jeudi 21 avril 2016

Prince (1958-2016)


Here come the Purple Yoda !


Quelques titres à (re)découvrir : Playlist sur Spotify

Lady Cab Driver ("1999")
100 MPH ("Originals")
Computer Blue - Hallway Speech ("Purple Rain")
Condition of the Heart ("Around the world in a day")
The Ballad of Dorothy Parker ("Sign 'O the times")
Shhh ("The Gold Experience")
Old friends 4 sale ("The Vault...")
Rainbow Children ("The Rainbow Children")
Joy in Repetition ("One Nite Alone... Live!")
Colonized Mind ("LotusFlow3r")
Laydown ("20TEN")
Breakfast can wait ("Art Official Age")
Xtraloveable ("HITnRUN - Phase Two")

jeudi 31 mars 2016

Martin Scorsese - Collection 9 Films (2015)

"You're talking to us?!"
Coffret Scorsese - Edition Limitée (2015) :
Taxi Driver (1976), Les Affranchis (GoodFellas - 1990), Casino (1995), Gangs of New York (2002), Les Infiltrés (The Departed - 2006), Shutter Island (2010), Hugo Cabret (Hugo - 2011), George Harrison - Living in the Material World (2011), Le Loup de Wall Street (The Wolf of Wall Street - 2013).

Evidemment il manque quelques uns des chefs d'oeuvre de Mister Martin : Mean Streets, Raging Bull, The King of Comedy et d'autres encore que mon inculture m'empêche de citer. Mais ce chouette coffret contient tout de même suffisamment de films inoubliables pour l'acquérir les yeux fermés et le porte-monnaie ouvert. Outre le Classique et toujours impressionnant Taxi Driver, c'est la période 90's et 2K's du cinéaste qui est abordée (la période fin de Niro-Début DiCaprio, dirons-nous), avec plusieurs merveilles sur l'univers des Gangsters. On suit avec délectation ces témoignages intemporels de l'évolution du mythe au fil du temps : depuis Gangs of New-York et la naissance des hors-la-loi modernes du 19e siècle jusqu'aux malfrats contemporains du FBI (Les infiltrés) et de Wall Street (Le Loup), en passant par les immigrés Italiens "Affranchis" des 70's et leur pendant de Las Vegas dans "Casino".
L'occasion de se rappeler que, si l'ami Scorsese a fréquemment mis en scène des personnages aux parcours identiques au fil de sa filmo (l'ascension puis la chute d'anti-héros), il a toujours pris soin de varier les époques et les cultures qu'il dépeignait pour montrer, en définitive, que rien ne changeait vraiment. Les mauvais garçons fascinent toujours autant, on les envie et on leur trouve toutes les excuses tant qu'ils mènent la belle vie, avant de se délecter de leur déchéance pour toutes les saloperies qu'ils ont commis. 
Sur ce plan "Le Loup de Wall Street" est sans doute le plus ambigu de tous, puisque l'histoire de Jordan Belfort est très actuelle et totalement vraie (tirée du livre du malfrat lui-même) et que les crimes financiers perpétués par sa bande dans les 90's paraissent, a priori, bien moins violents que les meurtres des mafieux d'hier. Scorsese prend bien soin de rendre son escroc très sympathique, un fêtard avec un don inné pour l'embrouille, qui incarne l'American Dream et déjoue les salauds des impôts. Sauf que, à y regarder de plus près, ces magouilles ont eu des répercussions bien plus intolérables sur nos vies : des centaines de milliers de petits épargnants ruinés et des arnaques boursières à répétition dont seules les banques ressortent indemnes. Evolution ultime du gangstérisme international, le mafieux est aujourd'hui un homme d'affaire respecté qui fait vivre quelques dizaines de personnes au détriment de millions d'autres.
Les autres films complétant cette collection sont plus anecdotiques. "Shutter Island", thriller dans le genre fantastique, dilue son suspens dans une intrigue trop épaisse. A trop vouloir noyer son personnage principal dans le complotisme généralisé, le spectateur fini par lâcher prise. "Hugo Cabret", adaptation d'un livre pour enfants, est une grande réussite visuelle récréant le Paris des années 30. Pas sûr cependant que le public visé comprenne les références appuyées du réalisateur au cinéma muet en général et à celui de Méliès en particulier.
Le documentaire sur George Harrison, le plus Hindou des Beatles, est très classique dans sa forme : vidéos et photos 
d'archives portées par des témoignages hagiographiques. Mister Scorsese n'a pas cherché à faire le malin, plutôt à rendre un hommage sincère au 3e Beatle planqué derrière Paul et John.

