeurs ont même prévu l'enregistrement automatique de vos plus beau coups. Réussir un chip (mettre la balle directement dans le trou depuis le fairway) ou un eagle (2 coups en dessous du par) vous garanti une débauche d'effets spéciaux : étincelles, confettis, voire feux d'artifice ! La caméra est très dynamique, elle suit parfois votre balle en vol, change ses angles de vue fréquemment. Les environnements sont variés, avec parfois des reproductions de monuments suivant les pays visités. Seules les musiques quelconques tapent un peu sur les nerfs. D'un autre coté on imagine difficilement jouer au golf en écoutant du heavy metal.
Un suivi de votre carrière est assuré par une multitude de tableaux de statistiques. Distance record d'un swing, pourcentage de balles envoyées sur le fairway, longueur moyenne de vos putts, tout est gardé en mémoire. Le joueur assidu verra ainsi sa progression générale et détaillée pour chaque parcours.

"Everybody's Golf" est vraiment le passe-temps idéal. Un parcours de 18 trous dure environ une demi-heure, on peut donc faire une partie rapide histoire de se changer les esprits. L'enregistrement de vos performances, le système d'évolution et le mode VS permettent en outre de conserver l'intérêt sur la durée. On prend plaisir à améliorer son score, à découvrir de nouveaux parcours, à trouver des personnages et des costumes. Le design des parcours devient de plus en plus diabolique, garantissant un challenge toujours plus prenant pour le joueur. Et puis évidemment il n'y a rien de plus jouissif que de réussir un puissant swing ou de se sortir d'un bunker sous les acclamations de vos admirateurs, c'est ça aussi, le golf ;-)

dimanche 7 août 2005

WORLD OF WARCRAFT

Fun 7/10
Technique 6/10
Style Jeu de Rôle Online (MMORPG)
Infos Blizzard Entertainment - Minimum Pentium IV 1 Ghz ou AMD Athlon 1500 - Online uniquement
Testé sur : AMD Athlon 2500+XP / 1024 Mo DDR Ram / Radeon 9800 Pro (128 Mo) / Chipset NForce2 / Windows XP


Le phénomène WoW

Le succès fulgurant de World of Warcraft m'a intrigué depuis sa sortie. Deux millions d'abonnés en quelques mois, on peut dire que WoW écrase la concurrence, même si on est loin des records de certains jeux du même genre en Asie. Certes il y a la réputation de l'éditeur Blizzard, créateur de Hits planétaires tels que Warcraft ou Diablo. Mais avec WoW il s'agit de s'attaquer aux univers particuliers des MMORPG (Jeux de Rôle Online Massivement Multijoueurs, c'est la dernière fois que je vous le dit ;-). Comme toujours l'éditeur a appliqué sa recette miracle : prendre les concepts qui fonctionnent le mieux chez la concurrence et les adapter à la sauce Blizzard (prise en main facile, ergonomie parfaite, réalisation technique minimum pour toucher toutes les configs PC).
Cet été 2005 j'ai donc décidé de voir ce que WoW avait dans le bide. Ayant été bercé aux MMORPG depuis cinq années (EverQuest I puis II, Anarchy Online, Dark Age of Camelot, Starwars Galaxies) je vais bien sûr faire plusieurs comparaisons avec ces jeux, puisque comme je l'ai dit en intro World of Warcraft s'en inspire fortement. On retrouve les classiques de l'heroic-fantasy Tolkienien : de l'elfe chatoyant, du nain à barbichette, du bon gros orc et du troll qui pue. WoW reprend donc le monde développé dans le RTS Warcraft et l'étend à deux continents où la guerre fait rage. Un univers idéal pour mettre en place du PvE (Joueurs contre Environnement) et surtout du PvP (Joueurs contre Joueurs), spécialité de Blizzard ne l'oublions pas, nous y reviendront.

Le premier contact est la création de son personnage, après avoir rempli le formulaire d'inscription qui ouvre votre compte (l'abonnement mensuel diminue si vous prenez 3 ou 6 mois d'affilée). Comme tous les JdR Online récents la phase de choix du perso est simplifiée au maximum pour faciliter l'accès aux joueurs néophytes. On choisi d'abord sa race, qui va déterminer son appartenance à l'un des deux camps : Alliance (humains, nains, gnomes, elfes) ou Horde (orcs, trolls, morts-vivants, taurens). Ce choix est primordial pour la suite de l'aventure, comme dans la plupart des MMORPG depuis Dark Age of Camelot, dans WoW les deux camps se livre une guerre sans merci. Impossible en théorie pour un "Hordeux" de jouer avec un pote ayant un perso "Alliance".
La race détermine aussi le choix de votre métier. Seulement neuf classes sont accessibles (les classiques Paladins, Druides, Voleurs, Prêtres, etc), mais chacune d'elle propose trois spécialisations et à partir du niveau 10 les points de "Talents". Par exemple un Guerrier a trois lignes d'apprentissage "Technique" (Protection, Arme, Furie) et un Prêtre a trois types de Sorts (Sacré, Ombre, Discipline). Les Sorts et Techniques sont payants, on les achète auprès des maîtres de guilde présents dans chaque ville. Les Talents, eux, sont gratuits (1 point par niveau) et permettent d'améliorer les techniques ou sorts choisis (par exemple réduction des coûts de lancement d'une ligne de Sorts). De cette façon le joueur va lentement mais sûrement façonner un personnage unique, pour peu qu'il sache ce qu'il fait ;-). On voit par exemple des Prêtres "Ombre" et des Prêtres "Sacrés" suivant leur spécialisation, les premiers privilégiant les Sorts d'attaque et les seconds les Soins.
Les caratéristiques qui définissent votre avatar sont sans surprise : force, intelligence, agilité, etc. Complété par une barre de vie, une autre de Mana/Energie/Rage (suivant votre métier) et quelques résistances au feu ou aux maladies. Encore une fois pas de révolution mais un système immédiatement reconnaissable.

