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| Obi-wan, très en forme au réveil... |
Introduction pour mironton.
Continuons notre remaniement superfétatoire des scénarios de la nouvelle trilogie Star Wars. Une révision dont vous pourrez trouver les causes dans les épisodes précédemment publiés.
Au moment de la sortie de l'épisode II, en 2002, chacun espérait chasser de son esprit les tourments occasionnés par l'opus antécédent, on pensait naïvement que le vieux George s'était ressaisi, que l'extrême lourdeur de la Menace Phantom n'était qu'une pénible mise en place destinée à mettre en valeur la feu-d'artifistique Guerre des étoiles à laquelle nous allions assister, nous les trentenaires tremblants et suintants sous l'émotion juvénile et notre casque Vador en plastique.
Mais il fallut bien vite déchanter en constatant que les mêmes couilles venaient se fracasser dans l'imbuvable potage concocté par Darth Lucas.
Quels sont les enjeux de l'épisode II, L'attaque des Clones ? Simples, à priori. La conspiration de Palpatine d'un coté, qui manigance avec son armée de Clones, et de l'autre l'histoire naissante entre Anakin et Padmé. Politique et Amour, on peut penser que n'importe quel étudiant en Cinéma peut s'en sortir avec des sujets aussi universels.
Pas pour George Lucas-noisettes.
Si vous avez manqué le début... (vous avez de la chance)
Le vil Lucas se prend les pieds dans le tapis dès les premières images de L'attaque des Clones. Patatras ! la Reine Amidala meurt dans un attentat ! Heureusement il ne s'agit que d'une doublure, qui n'a rien à voir avec les Clones du titre, par ailleurs. Pas de bol pour Padmé, la seule fois où il lui arrive quelque chose, c'est son double qui prend.
C'est tout le drame de ce personnage qui, à l'instar d'Anakin dans l'épisode précédent, n'est pratiquement jamais moteur de l'action. On va lui imposer une escorte pour la protéger, elle va servir d'appât pour être la cible d'un assassinat (est-il judicieux de risquer de sacrifier la vraie Padmé alors qu'elle a tellement de leurres à disposition ?), on va alors l'obliger à rentrer sur sa planète natale pour se cacher (drôle d'idée pour une planque), où elle va batifoler dans les champs avec Anakin au mépris des plus élémentaires règles de protection (bonjour le garde du corps !). Sa seule initiative est de tenter d'aller délivrer Obi-wan, ce faisant elle se jette directement dans les griffes du Comte Dooku. Bien ouèj, Padmé !
Le problème du traitement de Padmé n'est pas un cas isolé. Le même souci s'applique aux relations d'Anakin avec Obi-wan, à son histoire d'amour avec Padmé, ainsi qu'à l'intrigue dévoilant les fameux Clones du titre.
Avec l'épisode II nous voici parvenu au milieu du gué. Le spectateur est censé connaître les protagonistes mais nous ne savons rien des détails de l'amitié entre le Chevalier Jedi et son apprenti. Ce paramètre est expédié en 30 secondes, montre en main, lors de la scène d'introduction des deux "amis". Obi-wan et Anakin discutent dans l'ascenseur qui les mène aux appartements de Padmé, c'est durant ce bref échange qu'on résume dix années de franche camaraderie par une simple anecdote. Par la suite et pendant tout le film, Anakin ne cessera de remettre en cause l'enseignement de son maître, se plaignant de lui ouvertement et désobéissant aux ordres.
Obi-wan, quant à lui, reste marmoréen dans son rôle de Chevalier Jedi. Sauf lorsqu'il perd son calme face à son impétueux Padawan qui lui prend la tête à la moindre occasion. Mais bon, il parait qu'ils sont "potes". Si, si, on vous l'a dit dans l'ascenseur.
Après la seconde tentative de meurtre de Padmé, Obi-wan va finir par péter les plombs en se jetant par la fenêtre pour s'accrocher à un robot volant tout riquiqui. Pour un Chevalier Jedi préconisant sans arrêt la pondération à son apprenti, voila un réflexe indigne de lui, n'est-ce pas ?