mercredi 10 février 2016

Brazil

Sam va bientôt péter les plombs...
(1985 - Réalisé par T. Gilliam) ****

Quelque part au XXe siècle dans une société ultra-bureaucratique, le petit fonctionnaire Sam Lowry fait profil bas pour vivre tranquille. Ses seuls moments d'évasion sont dans ses rêves, lorsqu'il peut enfin échapper à ce monde technocrate absurde et s'envoler vers sa muse, mystérieuse inconnue. Un petit bug informatique va déclencher une série d'événements dramatiquement comiques et forcer Sam à prendre en main sa destinée.

Version comique mais finalement aussi désespérante du Roman "1984" d'Orwell, Brazil s'attache à décrire une société déshumanisée à force de normes et de règlements étouffant l'individu. Dans cette dictature fictive, Big Brother prend la forme symbolique de tuyaux s'infiltrant partout, depuis les bureaux gris des Ministères jusqu'aux logements étriqués du peuple entassé dans des mega-buildings sans âmes. L'anti-Héros Sam est un petit bonhomme subissant sa vie solitaire, qui prend bien soin de ne pas faire de vagues. 
A ce sombre tableau Terry Gilliam appose sa touche inimitable d'humour Monty Pythonesque, cette dose de surréalisme dans un univers où rien ne fait sens, en caricaturant notre propre société occidentale pour montrer ses dysfonctionnements et ses travers. Tout est corrompu derrière l'apparence de la normalité légale : les employés n'en branlent pas une dès que leur pleutre chefaillon a le dos tourné, on mange de la bouillasse surmontée d'une photo de l'aliment original, les plombiers doivent se mettre hors la loi pour pouvoir faire leur job normalement, les gens se font emprisonner sur simple erreur de patronyme, la chirurgie esthétique impose l'illusion de la jeunesse... A bien y réfléchir, Brazil n'est pas si caricatural que cela : simplement en avance sur son temps. La preuve : lorsque notre brave Sam tente de sortir la tête de la médiocrité ambiante, on découvre le seul échappatoire possible lors d'un bien cruel twist final. On rit jaune, mais on rit quand même.

dimanche 10 janvier 2016

L'Exoconférence

Calmez-vous, je ne sais pas quand Kaamelott sortira au ciné...

(2015 -  Spectacle) *** 

Un Astrophysicien fait le point sur les grandes énigmes de l'univers et de la vie extra-terrestre. Il en profite pour dénoncer avec humour les faits incohérents et démonter des théories farfelues.

S'éloignant prudemment du genre saturé du Stand Up qui tourne en rond sur les mêmes thèmes depuis 10 ans, Mister Astier s'attaque toujours à du lourd dans ses spectacles : une reconstitution de la vie quotidienne de Bach, lors de son premier (Que ma joie demeure), et maintenant la recherche des E.T. du point de vue d'un scientifique goguenard.
J'aime toujours autant sa manière unique de transmettre une culture de haut niveau avec un langage moderne, son style singulier qui s'autorise de brusques changements de rythmes et provoque des contrastes saisissants. Il parvient ainsi à nous faire rire et réfléchir avec des sujets à priori barbants comme la cosmogonie, le schéma envoyé dans Pioneer, la relativité du temps, la composition de la voie lactée ou le paradoxe de Ferni. Son personnage de conférencier un peu show-man qui lutte contre ses gadgets technologiques est une nouvelle incarnation d'un rôle qu'il maîtrise parfaitement depuis le Roi Arthur de Kaamelott : une autorité face au chaos ambiant.
Il n'évite aucun des sujets qui font fantasmer tous les complotistes, une secte qui recrute beaucoup depuis quelques années, de la Zone 51 où s'entasse les technologies Alien au canular de la conquête de la Lune monté par Kubrick, en passant par des Roswel Russes, des abductions improbables et une brève discussion avec Nini l'E.T. Bref, tout ce fatras idéologique qui ne résiste pas une seconde à une analyse logique.
La fin du spectacle, intrigante, voit notre scientifique s'aventurer dans la philosophie et citer Pascal, "Le silence éternel de ces espaces infinis m'effraie", résumant brillamment notre condition humaine face à un cosmos qui restera probablement un mystère pour très longtemps, voire toujours. Sa solution ? jouer du Hard Rock pour rompre ce vide vertigineux de l'Espace et continuer à lever le nez de nos nombrils pour observer les étoiles. Ça n'est peut-être pas grand chose mais l'univers est définitivement trop grand pour nous.