La vérité si je mens

Plusieurs choses m'ont chagrinées à la sortie de WoW il y a quelques mois. Les notes dantesques obtenues par le jeu dans la presse française frisaient parfois le grotesque, surtout concernant la réalisation technique. Mettons donc quelques points sur quelques i. La première chose qui choque un joueur d'EverQuest II la première fois qu'il foule le sol de WoW, c'est l'incroyable pauvreté graphique du jeu. Même avec toutes les options graphiques à fond, tout est anguleux, avec un look assurément "Disneyien". Les décors et les personnages sont taillés à la hache, avec des couleurs criardes dans un style très "dessins animés". Ce parti-pris visuel pourra néanmoins séduire, on est clairement placé dans un monde enfantin avec des graphismes "mignons" et colorés. A mille lieues du réalisme époustouflant d'un EQ2.
L'autre avantage concerne bien sûr la configuration hardware minimum : n'importe quel PC pourra faire tourner WoW (sauf peut-être votre Pentium II de 1998 avec sa Voodoo II, faut pas déconner ;-). Ceci peut paraitre anecdotique pour certains, un bon jeu peut se passer de graphismes exceptionnels je vous l'accorde. Mais dans un MMORPG tout l'intérêt est de faire progresser son alter-ego virtuel, notamment par le biais d'un équipement surpuissant bien visible. Ben là, même le plus terrifiant des morts-vivants de niveau 60 semble échappé de la dernière parade gay pride, ca fiche un coup à la crédibilité de son héros ! Si on ajoute à cela un choix très maigre au niveau customisation lors de la création du perso, ca tue un peu l'ambiance. Heureusement les décors sont très variés et il n'y a quasiment aucun chargement, cela facilite l'immersion.

Au niveau sonore les musiques et les bruitages collent parfaitement à l'action, on peut même faire parler son perso avec des phrases clés (mais les PNJ ne parlent pas, eux).
Le jeu vous prend en main dès le début, introduisant le système central des quêtes. A l'instar d'EQ2 (toujours lui ;-), le joueur a droit à un journal dans lequel sont consignées toutes les missions offertes par les Personnages Non-Joueurs. Pour faciliter leur repérage ses PNJ sont signalés par un point d'exclamation au dessus de leur tête. Dès son arrivée dans un nouveau lieu (camp, village, ville) le joueur écume donc chaque parcelle de terrain à la recherche de ses fameux "Quest Givers". Comme dans tout JdR, la quête basique la plus fréquente vous propose d'aller trucider un groupe d'ennemis non loin. Mais on trouve aussi des missions d'escorte ou d'exploration.
Là où World of Warcraft change totalement par rapport à ses congénères, c'est que quasiment à chaque fois la récompense en terme de points d'expérience (XP), de fric et de matériel sera à la hauteur de vos efforts. Pour la première fois dans un jeu de ce style (à ma connaissance) le joueur gagne autant d'XP, voire plus, et de matos en retournant voir son Quest Giver qu'en massacrant du monstre. Cela évite les longues et pénibles séances de "grinding" auxquelles d'autres jeux nous avaient contraint auparavant (le grinding consistant à tuer encore et toujours le même type d'ennemis au même endroit pour engranger de l'XP). En jouant quotidiennement on progresse donc vite et on explore le monde de WoW toujours plus loin, à la recherche de nouveaux challenges.

lol, mdr, ptdr

Le problème qu'on rencontre avec WoW quand on est un joueur confirmé c'est la communauté "djeuns" qui sévit. Certes WoW a le mérite d'être très accessible et de faire découvrir le genre JdR Online à une toute nouvelle population. Ils sont frais, la plupart sympathique, mais certains ne se préoccupent pas des règles tacites qui entoure les MMORPG. Les donjons qu'on saccage en bourrinant comme un taré, les groupes qu'on quitte sans préavis parce qu'on a fini ses quêtes (sans se préocuper des autres), les conversations style SMS avec un "lol" ou un "ptdr" à chaque fin de phrase... Tout cela occasionne un léger gonflement des testicules pour un joueur mature. Il ne faut pas hésiter à faire usage de ses listes Amis/Ignore, c'est d'ailleurs le premier JdR Online dans lequel ma liste d'ignorés est aussi longue que celle d'amis !
Mais ne noircissons pas le tableau, la majorité de la communauté devient plus intéressante au fur et à mesure de la progression en niveaux (les "boulets" s'évanouissent d'eux-même). Ce comportement parfois trop "fonceur" est dû au système de gestion de la mort dans WoW. En effet la seule réelle pénalité est une dégradation générale de l'équipement, qui peut être très facilement réparé dans n'importe quel campement ou village. Pas de malus XP, pas de perte d'objet, quasiment aucune perte de temps. Lorsqu'un perso meurt il ressuscite dans le cimetière le plus proche (et il y en a beaucoup). Sous sa forme fantomatique il peut alors soit rejoindre son corps à l'endroit où il est décédé et revenir à la vie instantanément, soit simplement choisir de revenir à la vie dans le cimetière, au prix d'un malus de 10 minutes sur ses caratéristiques et d'une dégradation plus importante du matos. Autant dire que lorsqu'on effectue un combat non loin d'un point de résurrection, on se fiche complètement de crever ;-)

L'autre point assez génant pour un jeu de cette génération, c'est le manque de contrôle des groupes et des affrontements. Les écarts au sein d'un groupe peuvent atteindre plus de 10 niveaux, autant dire qu'un perso niveau 30 dans un donjon prévu pour des levels 20 va nettoyer tranquillement toute la zone pendant que ses camarades level 20 ramassent sans souci tout l'équipement sans aucun challenge. Pas top pour le fun et l'intérêt.
Le système d'artisanat est lui aussi relativement simplet. Un personnage pourra maîtriser deux professions d'artisanat de son choix. On trouve d'un coté la "Collecte" (herboriste, mineur, dépeceur) et de l'autre la "Production" (alchimie, enchantement, couture, etc). On ramasse des matières premières qui serviront à fabriquer les objets. A noter que certaines "recettes" ou "patrons" ne sont disponibles qu'en butin (loot). Tout cela pourra ensuite être vendu par l'intermédiaire des "Hôtels de vente", présents dans les capitales de chaque continent. Entre les armes, armures, potions, nourritures et autres trésors de quêtes, l'économie de WoW est très vivante, mais on est loin de la complexité d'un Star Wars Galaxies. Des enchères de durées variables sont gérées par les Hôtels, avec des prix de vente immédiate pour les plus pressés.

