lundi 25 août 2014

Mais finalement, ça raconte quoi Matrix ? (Episode 3)

Matrix Revolutions

Aux quelques courageux lecteurs et téméraires lectrices parvenus jusqu'ici, j'adresse mes sincères remerciements. Le souffle court et les yeux rougis par l'émotion et la tartine de textes qu'il a fallu se fader, nous allons ensemble aborder valeureusement l'épilogue de notre décorticage obsessionnel de la trilogie Matrix.

Onze ans après sa sortie au cinoche, il était temps.

Avant d'entrer dans le vif du sujet, du verbe et du complément, rappelons-nous comment nous sommes arrivé aux portes de l'épisode 3.
Au fil de la narration nous avons déterminé deux niveaux de lectures du scénario.

Au premier degré la symbolique religieuse de l'oeuvre montre le combat du Sauveur, Néo l'élu unique, contre les puissances du mal, les Machines, leurs Sentinelles et leurs Agents. L'Oracle prédit sa destinée, la réalisation de la prophétie qui doit mettre fin à la guerre et libérer l'humanité. Dans sa quête Néo et ses disciples doivent non seulement affronter les Machines, mais également les sbires d'un exilé, le Merovingian, et Smith, ancien Agent que Néo a libéré des Machines. Ce dernier apparaît comme la parfaite antithèse du héros, Néo représentant la figure du Christ, unique, et Smith l'Antéchrist, multiple.
Mais le retour de l'élu à la Source de la Matrice, censé accomplir la prophétie, dévoile une bien cruelle désillusion. Il s'agit d'une manipulation des Machines. La fin de l'épisode 2 montre que la prophétie devra se réaliser dans le monde réel : l'élu y découvre ses pouvoirs surnaturels en ressuscitant Trinity et en stoppant les Sentinelles par la seule force de sa volonté.

En suivant une analyse cartésienne, nous savons déjà que les deux mondes présentés sont virtuels, l'un situé dans le présent, l'autre dans le futur. Cette approche, déjà validée par la résurrection de Néo à la fin de Matrix, est confirmée dans Reloaded par trois événements survenant dans le monde soit disant "réel" : le programme Smith s'incarne dans un humain, Trinity ressuscite et Néo stoppe les Sentinelles par un miracle. Ceci ne peut s'expliquer rationnellement, à moins de considérer que la réalité s'échappe sans cesse, n'existe pas sinon à un "niveau" inatteignable pour les protagonistes du film.

Les indices laissés tout au long de l'épisode 2 donnent une pléthore de clés pour comprendre les rôles de chacun des protagonistes.  Qu'ils soient d'une simulation ou d'une autre, tous sont des programmes remplissant leur fonction :
Néo est la 6e incarnation d'une "anomalie système" nécessaire aux Machines pour conserver le contrôle. Il est aidé par Trinity, l'Esprit Sain dans la foi Chrétienne (sa muse qui l'inspire) et par Morpheus, Dieu Grec des Songes Prophétiques (qui lui prédit sa destinée).
La Némésis du héros est Smith, son exact opposé. Là où Néo connaît sa Destinée, Smith est à la recherche perpétuelle de sa raison d'exister. Cette dualité Néo/Smith rappelle le Yin et le Yang de la philosophie Chinoise (oppositions complémentaires du Yang, le positif, et du Yin, le négatif). Elle permet de résoudre l'équation à priori insoluble des Machines pour équilibrer le Système : une seule entité présente dans deux corps distincts.

Le Conseiller Hamann, qui tire son patronyme d'un philosophe Allemand du 18e siècle, est le personnage donnant le plus d'indices sur la possibilité d'une "vraie" réalité au delà des Matrices du présent et du futur. Il insiste sur la causalité, le rapport d'une cause à son effet, poussant le Héros à se questionner sur le "pourquoi" et pas sur le "comment".