jeudi 10 décembre 2015

Le Hobbit : La Bataille des Cinq Armées

"Par le pouvoir du crâne ancestral..."
(The Hobbit: The Battle of the Five Armies - 2014 - Réalisé par P. Jackson) *** Version longue

Tandis que Smaug ravage Lacville, Bard parvient à se libérer et tente d’abattre le Dragon. Depuis leur forteresse nichée dans la montagne, la compagnie des Nains observe le désastre. Leur chef Thorin recherche désespérément l'Arkenstone dans le trésor incommensurable accumulé à Erebor, ne se doutant pas que le précieux joyau est détenu en secret par Bilbon.

C'est avec un certain soulagement qu'on assiste à la conclusion de cette trop longue trilogie. Point d'orgue de ce dernier épisode, l'affrontement des armées Naines, Elfes et Humaines face aux forces du mal est une simple redite de la trilogie précédente, comme tous les épisodes de "The Hobbit". Rien à redire sur la réalisation technique, toujours impeccable avec ses décors fourmillants de détails et ses costumes luxueux. 
Passons sur l'intrigue, qui malgré un développement sur deux épisodes de 2h30 chacun, amène un revirement de Thorin assez maladroit et des dénouements des différents arcs narratifs traités bien platement. On n'est même pas outré lorsque le réalisateur dégaine pour la énième fois les aigles géants à la rescousse, comme il le fait dès qu'un problème parait insoluble. 
Le sentiment dominant est une forte impression de déjà-vu, chaque séquence épique de bataille entre armées en rappelle une autre d'un film de Fantasy produit ces 10 dernières années. Une mode d'ailleurs initiée par le "Retour du Roi" en 2003, du temps où l'ami Peter révolutionnait le genre. Dans ce Hobbit 3, on a beau essayer de se laisser emporter par l'action ample et trépidante, le père Jackson insère toujours une pirouette cartoonesque des Elfes Legolas et Tauriel pour vous sortir du film ou un plan inutile sur l'insipide Bilbon pour gâcher la fiesta. Lorsque le héros de votre saga joue toutes ses scènes avec l'air de se foutre royalement de ce qui arrive, vous avez un léger problème de casting. Le traitement du personnage secondaire Alfrid, misérable bras droit du Maître de Lacville, est symptomatique du laisser-aller dans le développement des personnages. Ce fonctionnaire perfide devient de plus en plus caricatural et il se ridiculise un peu plus à chaque apparition, jusqu'à subir une mort grotesque. Tous ces soucis de rythme et de vraisemblance ont déjà été évoqués précédemment, le challenge de réaliser 7 heures d'histoires intéressantes à partir d'un mignon conte pour enfants de 300 pages n'a pas été relevé. Peter Jackson a eu le mérite de reprendre un projet initialement conçu puis abandonné à son grand regret par Guillermo Del Toro après 2 ans de gestation intense. L'homme derrière le Labyrinthe de Pan et Hellboy aurait certainement proposé un regard radicalement différent de celui de Mister Jackson. A la place nous avons une version cartoon de luxe du Seigneur des Anneaux. C'est déjà pas mal mais ça aurait pu être tellement mieux.

dimanche 22 novembre 2015

La Horde du Contrevent (Alain Damasio)

Ils sont vingt-trois, formés spécialement pour affronter les dangers d'un monde hostile, une nature balayée de bourrasques intenables, traversée d'incroyables phénomènes, peuplée de redoutables ennemis. Chacun son rôle, chacun son rêve pour un seul but, le même que celui des Hordes précédentes : parvenir à l'Extrême-Amont, la source du vent.



Le roman d’Alain Damasio est à la fois une épopée fantastique originale pleine de rebondissements, un conte poétique emplit de jeux de langage d’où jaillissent des idées surprenantes et un traité philosophique sur la condition humaine.

L’univers construit par l'auteur peut aussi bien être un passé lointain de notre Terre, son futur probable ou une invention pure; qu'importe, il existe. Au fil de la progression, la trace vers l’Amont, on découvre les villages d’abrités, les Fréoles nomades vivants sur des navires volants, des phénomènes surnaturels appelés Chrones pouvant absorber ou révéler le Vif, la nature profonde d’un être ou d’une chose, et une mystérieuse organisation nommée "La Poursuite" qui combat les Hordes.
Le roman endosse des allures "Steampunk", mélange de rétro-futurisme (vaisseaux à hélices, armes boomerangs primitives) et de manifestations s’apparentant à la magie. La lutte interne à la Horde, avec ses caractères bien trempés qui font face aux défis physiques et psychologiques que représentent leur exploit épique, se mêle aux périls extérieurs d’une nature vraiment hostile et de rencontres funestes. 