Cette séquence dans Coruscant est tellement incongrue qu'elle soulève une tonne de questions qui resteront à jamais sans réponses : pourquoi l'assassin, qui se montrera excellente sniper par la suite, utilise des gros mille-pattes pour tuer Padmé ? Puisqu'elle sait où se trouve sa cible, pourquoi ne pas simplement la shooter à distance ? Viser une cible endormie ne devrait pas lui poser de problème. Mieux encore, pourquoi Jango Fett, le commanditaire, ne balance-t-il pas une de ses fameuses roquettes par la fenêtre, lui dont c'est le métier et qui en plus dispose d'un jet-pack pour s'enfuir ? Pourquoi les deux Jedis abandonnent-il la protection de Padmé, leur mission prioritaire, pour suivre un rudimentaire robot volant ? Pourquoi la Changeling, après avoir semé Obi-wan dans le night-club, tente-t-elle de le tuer alors qu'il a perdu sa trace ? Elle pourrait au moins utiliser sa capacité étonnante pour changer de visage et tromper le Jedi. Et pourquoi, saperlipopette, les deux Jedis ne poursuivent-ils pas Jango Fett lorsque celui-ci exécute l'assassin sous leurs yeux ?
Au final cette première scène d'action laisse un sale goût sur nos papilles gustatives délicates. Ça sent l'arnaque. Ce n'est qu'un début, braves gens, la plupart des séquences d'action vont crescendo dans le foutage de gueule, jusqu'à l'apothéose avec l'ignoble partie de cache-cache sur une chaine de montage de robots (un hommage inconscient au Temps Modernes de Charlie Chaplin ?) suivie par l'improbable scène de l'arène saturée de sabres-laser multicolores (la réponse malhabile de Lucas au Gladiator de Ridley Scott ?).
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| Poupée de cire, poupée de con |
L'amour est dans le pré virtuel
Si Jar Jar Lucas a perdu la main concernant une mise en scène efficace, peut-être parvient-il à nous émouvoir ? Après tout, la passion amoureuse fait aussi partie de l'univers Star Wars. Le fan de la trilogie originale se souvient toujours, le visage empourpré par un sentiment diffus, du baiser fougueux échangé entre Leia et Han à la fin de l'épisode V.
La préquelle est construite autour du fait qu'Anakin Skywalker va tomber amoureux. Il est par conséquent primordial de montrer sa rencontre avec Padmé, et comment les deux tourtereaux sont attirés l'un vers l'autre. Deux options s'offrent à George L'Aigrefin : édifier patiemment, par touches subtiles, les éléments qui vont pousser les protagonistes à se déclarer mutuellement leur flamme; Ou bien choisir de leur imposer leur destinée, envers et contre tous les événements, sous le prétexte fallacieux de l'indicible pouvoir de la Force.
A votre avis qu'ont sélectionné les pontes de l'entreprise Lucas LTD ?
Anakin n'est jamais vraiment sympathique lorsqu'il est en présence de Padmé. Il se plaint de son statut de Padawan, argumente sèchement face à ses décisions, et même lorsqu'il se retrouve à Venise (pardon, Naboo) en tête-à-tête avec sa dulcinée, il lui confie ne pas aimer les politiques. Encore mieux, il abhorre la Démocratie et à demi-mots fait l'apologie des dictatures, tout ce qu'il faut pour séduire à coup sûr une Sénatrice de la République. Pour finir il ira jusqu'à lui confier avoir massacré des dizaines d'hommes, femmes et enfants. Voila qui rassure certainement une femme saine d'esprit !
Que fait Padmé de son coté ? Elle commence par se moquer gentiment d'Anakin, lui rappelant qu'elle verra toujours l'enfant en lui (elle sait flatter un homme, y'a pas à dire). Plus tard elle lui avoue son trouble mais ne veut pas s'engager parce qu'elle est... Sénatrice ?! Qu'un Jedi rechigne à abandonner son apprentissage quasi-monacal, soit. Son Ordre interdit le mariage, d'ailleurs. Mais pourquoi une jeune femme célibataire, attirante et intelligente, devrait renoncer à l'amour sous prétexte qu'elle fait de la politique ? Si elle ne souhaite pas "tenter" Anakin, pourquoi ne pas le renvoyer immédiatement à sa formation de Jedi, le sabre entre les jambes ?