L'autre personnage faisant moult références à la Causalité est le Merovingian, ce "trafiquant d'informations" comme il se présente, Il s'agit d'une version précédente de l'Oracle dans la Matrice, qui aurait dû être effacée lors d'une mise à jour. Mais le Merovingian est parvenu à éviter la suppression, faisant de lui le premier programme exilé persistant dans les "limbes" informatiques.
L'Oracle est un "logiciel" au sens strict car il ne s'agit finalement que d'un Observateur d'événements comme on en trouve dans tous les systèmes d'exploitation des ordinateurs. Ce type de programmes consigne chaque événement ayant lieu dans le système, c'est cette immense source d'information qui lui donne une telle connaissance des Matrices, en consultant les Journaux (logs) de tout ce qui est arrivé et en étant alerté à la moindre modification.
Avant que le Merovingian soit remplacé par l'Oracle actuelle, il disposait d'un autre programme chargé d'étudier la "psyché" humaine pour tenter d'en comprendre le comportement. Ce programme est Persephone, celle qui a choisi de suivre le Merovingian dans l’exile mais qui accepte de le trahir en échange d'un baiser avec Néo, reprenant donc sa fonction d'analyse de "l'intellect" humain.

L'Architecte représente la "conscience" des Machines au sein de la Matrice du présent, créatrice des diverses simulations de réalités. A ce titre il se décrit comme le père de cette matrice, son développeur, Persephone en étant la mère car elle a trouvé une solution acceptable au contrôle de l'Humanité, qui échappait jusqu'alors aux Machines. Le raisonnement mathématique des Machines ne pouvait appréhender le manque de logique du comportement humain. Grâce à son étude des sentiments humains Persephone a permis à l'Architecte de déduire qu'il fallait laisser un petit nombre d'individus "s'échapper" de la Matrice du présent.
Soit, dans une version "spirituelle" de l'histoire, se libérer dans le monde réel ou, dans une version "cartésienne", accéder à la Matrice du futur qui n'est qu'un monde virtuel de plus.


Conçu comme la suite directe à "Reloaded", "Revolutions" indique dans son titre une des clés principales pour comprendre son propos. Dans Reloaded, "Recharger" en français, on apprenait que non seulement la Matrice avait été relancée à maintes reprises par les Machines, mais également Zion, la ville des humains libérés, détruite puis repeuplée déjà cinq fois avant les événements de Matrix.
"Revolutions", qui signifie à la fois "changement de système politique et social par la violence" et "mouvement d'un objet autour d'un axe central, le ramenant au même point périodiquement", est un message clair de la part des auteurs, les Wachowski. C'est ce que nous allons découvrir dans cette dernière partie, notre examen minutieux de ce 3e épisode.

Attention ! Gros SPOILERS qui tâchent !


"Where some see coincidence I see consequence. Where others see chance, I see cost." - Merovingian

dimanche 17 août 2014

Mais finalement, ça raconte quoi Matrix ? (Episode 2)

Matrix Reloaded
Vous qui avez survécu à notre prolixe analyse du premier film, bienvenue dans la suite de cette exploration détaillée de la trilogie "Matrix".
Et bravo pour votre ténacité !

Avec l'épisode II de la saga les choses se complexifient singulièrement. Intrigue largement plus élaborée, pléthore de nouveaux personnages, informations capitales dévoilées par des dialogues apparemment anodins, le/la spectateur/trice doit s'accrocher ! Fort heureusement, nous sommes là pour éplucher et décoder chacune des séquences de "Reloaded".
Commençons d'ailleurs par ce titre. Reload signifie "Recharger", soit en informatique "relancer un programme". Allusion directe à la Matrice elle-même, ce programme simulant la réalité, dont on sait que plusieurs versions différentes ont existé et qu'il a fallu "recharger" à chaque fois. Le terme est également un indice sur les révélations stupéfiantes qui vont être faites dans ce film par l'Architecte, obligeant à une relecture totale de l'oeuvre.

Avant de plonger dans "Matrix Reloaded", voici un bref rappel des événements du film précédent.

Récapitulatif de l'épisode 1 : deux visions d'une même histoire.