Comme pour son roman précédent, La zone du Dehors, l'écriture d’Alain Damasio reste fluide tout en faisant circuler la narration entre les nombreux protagonistes, ce qui occasionne des contrastes de styles selon l’observateur décrivant les événements. L’auteur produit des néologismes stupéfiants, comme "L’Hordre" qui sélectionne et forme les futurs Hordiers, par exemple. Il s'amuse avec la syntaxe, comme lors de joutes oratoires à Alticcio entre Caracole le Troubadour et Sélème.
Il joue avec les formes des lettres pour créer des raccourcis imagés, chaque caractère de personnage étant identifiée par un caractère d'imprimerie et les variations d’intensités du vent (Stèche, Choon, Furvent) apparaissant sous la forme d'une retranscription en signes de ponctuation.
Formés depuis l’enfance les membres du « Pack » ont des rôles définis pour que le groupe soit autonome et survive. Le Traceur, aidé des Piliers et des Ailiers, encaisse les puissantes bourrasques et organise la formation du groupe, le Géomaître et l’Aéromaîtresse observent et analysent l’environnement et les types de vents, le Braconnier, la Cueilleuse et les Oiseliers-Chasseurs s’occupent de trouver la nourriture, le Scribe note les péripéties comme témoignage dans son "Carnet de Contre", le Combattant protège la Horde des menaces potentielles, etc. D’autres rôles sont plus ésotériques comme le Prince, la Feuleuse ou le Fleuron, agissant sur le mental et le relationnel au sein de la Horde.

Le message en filigrane de cette œuvre met la vie de la Horde en perspective avec la nôtre, une quête faite de routines et de découvertes, une lutte constante vers un objectif inconnu. Le récit aborde des thèmes intimes familiers, nos choix, nos besoins, nos réactions face à l'adversité et le fait de relativiser certains de nos "petits malheurs" au regard des vraies souffrances physiques et psychologiques. Les destins des 23 héros, tous différents, dans un monde et des concepts brillants inspirés de multiples références, produisent une œuvre majeure de la littérature Fantastique.

mardi 27 octobre 2015

Mad Max Fury Road

Scène ordinaire sur le périph' parisien.

(2015 - Réalisé par G. Miller) *****

Sur les terres désertiques d'une Australie post-apocalyptique, Max Rockatansky se fait capturer par les War Boys d'Immortan Joe. Il devient un "globular", un esclave donneur de sang. Lorsque la Commandante chargée du réapprovisionnement en précieux Or Noir, l'Imperator Furiosa, trahit le Chef Suprême, Max est embarqué malgré lui dans une course-poursuite dantesque.

Nous avions quitté Max en 1985, affrontant les sbires de Tantine Entité alias Tina Turner herself ! Il finissait par sauver un groupe d'enfants s'échappant vers une terre promise et, fidèle au mythe Mad-Maxien, notre homme restait seul abandonné en plein désert. 30 ans après le revoilà dans le même état, sans qu'on sache trop à quelle époque les événements contés dans Fury Road ont lieux. Mais on s'en fout ! Le film n'est qu'une longue course-poursuite de près de 2 heures, durant laquelle George Miller affine son univers en développant sa mythologie (les War Boys et leur Valhalla) et en cachant son personnage fétiche derrière la véritable héroïne du film, Furiosa et sa quête pour retrouver ses origines. Mais surtout il nous offre une succession de séquences incroyablement spectaculaires, plus impressionnantes que n'importe quelle galipette en images de synthèse du énième Super-Héros. Des persos tous plus barrés les uns que les autres dans un univers original qui fait sens, au final. Des couleurs ultra saturées magnifiant les décors naturels, dans lesquels les cascadeurs réalisent des prouesses insensées. Et juste quand il faut, une dose d'effets spéciaux miraculeux, placés au bon moment sans remplir tout l'espace pour que notre cerveau reste en suspension d'incrédulité. 