Intelligence Humaine

Passé le niveau 20 le perso peut choisir de se mesurer à d'autres joueurs par le biais des instances PvP appelées Champs de Bataille (s'il n'était pas déjà sur un serveur PvP, évidemment). Il s'agit d'affrontement d'une dizaine de joueurs dans chaque camp sur un mode "Capture du drapeau" que les amateurs de jeux de shoot connaissent bien (CTF en anglais, aller chercher un drapeau dans le camp adverse et le ramener dans son fief, sans se faire prendre le sien). Bien sûr 10 persos de niveau 21 n'ont quasiment aucune chance face à 10 niveaux 30, sauf si ces derniers jouent chacun dans leur coin sans stratégie. Il faut donc organiser calmement son groupe avant d'entrer dans l'instance (vous aurez généralement largement le temps puisqu'il faut en moyenne 10 à 15 minutes d'attente pour ces zones).
Un groupe en défense, un groupe en "blocage" au milieu de la zone, une équipe d'attaque, et en avant Guingan ! On sait combien il est beaucoup plus palpitant de jouer contre un humain plutôt que contre un perso non-joueur à l'Intelligence artificielle toute relative ;-). Ces batailles permettent aussi d'engranger des points d'honneurs qui donne accès à des titres honorifiques et aussi et surtout à de l'équipement spécial. On verra les futures améliorations que Blizzard ne manquera pas d'apporter dans le futur pour booster l'intérêt du PvP à long terme (patch 1.6 à l'heure où j'écris ces lignes).

Les combats en PvE sont très classiques, on déclenche une attaque corps à corps ou distante en mode automatique, et on agrémente de coups spéciaux et sorts. Comme dans tous les MMORPG chaque classe doit jouer son rôle sous peine de visiter souvent le cimetière. Les combats sont brefs et intenses, on pratique souvent les duos pour terminer rapidement une quête et passer à la suite. D'ailleurs il n'est pas rare de former des petits groupes juste le temps d'une simple mission, pour ensuite se séparer de ses partenaires.
Dans un donjon s'est une autre paire de manche. Un groupe complet (5 joueurs) est requis, avec une coordination parfaite (sauf si un haut niveau nettoie devant vous ;-). Certaines rencontres avec les boss sont scénarisées, ils se permettent par exemple d'appeler du renfort si ca tourne mal. Ces zones instanciées (seul votre groupe est présent, pas de risque de voir des lourdaux vous piquer vos cibles) contiennent bien sûr les meilleurs "loot" du jeu (butin).

Blizzard, créateur de hits depuis 1850 (on est sûr pour la date ?)

L'interface du jeu est très claire et efficace. Heureusement car il n'est pas possible de la modifier, on aurait aimer pouvoir changer la taille de certaines fenêtres (Raid notamment). Il y a quelques astuces bien utiles qui facilitent la communication entre joueurs, on peut par exemple indiquer un point précis sur la mini-map à tous les membres de son groupe (pratique pour faire voir où on veut aller). On bénéficie aussi des "pierres de rencontre" pour l'accès aux Donjons, une inscription sur une liste d'attente qui vous intègre automatiquement au groupe qui s'y rend. Les déplacements sur longue distance sont facilités par les voyages en griffons, il suffit de découvrir le maître griffon de chaque village pour ensuite utiliser ces bestioles volantes.

Il est possible de donner certaines quêtes aux membres de votre groupe, facilitant par là même les rencontres. Enfin un personnage se reposant dans une auberge ou une grande ville bénéficiera d'un large bonus d'XP (200%) pour une durée proportionelle à celle de son repos. Ainsi un joueur n'ayant pas joué plusieurs jours d'affilée rattrapera son retard sur ses collègues plus rapidement.
World of Warcraft mérite son succès. C'est en effet le meilleur MMORPG pour les débutants et ceux qui ne peuvent investir beaucoup de leur temps dans ce genre si prenant. Tout est fait pour simplifier et "adoucir" le gameplay, sans pour autant sacrifier le fun. Intérêt immédiat et progression constante, voila les recettes d'un bon jeu grand public. Maintenant soyons clairs : pour ceux qui pratiquent le genre depuis plusieurs années et qui ont goûté à moult MMORPG avant WoW, ils auront l'impression de jouer à un tutorial ;-) A titre d'exemple je suis déjà niveau 28 en 3 semaines, et sans jouer 7 heures par jour (le niveau maxi est pour le moment fixé à 60). Gageons que Blizzard saura introduire de nouvelles idées pour occuper les hardcore gamers tout en continuant à satisfaire les joueurs du dimanche. En attendant WoW se doit d'être votre premier JdR Online si vous voulez tenter l'aventure sans prise de tête. Pour ceux qui sont déjà engagés sur un autre jeu du même type, pas la peine d'investir.

mercredi 1 juin 2005

Playlist Les Rita Mitsouko


Playlist on SPOTIFY

Elevator   (Système D - 1993)
Hip kit   (Marc et Robert - 1988)
Ailleurs   (Marc et Robert - 1988)
Les histoires d'A.   (The No Comprendo - 1986)
Tu me manques   (La Femme Trombone - 2002)
Harpie et Harpo   (Marc et Robert - 1988)
Le Petit Train - Remix   (Re - 1990)
La Sorciere et l'Inquisiteur   (Cool Frénésie - 2000)
Andy   (The No Comprendo - 1986)
Les Amants   (Système D - 1993)
Mandolino city   (Marc et Robert - 1988)
Stupid anyway   (The No Comprendo - 1986)
Gripshitrider in Paris   (Cool Frénésie - 2000)
Modern Baleine   (Système D - 1993)
Smog   (Marc et Robert - 1988)
C'est comme ca   (The No Comprendo - 1986)
Un soir un chien   (The No Comprendo - 1986)
Marcia Baila   (Rita Mitsouko - 1984)

mardi 24 mai 2005

Panic room

(2002 - Réalisé par D. Fincher) *** Edition Deluxe 3 DVD

Récemment divorcée, Meg Altman emménage avec sa fille dans une luxueuse maison d'un quartier chic de New-York. Elles découvrent que l'ancien propriétaire a bardé le logement de caméras et aménagé une salle entièrement sécurisée, la "Panic Room".