L'analyse "mystique" du scénario, une vision au premier degré, est aidée par les patronymes des héros qui définissent clairement leur fonction au sein de l'histoire.
Néo : Terme signifiant "Nouveau". Par anagramme on obtient "One", soit l'élu en Français.
Morpheus (Morphée en français) : Dieu Grec des songes, divinité des rêves prophétiques.
Trinity (Trinité) : Dans la foi Chrétienne, la Trinité représente l'unicité de Dieu en trois personnes : Père, Fils et Saint-Esprit.
Dans Matrix nous avons Néo le Père ("celui qui est éternel"), Morpheus le Fils ("la parole de Dieu") et Trinity l'Esprit Saint ("le souffle de Dieu qui inspire les prophètes"). Morpheus "réveille" Néo et lui prédit son destin. Néo, inspiré par sa muse Trinity, va ressusciter sous une forme nouvelle pour le salut de l'humanité. La fin de l'épisode montre que l'élu est prêt à accomplir sa mission : la libération des humains.

Il existe une deuxième version de l'histoire, une analyse "logique" du premier opus. Cependant elle ne peut se faire qu'au regard de "Matrix Reloaded" et "Matrix Revolutions". Ces suites contiennent toutes les clés pour comprendre certains événements inexplicables rationnellement et valident donc un niveau de lecture différent de l'approche purement "spirituelle" de l'oeuvre.
Dans ce raisonnement cartésien, deux univers nous sont présentés. Le premier est une simulation de la réalité, la Matrice, maintenue par des Machines pour asservir l'humanité. Le second est le monde réel dans un futur dévasté par la guerre entre les humains "libérés" et les Machines. Chacun des deux univers recèle un danger mortel pour les humains. Dans le monde réel des Sentinelles mécaniques les traquent inlassablement pour les éliminer physiquement. Dans la Matrice des Agents, des programmes informatiques spécialisés, peuvent tuer leur alter-ego virtuel, provoquant la mort du connecté.

Mais lors de la conclusion de "Matrix" ce système logique est mis à mal : Néo meurt, tué par l'Agent Smith alors qu'il tentait de fuir la Matrice. C'est Trinity qui le ressuscite dans le monde réel, en lui donnant un baiser. Cette renaissance ne peut s'expliquer rationnellement, par conséquent la "réalité" présentée n'est qu'un leurre. Dès lors on peut redéfinir les deux univers du film comme tous les deux factices : une "Matrice du présent" qui simule le monde tel qu'il est en 1999 et une "Matrice du futur", située des centaines d'années plus tard, monde virtuel dans lequel certains humains se croient "libérés" et luttent contre les Machines.
Le baiser donné par Trinity est un simple transfert de données d'une Matrice à l'autre, permettant au "programme" Néo de passer en version 2.0 pour manipuler à sa guise la virtualité. C'est ainsi qu'à la fin du premier "Matrix" Néo parvient à vaincre les Agents en s'affranchissant des règles de la "Matrice du présent". Et, comme nous allons le voir dans l'étude de "Matrix Reloaded", il va également contourner certaines lois physiques de la "Matrice du futur", prouvant ainsi son irréalité.


L'étude qui suit contient une quantité astronomique de SPOILERS, cela va sans dire.
Mais on vous le dit quand même.

"You haven't figured that out? Still using all the muscles except the one that matters." - Smith

jeudi 7 août 2014

Mais finalement, ça raconte quoi Matrix ? (Episode 1)

Matrix
Une récente conversation avec un ex-ami m'a conduit à penser qu'il y a trois sujets à ne pas aborder avec ses potes : la politique, la religion et la trilogie Matrix.
Plus de dix ans après sa conclusion, la série de films des Wachowsky reste une des sources d'empoignades Geeks les plus prolifiques. Certains n'y voient qu'une enfilade de séquences d'action sous un salmigondis philosophique indigeste, d'autres un obscur Livre du Culte pour Serial-killers de la génération Y, d'autres encore un vibrant brûlot anti-système (mais ceux-là confondent sans doute avec "Avatar").

La raison de ces multiples interprétations vient de la façon dont la trilogie a été élaborée par les auteurs.

Elle peut être vue au premier degré, avec une forte symbolique mystique :
Le premier film est d'un abord relativement facile. Il met en scène un jeune homme qui va découvrir une vérité : le monde dans lequel il vit est fictif, programmé par des machines pour dominer l'espèce humaine, utilisée comme simple ressource énergétique. De là il développe des capacités hors du commun et accepte sa condition de héros en se libérant du joug virtuel, avec l'aide d'autres "croyants". Il mourra et ressuscitera pour montrer la voie à l'humanité.