La gestation du film est déjà une épopée en soi, débutée il y a plus de 15 ans (scénario terminé dès 2003) et jalonnée de coups durs, poursuivie par une malchance contrecarrant sans cesse son destin. Mais le réalisateur a tenu bon et son Fury Road est une des meilleures choses qui nous soit arrivé en 2015. Il faut noter le culot de Miller concernant son traitement atypique de Max. Il passe un premier quart du film ligoté, subissant les événements sans jamais pouvoir intervenir. Il est ensuite contraint d'aider les fuyardes, sans véritable autre option. Son seul grand fait d'arme sera de dézinguer à lui seul tous ses poursuivants dans les marais, une ellipse que le spectateur ne voit même pas ! C'est donc bien la quête de Furiosa qui prime. Magistralement incarné, ce personnage jamais vaincu devra, à la suite d'une cruelle désillusion, trouver le courage d'accomplir sa destinée en faisant confiance à un homme. 

Le film dresse aussi un constat pertinent sur un avenir possible, montrant une Humanité réduite à la survivance dans un monde asséché, victime du dérèglement écologique et social qu'elle a elle-même créé. On sait que Mister Miller a déjà prévu plusieurs suites à son phœnix, espérons qu'il saura prolonger le miracle pour quelques épisodes encore.

samedi 24 octobre 2015

Lifeforce : L'Étoile du mal

"Houston, nous avons une foufoune"
(Lifeforce - 1985 - Réalisé par T. Hooper) ***

A bord du vaisseau spatial Churchill une équipe de scientifiques est chargée d'observer la comète de Halley alors qu'elle passe tout près de la Terre. Ils découvrent une gigantesque structure abritant des chauve-souris géantes mortes ainsi que trois humanoïdes nus dormant dans des sarcophages transparents. En toute logique, l'équipage décide de ramener leurs trouvailles pour les étudier.

Après Buckaroo Banzaï et Dreamscape, je revisite à nouveau un film des 80's cher à mon cœur. Et quand je dis cœur, c'est plutôt d'un autre organe dont je devrais parler car Lifeforce est une de ces Séries B qu'on aime pour de mauvaises raisons lorsqu'on est ado en 1985 : Mathilda May à poil. Et soyons honnêtes, 30 ans plus tard l'un des arguments majeurs pour conseiller de revoir Lifeforce est toujours le même : voir Madame May déambuler telle Ève version Vamp, suçant la "force vitale" de tout ce qui lui tombe sous la bouche. Avouez qu'on peut difficilement faire mieux pour activer la boîte à fantasmes des boutonneux de l'époque du Minitel.
La promesse initiale était de réunir Tobe Hooper, l'homme à qui l'on doit le film d'horreur ultime "Massacre à la tronçonneuse", avec le scénariste principal d'Alien, Dan O'Bannon, pour créer un mélange des genres détonnant et radical. Le problème ? la production est assurée par Cannon Films et Golan-Globus, les spécialistes du Nanar Fauché qui se retrouvent pour la première fois avec un budget conséquent dans les mains. Du coup l'ambitieux film de SF érotico-Gothico-apocalyptique supplément Vampires et nappage Zombies tourne au fourre-tout un peu mou du genou.
Essayons de résumer la recette de Lifeforce. Prenez un zeste d'Alien (des spationautes imprudents ramènent des créatures inconnues), ajoutez une pincée d'hommage aux films Gothiques et Polissons des 50's (les Aliens sont des vampires antiques nus qui se nourrissent d'énergie vitale), versez un soupçon d'horreur 80's (les cadavres vidés de leur force sont toujours vivants), mélangez avec d'autres influences (L'Exorciste, L'invasion des profanateurs, Le Loup-Garou de Londres) et pimentez avec un final façon catastrophe de fin du monde (Londres face à une invasion de morts-vivants). Clou du spectacle : faites une scène Gay avec Patrick Stewart (oui, le Professeur Xavier des X-Men).
Le résultat, on l'a dit, tient plus du joyeux foutoir involontaire que de la grande épopée mystique. Lifeforce est très typé années 80, avec de l'animatronic comme on en fait plus, d'un temps où les USA s'autorisaient encore d'afficher du nichon dans une grosse production pop-corn pour ado qui ne sait pas trop où elle va. Comme pour Dreamscape, c'est son rythme assez haletant qui le sauve de la noyade complète.
Et la madame toute nue.

mardi 6 octobre 2015

Un bref manuel "Path of Exile" à destination des timides et des non-initié(e)s


La sortie cet été 2015 de la version 2.0 de Path of Exile a suscité un regain d’intérêt chez les amateurs de Hack & Slash façon Diablo, dont votre dévoué fait partie. Pour celles et ceux ne connaissant pas ce bijou du genre rappelons ses qualités majeures :
- Il est gratuit,
- Il est complexe,
- Il est immense,
- Il est gratuit.