Exercice de style poussé à l’extrême, Panic Room croule sous les références et fait ressortir les tics de son réalisateur : mouvements de caméra improbables à travers la matière et ambiance glacée. On voit bien le pari qu'a essayer de gagner Fincher : tenir 100 minutes de suspens dans un espace confiné.
L'esthétique ultra-léchée ravira les étudiants en cinéma qui veulent une leçon sur la façon de filmer l'intérieur d'une maison. Mais concernant l'intrigue de ce thriller, qui fait du surplace, se délite puis se conclut bizarrement, on repassera. Il reste quelques beaux caractères, Jodie Foster en mère déterminée et Forest Whitaker en brave cambrioleur, et quelques moments de bravoure, lorsque le danger arrive vraiment près des victimes, perdus dans le personnage principal du film : une baraque vide.

jeudi 19 mai 2005

Tout Mr Manatane

(TV : 2003) **** 3 DVD

Le redoutable M. Manatane, une espèce de dandy prétentieux, donne son avis sur tout en général et n'importe quoi en particulier.

Benoît Poelvoorde, l'acteur génial révélé par "C'est arrivé près de chez vous", a commis 2 saisons entières de ce délire pur dans NPA sur Canal +. Né lors de l'émission "C'est pas le 20h" avec les sketchs "Jamais, Au grand jamais" dans lesquels il donnait des leçons de savoir-vivre, le terrible Manatane a ensuite évolué vers son personnage unique collant parfaitement à la folie Poelvoordienne. "Les carnets de M. Manatane" est un régal total avec une galerie de cinglés et des dialogues ciselés, et quelques bonnes "gueules" belges. Même si les têtes de turc ont quelque peu vieillies (Sheila, Lalanne...), c'est toujours avec un certain délice, pervers je vous l'accorde, qu'on se repasse les sketchs cyniques de la chirurgie esthétique, la Mort ou encore du Paris World Quart. Les déjantés "Mutinerie", "Entre Guillemets" ou "Les Muscles" finiront de vous achever !
Même si certains thèmes sont parfois peu porteurs, ou même carrément du pur foutage de gueule basé uniquement sur les talents d'impro de Poelvoorde, les auteurs trouvent l'angle, la situation, le bon mot qui fait mouche. Du grand Benoît ? oui nicolas...

vendredi 22 avril 2005

Around the world in a day (1985)

Dans notre série "Chroniquons un album de Prince 20 ans après sa sortie", voici venu le temps de...


Around the world in a day (1985)

Around The World in a Day
Paisley Park
Condition of the Heart
Raspberry Beret
Tamborine
America
Pop Life
The Ladder
Temptation


World Music.
Alors qu'une pluie de récompenses inonde "Purple Rain", Prince et ses "Revolution" ont déjà la tête ailleurs. Moins d'un an après la sortie de son hit planétaire l'artiste a confectionné une nouvelle production radicalement différente, au grand dam de sa maison de disques. Le changement de cap s'opère par une sélection d'instruments inédits chez Prince, sitars, violes, sonnettes, tambour et oud arabe, pour explorer un style Pop-Folk façon World Music. Cela s'accompagne d'une évolution du style vestimentaire, façon post-Hippie. La pochette est une peinture naïve montrant divers personnages sur fond de paysage bucolique (qui, en s'y attardant, est un nu de femme). 

L'ouverture de l'album sur le titre éponyme en est le meilleur exemple, donnant une ambiance orientale dans une invitation à un trip rêvé autour du monde, pour atteindre un idéal beatnik ("A government of love and music boundless in its unifying power"). 
Tout cela respire le Peace and Love détendu du slibard (ça nous change !), à l'instar des deux titres Pop phares de "AtWiaD" : l’envoûtant "Paisley Park" et le bijou de légèreté "Raspberry Beret". Baignant dans une atmosphère Baba-Cool, avec des textes célébrant la recherche du bonheur et le plaisir du coup de foudre pour une inconnue, on nage dans la pureté innocente. Elle est loin l'époque du string et des attitudes provocantes, et pourtant on reconnait instantanément la patte Princière. 

Un climat psychédélique consensuel qui n'empêche pas l'auteur d'égratigner ses compatriotes. "America", la seule chanson purement Rock de l'album, malmène l'hymne Américain avec un message clairement politisé ("Aristocrats on a mountain climb / Making money, losing time"). Dans "Pop Life" il combat sur un air piano-pop entêtant la sinistrose ambiante en nous avisant de ses conseils éclairés pour faire face à nos problèmes du quotidien et éviter le choix des paradis artificiels ("What U putting in your nose, Is that where all your money goes? / Life it ain't real funky, Unless it's got that pop").

L'émouvant "Condition of the heart" marque une progression significative pour Prince dans l'écriture de ses ballades. Le thème magique au piano est soutenu par une performance vocale étonnante. Sa voix se fait tremblante, laissant transparaître une faille qu'on avait pas l'habitude d'entendre chez le control-freak. L'homme y raconte une nouvelle fois l'abandon amoureux, malgré sa renommée et sa richesse une personne aura toujours d'insolubles problèmes de cœur.
Le dernier titre de l'album, le fébrile "Temptation", est probablement la moins sincère mais la plus spectaculaire déclaration de l'artiste. En mode Luxure sur fond de saxo torride, il commence par faire état de sa condition d'obsédé sexuel. On connaissait déjà l'animal ("Working my body with a hot flash of animal lust", il est chaud-bouillant le Roger !). Mais devant cette overdose de concupiscence, Dieu intervient carrément dans la chanson, sermonnant vertement le malotru qui fini par se repentir et conclu sur un hypocrite "Love is more important than Sex, now I understand". Un beau retournement de veste pour l'homme de "Dirty Mind". Mais c'est surtout la marque d'une prise de conscience d'un garçon de 27 ans qui gagne en maturité.