Dans le second épisode les choses se compliquent. Le héros doit trouver dans la Matrice la solution pour éliminer la menace d'une attaque d'envergure des machines contre Zion, la ville souterraine où sont réfugiés les "vrais" humains. Les pouvoirs que le héros a développé dans la virtualité se manifestent dans le monde réel, faisant de lui un être surnaturel, l'ultime et unique recours de la race humaine. Mais lors de la conclusion on apprend que l'existence même du héros est une création des machines, un "mal nécessaire" pour mieux contrôler l'humanité et la maintenir dans l'illusion !

Dans le troisième volet, tandis que l'assaut des machines fait rage dans le monde réel, l'élu va prendre la pleine mesure de sa destinée et donner sa vie pour vaincre une menace commune aux deux camps, le programme Smith devenu incontrôlable dans la Matrice. Ce sacrifice Christique permet l'instauration de la paix entre Humains et Machines et le début de la libération des esprits emprisonnés dans un univers factice.

Cette vision "spirituelle" de Matrix, bien que parfaitement acceptable, laisse un goût d'inachevé aux yeux des cartésiens.
Le foisonnement des personnages, leurs discours inutilement alambiqués (en apparence), les indices répétés à maintes reprises prouvant que rien n'est réel, tout cela montre une volonté à délivrer un autre message. Derrière l'esthétique hyper sophistiquée et les séquences d'action monumentales, on devine un commentaire différent, appuyé sur une mécanique d'une précision qui confine à la maniaquerie. Tout cela dans le but unique de déconstruire notre notion de réalité.

C'est ce que nous allons tenter de décrypter dans l'analyse qui suit, avec évidemment un maximum de SPOILERS sur les trois épisodes The Matrix, Matrix Reloaded et Matrix Revolutions.
Commençons donc notre exploration du mythe Matrixien par le début, l'épisode fondateur, Matrix.

"Buckle your seatbelt Dorothy, 'cause Kansas is going bye-bye!" - Cypher


mercredi 9 juillet 2014

L'armée des ténèbres (Evil Dead 3)

"This is my BOOMstick!"

(Evil Dead 3: Army of Darkness - 1992 - Réalisé par S. Raimi) **** (3 versions - 2012)

Suite directe des événements du second épisode, où Ash se retrouvait happé dans une dimension inconnue et disparaissait, on découvre que le héros guignard est en vérité propulsé dans le passé, en l'an 1300. Pris pour un ennemi il est capturé par les soldats de Lord Arthur. Son chatiment est terrible : il est jeté dans un puit où sévit une redoutable créature.

Ce 3e épisode bascule définitivement dans la comédie cartoon, dès le premier affrontement d'Ash avec le démon du puit. Puis le scénario part crescendo dans le délire, jusqu'aux scènes dans le Moulin et l'arrivée de l'armée des Morts, paroxystiques. Toujours poursuivi par l'Esprit Malin, Ash va encore une fois subir une tripotée de coups et blessures en tout genre pour notre plus grand bonheur, jusqu'à se dédoubler lui-même pour affronter son jumeau maléfique. Le dernier tiers du film, le grand combat entre les deux armées, souffre d'un manque de moyens évident. On ne peut qu'exploser de rire en voyant les marionnettes-squelettes s'agiter vainement devant des figurants aussi crédibles en soldats du moyen-âge que ma grand-mère sur une planche de surf. Cela ajoute encore au coté "fait maison" du projet, qui se conclut, au choix, par un retour au bercail ou une nouvelle fuite en avant (fin alternative).

mercredi 26 mars 2014

Comment éviter la branlée contre les Boss de Lightning Returns - Final Fantasy XIII

ou "Les astuces de Papy Lagoule pour survivre jusqu'au 13e jour"




Bien que Square-Enix fasse tout pour dézinguer sa licence favorite depuis son passage sur PS3, ses fans les plus dévoués lui restent fidèles, coûte que coûte. Les errements scénaristiques du premier, confinés dans un long corridor de gameplay, les bordéliques allers-retours spatio-temporels du second, agrémentés de Quick-Time Events bien pénibles, et pour finir la limite de temps imposé sur toute la durée de vie de ce Lightning Returns, accompagnée d'une réalisation graphique qui commence à dater... 