Si on ajoute à cela des systèmes de jeu ingénieux et infiniment personnalisables, une progression constante en solo ou en ligne et une équipe de développement motivée et intransigeante face à une communauté active, on tient là un candidat sérieux au titre de meilleur Action-RPG sur PC. Et en plus il est gratos (on l'avait déjà dit ?).

Cependant quelques éléments peuvent rebuter certaines personnes habituées à des mécaniques de jeu simplifiées avec des prises en main en douceur. En effet Path vous balance à la tronche son arbre de 1300 bonus passifs dès que vous gagnez votre premier niveau. De quoi faire s'évanouir les gamers accoutumés aux basiques Tank / DPS / Heal où le seul véritable choix concerne la couleur de sa culotte.

Seconde difficulté : le ramassage du déferlement de loot, coutumier du style Diablo, n'est pas uniquement conditionné par la rareté des objets.
Expliquons-nous. Lorsque vous dézinguez un ennemi dans Exile des objets surgissent de son cadavre comme dans n'importe quel Hack & Slash. Sachant que vous en trucidez une centaine par minute vous vous retrouvez vite avec des empilements d'équipements gisant au sol.
Dans les autres jeux du genre il suffit de seulement collecter les objets très rares et abandonner sur place les "normaux", 100% inutiles passés les premiers niveaux.
Dans PoE le principe est nettement plus subtil : les objets "normaux" peuvent s'avérer être utiles pour peu qu'ils aient certaines caractéristiques. En effet on dispose d'Orbes pour transformer leur type et les bonus qu'ils offrent, au pire leur revente permet d'acquérir ces précieuses Orbes.

Ceci nous amène à la troisième particularité du jeu, le "tuning" de votre perso. Sa progression sur l'arbre de compétences passives ne lui donne aucun Sort ni Attaque ni Défense à utiliser. Pour obtenir des skills "actives" vous devrez acquérir des Gemmes que vous insérerez sur l'équipement porté, dans les emplacements disponibles (Oui, comme dans Final Fantasy VII, papy !). Ainsi les actions offertes sont conditionnées par le choix des Gemmes, interchangeables à volonté et totalement indépendant de la Classe de départ.
Soit une liberté rebutant les personnes qui aiment être prises par la main, menées jusqu'au buffet et gavées comme des oies sans lever le petit doigt.


Ce "game design" très tranché, associé au refus de tomber dans le "pay to win" assez fréquent dans les jeux (soit-disant) donnés, font de Path of Exile une expérience pas vraiment facile d'accès.
Mais si, comme disait Miss Monàe, la vie est une pièce de théâtre sans répétition, rien ne vous empêche de jouer préparé. Voici donc notre guide introductif pour novices qui saura, nous l'espérons, vous convaincre de tenter l'aventure (puisque c'est gratuit on vous dit !).


mercredi 19 août 2015

Interstellar

"C'est encore loin, la Terre ?"

(2014 - Réalisé par C. Nolan) ***

Dans un futur proche, la population de la Terre fait face à son extinction. La famine mondiale menace, obligeant l'humanité à cultiver les rares plantes qui peuvent encore l'être. Les gouvernements se contentent de gérer le chaos ambiant, sans perspective d'avenir. Ancien pilote de la NASA, Joseph Cooper survit comme tout le monde, reconverti en fermier dans le Ranch familial. Des phénomènes inexplicables surviennent dans la chambre de sa fille de 10 ans, Murphy.