Avec "AtWiaD", Prince prouve qu'il fait partie des artistes qui créent les modes. Cet album reste un de ceux restituant le mieux son univers, ce mélange improbable de plusieurs genres musicaux portant une identité singulière, celle d'un auteur-compositeur-interprète innovant, en avance sur son temps.

lundi 14 mars 2005

STAR WARS : KNIGHTS OF THE OLD REPUBLIC II - The Sith Lords

Fun 8/10
Technique 6/10
Style Jeu de Rôle
Infos Lucas Arts / Obsidian Entertainment
Minimum Pentium IV 1 Ghz ou AMD Athlon 1500
Solo uniquement
Testé sur : AMD Athlon 2500+XP / 1024 Mo DDR Ram / Radeon 9800 Pro (128 Mo) / Chipset NForce2 / Windows XP


Copier/Coller

Fin 2003 sortait le premier épisode de la série Knights of the Old Republic, dénommée affectueusement KotOR par les fans. Malgré son statut d'adaptation d'un jeu X-Box (avec tous les défauts ergonomiques que cela entraîne sur un PC) ce RPG "StarWarien" avait gagné haut la main le trophée de meilleur Jeu de Rôle Solo grâce à son scénario astucieux (jouant sur deux attitudes opposées entre le Bien et le Mal) et une bonne réalisation technique tout 3D. Et puis aussi parce que l'année dernière sur PC, il n'y avait pas grand-chose d'autre dans la catégorie Jeu de Rôle ;-)
Un an après sa suite nous parvient, quelques semaines seulement après la version X-Boxienne. Vu le délai de développement on sait déjà qu'il ne faut pas s'attendre à de grands bouleversements coté technique, c'est plus un add-on qu'une véritable suite. Les auteurs reprennent donc le même moteur graphique qu'il y a 15 mois, ce qui dans l'univers impitoyable du surarmement PC veut dire : jeu dépassé graphiquement. Prenons la chose du bon coté : même avec une config hardware un peu datée l'amateur pourra pleinement profiter de ce SW : KotOR II. Visuellement on est loin de Chronicles of Riddick, le jeu qui tue la gueule de ce début d'année 2005, mais avec toutes les options à fond (anti-aliasing et anisotropic au max) KotOR II reste fort sympathique à regarder.

Comme pour le premier épisode le joueur aguerri n'aura aucun mal à se plonger dans l'aventure puisque la phase de création de son avatar est réduite à sa plus simple expression. On détermine le look général du perso à partir de gabarits prédéfinis, on sélectionne un des 3 métiers de base qui vont influer sur la progression générale (Gardien, Consulaire ou Sentinelle) et roule ma poule. Pour celles et ceux ayant fini KotOR 1, impossible de reprendre ces anciens persos, pour des raisons évidentes de surpuissance digne de Yoda ;-)
Le point de départ de l'aventure ressemble trait pour trait au scénario du premier épisode. Cinq ans après les événements du N°1, un brave péquin reprend connaissance dans un vaisseau spatial à la dérive. Complètement stone, il n'est heureusement pas seul. Rapidement quelques acolytes se joignent à lui, un p'tit robot utilitaire un peu cheap, une vieille femme assez mystérieuse puis un soldat grande gueule. Mais au dehors l'univers est en proie au chaos et l'ordre Jedi sur le point de disparaître. Quel suspens, j'en ai la glotte qui frétille. Vos premiers pas vous feront prendre conscience que vous êtes une fois de plus le caractère central d'une intrigue interstellaire mettant en jeu le destin du monde. Qui suis-je ? Où vais-je ? Dans quel Star Wars ère-je ? Mais qu'est-ce que c'est que cette galère ? Ce sera à vous d'en décider. A ce propos, vous êtes plutôt "ailes blanches" ou "queue fourchue" dans le dos ?

Paroles, Paroles, Paroles (air connu)

Dans la grande tradition manichéenne de tonton Lucas, votre personnage va lentement mais sûrement déterminer son alignement moral. Ceci s'effectue principalement lors des (très) nombreuses discussions que vous aurez avec les membres de votre groupe et dans vos choix pour résoudre les quêtes qui parsèment votre chemin. Et pour causer ça cause. En envoyant chier tout le monde, en choisissant toujours la voie du combat pour résoudre les conflits, en étant systématiquement cupide lorsqu'on vous propose des missions, vous basculerez à coup sûr du coté obscur. Si au contraire vous aller bien gentiment chercher dans l'arbre le chat de la veuve et de l'orpheline et que vous ne dépassez pas les 130 Km sur auroroute, vous gagnerez tranquillement vos gallons de Jedi Luminescent (et comme l'ours Luminou, dans le noir, on peut le voir ;-).
Encore plus que dans l'épisode précédent les conversations avec vos camarades concernant leur passé vont influer sur votre état, et vice-versa. Si vous jouez les gros salopards vous verrez votre allure physique se dégrader (teint verdâtre, veines bleues, yeux rouges, etc) ainsi que celle de l'ensemble du groupe qui se mettra au diapason !
Les systèmes du jeu restent identiques. On retrouve la simplissime gestion basée sur le D20, les caractéristiques (Force, Intelligence, etc) sont notées sur 20, les actions du joueur en combat sont résolues en effectuant des jets de dés virtuels à chaque mouvement, ceci étant bien sûr transparent pour le joueur. Hors des affrontements l'ordinateur scrute constamment vos dons et compétences pour offrir des options supplémentaires suivant vos capacités (choix de dialogues, déverrouillage de coffre ou de portes, meilleurs soins, etc). Les compétences sont grosso modo les mêmes que précédemment et toujours aussi utiles pour franchir certains challenges (Informatique, Discrétion, Démolition, Déminage...). En spécialisant chacun des membres de votre team vous bénéficierez à chaque instant d'un large choix d'options : pirater une console de contrôle, se faufiller discrétement pour poser des mines près d'un ennemi, etc.

Idem en ce qui concerne les Dons (maniement des armes, port des armures, attaques spéciales et autres bonus de compétences), toujours classé en niveaux de puissance. Il vous faudra attribuer des rôles précis à vos potes et les équiper en conséquence (toujours 3 persos maxi dans l'équipe). Untel sera expert en gunfight à distance, un autre maitrisera des attaques destructrices contre les droïdes, un troisième adepte de la Force pourra manipuler deux sabres-laser simultanément. Et puisqu'on parle de cette arme mythique, voyons d'un peu plus près le cas de nos amis Jedi. Le studio de développement Obsidian a eu la bonne idée d'équilibrer les pouvoirs et d'en proposer quelques inédits. Toujours classés selon trois catégories (Universels, Lumineux, Obscurs) les pouvoirs de la Force sont primordiaux en combat pour vaincre des groupes adverses nombreux ou des Boss. Accompagnés des effets spéciaux qui vont bien, leur utilisation est toujours un régal. Ca fuse, ça pulse, ça fume ;-)

J'apprend le français avec Les Chevaliers de la République Vieille des Guerres de l'Etoile.