Non, vraiment, il faut une volonté d'acier pour continuer à suivre cette grande saga du JRPG qui symbolise à elle toute seule le déclin d'un genre.

Mais, me direz-vous, pourquoi tu nous gonfles les genoux avec ton mini-guide, si ton jeu est si pourri ?

Déjà, tu me tutoies pas, pov' n00b.
Ensuite, je donne des conseils si je veux.
Enfin, un "Final Fantasy" reste un Final Fantasy même s'il ne survit que sur sa légende. Alors un peu de respect. Si vous n'aimez pas, retournez sur votre Candy Crush et faites pas chier les grandes personnes.


jeudi 20 mars 2014

Comment bien gérer sa 1000e mort dans Dark Souls II

ou "Les combines de Tonton Lagoule pour tenter de progresser dans ce putain de jeu"




Vous vous sentez seul(e) ? Vous n'avez pas d'ami(e)s ? Vous recherchez désespérément l'âme sœur ?


Vous vous êtes trompé de site, assurément.

Relisez le titre et continuez si vous êtes toujours intéressé.

jeudi 6 mars 2014

Coffret "Conan le Barbare - Conan le Destructeur"

Conard The Barbant.

(Conan The Barbarian - 1982 - Réalisé par J. Milius) *****

En des temps immémoriaux, le jeune Conan vit paisiblement avec sa mère et son père forgeron. Mais bientôt un mystérieux Clan attaque son village et massacre tous les adultes. Les enfants sont revendus comme esclaves. Ainsi débute la longue quête vengeresse du Cimmérien.

Pour celles et ceux qui, comme moi, ont découvert Conan en VHS puis l'on revu au fil des diffusions TV pourries, la version Blu-Ray est un choc visuel. C'est particulièrement vrai lors du premier acte, l'attaque du village d'enfance du héros. Une longue séquence sans dialogue, entièrement basée sur la puissance des images et de la musique épique, où le réalisateur pose tous les codes du genre Heroic-Fantasy défini par la saga littéraire de Robert Howard, en donnant aux fans ce qu'ils sont venus chercher. Schwarzy trouve là son premier grand rôle, parfaitement adapté à son titre de "Mister Olympia" aux capacités d'acteur limitées. Un choix pertinent, comme avec Terminator deux ans plus tard, d'incarner une entité surhumaine quasi-muette, qui imprime la pellicule par sa simple présence physique.
Conan le Barbare bénéficie également d'un incroyable Bad Guy nommé Doom, joué par James "voix de Dark Vador" Earl Jones. Depuis l'intro, où il exécute froidement la mère de Conan sous les yeux de son fils, il impose une incroyable intensité sans en faire des caisses. Tout comme les sidekicks de Conan, eux aussi parfaits. Subotai le voleur et Valeria la valkyrie sont des compagnons de route crédibles, qui donnent du relief à un personnage principal dont le seul but est de venger la mort de ses parents. Il faut d'autant en profiter que cela se gâtera fortement avec la suite des aventures du Barbare, le risible "Conan le Destructeur".



(Conan The Destroyer - 1984 - Réalisé par R. Fleischer) **

Conan et son ami le voleur Malak sont recherchés par les gardes de la Reine Taramis. Elle leur propose un marché que ne peut refuser le Cimmérien : ressusciter sa bien aimée Valeria. Pour cela le Barbare devra escorter la nièce de la Reine, Jehnna, seule habilitée à toucher un joyau extraordinaire, la Corne de Dagoth.

Voici le film qui a flingué la franchise "Conan" pour 30 ans. Réalisé par un bras cassé pas du tout intéressé par son sujet, avec une équipe de branquignoles, cette série B sans budget ne peut s'apprécier qu'au 3e degré. Une fois en mode "foutage de gueule", on peut se poiler devant les seconds rôles ridicules (mention spéciale au voleur, complètement à la ramasse, dont toutes les punchlines font un bide), les effets spéciaux minables (la tronche des monstres, faut le voir pour le croire !) et l'histoire directement pompée d'un scénario pour Donjons & Dragons. Du naufrage ne surnage que Grace Jones, parfaite en sauvageonne mutique qui en impose. Même Schwarzy, en s'essayant aux dialogues de plus d'une ligne, fait de la peine. On préfère donc en rire. Pauvre Conan...