On ne pourra pas reprocher à Christopher Nolan son manque d'ambition. A l'instar de Kubrick et son "2001 A Space Odyssey" il nous livre une réflexion intéressante sur le devenir de l'Humanité, avec le même sens de la maniaquerie du détail et une vision embrassant plein de thèmes universels. Mais là où le chef d’œuvre Kubrickien versait dans l'éthéré métaphorique, suscitant pléthores d'interprétations possibles de ses messages comme beaucoup des films du génie, Nolan lui, reste dans le concret et délivre une réponse sans ambiguïté. Si la race humaine est née sur Terre rien ne dit qu'elle devra s'y éteindre. Nous avons épuisé les ressources naturelles et déréglé son équilibre à un point tel qu'aucune autre solution n'est envisageable, il faut reprendre notre rôle d'explorateurs comme à l'aube de l'Humanité.
Plutôt que de faire dans le film catastrophe genre "Le jour d'après" Interstellar s'attache à décrire les pionniers qui vont sacrifier leur vie pour nous sauver, sans en faire pour autant des Héros Hollywoodiens, certains doutent pendant que d'autres manigancent pour sauver leur peau. Toujours obsédés par l'exactitude scientifique, les auteurs (Christopher et son frangin) s'attaquent à du lourd, théorie sur les trous noirs et relativité temporelle où le temps et l'amour deviennent des dimensions. C'est clair, on n'est pas chez Marvel. Cela donne d'excellentes trouvailles, comme ces robots TARS et CASE qui sont les plus originaux qu'on ait vu au cinoche depuis des années. Cela produit aussi des longueurs sur les 2h45 du film et un coup de théâtre un peu foireux (le Plan A / Plan B du vieux professeur Brand) qui déçoit de la part de l'homme qui nous a donné Memento, une trilogie Batman impeccable et Inception. Cependant on aurait tord de faire la fine bouche, en cette période où la S-F est squattée par des Super-héros en mode surenchère pyrotechnique qui s'auto-rebootent chaque année. Prendre un peu de hauteur et de sérieux, c'est une des spécialités du père Nolan. De ce coté le contrat est rempli.

lundi 10 août 2015

Une étude enflammée de la timeline de Terminator Genisys


"Et vous avez payé pour voir ça ?!"

Après avoir joué avec nos nerfs au fil des teasers et des bandes annonces dévoilant toujours plus de surprise sur prise (big up Marcel Béliveau), Terminator Genisys est finalement sorti du bois. Impatients de voir ce qui était arrivé à leur Terminou préféré, les fans se sont précipités pour découvrir si Genisys était le digne héritier des deux productions estampillées James Cameron ou l'infâme rejeton des médiocres épisodes suivants, réalisés par mon beau-frère.
Si on veut rester positif, disons que le résultat est une bonne tranche de rigolade. Le tout est de savoir si on rit du film parce qu'il est drôle ou parce qu'il fait pitié.

Accrochez-vous aux accoudoirs, nous allons tenter de vous guider dans le mille-feuille qui sert d'histoire à Genisys. Et accessoirement relever la multitude de portenawak que vous n'avez pas eu le temps d'analyser puisque ce blockbuster vous balance une scène d'action toutes les cinq minutes pour être sûr que votre cerveau reste anesthésié.

En avant Guingamp, ça va SPOILER méchamment.


samedi 1 août 2015

1941

Les bidasses en folie.

(1979 - Réalisé par S. Spielberg) ***

Décembre 1941. Suite à l'attaque surprise sur Pearl Harbor l'Amérique vit dans la paranoïa de l'ennemi Japonais. Le sous-marin du Commandant Akiro arrive justement sur les côtes de Los Angeles. Son objectif : détruire Hollywood.

En 1979 le père Spielberg a déjà deux immenses succès (Jaws et Close Encounters), il aborde donc son 4e film les mains libres et le porte-monnaie des producteurs est en mode open-bar. Après l'Horreur et le Fantastique il s'attaque à la Comédie grand public et voit grand. Très grand. Trop. Son "1941" est un mille-feuille constitué d'un empilement de petites histoires comiques sur un thème très douloureux pour les USA, le désastre National de Pearl Harbor (dont les conséquences furent l'entrée en guerre puis l'ultime usage de la bombe atomique en 45, pas vraiment fendard l'histoire). Avec le recul on se demande même comment Steven Spielberg et ses scénaristes ont pu concevoir de se moquer ainsi des valeurs sacrées de l'Amérique : l'Armée et la Famille. Inconsciente jeunesse ou gros melon d'un cinéaste déjà consacré ? un peu des deux, sans doute.
Ça commence pourtant génialement bien. Une auto-référence à l'intro des "Dents de la mer", avec la même nageuse solitaire -et nue- qui se fait "surprendre" par le sous-marin Jap. Mais par la suite les différents segments narrant cette crise de folie collective face à un ennemi invisible (tiré d'une anecdote réelle de l'époque) sont trop disparates pour garder une cohérence d'ensemble. Nous avons au menu : un Capitaine dont le seul but est de culbuter une nymphomane qui ne prend son pied que dans un avion en vol, un Général tentant de calmer l'hystérie ambiante qui finit par aller voir "Dumbo" au cinéma, un brave citoyen dont la maison est réquisitionnée par l'Armée pour surveiller la côte et qui conseille à sa fille de soutenir l'effort de guerre en couchant avec les soldats, le pilote Wild Bill (John Belushi en roues libres) qui canarde tout ce qui bouge depuis son coucou, trois réservistes dont une marionnette qui parle toute seule, bloqués dans une grande roue... Le tout entrecoupé de numéros de danses, de bagarres générales et d'effets pyrotechniques cartoonesques. Bref, ça part en vrille, même si on voit bien où Mister Steven voulait aller avec cette production. Imposer un humour transgressif ciblant la société Américaine tout en rendant hommage aux comédies musicales et aux films de genre de son enfance, en offrant au passage à quelques acteurs l'occasion de "faire leur numéro". Pour garder le rythme et équilibrer le tout il aurait fallu sacrifier certaines intrigues secondaires pour ramener la durée du film aux 90 mns réglementaires pour une comédie réussie.