La chose la plus irritante avec ce nouveau KotOR est que c'est visiblement la même équipe qui s'est occupé du passage en français. Certaines des traductions sont complétement farfelues ou simplement littérales, ce qui plombe l'ambiance. Les doublages aussi manquent quelquefois de conviction, les "acteurs" qui font les voix semblent avoir enregistré les dialogues complètement hors-contexte. C'est vraiment dommage pour l'immersion du joueur et surtout vis-à-vis du scénario qui rend un bel hommage à la saga lucasienne. Le Jedi "déchu" que vous incarnez en début de partie devra effectuer de vrais choix moraux pour suivre sa voie, quelle soit lumineuse ou obscure. Il ne suffit pas d'être simplement désagréable et de tuer tout le monde pour atteindre le stade ultime du coté obscur. Cela demande un peu de subtilité, de la même façon que pour devenir un chevalier Jedi plus blanc que Luke il ne suffira pas d'acquiescer niaisement à tous les ordres. Grâce à la jauge d'alignement vous saurez en permanence au courant de votre évolution.
L'interface a été améliorée, les menus sont présentés de la même manière que dans le N°1 mais cette fois-ci en plein écran. Ils sont donc plus lisibles qu'avant, même si toute l'ergonomie est malheureusement pensée en priorité pour une console (exclu X-Box oblige). Des filtres automatiques pour classer les objets et les quêtes en cours sont également mis en place pour trouver plus rapidement ce qu'on cherche. On voit immédiatement si un coffre ou une armoire ont déjà été visité et si un objet est équipé ou non. C'est heureux car de l'équipement vous allez en bouffer dans KotOR II. Avec 10 compagnons au total il en faut me direz-vous. Alors qui va porter les gants en laine de tata micheline ? ;-)
Dans la série bricolo-bricolette on assiste au grand retour de l'Atelier. Cette fois-ci non seulement vous pourrez ajouter diverses pièces détachées à vos armes et armures pour les améliorer mais en plus vous pourrez fabriquer des diverses potions grâce à la partie "Labo de Chimie". Rien de vraiment révolutionnaire puisqu'il s'agit de "décomposer" les objets qui encombre votre inventaire pour ensuite les "remodeler" en nouveaux objets plus utiles pour vous. Dernier point les petits jeux d'arcade anecdotiques sont toujours présents : jeu de cartes du Pazaak, course de Fonceurs, et l'inédit mais très con "Jeu de tir à la tourelle". Mis à part le Pazaak qui est marrant à petites doses régulières, n'importe quel vrai joueur d'action sera évidemment pris d'un fou rire moqueur devant ces chefs d'oeuvre de vacuité vidéo ludique.

Finissons sur une note positive. The Sith Lords propose un excellent challenge dans la droite lignée de l'épisode précédent. Le principe reste inchangé puisque vous visiterez diverses planètes avec à chaque fois la découverte de décors et de personnages aux cultures variées qui vous donneront une palanquée de missions. Le jeu est accessible à toutes les configs hardware d'aujourd'hui et d'hier (et même avant-hier !), ce qui est une bonne nouvelle pour l'amateur de jeu de rôle solo désargenté (salut à toi, ami étudiant ou chômeur). En plus KotOR II vous fera patienter jusqu'à la sortie de l'épisode III au cinoche (Mai 2005), puisque vous pourrez y jouer deux fois pour tester les deux cotés de la Force. "Huuuurrhhhhhhh" aurait dit Chewbacca. Et il aurait bien raison.



Jeu fini :
Comptez près de 40 heures de jeu pour finir KotOR 2, sachant que le dernier tier s'avère trop facile dès que vous atteignez le titre de Seigneur Sith (si vous jouez "oh le vilain") ou Maître Jedi (pour les adeptes de disney). En effet les pouvoirs de la force auxquels vous avez accès rendent les combats trop aisés, surtout du coté obscur. Reste donc une histoire très intéressante et un bon nombre de missions annexes qui permettent à ce RPG StarWarien de se classer parmi le top 3 du genre pour cette année par ailleurs très pauvre en RPG Solo. On pourrait peut être améliorer encore l'ergonomie générale et booster les graphismes pour un éventuel KotOR III ? merci Lucasarts.

jeudi 3 mars 2005

Les racines du mal (Maurice Georges Dantec)

France, 1993. Dans le crane d'Andreas s'agitent des pensées macabres. Il se sent persécuté, on en veut à sa vie car il a mis à jour le complot d'extraterrestres. Il fini par se convaincre de fuir, massacrant tout alien-nazi sur son chemin. Son parcours sanguinaire à travers le pays sera retracé par des scientifiques usant d'une technologie expérimentale, un ordinateur capable de simuler le cerveau humain. Ils découvrent ainsi que le tueur fou n'est pas seul.


Le coup du polar qui nous met dans la tête d'un tueur en série, ce n'est pas nouveau. Ce qui l'est c'est le traitement atypique de Dantec. D'abord parce que l'histoire du psychopathe Andreas Schaltzmann et du cogniticien Darquandier qui le traque n'est qu'une partie d'un ensemble plus vaste (qu'on ne peut dévoiler ici sans gâcher la surprise). Ensuite, grâce au style Dantec : capable de décrire les scènes les plus ignobles et d'expliquer en détail des concepts abstraits de métaphysique ou d'Intelligence Artificielle, avec une cadence d'écriture asphyxiante. Il y a aussi son habileté à intégrer les clichés du Film Noir comme le personnage de Svetlana, la scientifique Russe forcément très belle et très intelligente, dont Darquandier tombe naturellement amoureux. Cela ne cache pas une vision pessimisme de la nature humaine, derrière le thriller et l'enquête se développe une réflexion acerbe sur la société du 20e siècle.

mardi 1 mars 2005

XENOSAGA EPISODE II - Jenseits von Gut und Bose

Fun 8/10
Technique 7/10
Style RPG Futuriste
Editeur / Langue Namco - Monolith Software / Import USA
Infos 2 DVD / 1 joueur / Carte mémoire 34 Kb / Digital & Analog Control / Vibration Fonction



Warum ?