jeudi 27 février 2014

Les aventures de Buckaroo Banzaï à travers la 8e dimension

Dans le Tour Bus des Cavaliers

(The Adventures of Buckaroo Banzai Across the 8th Dimension - 1984 - Réalisé par W.D. Richter) **
Le Chirurgien-Aventurier-Scientifique-Chanteur Buckaroo Banzaï révolutionne la physique moderne en parvenant à traverser la matière. Les Lectroïdes Rouges de la Planète 10 veulent s'emparer de cette invention, mais fort heureusement Buckaroo et sa célèbre troupe des "Hong Kong Cavaliers" font face aux Aliens.

Buckaroo Banzaï est le type de film culte qu'il vaut mieux ne jamais revoir. J'en avais gardé un souvenir confus mais agréable après l'avoir vu, adolescent, à sa sortie en 1984. Un OVNI dans lequel un Dandy mi-Geek mi-Rockstar accompagné d'une joyeuse bande d'allumés super-cool sauvaient le monde d'une invasion d'hommes-cafards qui s'appelaient tous John.
Trente ans après 
(putain ! 30 ans !), je constate que le scénario bordélique masque difficilement le manque de rythme et de cohésion de cette tentative de création de héros récurrent pour le cinoche. Buckaroo Banzaï souffre du syndrome de l'overdose de bons ingrédients mal accommodés, avec une histoire génialement décalée sur le papier qui fait un flop une fois portée à l'écran. La faute à Peter "Robocop" Weller dont le Buckaroo manque cruellement de charisme et à des personnages secondaires dépourvus de développement. Quel dommage de voir John Lightgow, Christopher Lloyd ou Jeff Goldblum en roues libres, sans biscuits pour défendre leur caractère. La faute surtout au réalisateur qui peine à assembler toutes les pièces de son puzzle et manque de moyens pour assouvir ses ambitions.


vendredi 31 janvier 2014

Playlist Depeche Mode (2Ks)


Playlist on SPOTIFY

Suffer Well   (Playing the Angel - 2005)
Barrel of a gun   (Ultra - 1997)
Heaven  (Delta Machine - 2013)
Dream on   (Exciter - 2001)
Perfect   (Sounds of the Universe - 2009)
Should Be Higher   (Delta Machine - 2013)
Home   (Ultra - 1997)
Precious   (Playing the Angel - 2005)
I am you  (Exciter - 2001)
Corrupt   (Sounds of the Universe - 2009)
It's no good   (Ultra - 1997)
Sweetest condition   (Exciter - 2001)
Welcome To My World   (Delta Machine - 2013)
Angel  (Delta Machine - 2013)
The Sinner in Me   (Playing the Angel - 2005)
Insight   (Ultra - 1997)

dimanche 12 janvier 2014

Coffret "La naissance de Charlot" The Mutual Comedies 1916-1917



Coffret mk2 (2013) **** :
Charlot chef de rayon (The Floorwalker) – Charlot pompier (The Fireman) – Charlot musicien (The Vagabond) – Charlot rentre tard (One A.M.) – Charlot et le comte (The Count) – Charlot usurier (The Pawnshop) – Charlot machiniste (Behind The Screen) – Charlot patine (The Rink) – Charlot policeman (Easy Street) – Charlot fait une cure (The Cure) – L’émigrant (The Immigrant) – Charlot s’évade (The Adventurer) – Chaplin inconnu (Unknown Chaplin) - Chaplin’s Goliath –- Little Tich - The Musical Marvel.

Après avoir fait ses armes au Studio Keystone, Charlie Chaplin signe un contrat mirobolant chez Mutual. Durant deux années il va affiner son personnage de Charlot, pas tout à fait vagabond mais déjà icônique, avec 12 moyen-métrages. Du burlesque le plus basique à l'ébauche des films plus ambitieux à venir Chaplin prend le contrôle total de sa production cinématographique.