jeudi 18 juin 2015

Bienvenue en Witcherie - Episode 3 : Dossier "Culture"

De notre envoyé spécial Gérard De La Witchardière

Coming soon : Mad Max Witcher Road

Notre série "Bienvenue en Witcherie" est une collection d'articles rédigés par Gérard De La Witchardière, notre intrépide Grand Reporter qui arpente sans relâche le Continent, depuis les Royaumes Nordiques jusqu'aux confins de l'Empire Nilfgaardien, en passant par la cité indépendante de Novigrad et l'archipel de Skellige.

Suite aux nombreux courriers souhaitant en savoir plus sur l'Histoire du Continent, nous avons décidé de vous proposer un dossier "Culture" incluant un bref voyage à travers le pays, à la recherche de ses vestiges les plus prestigieux. Notre épisode est complété par un tour d'horizon des us et coutumes fascinantes de la population et, pour les adultes, un "Guide Coquin" en cahier détachable.


Sommaire :

  • La Rédanie, terre de contrastes.
     
  • Population : les coutumes les plus originales de Rédanie.
     
  • Guide Coquin : la face cachée de Novigrad.



mardi 16 juin 2015

Bienvenue en Witcherie - Episode 2 : Spécial Loisirs

De notre envoyé spécial Gérard De La Witchardière

Notre reporter, incognito

Notre série "Bienvenue en Witcherie" est une collection d'articles rédigés par Gérard De La Witchardière, notre intrépide Grand Reporter qui arpente sans relâche le Continent, depuis les Royaumes Nordiques jusqu'aux confins de l'Empire Nilfgaardien, en passant par la cité indépendante de Novigrad et l'archipel de Skellige.

Le Continent offre moult occasions de pratiquer des activités de plein air, que ce soit pour se détendre ou participer à des compétitions. Et lorsque le temps tourne à la pluie on peut s'adonner aux loisirs d'intérieurs. 
Pour ce nouvel épisode nous vous proposons une sélection d'activités sportives ou studieuses à pratiquer en famille ou entre amis (ou seul si vous êtes un Sorceleur).

Sommaire :

  • Saut à l'élastique : Les meilleurs spots.
     
  • Fight Clubs : En immersion dans les combats clandestins.
     
  • Notre cahier spécial "Secrets de Chasse".
     
  • Jeu de cartes "Gwynt" : nos astuces pour gagner à tous les coups.
     
  • Bonus : Les petits boulots d'été.


vendredi 12 juin 2015

Bienvenue en Witcherie - Episode 1 : Les arnaques de l'été

De notre envoyé spécial Gérard De La Witchardière

Gérard De La Witchardière

Notre série "Bienvenue en Witcherie" est une collection d'articles rédigés par Gérard De La Witchardière, notre intrépide Grand Reporter qui arpente sans relâche le Continent, depuis les Royaumes Nordiques jusqu'aux confins de l'Empire Nilfgaardien, en passant par la cité indépendante de Novigrad et l'archipel de Skellige.

A l'approche de l'été il nous a paru opportun de mettre en garde nos ami(e)s touristes sur les nombreux pièges et escroqueries en vogue dans la Patrie des Witchers, surtout pour celles et ceux dont c'est le premier voyage en cette fascinante contrée.

Voici donc notre guide des pires arnaques à éviter pour les vacanciers.

Sommaire :
  • Auberges et Marchés de plein air : Commerçants, halte aux abus !
  • Tourisme "vert" : Quand les vacances à la campagne tournent au cauchemar.
  • Bonus : Camping sauvage, nos astuces pour économiser au quotidien.