Achtung baby ! Voilà l'épisode II de Xenosaga, suite directe du premier opus, le RPG Futuristo-Métaphysico-Nippon. Après le "Pouvoir de la volonté" (sous-titre allemand de XS1), voici venu "Au-delà du Bien et du Mal". Une phrase à apprendre tous les deux ans dans la langue de Richard Wagner, le rythme me convient ;-) On le sait l'ambition des auteurs de la série Xenosaga est de réaliser une grande fresque épique s'étalant sur six chapitres. Ceci impliquera probablement un changement de plateforme, vu le rythme de sortie (prochains épisodes sur PlayStation 3 ?).
Nous avions quitté la scientifique Shion et ses cyber-gonzesses Kos-Mos et Momo il y a deux ans dans un état de nerf indescriptible. L'univers était envahi par les terrifiants Gnosis, fantomatiques extra-terrestres belliqueux semblants échappés de Final Fantasy Le Film. Le Zohar, mystérieux artefact tout droit sorti de "2001 : l'odyssée de l'espace", demeurait l'ultime solution au conflit. La guerre était totale, le suspens à son comble, la tension insoutenable… Bon j'en fais un peu trop, mais les bons RPG étant toujours si rares sur PS2, on est bien obligé de faire avec ce qu'on a.

Même s'il n'est pas possible de reprendre ses personnages du jeu précédent (trop puissants bien sûr), Monolith Software récompense les joueurs du N°1 avec quelques bonus. Quelques points de compétence supplémentaires et des costumes inédits si vous démarrez une nouvelle partie depuis une sauvegarde de l'épisode I. C'est toujours ça de pris et ça aide pas mal au démarrage. Passé la longue intro cinématique les premières heures de jeu se focalisent sur Junior et Momo, le gamin issu de manipulations génétiques et la fillette Realian (robot imitant l'humain). Par la suite on retrouve avec plaisir le reste de la fine équipe, Ziggy le cyborg mélancolique, Chaos le mystérieux killer de Gnosis, Kos-Mos la Terminatrice et Shion Uzuki, le personnage central de XS1 et seul être 100% humain de l'équipe. Son frère rejoint d'ailleurs le groupe en début d'aventure. On en apprend plus sur l'enfance de Junior, alias N° 666, alias Rubedo (quand je vous disais que le scénar était compliqué !). De nombreux flashbacks coupe l'action et permettent d'en savoir plus, sachez cependant que si vous n'avez pas joué à Xenosaga I vous serez complètement paumé. On part aussi à la recherche d'informations vitales sur le Zohar cachées dans la mémoire de MOMO (Multiple Observative Mimetic Organicus). Damned, j'en ai déjà mal au crâne !
L'évolution graphique est très sensible entre "Der Wille zur macht" et "Jenseits von gut und bose". La 3D a été améliorée en ce qui concerne les personnages "ingame". Ils apparaissent plus réalistes, plus "occidentaux" pourrait-on dire. Concernant les décors c'est un peu moins visible, mais l'ensemble est moins carré me semble-t-il. Ceci se ressent aussi dans les séquences en images de synthèse, très nombreuses dans les premières heures. Même si elles sont globalement plus "léchées" elles n'atteignent cependant toujours pas le top niveau en la matière sur PS2 (mais peut-on lutter contre l'armada de développeurs de Square Enix ?). Coté design général je note aussi le look génial des Mechs (robots géants superbes !) contrasté par une certaine fadeur dans les couleurs (c'est vrai que les RPG Jap nous habitue aux coloris flashy). Ces quelques améliorations cosmétiques bienvenues masquent en vérité un remaniement en profondeur des différents systèmes de jeu.

Rien ne change, tout se transforme

Le principe du jeu reste inchangé. Exploration, combats, cinématiques. On se ballade dans des décors dont certains éléments peuvent être détruits pour faire apparaître des objets ou des portes cachées, on discute avec les passants pour faire avancer l'histoire. Les personnages sont définis par les caractéristiques de base du RPG. La Force et la Vitalité pour l'attaque et la défense physique, L'Ether Attack et l'Ether Defense pour la magie, la Dextérité et l'Evasion pour les chances de toucher et d'éviter une attaque, et enfin l'Agilité qui détermine la rapidité du personnage. Coté équipement on est réduit au minimum syndical : on attribut seulement un "costume" à chaque perso, le reste est géré par les "Skills".
Ce second chapitre permet aux auteurs de reprendre complètement la gestion des compétences. Le système de combat est lui aussi sensiblement modifié. Après chaque affrontement vos personnages gagnent des "Skill Points" et des "Class Points" contre les Boss, en plus des points d'expérience pour grimper en niveau. Les Class Pts s'acquiert donc plus difficilement et sont indispensables pour se spécialiser dans une catégorie de Techniques d'attaque ou de défense (Equip Skills), dans les sorts magiques (Ether Skills) ou simplement pour augmenter ses caractéristiques (Learned Skills). Par exemple pour accéder au premier sort de soin (Medica) il faudra dépenser 300 Class Pts en "Class A" (il existe huit classes) puis acheter "l'Ether Skill" Medica pour 200 Skill Pts (quatre Skills par Classe). Une fois une classe maîtrisée, c'est-à-dire toutes les skills de cette classe apprises par un perso, on accède à un niveau supérieur avec huit nouvelles classes possédant chacune quatre Skills inédites. Sachant qu'il y a quatre niveaux à masteriser, il y a pléthore de Skills pour vous amuser !

La nouveauté est que tous les personnages peuvent apprendre n'importe quelle compétence ou sort, du moment qu'ils ont suffisamment de points pour les acheter. Pas de chemin d'apprentissage prédéfini ? Attention à ne pas dépenser vos points durement acquis n'importe comment. L'astuce qui tue est qu'il faut bien étudier les caractéristiques de base des persos afin de voir dans quelle discipline chacun sera plus efficace ! Et oui, derrière l'apparente liberté totale de choix se cache en fait une gestion rigoureuse de ses petits champions. Ziggy est par exemple particulièrement balaise en Force, alors que Momo l'est en Ether. Quelles compétences allez-vous donc leur attribuer ? Le choix est vaste vu la quantité de skills disponibles, dont certaines sont cachées (à débloquer lors des quêtes annexes, nous y reviendront).