Les comédies "Keystone" de Mister Chaplin doivent se voir comme un témoignage de l'évolution du personnage emblématique de Charlot. Ca débute par des pochades pataudes, tartes à la crème et coups de pieds aux culs, créées en quelques jours par une équipe qui devait fournir un court-métrage par semaine au studio. Rapidement Charles Chaplin prend ses marques, établit des relations avec les seconds rôles : les jeunes premières qu'il subit ou qu'il emballe et son méchant favori le géant Eric Campbell. Cela lui permet d'évoluer vers des situations plus écrites et des gags plus subtils. Tout cela laisse entrevoir le génie des films futurs, notamment "The Vagabond", "The Immigrant" et "Easy Street", qui peuvent être vus comme des embryons de "The Circus", "City Lights" et "The Kid".

samedi 4 janvier 2014

Qui veut la peau de Roger Rabbit ?

Man vs Toon, seul face à Roger.

(Who framed Roger Rabbit - 1988 - Réalisé par R. Zemeckis) ****

Roger Rabbit est une Star de ciné dans l'amérique des années 40. Une vedette un peu particulière : c'est un toon. un personnage de dessin animé. Son producteur humain, responsable des Studios "Maroon Cartoon", engage le détective privé Eddy Valiant pour faire suivre la femme de Roger, la torride toon Jessica, soupçonnée d'adultère.

L'apparition de dessins animés dans des décors réels n'est pas nouvelle, ni même l'intéraction entre toons et humains. En revanche ce qui est fabuleux dans Roger Rabbit, c'est le souci du détail avec lequel les auteurs ont abordé cette comédie. Tout est là : l'ambiance Film Noir années 40 reconsitutée minutieusement, le détective privé très "premier degré" qui nous rejoue "China Town" version déjantée et ce déluge de référence aux Looney Tunes et Merrie Melodies originaux de notre enfance (je parle aux plus de 40 ans élevés au "Tex Avery"). cela donne quelques scènes savoureuses lorsque des héros Warner Bros affrontent ceux de Disney (Daffy versus Donald) ou que la pin-up des années 30 Betty Boop observe sa rivale des 80's. On s'amuse a identifier les apparitions de guest-stars (Droopy, Sam le Pirate et toute la clique). Le rythme est idéalement dosé, entre les cavalcades frénétiques du lapin Roger et l'enquête au tempo old school de Valiant, rendant le film plaisant pour les petits et les grands enfants. 

mercredi 18 décembre 2013

Bravely Default

Pourquoi les auberges ont toujours 4 lits libres pile pour vos 4 héros ?

Square-Enix
Genre : RPG bien brave
Verdict: 4/5


Si vous avez manqué le début

Bravely Default revient de loin. Outre son nom à la con, il fut annoncé comme successeur spirituel de "4 Heroes of Light", un spin-off Final Fantasien proche de l'accident industriel. Les rares malchanceux/ceuses qui furent confronté à cet ersatz gardent encore aujourd'hui des séquelles psychologiques irrémédiables. Personnellement je me suis remis à pisser au lit. C'était un RPG, sûrement, mais qui aurait été percuté par un TGV en train de battre son record de vitesse. Un RPG sans bras ni jambes, ni queue ni tête, une honte déféquée par un studio cupide qui naguère faisait rêver.
Alors Bravely Default, suite inavouée de l'étron, on s'en garnissait les trous de nez avec du tarama, voyez-vous.
Mais par acquis de conscience, surtout par pur désœuvrement après avoir retourné le dernier Zelda, on s'est dit qu'on allait tout de même y jeter un œil (ou, au moins, un cil). Et là, mes aïeux, quelle émotion ! Une sensation de plaisir intense comme on en n'avait pas connue depuis notre première entrecôte sauce poivre.

lundi 25 novembre 2013

Le Hobbit : Un voyage inattendu

Celui qui n'a pas de barbe fait la vaisselle.

(The Hobbit: An Unexpected Journey - 2012 - Réalisé par P. Jackson) ** Version longue

Bilbo le Hobbit suit sa petite vie tranquille dans la Contée. Il est bientôt dérangé par un mystérieux magicien du nom de Gandalf, qui le choisit contre son gré comme membre d'une expédition menée par 13 nains pour reconquérir leur royaume déchu, la cité d'Erebor.