Bref, après deux heures de tergiversations, le couple se marie parce que c'est
la volonté de Lucas leur destin. Tous les experts en effets spéciaux ont beau balancer leurs décors romantiques les plus fastueux, le scénariste abuser de tous les clichés du genre (et que je me roule dans l'herbe, et que je papote au coin du feu, et que je t'avoue mon amour parce que je crois que je vais mourir), personne n'est dupe. C'est un nouveau fiasco.
Columbo ou Colombin ?
Il nous reste à aborder le dernier point essentiel de l'Attaque des Clones : les Clones, justement.
L'intrigue menant à la découverte de la fameuse armée de la république est aussi capillo-tractée et inintéressante que les manœuvres de couloir du glacial Palpatine dans La Menace Phantom. L'enquête d'Obi-wan pour découvrir la planète où sont "fabriqués" les Clones est digne d'un épisode de l'inspecteur Columbo. Tout le monde connait le coupable dès le début. Mais pire, Lucas-sassin en profite pour saccager un peu plus la mythologie Star Wars.
Expliquons-nous.
Obi-wan découvre l'existence de la planète Kamino (grâce à la fléchette empoisonnée lancée par Fett pour tuer sa partenaire assassin, vous suivez ?). Pas de trace de Kamino dans les archives du Conseil, censé être l'ultime Google du futur. Même l'ancêtre Yoda et ses collègues vieux de plusieurs centaines d'années n'en connaissent pas l'existence. On assiste alors à une scène d'anthologie présentant un petit groupe de gamins à peine sortis de maternelle, suivant un cours d'initiation à la Force avec des jouets sabres-laser, le visage masqué par un casque opaque, comme Luke dans une fameuse séquence de l'épisode IV. Un des moutards explique alors que si Kamino n'est pas dans les archives, c'est que quelqu'un l'a effacée (pas con, le gosse). Qui ? Comment ? Pourquoi ? on ne saura jamais.
En dehors de son inutilité ce passage particulier nous confirme que Mister Lucas se goure complètement concernant la Force et les Jedis. Dans l'épisode I il tentait d'expliquer scientifiquement le pouvoir de la Force, en comptant la présence de mickeline-nonrien ah merde! midi-chloriens dans un individu, cassant la magie du concept initial.
Dans l'épisode II on nous impose l'idée que des marmots sont entrainés dès leur plus jeune âge à devenir Jedi. Comment peuvent-ils appréhender les notions de bien et de mal, de paix et de justice, de compassion ? Que peuvent-ils savoir, du haut de leur cinq ans, du célibat et du coté obscur ? oh que voila une détestable interprétation ! D'un illogisme total au regard de tout ce qui nous est expliqué dans la trilogie classique, la raison de sa présence est en vérité aussi évidente que tragique :
La seule variable prise en compte ici par George l'épicier est la possibilité de vendre aux consommateurs toujours plus de merchandising. Il croit s'adresser directement à son cœur de cible, le mioche, en l'intégrant dans son film pour pouvoir lui vendre un maximum de gadgets. Mais là aussi il se trompe : un enfant ne rêve pas d'être un enfant, il veut être le grand héros qui va botter le cul des méchants.
Cette erreur de boutiquier se répète plusieurs fois dans la nouvelle trilogie. Vouloir contenter tout le monde, du vieux nostalgique hardcore jusqu'au bambin fan de Disney, est un pari quasi-impossible. Habiller Padmé comme une poupée ne suffit pas à intéresser les petites filles, mettre Samuel L. Jackson dans son film ne garanti pas un succès auprès des populations noires, et les gesticulations de Jar Jar Binks ne font pas des épisodes I et II de poilantes comédies (en tout cas, pas intentionnellement).
Arrêtons le tir pour aujourd'hui, le temps est venu pour nous de plonger dans l'épisode II alternatif que je vous propose humblement.