Les batailles sont optimisées : les auteurs introduisent un concept de zone d'attaque et modifient les conditions de "Boost". Les ennemis sont visibles à l'écran, le joueur sait donc quand il va entrer en mode "fight". Les combats se déroulent au tour par tour. Vos trois personnages ainsi que leurs opposants prennent chacun leur place dans une file d'attente suivant leur Agilité puis obtiennent une liste d'actions lorsque leur tour vient. Trois boutons du Pad sont dédiés aux attaques physiques selon la zone visée, haute, moyenne ou basse (nommée simplement A, B ou C. pas vraiment inspiré les auteurs). Un personnage ne pouvant en règle générale effectuer que deux attaques par tour, il faudra combiner ses coups (AA, BB, AB, BA, C ? ;-). Chaque type d'adversaire possède un point faible qu'il vous faudra découvrir en mixant différentes zones d'attaques. Le but étant en définitive de réaliser un coup critique ("Break") qui vulnérabilise l'ennemi pendant un tour. Le dernier bouton du Pad fait apparaître un menu permettant d'utiliser un objet, de lancer un sort Ether ou de réaliser une combo avec un camarade (Duo en attaque physique ou en Sort).
Le "Boost" d'un personnage permet de le placer directement en tête de la file d'attente, quelque soit sa position précédente. Une jauge se remplie à chaque action et stock un "Boost" une fois pleine (trois maximum). Ainsi lorsqu'un ennemi sera vulnérable (suite à un "Break" par exemple), on pourra immédiatement lui asséner un coup dévastateur en boostant les coéquipiers. Au final cela donne des combats nerveux et assez tactiques, il faut savoir patienter pour accumuler ses "Boosts" et les placer au bon moment, d'autant plus qu'il est nécessaire d'anticiper ceux des adversaires ! Ajoutons à cela des effets aléatoires qui changent à chaque tour au sein d'un combat (Dégats des sorts augmentés, Bonus en Skill pts pour un adversaire tué, jauge "Boost" accélérée, etc) et des modifications de status (aveugle, empoisoné, ralenti...). Vous voyez qu'il y a de quoi faire, n'est-ce-pas ?
Comme je l'ai dit en intro les Mechs sont toujours présents pour notre plus grand bonheur. Même si leur rôle est quelque peu anecdotique (comme dans l'épisode I à vrai dire), leur design est vraiment excellent et les utiliser en combat procure un sentiment de puissance extrême ;-) Les effets spéciaux, améliorés pour l'occasion, donnent un festival de gerbes d'étincelles et d'explosions en tout genre. Ne manque plus que quelques "Corno-fulgure" ou "Astéro-Hache" et ce sera le pied total.

Le lapin et le bon samaritain

On avait eu droit à une avalanche de mini-jeux arcade pour XS1 (machines à sous et poker). Namco change de cap en proposant de nouvelles quêtes de recherche plutôt marrantes. C'est le retour du lapin géant de l'U.M.N. (l'Internet du futur dans Xenosaga). Et oui, ça fume toujours la même moquette chez Monolith Software ;-) Cette fois-ci vous allez endosser le rôle de bon samaritain dans le cadre d'un vaste programme d'aide à la population. Au fur et à mesure de vos pérégrinations vous rencontrerez certains habitants qui vous confieront des tâches variées (faire le facteur, tuer un nombre défini d'ennemi en un temps limité, compléter un puzzle, etc). Plusieurs dizaines de ces mini quêtes sont disponibles, toujours facultatives mais donnant des Skills cachées sympathiques. Coté exploration on continue avec les missions "Segment" de XS1. Rappelons qu'elles consistent à trouver des clés numérotées et les portes correspondantes pour obtenir des bonus très utiles. Toutes ces quêtes annexes distrayantes allongent grandement la durée de vie d'un jeu qui sinon ne serait qu'une suite de cinématiques et de combats.

La version US de Xenosaga Episode II propose des dialogues parlés corrects, sans plus. Certains acteurs manquent parfois un peu de conviction, mais on sait combien il est difficile de trouver le ton juste dans un jeu japonais (les voix nippones sont pratiquement constamment super énervées ou exaltées, question de culture ;-). La bande sonore est remarquable, que ce soit au niveau bruitages ou musiques. Les thèmes symphoniques collent idéalement au scénario ambitieux de cet RPG.
Par les thèmes religieux et philosophiques qu'il aborde, par la profusion de ses intervenants, par sa volonté de mettre le fond et la forme à des niveaux semblables, Xenosaga Episode II ne s'adresse pas au grand public. Si vous cherchez un jeu de rôle efficace faisant la part belle à l'action, inutile de vous attarder sur l'épopée de Namco. En pointant du doigt quelques questions existentiels (qu'est-ce qui défini l'Homme ? La science s'oppose-t-elle à la religion ?), ce jeu s'adresse aux adultes et aux passionnés. Il quitte les sentiers balisés des RPG traditionnels en mettant en scène des personnages à des années-lumière des archétypes manichéens qu'on nous présente quasi constamment sur console. Le revers de la médaille est que le temps de jeu effectif est fortement diminué dans la première partie de XS2. Lors des 10 premières heures on assiste presque à un film entrecoupé de sessions jouables ;-) Pour rendre leur jeu plus abordable les auteurs devraient sans doute mieux équilibrer les passages "explicatifs" en les intégrant au sein de l'action (comme dans les films hollywoodiens).

Pour conclure, dans le vide intersidéral des RPG de la Playstation 2 (un bon RPG tous les 6 mois !), l'amateur ne peut refuser cette excellente production. Certes il s'agit d'un import US (puce nécessaire pour jouer sur une PS2 française) mais si vous êtes un professionnel du jeu de rôle vous savez que c'est indispensable de nos jours. Xenosaga Episode II affine son style (graphiquement et dans ses systèmes de jeu) et s'avère être une bonne évolution de son grand frère. Gageons que le suivant sera parfait ;-)



Jeu fini:
Soyons clair j'ai un peu décroché du scénario en cours de route. Trop de persos, trop de complications. On me dira qu'il est normal d'avoir une aventure complexe pour une saga s'étalant sur autant d'épisodes ! Mais ne perdons pas de vue qu'il s'agit tout de même d'un jeu. Heureusement les quêtes du "Bon samaritain" et la recherche des Skills cachées occupent une bonne douzaine d'heures, sans quoi la durée de vie aurait été d'environ 20 heures. Un peu léger pour un jeu sur 2 DVD. Reste aussi un système de combat très bien pensé qui privilégie la technique au détriment du bourrinage, c'est assez rare pour être noté. Ce second volet nous laisse dans l'expectative : après l'affrontement entre Junior le "Little Master" et son frère, on assiste à la capture du Zohar par de bien mystérieuses entités cosmiques. To be continued...