Là où "Le Seigneur des Anneaux" s'appuyait sur une solide trilogie littéraire, Le Hobbit prévoit d'étirer le livre original de 300 pages en 3 films. C'est bien tout le problème de cette adaptation, qui allonge exagérément une intrigue qui réclamait pourtant un rythme effréné pour maintenir son intérêt. Le premier volet, Un Voyage Inattendu, est décevant sur ce point. Les péripéties vécues par Bilbo et les Nains paraissent fades comparées à la promesse de départ : l'affrontement contre le Dragon Smaug. Surtout lorsqu'on connait déjà la plupart des protagonistes et que les petits nouveaux, 13 Nains et le magicien Radagast (complètement à l'ouest), sont trop nombreux pour qu'on s'attache à un seul. Certes, on retrouve avec plaisir les figures connues et tout le bestiaire Tolkenien. Mais en produisant une version trop longue de ses aventures, Peter Jackson a fait ressortir sa faiblesse principale : le héros Bilbo, mou et transparent tout le long du film, jusqu'à ce qu'il ne se décide enfin à prendre en main son destin lors de son affrontement avec Gollum.
Le premier épisode n'a qu'un mérite : mettre en place l'intrigue et présenter les forces à l'oeuvre, qu'on verra s'affronter dans les suites. Le ton bon enfant, agrémenté de chansonnettes rigolotes, fait de "The Hobbit" un superbe conte de noël pour les marmots. Les adultes, eux, rêvent de voir l'attaque de Smaug sur Esgaroth et la Bataille des Cinq Armées. Patience... 

samedi 21 septembre 2013

Etrian Odyssey IV: Legends of the Titan (+ Class Builds)

Soudain, au détour d'un chemin, un babouin taquin.

Atlus
Genre : RPG Dungeon-Masteresque
Verdict: 4/5
Aide de jeu en fin de test


Si vous avez manqué le début

La série des Etrian traîne ses guêtres sur les portables de Nintendo depuis quelques années déjà, bénéficiant du suivi d'une fidèle troupe d’aficionados. A l'instar des Ace Attorney et autres Trauma Center, la saga Etrian Odyssey a su trouver son public : les jeunes découvrant le dungeon crawling à l'ancienne et les vieux replongeant avec délice dans le Dungeon Master de leur adolescence. Avec son mode de déplacement case-par-case antédiluvien, sa création de cartes "à la main" et ses Boss qui vous défoncent la cramouille rien qu'en éternuant, on peut affirmer que Etrian Odyssey se range du coté des jeux "segmentant", comme disent les marketeux. En clair, Etrian Odyssey c'est comme les tripes de cervelles de chatons à la bière tiède : on adore ou on déteste.

jeudi 29 août 2013

Dragon's Crown

Pause détente à la taverne, avant le massacre.

Atlus / Vanillaware
Genre : Beat'em all RPG
Verdict: 3/5


Si vous avez manqué le début

Alors que tous les regards sont fixés sur le championnat d'Ultimate Fighting opposant la X-Box One à la PS4 (début de la boucherie en novembre prochain), il ne faut pas oublier que la génération actuelle de consoles est toujours là. Face aux esbroufes graphiques de cinématiques masquant un gameplay navrant, devant les gadgets "Kinectiques" inutiles, bidules tactiles imprécis et autres options "sociales" futiles, certains jeux nous rappellent que dans "Jeu Vidéo", il y a "Jeu". Et pas "film vaguement interactif" ou "passe-temps pour s'occuper les doigts aux chiottes".
Dragon's Crown se pose en madeleine proustienne pour nous faire revivre un temps que les moins de 20 balais ne savent pas apprécier. Du temps où on empoignait son Stick pour corriger les canailles, mater les malandrins et savater les saligauds dans des Beat'em all aux noms évocateurs : Kung-Fu Master, Double Dragon, Golden Axe.
Dragon's Crown est donc un hommage a ce genre oublié. Une madeleine, oui, mais gonflées aux amphét', avec supplément Pectoraux-Cuisses-Nib'. Ça déborde des armures, ça ondule lourdement dans les décolletés,  les nains sont plus larges que hauts et les donzelles plus habillées pour le salon de l'érotisme que pour le champ de bataille. De l'Heroic-Fantasy pur jus où le mot Fantasy prend tout son sens. Il ne s'excuse même pas d'être ouvertement sexiste, puisque son second degré artistique n'est qu'une vision délicieusement outrancière des graphismes 2D de naguère.